Où la science peut vous mener...

Par Julia Hill

Julia est une chercheuse postdoctorale au Centre for Drug Research and Development, à Vancouver. Elle a fait son doctorat en biologie mitochondriale au University College London (UCL) et son baccalauréat en biochimie à l’Université de Bath. Dans ses heures libres, elle aime lire, courir, faire du vélo et explorer le monde.

J’ai grandi dans un village du Devon, dans le sud-ouest du Royaume-Uni. Nous ne faisions pas de voyages en famille, mais je lisais constamment et j’aspirais à explorer le monde de mes lectures. Mes deux parents avaient quitté l’école à 16 ans. Outre mes enseignants, je ne connaissais réellement personne qui avait un grade universitaire ou qui pouvait me donner des conseils de carrière. J’ai choisi d’étudier la biochimie à l’université simplement parce que mes sujets préférés étaient la biologie et la chimie, et non en vertu d’un plan à long terme.

La plage à Wembury, le village de 2700 habitants, dans le Devon, où j’ai grandi.

La plage à Wembury, le village de 2700 habitants, dans le Devon, où j’ai grandi.

J’ai opté pour l’Université de Bath, à environ trois heures de route, parce qu’elle était réputée pour la biochimie. En outre, fait important, quand je l’ai visitée, il y avait des canetons sur le lac du campus, et la ville aux constructions de grès prenait de magnifiques reflets dorés au coucher du soleil. Quand j’ai débuté, j’ai constaté que les autres étudiants avaient réfléchi bien plus sérieusement à leur décision. La plupart d’entre eux avaient choisi Bath en raison de son programme travail-études : après la deuxième année, vous aviez l’option de travailler un an dans une industrie pertinente avant de revenir terminer vos études. Le moment venu, j’ai été étonnée, et quelque peu terrifiée, de me voir offrir une place à l’institut neurologique Barrow de Phoenix, en Arizona. J’y mènerais des recherches sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine et la douleur. J’avais certes voyagé tant que possible depuis que j’avais quitté la maison, mais je n’étais encore jamais sortie d’Europe et je n’avais que 19 ans.

En l’occurrence, j’ai adoré l’Arizona. Les énormes cactus et les incroyables paysages escarpés étaient si différents de tout ce que j’avais connu. D’ailleurs, venant du Royaume-Uni, vivre 12 mois l’an sans froid ni pluie était pour moi le paradis. En outre, je me suis passionnée pour la neuroscience, au point où j’ai décidé de faire un doctorat. L’idée ne me serait jamais venue avant cette année de stage.

Avec des amis (je suis tout à la gauche), sur le point de descendre dans le Grand Canyon.

Avec des amis (je suis tout à la gauche), sur le point de descendre dans le Grand Canyon.

Avec un de ces énormes cactus.

Avec un de ces énormes cactus.

Je suis retournée au Royaume-Uni et j’ai terminé mon baccalauréat, décidant dans ma dernière année que je voulais consacrer ma recherche aux maladies neurologiques et à la découverte de médicaments. J’ai ensuite fait mon doctorat au University College London, sur la mitochondrie et le calcium en tant que cibles thérapeutiques face à la neurodégénérescence. J’ai assisté à des conférences partout en Europe, suivie par un postdoctorant de l’institut de découverte de médicaments de l’organisme Alzheimer’s Research UK à l’UCL. J’ai aussi commencé à chercher où dans le monde je pourrais travailler par la suite, et j’ai trouvé le Centre for Drug Research and Development, à Vancouver. Je n’étais jamais venue au Canada (sinon la fois où j’étais restée coincée trois jours de misère à l’aéroport de Toronto), mais le CDRD semblait être un milieu de travail magnifique. Il avait du reste accumulé de solides succès à fournir de nouveaux médicaments aux cliniques. Et d’après ce que j’avais vu sur Google, Vancouver était aussi un merveilleux milieu de vie. Donc me voilà.

Le 29 janvier 2016. L’égoportrait que j’ai envoyé à mes parents avant de soumettre ma thèse de doctorat.

Le 29 janvier 2016. L’égoportrait que j’ai envoyé à mes parents avant de soumettre ma thèse de doctorat.

Le fait d’être une scientifique m’a aidée à réaliser mon rêve de parcourir le monde (j’ai maintenant vu plus de 30 pays) tout en menant des recherches utiles et intéressantes. Pourtant, il y a aussi eu d’indéniables difficultés – aussi bien dans la science que dans les déplacements. S’établir dans un nouveau pays exige beaucoup de patience, de débrouillardise et de détermination. Heureuse coïncidence, voilà des qualités qui me sont aussi apparues essentielles en science..

Un message que j’ai vu à la marche pour la science, en avril dernier, devant Big Ben à Londres.

Un message que j’ai vu à la marche pour la science, en avril dernier, devant Big Ben à Londres.

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