Les superhéros canadiens du nucléaire

En cas d’urgence, nous pensons souvent aux policiers, aux pompiers et aux ambulanciers paramédicaux comme premiers protecteurs. Bien que ces premiers intervenants jouent un rôle essentiel, il y a d’autres véritables héros qui assurent notre sécurité en cas d’urgence nucléaire.

Le 11 mars 2011, un séisme sous-marin d’une magnitude de 9,0 secoue la côte du Pacifique du Japon et déclenche un puissant tsunami. Le tsunami provoque des accidents nucléaires dans trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Le 9 août 2012, un petit bateau de pêche japonais est découvert sur l’île Spring, près de la côte nord-ouest de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Puisqu’il s’agit d’un bateau japonais provenant du territoire de Fukushima qui s’est perdu pendant le tsunami de 2011, il suscite beaucoup d’intérêt de la part d’organismes de la Colombie-Britannique, de même que d’organismes fédéraux du Canada et des États-Unis.

Le 9 septembre 2012, une équipe de terrain du Bureau de la radioprotection de Santé Canada se rend à l’île Spring pour mesurer les rayonnements à bord du bateau de pêche. Après leur expédition, les membres de l’équipe ont publié un rapport technique dans lequel ils confirment qu’il n’y a aucune trace détectable de radioactivité sur le bateau et le rivage adjacent.

Qui sont donc ces superhéros du nucléaire prêts à passer à l’action et à pourchasser les rayonnements? Voici l’équipe de terrain du Bureau de la radioprotection, l’une des équipes d’intervention d’urgence de Santé Canada en cas d’urgence nucléaire. Nous les appelons les superhéros canadiens du nucléaire!

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Image 1 : L’équipe de terrain pour les urgences radiologiques ou nucléaires du Bureau de la radioprotection se prépare pour une autre journée de travail. De gauche à droite : Matthew Rodrigues, John Rollings, Laura Chaloner, Michael Jones, Marc-Olivier Boudreau, Claude Bouchard et Stan Marciniak.

Santé Canada est responsable du Plan fédéral en cas d’urgence nucléaire (PFUN), qui décrit la manière dont le gouvernement du Canada analyse les répercussions environnementales d’un incident nucléaire ou radiologique au Canada et à l’étranger ainsi que la manière dont il intervient dans cette éventualité. Le gouvernement veille à être toujours prêt à intervenir, ce qui signifie que Santé Canada et ses partenaires du PFUN effectuent une surveillance constante à la recherche de tout incident nucléaire et qu’ils sont en tout temps prêts à coordonner l’intervention technique fédérale qui convient.

À la réception d’un avis concernant un éventuel incident nucléaire, un groupe d’évaluation technique (GET) est mis sur pied pour évaluer les répercussions de cette situation précise sur la santé, les aliments et l’environnement. Le GET possède les connaissances, l’équipement et l’expérience nécessaires pour gérer de nombreuses situations radiologiques et nucléaires différentes.

L’équipe de terrain du Bureau de la radioprotection appuie le travail du GET. « Nous avons du matériel et de l’équipement réservé à l’intervention en cas d’urgence nucléaire », explique Claude Bouchard, chef de la Section de coordination et planification des opérations de la Division de la préparation et de l’intervention aux urgences nucléaires. L’équipe utilise une variété d’équipement pour effectuer des contrôles radiologiques des rayonnements au sol, réaliser une surveillance de l’environnement et une collecte d’échantillons ainsi que pour appuyer les analyses techniques et les évaluations des risques. Les membres de l’équipe portent de l’équipement spécial (notamment des tenues de protection, des protecteurs faciaux et des gants) pour se protéger de la contamination lorsqu’ils travaillent sur le terrain.

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Image 2 : Des membres de l’équipe de terrain du Bureau de la radioprotection portent de l’équipement de protection lorsqu’ils sont sur le terrain pour éviter d’être exposés à des dangers radiologiques et nucléaires.

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Image 3 : Cet appareil, appelé détecteur au germanium de haute pureté (HPGe), est utilisé pour la spectrométrie gamma (détection de rayonnements à partir de petits échantillons). L’échantillon est placé dans le détecteur, puis les données s’affichent sur l’écran de l’ordinateur.

Chaque année, l’équipe se prête à deux exercices d’envergure qui simulent une intervention en cas d’incident nucléaire dans le but de mettre les protocoles d’intervention à l’essai et de veiller à ce que les membres de l’équipe comprennent leurs rôles. Le plus récent exercice, qui a eu lieu à Ottawa en mai 2016, mettait en scène l’explosion d’un dispositif de dispersion radiologique, communément appelé « bombe sale ». Pendant cet exercice, les participants devaient cerner les secteurs contaminés et identifier les substances radioactives, puis élaborer des solutions pour limiter la contamination.

Ces exercices peuvent durer seulement quelques heures ou se prolonger pendant quelques jours. Peu importe la situation, l’équipe est toujours prête grâce à une réserve de nourriture, d’eau et de téléphones cellulaires de rechange.

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Image 4 : Tests de détection de rayonnements dans un laboratoire mobile lors de l’exercice sur le terrain à Ottawa en mai 2016.

L’équipe contribue aussi à la coordination des efforts de préparation et d’intervention en cas d’incident nucléaire déployés avant la tenue de grandes manifestations sportives et d’autres activités publiques à grand déploiement. L’équipe a participé à la mise en place des mesures de sécurité pour les Jeux panaméricains de 2015, les Jeux olympiques d’hiver de 2010 ainsi que les sommets du G8 et du G20.

Après l’urgence nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi au Japon en 2011, de nombreux ministères ont beaucoup travaillé pour améliorer notre degré de préparation en cas d’urgence. L’équipe de terrain du Bureau de la radioprotection a participé à ces efforts, et à l’automne 2015, des membres de l’équipe ont pris part à un atelier international sur le site de la catastrophe de Fukushima dans le but de mettre à l’essai et de valider la procédure opératoire normalisée de Santé Canada pour une mesure rapide des taux de rayonnements en cas d’urgence nucléaire.

Pour être efficace, une intervention en cas d’urgence nucléaire exige une collaboration étroite et un travail d’équipe avec des partenaires d’organismes et de territoires multiples. Grâce à la présence de ces superhéros du nucléaire, il va sans dire que nous sommes entre bonnes mains!

Pour en savoir plus

Préoccupations liées à la santé – Urgences et désastres

Plan fédéral en cas d’urgence nucléaire

Préparation aux urgences nucléaires

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