Ricker : Une passion pour la science

Venez rencontrer Bill Ricker, un pionnier de l'évaluation des stocks de poissons qui a appris tout seul le russe pour faciliter ses recherches et a créé la « courbe de Ricker », un modèle mathématique de la dynamique de la population de poissons.
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Transcription de la vidéo :

Narrateur :
C’est un homme remarquable et il est respecté par tout le monde.

Narrateur :
J’ai rarement rencontré des gens comme lui au cours de ma vie. Cela est très enrichissant.  

Narrateur :
Je sais que la Renaissance est déjà loin derrière, mais je crois approprié de dire que Bill Ricker est l’homme de la Renaissance dans le domaine des pêcheries.  

Narrateur :
Bill Ricker est maintenant âgé d’au moins 85 ans et officiellement retraité, mais il vient ici souvent, à la Station biologique du Pacifique afin de poursuivre son travail. Il a excellé dans tous les domaines de sciences aquatiques dans lesquels il a travaillé. On l’a honoré à plusieurs reprises au moyen de distinctions, de médailles, de grades et de témoignages. On a même nommé un bateau de recherche en son honneur. Mais il vous dira que ce qui l’a le plus marqué au cours de sa longue carrière est la satisfaction que lui procure la découverte scientifique. Voilà comment débute cette histoire.

Bill Ricker est né loin de la mer, à Waterdown, en Ontario. Il a grandi à North Bay, où son père oeuvrait comme maître de sciences dans un collège d’enseignants. North Bay était une ville ferroviaire à l’époque.

Narrateur :
En fait, je voulais être mécanicien de chemin de fer. Même à l’âge de 3 ans, je sortais dehors aussitôt que j’entendais le sifflement d’un train. Ma mère avait tracé une marque sur le trottoir que je ne devais pas dépasser, parce qu’il y avait des monstres de l’autre côté.

Narrateur :
En grandissant, je suis devenu un lecteur avide et mes ambitions ont changé.

Narrateur :
Un livre que j’ai souvent lu durant mon enfance, et que je lis encore à l’occasion, s’intitule Two Little Savages d’Ernest Thompson Seton. Je persiste à croire que c’est le meilleur livre jamais écrit par un Canadien, une aventure racontant l’établissement d’un Canadien irlandais sur l’ancienne frontière ontarienne.

Narrateur :
Le livre captive le jeune Ricker, car il lui fait vivre les aventures de deux garçons qui vont dans les bois et explorent les merveilles de la nature. Toute comme les protagonistes, Ricker aimait explorer la nature. Il devint un fin observateur d’oiseaux. Un tout nouveau monde s’ouvrait à lui.  

Narrateur :
Lorsque Ricker obtint son diplôme à l’école secondaire avec deux bourses d’études pour l’Université de Toronto, c’était le début, pour lui, d’une carrière scientifique remarquable.

Narrateur :
À cette époque, la plupart des universités canadiennes n’attribuaient que des diplômes de biologie. Il s’agissait d’une combinaison de botanique et de zoologie, avec un peu de physique, de chimie et de mathématiques. L’aspiration première était de devenir un scientifique et la seconde de devenir soit un biologiste, soit un chimiste, un physicien ou un mathématicien. Ce type d’éducation très large dispensée par les universités canadiennes à cette époque là était un très bon tremplin pour une carrière polyvalente.

Narrateur :
Cette façon d’aborder la biologie dans sa globalité allait profiter aux générations à venir. Les diplômés de partout dans le monde étaient formés de sorte à observer et à consigner toute espèce animale ou végétale qui se trouvait sur leur chemin. Ricker aussi. Il cataloguait toutes les espèces vivantes méconnues, particulièrement les insectes aquatiques et notamment 80 espèces de perles. Il est encore aujourd’hui considéré comme la référence dans ce domaine.  

