Y a-t-il un monstre sous le lit?

Christine Levesque, de Santé Canada, entrepose des échantillons de poussière domestique au laboratoire d’Ottawa.

Christine Levesque, de Santé Canada, entrepose des échantillons de poussière domestique au laboratoire d’Ottawa.

Dans la plupart des maisons, les recoins sous le lit sont peut-être l’un des endroits les plus sûrs pour la poussière domestique. Mais les scientifiques de Santé Canada ont quand même réussi à mettre la main dessus pour savoir qu’est-ce qui se cache dans la poussière?

Curieux de voir si la poussière contient des substances chimiques dangereuses qui pourraient s’accumuler au fil du temps, Santé Canada a lancé l’Enquête sur la poussière domestique au Canada, dirigée par Pat Rasmussen (Ph.D.), qui a prélevé des échantillons de poussière dans plus de 1 000 habitations de 13 villes à l’échelle du pays.

L’un des premiers contaminants examinés par les chercheurs a été le plomb. Il s’agit d’un métal très toxique présent à l’état naturel dans la croûte terrestre dont on se sert pour la fabrication de nombreux produits de consommation (comme des tuyaux, des automobiles, des produits électroniques et des piles). Le plomb a déjà été utilisé notamment dans les peintures et l’essence, mais le gouvernement du Canada en restreint maintenant l’utilisation dans de nombreux produits.

Tout le monde peut être exposé à de faibles concentrations de plomb présentes dans les aliments, l’eau potable, l’air, la poussière, la terre et certains produits de consommation, mais une exposition continue au plomb peut avoir des effets néfastes sur votre santé.

Les résultats de l’enquête nous donnent une meilleure idée des concentrations naturelles de plomb auxquelles les Canadiens sont couramment exposés dans leur résidence. Santé Canada n’a pas encore établi de niveaux de référence pour le plomb dans la poussière domestique; les mesures sont donc un important point de départ pour les futures activités de recherche liée à l’exposition au plomb dans les milieux intérieurs

Des taux de plomb ont pu être mesurés dans la poussière de toutes les habitations échantillonnées, mais pour la plupart des habitations (90 %), ces taux étaient normaux pour un environnement urbain typique. Les concentrations de plomb plus élevées étaient surtout associées aux habitations plus âgées, principalement en raison de l’utilisation de peinture au plomb à l’époque de leur construction.

Le meilleur moyen de réduire l’exposition au plomb dans votre maison est de se débarrasser de la poussière. Les taux de plomb les plus élevés ont été découverts dans les entrées, signe que le plomb provient de l’extérieur. Utilisez donc une vadrouilles ou un linge humide pour nettoyer l’entrée et passez-y régulièrement l’aspirateur pour éviter que le plomb et d’autres substances chimiques indésirables soient transportés plus à l’intérieur de votre habitation. Pour réduire au minimum la quantité de poussière dans votre résidence, il suffit d’épousseter, de passer l’aspirateur et de passer une vadrouille humide régulièrement dans le reste de la maison.

L’examen de la poussière est loin d’être terminé. Maintenant que les échantillons ont été soumis à des tests de détection du plomb, les chercheurs de Santé Canada sont à la recherche de traces d’autres métaux, dont le zinc, le cadmium et le nickel, et d’autres contaminants, comme les sulfites, les carbonates et les composés de carbone organique.

L’enquête a attiré l’attention des conservateurs du Centre Canadien d’Architecture de Montréal, qui ont décidé d’inclure une partie des travaux de Mme Rasmussen dans leur exposition de 2012 intitulée En imparfaite santé : La médicalisation de l’architecture. L’exposition se penchait sur la complexité, la corrélation et l’émergence des problèmes sanitaires contemporains au travers des réponses architecturales et urbaines proposées.

Si la présence de plomb à la maison vous préoccupe, renseignez-vous sur les moyens de réduire votre exposition au plomb.

- Susan Demaray

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