Recherche sur le virus Zika : hors des sentiers battus

Est-ce que le virus Zika pourrait venir jusqu’au Canada? À ce jour, il n’y a eu aucun cas de virus Zika transmis par piqûre de moustiques au Canada. Tous les cas signalés étaient liés à des voyages, à une transmission par voie sexuelle ou à une transmission mère-fœtus. Vous vous demandez peut-être si cette situation pourrait changer. Comme le virus Zika se propage rapidement dans les Caraïbes et les Amériques et vu l’attention internationale qu’il suscite, les chercheurs canadiens s’intéressent à la question et sortent des sentiers battus pour tenter de trouver des réponses.

Jusqu’à présent, les laboratoires de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) étudiaient les moustiques dans le contexte des maladies infectieuses endémiques, comme le virus du Nil occidental. Bien qu’il soit peu probable que des moustiques infectés par cette « maladie tropicale » puissent survivre aux températures hivernales du Canada, les chercheurs de l’ASPC étudient la question plus en profondeur.

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Première recherche sur le virus Zika en son genre

Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’ASPC et le laboratoire Brock, en Ontario, ont récemment lancé une étude pour déterminer si les moustiques du Canada peuvent être porteurs du virus Zika, survivre à nos conditions météorologiques, et transmettre le virus à évolution lente aux humains. Il y a environ 80 types différents de moustiques au Canada, mais les expériences ne portent que sur ceux qui sont répandus, abondants et qui piquent le plus les humains (certains se nourrissent uniquement du sang des animaux, des oiseaux et des amphibiens).

La première étape de l’étude consistait à obtenir une souche asiatique du virus thaïlandais qui circulait en Polynésie française pendant l’éclosion de 2013-2014, de même qu’une souche provenant de Porto Rico, qui est la même que celle qui circule en Amérique du Sud en ce moment.

Ensuite, les chercheurs ont recueilli des moustiques vivants du sud de l’Ontario et du Manitoba, deux régions ayant des milieux favorables aux populations de moustiques. Les moustiques ont été attrapés et amenés aux laboratoires où ils ont été exposés au virus Zika, soit par injection, soit après avoir été nourris de sang infecté. 

 Scientifique de l’Agence de la santé publique du Canada recueillant des moustiques sur le terrain.

Scientifique de l’Agence de la santé publique du Canada recueillant des moustiques sur le terrain.

Si jamais les espèces contractent le virus, les scientifiques chercheront à savoir si les agents pathogènes vont envahir les glandes salivaires des insectes, une étape essentielle vers la transmission du virus à l’humain.

Climat canadien : un facteur important

Le climat est aussi un obstacle majeur à la propagation de la maladie. Comme l’explique Robbin Lindsay, scientifique à l’ASPC : « Le virus Zika est principalement propagé par les moustiques vivant dans des pays à climat tropical, c’est pourquoi nous voulons observer l’influence des températures plus froides sur le développement possible de l’infection. »

Les chercheurs surveilleront les moustiques pendant la période d’incubation (le temps requis pour que le virus se développe et atteigne les glandes salivaires pour permettre sa transmission) afin de voir comment diverses températures influent sur la capacité des moustiques à devenir porteurs du virus avant de mourir. Souvent, les températures froides empêchent le virus de survivre longtemps chez les populations de moustiques. Généralement, les moustiques meurent avant même que le virus n’atteigne les glandes salivaires. On espère que ces mêmes schémas de croissance seront observés pour le virus Zika chez les moustiques canadiens exposés aux températures canadiennes habituelles.

Tout va bien jusqu’à maintenant! En date du 30 août 2016, les chercheurs du LNM ont évalué six espèces de moustiques présentes au Canada. Aucun élément de preuve qui indiquerait que ces espèces peuvent être porteuses du virus Zika ou le transmettre n’a été trouvé.    


Une fois que toutes les données auront été recueillies, elles serviront à mettre à jour les modèles scientifiques qui prédisent les endroits où le climat permet le mieux aux moustiques de devenir porteurs du virus et le transmettre. S’il y a lieu, des cartes de risques seront créées pour montrer où la possibilité de transmission locale est la plus élevée. La modélisation de même que la schématisation des risques se feront en collaboration avec des climatologues de l’Université du Québec à Montréal. En définitive, ces renseignements serviront à déterminer le niveau de risque maintenant, et à l’avenir alors que le climat continuera de se réchauffer, dans le but de mieux protéger les Canadiens.

Protégez-vous en tout temps

La recherche se poursuit. Le risque de transmission du virus Zika par des moustiques au Canada demeure néanmoins très faible. Cependant, il est toujours recommandé de vous protéger contre les piqûres de moustiques.

Pour en savoir plus sur le virus Zika et les moyens de vous protéger, consultez Canada.ca.

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