Une photo déclenche une recherche sur les reptiles

Mme Linda Paetow a reçu une photo d’une couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum) de la part d’un citoyen inquiet. La couleuvre était défigurée : son museau et une partie de son visage étaient enflés et couverts de croûtes. La couleuvre sur la photo a été trouvée au Québec.

Mme Paetow est conservatrice du département des reptiles, des amphibiens et des poissons au Zoo Ecomuseum, près de Montréal. Le zoo offre un excellent programme de sensibilisation et d’éducation. Les activités de recherche et de conservation qui y sont menées visent à protéger les reptiles et les amphibiens dans le sud du Québec, une expertise acquise par l’équipe du zoo depuis sa création.

Mme Paetow a appelé un collègue, M. Bruce Pauli de la Direction des sciences de la faune et du paysage d’Environnement et Changement climatique Canada, pour discuter de la possibilité que la couleuvre sur la photo ait été atteinte de la maladie fongique du serpent, laquelle est causée par un pathogène fongique appelé Ophidiomyces ophiodiicola (Oo).

La maladie, qui a récemment été signalée chez des serpents dans le nord de l’État de New York, peut être fatale chez 50 % des animaux infectés. Mme Paetow et M. Pauli craignaient que le champignon qui cause la maladie puisse maintenant se trouver au Québec. Pour donner suite à leur discussion, ils ont communiqué avec M. Matt Allender, chercheur à l’Université de l’Illinois qui mène un programme de recherche et de surveillance continue sur la maladie fongique du serpent.

M. Allender a confirmé que la couleuvre sur la photo pouvait bel et bien être infectée, et que la maladie pourrait donc s’être propagée vers le nord. Avec l’aide de Sébastien Rouleau, coordonnateur de la recherche et de la conservation au Zoo Ecomuseum, l’équipe a mis sur pied un programme de surveillance de la maladie fongique du serpent dans la région de Montréal. Ce programme vise à déterminer si Oo s’est établi ou non dans le sud du Québec, à estimer l’incidence de la maladie dans cette région et à formuler des hypothèses sur les raisons ayant pu faire en sorte que Oo se soit propagé vers le nord.

En s’appuyant sur les compétences acquises par le Ministère dans le cadre du programme de l’Application stratégique des technologies génomiques dans le domaine de l’environnement, l’équipe a été en mesure d’établir un nouveau « nœud » régional dans le programme de surveillance continue de l’incidence de Oo mené par M. Allender dans le nord-est de l’Amérique du Nord. M. Rouleau et un stagiaire en sciences embauché par le Zoo Ecomuseum ont prélevé des échantillons cutanés par écouvillonnage chez diverses espèces de serpents afin de les faire parvenir au laboratoire de M. Allender à des fins d’analyses génomiques.

L’une des espèces qui inquiétait particulièrement l’équipe était la couleuvre brune (Storeria dekayi) puisque l’aire de répartition de cette espèce est déjà très limitée dans le sud du Québec et son habitat est déjà menacé.

Les efforts de collaboration de l’équipe visent en outre à offrir au stagiaire une formation de qualité dans le domaine de la génomique, de la recherche sur les espèces sauvages et de la science de la conservation.

Lorsque les recherches sur le terrain seront terminées, les échantillons prélevés dans le sud du Québec et dans les zones d’échantillonnage visées par M. Allender seront analysés. Les données obtenues seront ajoutées à la base de données de M. Allender qui porte sur l’incidence de la maladie fongique du serpent dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

« Avec un peu d’aide financière, la génomique peut se révéler un puissant outil dans le domaine de la recherche sur les maladies », affirme M. Pauli. « La science peut nous aider à trouver des réponses à de nombreuses questions. Pourquoi cette maladie se manifeste-t-elle maintenant? Est-ce que son émergence est liée aux changements climatiques? Est-ce que les humains jouent un rôle direct dans sa propagation? Est-il possible d’agir pour empêcher qu’elle ne se propage davantage? »

Dans l’ensemble, il a suffi d’une photo prise par un citoyen inquiet, d’un groupe d’étudiants et de scientifiques dévoués ainsi que d’un peu de soutien financier pour enclencher d’importantes mesures. Lorsque les données seront analysées, on espère mieux comprendre la menace que pose la maladie fongique du serpent aux États-Unis et au Canada.

Sébastien Rouleau, coordonnateur de la recherche et de la conservation au Zoo Ecomuseum, et le stagiaire Philippe Lamarre prélèvent des échantillons cutanés par écouvillonnage sur le terrain. Ces échantillons prélevés sur diverses espèces de serpents seront envoyés au laboratoire de M. Matt Allender à des fins d’analyses génomiques.

Sébastien Rouleau, coordonnateur de la recherche et de la conservation au Zoo Ecomuseum, et le stagiaire Philippe Lamarre prélèvent des échantillons cutanés par écouvillonnage sur le terrain. Ces échantillons prélevés sur diverses espèces de serpents seront envoyés au laboratoire de M. Matt Allender à des fins d’analyses génomiques.

 L’écouvillonnage pour prélever de l’ADN est une première étape dans la recherche génomique sur les espèces sauvages. Les chercheurs ont recours à la génomique pour en apprendre davantage sur l’incidence de la maladie fongique du serpent dans le but de protéger les espèces en péril, comme cette couleuvre brune.

L’écouvillonnage pour prélever de l’ADN est une première étape dans la recherche génomique sur les espèces sauvages. Les chercheurs ont recours à la génomique pour en apprendre davantage sur l’incidence de la maladie fongique du serpent dans le but de protéger les espèces en péril, comme cette couleuvre brune.

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