La vie de campus à l’université dans les années 1920 n’était pas qu’études et labeur. Il y avait aussi du temps pour autre chose. Bill consumait sa passion pour la musique en chantant dans le Hart House Glee Club ainsi que dans la chorale des trois opérettes Gilbert et Sullivan. Il s’était également joint au Brody Club, un groupe informel de naturalistes experts et amateurs qui se réunissaient fréquemment afin d’aller en excursion et de comparer leurs notes. Grâce à la formation que Bill avait reçue à l’Université de Toronto, celui-ci pouvait explorer tous les domaines de la recherche biologique. Mais, soumis à sa destinée, il trouva un emploi dès la fin de sa première année d’université auLaboratoire de recherche sur les pêches de l’Ontario, commeadjoint aux recherches sur la vie aquatique et halieutique dans différentes parties de Ontario.

Durant ce premier été, il travailla comme homme à tout faire, aidant les enseignants et les diplômés dans leurs études sur les lacs Ontario et Simcoe. Il adorait ce travail et lorsqu’il y retourna durant les deux été suivants, on lui donna la liberté de mener ses propres recherches sur les ruisseaux et lacs à truites dans la région de l’escarpement du sud de l’Ontario et plus tard dans le parc Algonquin. Quand il termina, en 1931, sa maîtrise ès arts, sa thèse portait sur une étude annuelle de la rivière Mad près de la baie Georgienne.       

La grande dépression était à nos portes et les perspectives d’emploi étaient plutôt sombres, mais frappé par la destinée une fois de plus, Ricker se vit offrir un emploi par l’Office de biologie du Canada comme adjoint scientifique au lac Cultis en Colombie-Britannique. Son superviseur, Earl Forrester, lui assigna une petite cabine, où il s’installa pour y vivre une vie rangée et routinière. Une de ses tâches consistait à aider Forrester à terminer une étude entamée 12 ans plus tôt et portant sur l’efficacité d’une écloserie de saumon rouge. Cette tâche laborieuse consistait à inventorier de grandes quantités de saumons juvéniles alors qu’ils quittaient le lac au printemps et d’en refaire le décompte dès leur retour de l’océan, à l’automne, alors qu’ils étaient devenus adultes trois ans plus tard.

Narrateur :
Il y avait une clôture dans la rivière qui servait à capturer les petits saumons rouges et à les compter alors qu’ils nageaient vers l’océan. Lorsqu’ils revenaient trois ans plus tard, on les comptait alors qu’ils franchissaient une autre clotûre près du pont. Ces deux événements étaient les plus importants dans la vie des saumons.

Narrateur :
Cette tâche. qui prenait du temps, n’était qu’une petite partie du travail de Ricker au lac Cultis. Sa principale tâche, celle pour laquelle on l’avait embauché, consistait à mener une étude limnologique approfondie du lac. La limnologie étant aux eaux intérieures ce que l’océanographie est à la mer. L’étude limnologique d’un lac consiste à étudier sa création, sa géologie, ses caractéristiques physiques, sa composition chimique, sa biologie, et ainsi de suite.  Dans un lac comme le Cultis, les crustacés se nourrissent de plantes microscopiques pour ensuite alimenter le jeune saumon rouge. La compréhension de cette chaîne alimentaire est essentielle à la compréhension du nombre de poissons en santé pouvant vivre dans le lac en même temps.

Narrateur :
Évidemment le travail limnologique et le travail sur le lac se poursuivirent toute l’année. À toutes les deux semaines, nous allions nous ancrer au milieu du lac afin de prendre des échantillons d’eau pour en évaluer le contenu d’oxygène, de nitrates, ainsi qu’y effectuer d’autres analyses chimiques. Nous nous servions parfois d’une drague que nous immergions afin d’obtenir des échantillons de vase, laquelle était pleine d’insectes larvaires, d’escargots et de plantes, choses qui nous donnaient une assez bonne idée de ce qui se trouvait dans le lac.  

