Analyse du sperme de bovins… une tâche pour l’ACIA

Par : Jeff Froggett

Le travail de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) est essentiel à l’assurance d’un approvisionnement alimentaire sûr et accessible. Les gens peuvent penser que nous ne sommes que des « inspecteurs des aliments », mais c’est beaucoup plus que cela. En plus d’utiliser la science, l’Agence développe chaque jour de nouvelles connaissances scientifiques par l’intermédiaire de ses projets de recherche et d’atténuation des risques pour les ressources animales et végétales du pays.

Cela signifie parfois d’analyser le sperme de bovins pour en assurer la bonne santé. Et il suffit parfois d’une découverte microscopique pour donner des résultats grandioses.

Les chercheurs Brian Brooks et John Devenish, assistés de leur équipe des laboratoires de santé animale d’Ottawa (LSAO) situés au Laboratoire de l’ACIA à Ottawa (Fallowfield), ont mis au point une épreuve de détection plus efficace d’un organisme plutôt rare, une sous-espèce du groupe Campylobacter fetus (CF) responsable de la campylobactériose génitale bovine (CGB).

La CGB peut provoquer l’infertilité, la mortalité embryonnaire précoce et l’avortement chez les bovins. Comme le Canada exporte pour plusieurs millions de dollars de sperme et d’embryons de bovins de grande qualité, un test rapide et fiable pour détecter la CGB est important pour l’économie et les échanges commerciaux du pays.

Les chercheurs Brian Brooks et John Devenish ont émis l’hypothèse selon laquelle un test immuno-enzymatique (ELISA), faisant appel à des anticorps monoclonaux spécifiques du groupe d’organismes CF, pourrait grandement améliorer le délai d’exécution par rapport aux tests habituels réalisés à partir de cultures. Voilà ce que l’ACIA a réussi à faire!

Mieux encore, cette ELISA améliorée permet de détecter le CF plus rapidement, par un simple changement de couleur, mais uniquement si le CF est présent dans l’échantillon de tissu animal.

Équipe du laboratoire de microbiologie vétérinaire d’Ottawa (Fallowfield) – première rangée, de gauche à droite : Cheryl Lutze-Wallace, Gloria Berlie-Surujballi, Cathie Elmgren, Jenni Widdison, Donna Milnes. Dernière rangée, de gauche à droite : Teresa Burke, Amanda Laverdiere, Mohamed Elmufti, Émilie Falardeau, Brian Brooks, John Devenish

Équipe du laboratoire de microbiologie vétérinaire d’Ottawa (Fallowfield) – première rangée, de gauche à droite : Cheryl Lutze-Wallace, Gloria Berlie-Surujballi, Cathie Elmgren, Jenni Widdison, Donna Milnes. Dernière rangée, de gauche à droite : Teresa Burke, Amanda Laverdiere, Mohamed Elmufti, Émilie Falardeau, Brian Brooks, John Devenish

Malgré que l’agent de la CGB, C. fetus ssp. venerealis (CFV), soit rare au Canada, le pays n’est pas considéré comme exempt de CFV. Les centres d’insémination artificielle du Canada doivent constamment effectuer des tests de détection de CFV pour démontrer aux marchés internationaux que le pays est exempt de l’agent pathogène. Et s’il est détecté, l’événement doit être signalé dans le rapport annuel à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Étant donné la rareté de la CGB au Canada, les scientifiques de l’ACIA ont eu de la difficulté à valider leur épreuve ELISA à une norme internationale. Compte tenu de la très faible prévalence de l’infectiosité de la CGB au Canada, l’équipe ne disposait tout simplement pas d’une quantité suffisante d’échantillons positifs pour pouvoir poursuivre ses travaux. Cela a ralenti le projet et compliqué les travaux de validation.

La solution? La collaboration.

Pour maintenir la dynamique, les scientifiques de l’ACIA ont fait appel à la Veterinary Laboratory Association (VLA), en Grande-Bretagne, où l’infection à CGB est plus courante. Du matériel et des méthodes ont été échangés; des voies de communication ont été mises en place, mais de telle sorte que les résultats finaux n’étaient communiqués qu’une fois terminés les essais de chaque collaborateur. Cette procédure visait à empêcher tout biais dans l’analyse des résultats et à maintenir la rigueur scientifique.

Il aura fallu en tout et pour tout 12 ans pour valider l’épreuve ELISA spécialisée de l’ACIA par rapport à la reconnaissance internationale. Voici comment cela s’est déroulé :

  • 2005 – La nouvelle procédure ELISA est adoptée par l’ACIA. Mais il faut pouvoir isoler plus de CFV pour obtenir la preuve statistique requise à l’échelle internationale.
  • 2008 – Une occasion rare se présente lorsque 114 taureaux des États-Unis sont déplacés à deux centres d’insémination artificielle de l’Ouest du Canada. Le CFV est alors isolé chez deux taureaux du groupe. Cette découverte fait naître un doute quant à la possibilité que d’autres animaux du groupe soient infectés. Des tests sont alors effectués sur les 114 animaux, en utilisant à la fois la nouvelle méthode ELISA et la méthode traditionnelle de mise en culture. La présence de l’infection à CFV est confirmée chez 35 taureaux. C’est ce qui fournit les données requises pour compléter la validation. Une demande a ensuite été présentée à l’OIE.
  • En septembre 2012, une lettre officielle de l’OIE indique que le test est approuvé et qu’il figurera dans le prochain chapitre révisé sur la CGB du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres, témoignant de la réputation internationale de l’ACIA.

N’étant pas du genre à se reposer sur ses lauriers, l’équipe de santé vétérinaire du Laboratoire d’Ottawa (Fallowfield) de l’ACIA continue de développer, d’améliorer et de valider d’autres tests.

Le Canada exporte pour plusieurs millions de dollars de sperme et d’embryons de bovins de haute qualité. Un test rapide et fiable pour le sperme de bovins est important pour l’économie et les échanges commerciaux du Canada.

Le Canada exporte pour plusieurs millions de dollars de sperme et d’embryons de bovins de haute qualité. Un test rapide et fiable pour le sperme de bovins est important pour l’économie et les échanges commerciaux du Canada.

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