Vue d’ensemble des terres humides grâce à l’œil d’un drone

Les terres humides couvrent environ 14 % de la superficie terrestre du Canada. À la fin mai, Jon Pasher et son équipe de la section de la Géomatique, division des Sciences et de la technologie du paysage, ont décroché les six hélices en fibre de carbone de leur drone sur un site témoin de la baie de Quinte, près de Belleville, en Ontario. Leur objectif était de voir ces terres humides à vol d’oiseau. 

Si M. Pasher utilise la technologie d’observation de la terre (imagerie par satellite) pour cartographier et surveiller les terres humides, le drone peut fournir plus de précisions sur le type de végétation et les niveaux de l’eau dans les terres humides. Les données détaillées saisies sur le terrain grâce au drone peuvent servir à mettre l’accent sur des données moins précises d’un même endroit fournies par les images satellite et à les valider.

« Le première étape importante est de distinguer et de cartographier correctement les limites du périmètre et le type de terres humides auquel on a affaire (en se fondant sur l’hydrologie et la végétation) à l’aide de l’imagerie, explique M. Pasher. Ceci est particulièrement difficile étant donné que les terres humides changent selon les saisons, mais aussi d’année en année. »

En collaboration avec le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre de Ressources naturelles Canada, et le United States Fish and Wildlife Service, la section de la Géomatique cherche des méthodes permettant de cartographier et de surveiller les terres humides en bordure des Grands Lacs selon des techniques d’observation terrestre multi‑échelles.

Le drone vole à 100 mètres d’altitude, bien au-dessus du feuillage des arbres. La caméra, qui est montée sur une pièce pivotante télécommandée, prend des photos extrêmement détaillées, les pixels sont de 2 à 3 centimètres. Le drone peut prendre des photos d’un même objet sous divers angles et selon des centaines de points de vue. Ces images peuvent servir à construire des modèles 3D et fournir des données sur l’élévation du terrain dans les terres humides. Le GPS intégré à la tablette et aux antennes permet de repérer l’endroit exact où est prise la photo.

Le drone est piloté au moyen d’une tablette portative. Grâce à son bloc-piles, qui pèse cinq livres, le drone a une autonomie de vol de 20 minutes. Après quoi il faut remplacer le bloc‑piles.

« Au cours d’une journée donnée, nous pouvons enregistrer des images du terrain en continu. Si on survol un même périmètre de terres humides année après année, on peut cartographier l’étendue des terres humides, ou encore la croissance ou la détérioration du feuillage des arbres, explique M. Pasher. Les images satellites à haute résolution coûtent très cher pour une petite surface, et s’il y a un plafond de nuages, les données sont inutilisables. Par contre, le drone nous permet d’évaluer rapidement ce qui se passe sous les nuages. Nous avons une vue d’ensemble ».

Tom Giles

Le pilote Tom Giles prépare une mission dans les terres humides de la baie de Quinte.


Radarsat

Cette image colorée a été obtenue grâce au satellite Radarsat 2. Elle a été prise au-dessus d’une vaste section de la baie de Quinte. Sa résolution est beaucoup plus faible que celle des images prise par le drone.

UAV

En mai, à l’aide d’un drone, l’équipe a pris cette image d’un périmètre de terres humides d’environ 100 m x 50 m, avec une résolution de pixels de 2 cm.

Jon Pasher

M. Jon Pasher

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