Énergie

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Transcription de la vidéo

Daniel Giguère :
Le mot « ressources naturelles » est lui-même très, très vaste, couvre toutes les richesses qui sont exploitées au pays comme les mines, comme les forêts, comme l’énergie. Même dans l’énergie, il y a des sous-items. Il y a les gens qui produisent l’énergie, les gens qui exploitent le pétrole, le gaz. Il y a les gens qui produisent de l’électricité.

Ici, nous sommes dans l’usine pilote où nous avons la plupart de nos bancs d’essai sur lesquels on fait nos recherches.

Gilles Jean :
Notre mandat en général, c’est de développer le savoir-faire dont on a besoin pour améliorer la façon d’utiliser ou de produire de l’énergie.

Daniel Giguère :
La consommation d’énergie, c’est important. Notre société a besoin d’énergie, on est dépendant de l’énergie, notre survie en dépend en réalité.

Gilles Jean :
Mon nom est Gilles Jean. Je suis directeur général du Centre de la technologie de l’énergie de Canmet, un des 3 centres de recherches en ressources naturelles dans le domaine de l’énergie.

Daniel Giguère :
Mon nom est Daniel Giguère. Je suis ingénieur, et je travaille ici, au Centre, à titre d’expert technologique. CANMET existe depuis le début du XXe siècle. C’est un nom qui est mondialement connu par les chercheurs. Je suis allé à Pékin récemment. Si je dis : « Je travaille pour CANMET », je n’ai même pas besoin de dire pour quel pays. «  On sait à qui on s’adresse, un chercheur de CANMET! » Donc, on a une marque de respect, une marque de reconnaissance internationale à travers ce nom-là.

Gilles Jean :
L’objectif principal, c’est d’amener le Canada vers le développement durable.

Daniel Giguère :
Pourquoi la recherche? C’est pour comprendre. C’est pour connaître. On est capable de faire des choses fabuleuses sans comprendre. Par exemple, les arénas. On utilise des arénas depuis plus d’un siècle, on bâtit des arénas, ça fonctionne, on a de la glace, on patine dessus depuis un siècle. Mais, ça ne veut pas dire par exemple qu’on patine sur la meilleure qualité de glace ou que l’on consomme le minimum d’énergie pour faire cette glace.

Gilles Jean :
Une question c’est : « La technologie qu’on a, est-ce qu’on l’utilise de façon efficace? Est-ce qu’elle est optimisée? Est-ce qu’elle fonctionne bien? » Et ce sont des aspects qui sont constamment négligés.

Les tuyaux qui contiennent la saumure baignent dans le liquide ammoniac. C’est le principe de ce type d’évaporateur là qui est connu depuis très longtemps.  

Daniel Giguère :
C’était un domaine qui était, un peu, inexploité scientifiquement. Un domaine qui était très bien cerné technologiquement, parce qu’il y a beaucoup d’arénas qui existent au pays. On a 2 500 arénas au Canada, il y en a 430 au Québec. Si on regarde la facture énergétique d’un aréna typique au Québec, et même au Canada, la moitié de la facture énergétique, c’est seulement pour faire fonctionner le système de réfrigération.

On voit sur cette charte là, c’est une représentation d’une patinoire typique, on peut voir ici en bleu, la surface glacée, le bleu représentant le très froid. Les deux bandes jaunes ici représentent les bandes et la clôture qui fait le tour de la patinoire. Ici, en rouge on voit les gradins où on se trouve présentement.  Ils sont rouges parce qu’ils sont plus grands. C’est avec des modèles comme ça qu’on réussit à comprendre comment la chaleur circule à l’intérieur d’un aréna et cela nous aide à optimiser la conception des systèmes de réfrigération et de chauffage dans les arénas.

Il y a des arénas témoins, où on a installé des nouveaux concepts qui consomment moins de la moitié de l’énergie des arénas typiques.

Gilles Jean :
Ce n’était pas tellement un enjeu technologique parce que, toutes les pièces mécaniques dont on avait besoin existaient. Donc, c’était vraiment de repenser comment on faisait la réfrigération au Canada.

Daniel Giguère :
Tout le monde le sait, je pense, que derrière le réfrigérateur, c’est chaud et en dedans, c’est froid. Fondamentalement, un réfrigérateur pompe la chaleur de l’intérieur, la jette à l’extérieur, c’est pour cela que derrière le réfrigérateur, il fait chaud. Pour la patinoire, c’est le même phénomène. Pour faire de la glace, je dois tirer de la chaleur de la patinoire et la pousser dehors. Alors, il y a un échangeur de chaleur sur le toit de l’aréna souvent, qu’on appelle le condenseur, qui jette la chaleur du système de réfrigération.

Gilles Jean :
Mais, en même temps, ton système de réfrigération rejette deux à trois fois la quantité de chaleur sur ton toit, alors que les gens se mettent une fournaise au gaz pour chauffer l’édifice. Donc, c’est une aberration. Pourquoi rejeter de la chaleur sur le toit et chauffer au gaz en parallèle?

Daniel Giguère :
On a un combat continuel entre le chauffage dans la zone des gradins et la réfrigération qui s’en vient vers la patinoire.  Alors, ce combat là, c’est celui qu’on essaie de minimiser dans un aréna. On essaie de comprendre comment la chaleur circule.

D’un côté, je chauffe, d’un côté, je refroidis. Et celui qui refroidit prend la chaleur de mon chauffage et la tire dehors, la pousse dehors. Alors, voyez le… plus que je chauffe, plus que je pousse dehors, parce que, finalement, cette chaleur sert à augmenter ma charge de réfrigération aussi, donc il faut faire quelque chose. Alors, je tourne en rond, mais, à un moment donné, il faut arrêter, parce que plus je chauffe, plus je refroidis et plus j’en jette dehors. Je consomme de plus en plus d’énergie, et j’ai toujours le même service. Vidé, de base, un système de réfrigération, au lieu de jeter sa chaleur à l’extérieur, bien je la recycle à l’intérieur. C’est simple. Mais, ce n’est pas si simple que ça. C’est que, il faut que ces deux systèmes se parlent, qu’ils soient intégrés. Il faut qu’ils soient branchés ensemble. C’est-à-dire qu’il ne faut pas qu’ils se battent, non. Il faut que je les fasse fonctionner ensemble. Alors, par la récupération, on réussit à diminuer ce combat.

Gilles Jean :
Lorsqu’on arrive avec des succès comme nous avons fait avec « cool solution », où finalement, tu affectes la rentabilité des entreprises, tu diminues les émissions de gaz à effet de serre, la pollution, ainsi de suite, donc, c’est notre contribution au développement durable. C’est un impact qui est extrêmement important.