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Communications sur le changement climatique en trois étapes

Par Dick Bourgeois-Doyle

 

Communications

Mon fils Jonathon vit au milieu des champs de pétrole lourd de l’Alberta. Lorsque je lui ai fièrement annoncé que j’assisterais à l’Assemblée générale annuelle de 2017 de la Commission canadienne pour l’UNESCO à Montréal, un rassemblement axé sur le changement climatique, ses causes et sa menace pour la planète, mon fils était loin d’être enthousiaste. Le but de l’événement était de déterminer la meilleure voie à suivre pour la prochaine génération à laquelle mon fils et ses amis appartiennent. Que pense-t-il de la pertinence de cet événement pour sa vie?

« Donc, en gros, je travaille sur une plateforme au nord du 35e parallèle, mes amis sont mutilés et d’autres gars se font tuer », a dit mon fils, ajoutant « pour que nous puissions payer des impôts, donner des subventions aux professeurs d’université pour nous dire que nous sommes moins que des humains, que notre emploi n’a pas d’importance parce que nous travaillons dans une industrie sale ». 

Jon pourrait facilement être décrit comme un sceptique sur le changement climatique. 

La voix de Jon a résonné dans ma tête quelques jours plus tard alors que j’écoutais le groupe d’experts discuter du défi du scepticisme et du déni face au changement climatique et de ce que l’on peut faire à ce sujet. 

Les débats comme celui-ci sont souvent empreints d’animosité, mais présentent peu de réponses au défi du scepticisme. Je m’attendais à être pulvérisé par des nuages de sagesse; j’étais prêt à sortir mon parapluie à tout moment. 

Mais le groupe d’experts, qui comprenait quelques voix des Prairies, a pris une tournure plus pratique.

En ce qui a trait à la façon de mobiliser les sceptiques et de confronter les négationnistes, M. Gerald Farthing, ancien sous-ministre de l’Éducation de la Saskatchewan, a dit qu’il n’avait pas de réponses, mais seulement quelques réflexions. Plus tard lors de la période de questions et réponses, je l’ai taquiné en disant qu’il avait « menti » parce que je crois qu’il nous a donné une réponse. Il a suggéré trois étapes qui, à mon avis, devraient être épinglées au mur de chaque laboratoire, bureau et poste de travail modulaire.

  1. Répéter et répéter les preuves scientifiques – avec gentillesse et respect.
  2. Raconter des histoires humaines sur l’incidence du changement climatique – des histoires réelles.
  3. Écouter les gens qui pensent différemment de vous.

Il ne s’agit pas seulement de dire que la « science est concluante ». Vous devez étudier les preuves qui démontrent les pour et les contre, absorber les données et être convaincu par elles et non par une foi inavouée en la science.  

Cela signifie ressentir aussi bien que connaître les histoires de famine, de déplacement et de conflit que les perturbations climatiques apportent. 

Cela signifie essayer de regarder le monde à travers les yeux des gens que vous ne pouvez pas comprendre et qui semblent être des ennemis.

Une simple liste de contrôle. Facile à retenir, mais pas si facile à faire.

Jon sur la plateforme pétrolière.

Jon sur la plateforme pétrolière.

Une semaine plus tard, devant une bière et des nachos à Saskatoon, j’ai raconté à Jonathon comment j’avais interprété ses commentaires après avoir assisté à l’événement de Montréal; je lui ai expliqué pourquoi il avait tort et pourquoi il devrait s’inquiéter.

Il s’est redressé.

« Ce n’est pas comme si je ne me souciais pas de la planète », a-t-il dit. « C’est juste qu’après des années de redevances insuffisantes, ils vont maintenant s’en prendre aux gens ordinaires, aux gens qui n’ont pas de travail – la taxe sur le carbone, c’est stupide. » 

Je lui ai parlé des inconvénients du système de plafonnement et d’échange, des flux d’intrants et d’extrants et de l’économie interconnectée. Des trucs abstraits. Pas d’humains, pas de données, pas d’écoute.

« Ce genre de discours, c’est pour ça que Trump a gagné, tu sais, » dit-il. « Les emplois et la sécurité, c’est ce dont tu dois parler si tu veux que les gens t’écoutent. »

J’ai réalisé à quel point j’avais rapidement oublié les points soulevés par M. Farthing. Sachant alors, par expérience personnelle, que ces trois étapes seraient utiles à beaucoup de gens, j’ai décidé d’en parler dans un blogue.

De retour au travail et à la routine à Ottawa, j’ai eu de la difficulté à trouver le temps de le faire. Puis, une semaine plus tard, j’ai appris sur Twitter que le président américain avait annoncé sa décision sur l’Accord de Paris sur le climat avec trois mots « nous nous retirons ».

J’ai réglé l’alarme plus tôt et j’ai écrit ceci.

Cet article a été publié à l’origine en version anglaise dans le CSP Blog

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