La « biologie de garage », du sous-sol au laboratoire

Quand vous pensez « de garage », vous songez probablement à votre établi, au groupe rock dont vous faisiez partie à l’adolescence ou à la fois où votre père a entrepris de faire lui-même l’entretien de la voiture, avec les résultats que vous connaissez. Vous ne songez probablement pas à la « biologie de garage ». Eh bien, ça existe. C’est même un vaste mouvement qui prend rapidement de l’ampleur.

Le 16 mars 2016, l’Agence de la santé publique du Canada a tenu le tout premier sommet canadien de la biologie de garage, qui a réuni des biologistes de garage, des universitaires et des fonctionnaires fédéraux pour discuter de l’incidence de la biologie de garage sur les sciences et l’innovation au Canada et dans le monde. Mais avant de parler de ce sommet, jetons d’abord un coup d’œil à la biologie de garage, à ce en quoi elle consiste et aux possibles répercussions pour la santé publique au Canada.

La technologie avance à pas de géant!

Nous ne parlons pas de la fois où le colosse de la classe vous a mis sous son bras pour échapper à votre expérience qui s’était emballée dans le laboratoire de l’école. Nous disons simplement que la technologie progresse très rapidement. (Vous souvenez-vous sans frémir de votre premier téléphone cellulaire?) À mesure qu’elle progresse, la technologie devient aussi plus abordable et facile à obtenir.

Toute cette technologie conviviale offerte à petit prix a donné naissance à une nouvelle génération de biologistes de garage (aussi appelés biologistes amateurs, pirates de génétique libre, pirates de la bio-informatique libre et scientifiques citoyens) qui travaillent à l’extérieur des laboratoires traditionnels. Les biologistes de garage sont souvent des scientifiques ou des ingénieurs, et même parfois des élèves, des passionnés et des amateurs.

Bio-graphie du mouvement

Le réseau des biologistes de garage commence à prendre forme à partir de la fondation en 2008 du groupe DIYbio.org (en anglais seulement). Le réseau compte maintenant plus de 2 000 membres inscrits appartenant à 59 groupes dans 30 pays. Au Canada, des groupes de biologistes de garage sont à l’œuvre à Ottawa, Montréal, Toronto, Calgary, Vancouver et Victoria.

La plupart des biologistes de garage travaillent à mettre au point des moyens simplifiés et peu coûteux de régler des problèmes sanitaires, environnementaux et sociaux mondiaux. Certains travaillent dans un laboratoire maison, tandis que d’autres créent des laboratoires communautaires.

À titre d’exemple, des biologistes de garage pourraient créer un biocapteur (en anglais seulement) mobile qui détecte en temps réel la présence de contaminants dans l’eau. D’autres pourraient décider de cultiver des cellules humaines sur des pommes (en anglais seulement) pour explorer de possibles applications en médecine régénérative.

Biologie de garage et santé publique

La biosûreté (manipulation et entreposage adéquats des toxines et des agents pathogènes dangereux pour les humains et les animaux) et la biosécurité (prévention de l’introduction intentionnelle d’organismes nuisibles aux humains, aux animaux ou aux végétaux) sont les principales considérations sanitaires qui concernent les biologistes de garage.

En somme, il est important de veiller à ce que des procédures de formation et de sécurité en laboratoire adéquates soient en place. La Loi sur les agents pathogènes et les toxines est, au sein du corpus juridique canadien, le texte législatif le plus applicable. La Loi constitue le fondement du programme national de sûreté et de sécurité pour la protection de la santé et de la sécurité du public contre les risques des agents anthropopathogènes. Selon le type d’expérience qu’ils souhaitent mener, les biologistes de garage qui veulent travailler avec des toxines ou des agents anthropopathogènes nocifs peuvent devoir présenter une demande de licence en vertu de la Loi.

L’Agence de la santé publique du Canada adopte une approche équilibrée pour la réglementation de la biologie de garage en vue de protéger la santé et la sécurité publiques contre les toxines et les agents pathogènes nocifs d’une part, et de favoriser le caractère dynamique et novateur de la recherche au Canada de l’autre.

Sommet canadien de la biologie de garage

Le tout premier sommet canadien de la biologie de garage a eu lieu le 16 mars 2016. Au programme, des séances sur le portrait actuel de la biologie de garage au Canada, sur l’instauration d’une culture de sécurité et sur les occasions de collaboration entre les biologistes de garage, les universitaires et les fonctionnaires des ministères et organismes à vocation scientifique. (Voir liste complète des participants ci-dessous.) À la fin du sommet, une foire de la biologie de garage a mis en vedette des démonstrations et des présentations interactives de trousses de biologie moléculaire de garage, de concepts expérimentaux, d’équipement et d’applications robotiques et même de bioart. Voici quelques-uns des stands.

Pelling Labs
Expérience du groupe Pelling Labs avec des pommes et des tissus humains.

Wheeler Microfluids
Laboratoire sur puce du groupe Wheeler Microfluids.

Brico Bio
« Laboratoire bento » de biologie de garage portable du groupe Brico Bio.

Le passé de garage n’est pas garant de l’avenir biologique

La biologie de garage était autrefois mal vue parce qu’il ne s’agissait, croyait-on, que d’une pratique d’amateurs qui réalisaient des expériences dangereuses dans leurs garages ou leurs sous-sols. Aujourd’hui, cette perception évolue : le nombre de biologistes de garage augmente et ceux-ci réalisent des travaux scientifiques vraiment étonnants. Ils sont là pour rester, et les organisations scientifiques traditionnelles ont choisi de travailler avec eux à la poursuite de l’excellence scientifique. L’Agence de la santé publique du Canada est déterminée à soutenir l’innovation scientifique au pays et vous invite à vous renseigner à propos de la biologie de garage (en anglais seulement) et du rôle du gouvernement fédéral en matière de biosûreté et de biosécurité.

Participants au sommet canadien de la biologie de garage

  • Pelling Labs
  • Synbiota
  • DIYBIO.TO
  • Brico.bio
  • Victoria.makerspace.ca
  • Open Science Network
  • FREDsense Technologies
  • Artengine
  • Spiderwort
  • Makerspace North
  • Université de Lethbridge (SYNBRIDGE Maker Space)
  • Université McGill
  • Université d’Ottawa
  • Université de Toronto
  • Université de la Colombie-Britannique
  • Université Concordia
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