Narrateur :
Ricker apprit à aimer le lac Cultis. Il escaladait ses montagnes et exploraient ses forêts non défrichées. Mais le lac n’était pas toujours aussi tranquille. Parfois, le vent soufflait et amenait avec lui neige et glace. Il arriva même que Bill reste pris au lac durant un mois en raison de la neige, ce qui ne l’empêcha pas, toutefois, de continuer son travail. La longue étude sur l’efficacité de l’écloserie de saumon rouge au lac Cultis prit fin, et on vint à la conclusion qu’elle n’était pas rentable. Alors, on la ferma. On ferma également toutes les écloseries de saumon rouge de la Colombie-Britannique. Il y avait beaucoup de changements dans l’air, surtout pour Bill.

Durant l’été de 1934, il fit la rencontre de Marion Cardwell, une infirmière oeuvrant pour le réseau de santé public de Chilliwack.  Marion était différente de Bill. Autant Bill était discret et introverti, autant Marion était dynamique et extravertie. Mais ils avaient quelque chose de très important en commun, l’amour de la nature et du pleinair. Cet automne là, ils passèrent la majorité de leur temps à faire de l’escalade et de la marche en montagne.

Narrateur :
J’ignore totalement comment Marion a pu me choisir pour faire sa vie. Mais elle tombée amoureuse, et moi aussi.Nous nous sommes donc mariés au printemps de 1935.

Narrateur :
À la fin de l’été suivant, ils conduisirent jusqu’en Ontario, où Ricker acheva sa thèse de doctorat à l’Université de Toronto. Sa thèse était basée sur la limnologie du lac Cultis. Une fois sa thèse terminée, Bill et Marion rassemblèrent toutes leurs économies et partirent pour l’Europe.

Narrateur :
Nous avons vogué de Montréal à Glasgow pour aller rencontrer des membres de la famille de Marion et ensuite vers Londres, où j’ai observé et dessiné des perles de l’Amérique au musée des sciences naturelles. Peu de temps après, nous repartions à bord de notre voilier vers Bergen, en Norvège et vers la Scandinavie. Nous visitâmes les stations biologiques des universités et bien sûr, firent beaucoup d’explorations touristiques.

Narrateur :
Plus tard, Ricker alla visiter des centres scientifiques et des musées d’histoire naturelle en France, en Suisse, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Autriche, en Allemagne et à Moscou. C’était une période noire pour l’Europe. Les combattants d'unité de choc de Hitleroccupaient le territoire et l’ombre de la police secrète se projetait sur l’Allemagne et la Russie.Mais rien de cela ne dissuada Bill Ricker.Il était venu discuter avec des collègues scientifiques dans le langage universel de la science. Il croyait fermement que le partage d’informations de recherche entre les différents pays était primordial pour l’avancement de la science.

Après son retour au Canada, Ricker passa 18 mois au lac Cultis afin de terminer son étude limnologique. Il accepta ensuite un poste au sein dela Commission internationale du saumon du Pacifique dansle cadre d’un programme de marquage à Hells Gate dans le canyon du Fraser. Un an plus tard, il vint ici, à l’université de l’Indiana, où il avait accepté le poste d’enseignant adjoint en zoologie.Cet emploi était parfait pour Bill.Non seulement pouvait-il enseigner une matière dont il raffolait, mais il pouvait également poursuivre ses études limnologiques durant l’été. Cette liberté de pouvoir mener ses propres recherches à sa façon était très importante pour Ricker. Bloomington en Indiana était une petite ville universitaire lorsque vinrent y habiter Bill, Marion et leurs deux garçons. Mais cela allait changer.

Narrateur :
L’Université de l’Indiana accepta le défi de défendre la liberté intellectuelle et l’honneur, fière de brandir le drapeau de la liberté dans une guerre pour la liberté.

Narrateur :
Avec l’arrivée de l’Amérique dans la guerre, l’Université de l’Indiana devint un centre de formation majeur pour les médecins militaires et autres. Cet engagement augmenta de beaucoup la tâche d’enseignement de la faculté, mais Ricker ne s’en plaint pas et continua de mener ses études limnologiques durant l’été malgré les manques à produire du temps de guerre et une rareté au plan de l’assistance dans le domaine de la recherche étudiante.

