Les combatifs Colibris roux obtiennent de l’aide

En Colombie-Britannique, les minuscules et combatifs Colibris roux obtiennent désormais une aide technique pratique et de pointe dans l’espoir de trouver des réponses au déclin de leur population.

Les données découlant du Relevé des oiseaux nicheurs pour le Canada montrent que le nombre de Colibris roux a chuté d’environ 50 % depuis les années 1970. Il s’agit d’un contraste marqué par rapport à toutes les autres espèces de Colibris roux, dont les effectifs  augmentent.

Mme Christine Bishop (Ph. D.), chercheuse scientifique au Environnement et Changement climatique Canada, a entamé la deuxième année d’un projet quinquennal visant à contribuer à l’élucidation des raisons du déclin de la population de Colibris roux.

Oiseaux hautement territoriaux, les mâles, d’un orange brillant, et les femelles, au plumage vert et orange, sont appréciés des observateurs d’oiseaux. Les Colibris roux effectuent souvent des parades et nichent dans les haies près des terres agricoles. Le carburant de leur vol rapide se compose principalement de nectar, auquel s’ajoutent des insectes. Les déplacements qu’ils effectuent entre les fleurs permettent de polliniser de nombreuses plantes.

Bien qu’ils pèsent moins de 4 g, les Colibris roux migrent sur des milliers de kilomètres chaque année. Ils se reproduisent plus au nord que toute autre espèce de colibris. Le centre de leur aire de reproduction se situe en Colombie-Britannique, et ils hivernent en Amérique centrale.

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« Tout chez ce colibri est absolument merveilleux », s’étonne Mme Bishop. « La manière dont leur langue fourchue se courbe vers le haut pour pomper le nectar des fleurs, la manière dont leurs plumes réfléchissent la lumière pour leur donner leur aspect métallique éblouissant, leur métabolisme incroyablement élevé – ils battent des ailes environ 50 fois par seconde quand ils volent à reculons –, et leur agressivité – rien ne les empêche de parvenir à leur source de nectar. »

Bien qu’il puisse y avoir d’autres facteurs, liés à l’habitat ou à la migration, qui contribuent au déclin de la population de Colibris roux, de nombreux scientifiques sont préoccupés par les effets d’un nouveau groupe d’insecticides appelés néonicotinoïdes, qui ont contribué au déclin d’un autre type de pollinisateur : les abeilles domestiques.

« Les néonicotinoïdes sont des insecticides relativement persistants, mais pas aussi persistants que ceux qui étaient utilisés auparavant », précise Mme Bishop. « Ces insecticides sont peu toxiques pour les personnes et sont efficaces contre les insectes. Parce qu’ils sont solubles dans les lipides et dans l’eau, et qu’ils sont donc absorbés par les plantes, nous avons voulu déterminer si les Colibris roux pouvaient y être exposés par l’intermédiaire du nectar des fleurs des petits fruits. »

Pour évaluer l’exposition des Colibris roux aux néonicotinoïdes, Mme Bishop collabore avec des collègues au sein d’ECCC, soit John Elliott (Ph. D.) et Scott Wilson (Ph. D.). Elle travaille également avec Michelle Toshack, étudiante aux études supérieures rattachée au laboratoire de Mme Élizabeth Elle (Ph. D.) à l’Université Simon Fraser, ainsi qu’avec Mme Alison Moran, rattachée à l’observatoire d’oiseaux de Rocky Point. Ils examinent divers sites naturels et agricoles (champs de bleuets) dans la vallée du Fraser.

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Recherche de néonicotinoïdes dans l’urine d’un colibris. Lors du baguage des colibris, l’équipe de recherche de Mme Bishop prélève de chaque oiseau des échantillons de « billes »claires d’urine (fluide cloacale) et/ou de boulettes fécales.

L’analyse des néonicotinoïdes à de faibles concentrations dans de très faibles volumes d’échantillons d’urine n’est pas simple, et c’est là que l’expertise de France Maisonneuve, chimiste au Centre national de la recherche faunique, entre en jeu. Mme Maisonneuve a créé des méthodes utilisant la chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse qui lui ont permis de détecter des néonicotinoïdes dans seulement quelques gouttes d’urine de colibri.

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Cette petite pièce en verre dans le flacon pour injection contenait un ensemble d’échantillons d’urine de nombreux colibris d’un même endroit aux fins de détection de néonicotinoïdes.

La concentration totale combinée de trois néonicotinoïdes était légèrement supérieure à trois parties par milliard  dans des échantillons d’urine de colibris prélevés chez des oiseaux vivant dans un rayon de 0,5 à 1 km de champs de bleuets faisant l’objet d’un épandage classique.

« À ce stade, nous savons que les concentrations de néonicotinoïdes présentes dans les colibris sont plus élevées que prévu. À l’avenir, nous espérons examiner divers taux métaboliques – fréquence cardiaque, rythme respiratoire et taux d’oxygène », précise Mme Bishop.

Mme Bishop présentera cette première étape de recherche sur les néonicotinoïdes chez le Colibri roux lors du congrès mondial et rencontre nord-américaine annuelle de la SETAC (en anglais seulement) à Orlando, en Floride, en novembre 2016.

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