Enquête sur les éclosions de maladies d'origine alimentaire

Vous vous réveillez et vous ne vous sentez pas bien. « Oh! J’ai mal au ventre! » Trente secondes plus tard, vous courrez aux toilettes.

Peut-être que le poulet de l'autre soir n'était pas assez cuit. Peut-être que le taco au poisson de la friterie mobile n’était pas meilleure idée pour le dîner cette semaine. Peu importe, vous avez peut-être les symptômes d’un empoisonnement alimentaire, aussi connu sous le nom de maladies d’origine alimentaire.

Bien que les cas individuels de maladies d’origine alimentaire soient communs au Canada, les vraies éclosions – au moins deux cas liés par une exposition commune au cours d'une période précise – sont plus rares. Voici comment l’Agence de la santé publique du Canada (l’Agence) collabore avec ses partenaires en salubrité des aliments pour faire le suivi des grandes éclosions causées par des bactéries comme Salmonella, Listeria ou E. coli et intervient.

Intervention en cas d’éclosions – le portrait d’ensemble

Le Canada a la chance de profiter d’un des systèmes de salubrité alimentaire les plus sécuritaires au monde, mais des éclosions de maladies d’origine alimentaire surviennent de temps à autre.

L’Agence collabore avec toutes les provinces et tous les territoiresafin de surveiller les augmentations de cas de maladies d'origine alimentaire qui dépassent la normale. Si un certain nombre de personnes semble avoir la même maladie au cours d'une même période et dans un même secteur, nous appelons ce phénomène un regroupement. Lorsqu’une enquête démontre que les personnes au sein d’un regroupement ont des aliments en commun pour expliquer la raison pour laquelle elles souffrent de la même maladie, nous appelons ce phénomène une éclosion.

Les enquêtes sur les éclosions peuvent être effectuées par les autorités de santé publique locales, provinciales, territoriales ou fédérales dépendamment de l’étendue de la maladie. En cas d’éclosion nationale, l’Agence dirige l’intervention et coordonne les opérations avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Santé Canada et les provinces et les territoires ayant des cas de la maladie. L’Agence fournit aussi un soutien au laboratoire à toutes les régions du pays.

Rechercher la source

Intervenir en cas d’éclosion, c’est comme assembler les pièces d'un casse‑tête, sauf qu’on ne sait pas combien il y a de pièces, où elles sont et à quoi à l’air le paysage sur la boîte.

Pour enquêter sur les éclosions nationales, les experts des laboratoires analysent les bactéries provenant des personnes qui sont tombées malades afin de découvrir si les bactéries sont les mêmes que celles qui rendent les gens malades dans d'autres régions du Canada. Les épidémiologistes de l’Agence détectent et surveillent les cas confirmés en laboratoire de maladies et de personnes qui sont tombées malades. Ils demandent ensuite à ces personnes ce qu’elles ont fait, où elles sont allées et ce qu’elles ont mangé avant de tomber malade. Lorsque de nombreuses personnes mentionnent avoir mangé le même aliment avant de tomber malades, les épidémiologistes collaborent avec les experts en salubrité des aliments afin de rechercher l’endroit d’où proviennent les aliments et pour en recueillir des échantillons aux fins d’analyses en laboratoire.

Experte en laboratoire qui analyse des échantillons de bactérie
Experte en laboratoire qui analyse des échantillons de bactérie

Les experts de laboratoire comparent ensuite les résultats concernant les bactéries trouvées dans les aliments contaminés aux bactéries provenant des personnes qui sont tombées malades pour voir si elles correspondent. Des bactéries correspondantes signifient que les enquêteurs peuvent avoir trouvé la source de l'éclosion. Si nous découvrons que la source de l'éclosion est un aliment, le produit est retiré des tablettes des magasins.

Il peut s’écouler plusieurs semaines entre le moment où une personne tombe malade et celui où nous trouvons une source alimentaire, bien après que la personne se sente mieux. Souvent, les gens ne peuvent pas se souvenir de ce qu’ils ont mangé, ou l’aliment contaminé n’est plus disponible afin d’être analysé, alors quelques fois, la source de l’éclosion n’est jamais déterminée.

Le laboratoire : la génétique des bactéries

Comme les personnes sont génétiquement différentes les unes des autres, il en va de même pour les bactéries. Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence – le laboratoire national des maladies infectieuses du Canada – utilise une méthode appelée électrophorèse en champ pulsé (ECP) afin d’obtenir une « empreinte génétique » des spécimens de bactéries provenant des personnes qui sont tombées malades.

Matthew Gilmour, directeur général scientifique du LNM et du laboratoire de lutte contre les zoonoses d'origine alimentaire de l’Agence

« Premièrement, nous coupons l'ADN du pathogène en plusieurs sections et les plaçons dans un gel, déclare Matthew Gilmour, directeur général scientifique du LNM et du laboratoire de lutte contre les zoonoses d'origine alimentaire à l’Agence. Ensuite, nous faisons passer un courant électrique dans le gel, ce qui fait que les fragments d’ADN se séparent en fonction de leur longueur. Les fragments d’ADN ressemblent à un code à barres et représentent l’empreinte ECP. Si différents échantillons ont des empreintes identiques, alors les infections pourraient avoir été causées par le même aliment. Si nous effectuons ensuite la même analyse sur les pathogènes bactériens provenant d’un échantillon d’aliment suspect et que nous obtenons la même empreinte, nous pourrions avoir trouvé la source de l’éclosion. »

La Dre Celine Nadon, chef de la Section des maladies entériques du LNM ajoute ceci : « Bien que les empreintes digitales obtenues par ECP ont aidé à rapidement résoudre des éclosions pendant plus d’une décennie, nous pouvons aussi maintenant utiliser le "séquençage à haut débit du génome", une technologie qui fait la même chose plus rapidement et plus précisément. Le séquençage à haut débit du génome détermine tout le code génétique de la bactérie, ce qui nous permet d’obtenir beaucoup plus de renseignements à utiliser pour lier les cas de maladies ensemble et à une source alimentaire. Au cours des deux dernières années, nous l’avons utilisé dans toutes nos enquêtes sur les éclosions et ultimement, cette méthode remplacera les empreintes digitales obtenues par ECP. »

Conseils pour vous protéger

Si vous lisez ceci parce que vous pensez être atteint d’empoisonnement alimentaire, vous auriez intérêt à consulter votre médecin pour faire une évaluation plus approfondie. En attendant, voici quelques conseils clés pour éviter de tomber malade de nouveau.

Consultez le Portail sur la salubrité des aliments ou le site Web de l’Agence afin d’obtenir de plus amples renseignements sur la salubrité des aliments et sur la façon de vous protéger contre les maladies d’origine alimentaire. Vous pouvez également télécharger l’application sur les rappels et les avis de sécurité gratuite, qui enverra des renseignements fiables et à jour sur la santé et la sécurité directement à votre cellulaire.

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