Cette période de sa vie fut un point tournant. Ricker réussit, dans ces petits lacs de l’Indiana, à saisir la profondeur du problème sempiternel de l’évaluation des statistiques vitales des populations de poissons. Des statistiques telle que : Combien y a-t-il de poissons dans chaque espèce ? Combien sont pris par les pêcheurs ? Combien meurent naturellement ?Combien de poissons exploitables s’ajoutent à la population à chaque année ? Les scientifiques savaient que s’ils pouvaient mettre la main sur cette information, ils pourraient enfin comprendre et réglementer la pêcherie de façon beaucoup plus efficace. Mais ces statistiques étaient difficiles à obtenir.  

Narrateur :
Après tout, ils vivent dans un élément qui nous est tout à fait étranger. Nous ne pouvons pas y aller et les compter. Il faut aller sous l’eau. Ce sont eux qui dictent les lois. Il faut prendre des détours, il nous est impossible d’y aller directement.

Narrateur :
Ricker connaissait des scientifiques de partout dans le monde qui avaient travaillé durant plusieurs années à trouver des façons d’obtenir ces statistiques vitales. Il commença donc à rassembler tous ces documents scientifiques, les analysant et les regroupant dans un seul recueil de concert avec ses propres découvertes. Il ajouta ensuite deux autres compendiums qu’on nomma ultérieurement livres verts.

Narrateur :
Tout le monde associe Ricker à son travail de précurseur ainsi qu’à ses livres qui résument toutes les techniques utilisées pour effectuer les calculs.Une contribution hors pair. Il ne fait aucun doute que Ricker, aussi modeste soit-il, ait été une des seules personnes de ce monde à apporter une telle contribution à la gestion des pêcheries.  

Narrateur :
Dans le processus de rassembler tous les documents pour ses livres verts, il dénicha un ouvrage remarquable rédigé en 1916 par Theodore Baronov, un scientifique russe brillant. Comme l’ouvrage de Baronov avait été rédigé en russe, Ricker vint ici à l’University Language School et apprit suffisamment de russe pour en effectuer la traduction. Cela en valut la peine.

Narrateur :
Baronov était un avant-gardiste et était né avant son temps. Puisqu’il vivait en Russie, une bonne partie de son travail était méconnue du reste du monde. Bill s’en empara et réalisa son importance. Ce fut la base de son premier livre vert, lequel décrivait une méthodologie semblable à celle de Baronov qui consistait à calculer l’âge optimal auquel capturer le poisson. Ce fut donc Bill qui s’inspira le premier du travail de Baronov, qui le systématisa et qui entama des dynamiques modernes depopulations de poisson  ainsi que des techniques de gestion des pêcheries.

Narrateur :
Ricker avait réussit à développer de nouvelles méthodes quantitatives afin d’évaluer l’impact de la pêche récréative sur les lacs. Armés de ces statistiques vitales, les gestionnaires de conservation avaient maintenant l’information nécessaire pour réglementer la pêche sportive sur les lacs, un accomplissement important. Après une dizaine d’années passées en Indiana, Bill Ricker retourna dans son Canada natal et accepta un emploi de rédacteur au journal du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans. Une fois de plus il excella.   

Narrateur  :
Bill prit la relève du journal du Conseil alors que celui-ci était une publication de paroisse, disons le comme cela. Son contenu était bon et digne de ce nom, mais disons que c’était loin d’être un journal de classe internationale. Lorsqu’il quitta son poste à la rédaction, le journal avait acquis une réputation internationale. Ce journal est aujourd’hui une référence mondiale dans ce domaine.

Narrateur :
Les 13 années passées à la rédaction du journal ainsi que les 11 années subséquentes, jusqu’à sa retraite, furent les plus productives de sacarrière, puisqu’en plus de son travail au journal, et plus tard comme expert scientifique en chef  du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans, il continuait de mener des recherches et de publier des ouvrages dans tous les domaines scientifiques qu’il avait étudiés au cours de sa carrière. Dans le domaine des dynamiques de populations de poissons, son document de 1954 sur le stock et le recrutement introduisit la désormais célèbre courbe de Ricker. 

