La tique gagne du terrain

Si vous aimez le plein air, les piqûres d’insectes ne vous sont sûrement pas étrangères. Certaines peuvent provoquer des démangeaisons ou des éruptions cutanées, tandis que d’autres entraînent parfois de graves problèmes de santé. Prenons la maladie de Lyme. Il s’agit d’une infection causée par une bactérie appelée Borrelia burgdorferi. La bactérie se transmet à l’humain par les piqûres de tiques à pattes noires infectées et peut causer de graves symptômes, si l’infection n’est pas traitée.

Les cas de maladie de Lyme dénombrés au Canada sont à la hausse, et les tiques envahissent de nouvelles régions. Le réchauffement dû aux changements climatiques en est probablement la principale cause. Nous tablons plus que jamais sur la science pour mieux comprendre comment cette maladie se répand.

Surveillance

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) poursuit son travail de surveillance de la maladie de Lyme. En quoi cela consiste-t-il? Ce travail effectué par des scientifiques consiste essentiellement à faire le suivi des données sur les cas de maladie en fonction des personnes touchées, des régions géographiques et des périodes de l’année. Une déclaration précise des cas est importante pour mieux comprendre la maladie et sa répartition géographique.

La proportion de tiques infectées par la maladie de Lyme dans des régions particulières est également surveillée.

La surveillance de la maladie de Lyme ne se fait pas en solo. Pour améliorer la surveillance afin de tracer un portrait plus précis de la situation, l’ASPC s’est associée avec des partenaires et des intervenants, notamment avec des universités et des organismes canadiens ainsi qu’avec les provinces et les territoires.

Comment la surveillance se fait-elle?

L’ASPC encadre la surveillance de la maladie de Lyme au Canada, qui se fait de trois façons.

1.       La surveillance passive des tiques consiste à effectuer des tests sur des tiques trouvées sur des humains (et des animaux de compagnie dans certaines régions) et soumises volontairement par les spécialistes de la santé publique et les professionnels de la santé. Les échantillons de tiques recueillis sont expédiés aux laboratoires provinciaux de santé publique en vue de l’identification de l’espèce. Toutes les tiques à pattes noires découvertes sont envoyées au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’ASPC pour subir des tests visant à détecter la présence de bactéries pathogènes.

2.       La surveillance active des tiques  (aussi appelée arrachage des tiques) est effectuée par des chercheurs de l’ASPC. Ceux-ci se rendent dans des régions où la présence d’une forte population de tiques est soupçonnée et traînent des couvertures de flanelle dans les champs pour récolter des tiques qui seront soumises à des tests de dépistage au LNM. (Eh oui, voilà un emploi offert au gouvernement!)  

3.       Le signalement des cas chez les humains à l’ASPC est effectué par certains organismes provinciaux et territoriaux de santé publique au moyen du Système de surveillance améliorée de la maladie de Lyme.

Augmentation des populations de tiques

Nos chercheurs de laboratoire analysent les données recueillies à l’aide des diverses méthodes de surveillance afin de déterminer le niveau de risque pour les Canadiens, entre autres choses. Des cartes prédictives des zones à risque pour la maladie de Lyme ont été dressées à partir des données. Les chercheurs ont observé une augmentation constante du nombre de cas signalés annuellement à l’échelle nationale, qui est passé de 128 en 2009 à 522 en 2014. Selon les données préliminaires, le nombre de cas signalés en 2015 est de 707.

L’étude a aussi montré que, dans la majorité des cas, la maladie de Lyme est contractée là  où les populations de tiques augmentent et que le rythme de croissance et l’étendue des populations varient d’une province à l’autre. « La maladie de Lyme prend de l’ampleur au Canada parce que les tiques qui la transmettent gagnent du terrain, mais certaines provinces sont beaucoup plus touchées par ce phénomène que d’autres », affirme le scientifique Nick Ogden.

Collaboration

Pour venir à bout de la maladie de Lyme, il faut adopter une approche fondée sur la collaboration. Il s’agit non seulement de partager les données de surveillance pour mieux comprendre cette menace pour la santé, mais aussi de travailler de concert pour améliorer les moyens de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge de la maladie. L’ASPC a tenu une conférence nationale du 15 au 17 mai durant laquelle des intervenants, des experts et d’autres parties intéressées ont participé à l’élaboration d’un cadre fédéral exhaustif relativement à la maladie de Lyme.

Pour en savoir plus sur la maladie de Lyme et la façon de vous protéger et d’informer les gens, veuillez consulter le site Canada.ca/maladiedeLyme.

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