Narrateur :
Ce qui est le plus typique des grands esprits est probablement leur capacité de vulgarisation.

Narrateur :
Ce simple graphique illustrait la relation entre l’abondance de stocks de poissons et la progéniture qui en découlait.

Narrateur :
Cette courbe allait révolutionner la façon de voir les choses en matière de populations de poissons, puisque pour prévoir qu’une population existerait pendant plusieurs générations, il fallait connaître la relation entre le nombre de parents et d’enfants.

Narrateur :
Les pays halieutiques commencèrent à adopter cette formule comme outil de planification. 

Narrateur :
Ce fut un apport énorme pour le domaine des pêcheries. On s’en servit d’ailleurs immédiatement dans les pêcheries de saumons. Comme il était facile de mesurer les stocks de retours de saumons, il était facile de connaître la taille de la progéniture en mesurant les pêcheries et les futurs stocks de retours de saumons.    

Narrateur :
Peu importe où vous allez pour parler à des gestionnaires de pêcheries ou à des gens oeuvrant dans des lieux halieutiques, tout le monde doit être au courant de cette théorie. Il est tout simplement impossible de progresser dans ce domaine sans elle.

Narrateur :
En plus de ses recherches, il continua à étudier la littérature halieutique russe, traduisant près de 100 ouvrages et rédigeant un dictionnaire russe-anglais des termes halieutiques. Ce dictionnaire est encore très utilisé aujourd’hui, en Russie et à l’étranger.

Narrateur :
Ricker a rédigé un très bon dictionnaire. Pratiquement tous mes collègues se servent de ce dictionnaire au quotidien. On s’en sert même pour discuter avec Ricker puisqu’il parle le russe.

Narrateur :
C’est le dictionnaire de Ricker ainsi que ses autres traductions qui ont incité les Russes à l’inviter à venir visiter leurs centres de recherches en pêcheries en 1969, malgré la guerre froide qui persistait. Dans le domaine de l’entomologie, il fut le co-auteur d’un livre sur la distribution et l’évolution des perles avec l’entomologiste Herb Ross. Malgré tout le travail accompli, Bill trouvait toujours du temps pour la musique, apprenant à jouer de la viole de base afin d’accompagner ses trois fils au sein de la Nanaimo Symphony.

En 1963 il fut nommé au poste de président par intérim du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans et agit à titre de conseiller dans des délégations canadiennes pour des commissions internationales portant sur la baleine, le phoque à fourrures, le thon tropical, les pêcheries du Pacifique Nord et l’exploration de la mer. Ricker, qui avait joint la prestigieuse American Fishery Society alors qu’il était un jeune homme, en 1933, fut particulièrement touché lorsqu’on lui remit son premier prix d’excellence en 1969. Ce fut le premier de bien d’autres prix, y compris l’Ordre du Canada en 1986. Au cours de l’été 1991, Bill accompagna une délégation canadienne dans les bureaux du réseau russe de recherches sur les pêcheries à Vladivostok où il présenta un document important sur les tailles de saumons. Il fut invité, quelques années plus tard, à visiter les frayères de saumons situées à Kuril Lake à Kamchatka. Le voyage coïncidait avec son 84e anniversaire.

Ricker prit sa retraite officiellement en 1973, mais il n’arrêta pas de travailler. Même lorsqu’on diagnostiqua chez son épouse une maladie débilitante à long terme et qu’il décida de consacrer tout son temps à sa femme, jusqu’à sa mort en 1991, il trouvait du temps pour poursuivre son travail scientifique. C’était sa passion et elle le gardait jeune.

Narrateur :
Vous vous demandez sûrement ce qui le pousse à continuer. Il est vrai que pour de nombreux scientifiques, la seule chose qui change à leur retraite est leur salaire, qui diminue. Je crois que les gens qui consacrent leur vie à la recherche sont de vrais scientifiques dans le vrai sens du terme, on pourrait presque les comparer à des prêtres. Cela est leur mode de vie. Non pas un travail, mais un mode de vie.