Thomas M. « Tim » Dauphinee (1916-2017)

Par Dick Bourgeois-Doyle

 

Tim Dauphinee

Aider à surveiller et à mesurer les océans du monde

Quand je suis allé voir Thomas M. « Tim » Dauphinee chez lui à Toronto en juin 2016, j’ai voulu parler de ses réalisations scientifiques, de ses contributions au domaine de l’océanographie et de son incidence sur la recherche dans le monde entier.

Mais il voulait parler d’inventions plus récentes et de l’avenir. Il se préparait à célébrer son 100e anniversaire le mois suivant.

Il avait deux nouvelles demandes de brevet à l’époque; l’une pour un gadget qui contrôlait les stores de fenêtre et un dispositif qui permettait de minimiser les angles morts dans les voitures. Loin d’être aveugle, le chercheur à la retraite a dit qu’il avait encore un permis de conduire, qu’il possédait une voiture et qu’il la conduisait.... parfois.

Je lui ai rendu visite l’an dernier, en partie pour souligner un autre centenaire : celui du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), l’employeur de Tim pendant la majeure partie de sa carrière professionnelle. Il a travaillé aux laboratoires du CNRC à Ottawa en tant que physicien et expert en systèmes de mesure physique autour de la température, de la pression et de la conductivité. Ses diverses compétences ont contribué à de nombreux projets au CNRC. Mais, à la fin des années 1960, il a dû mettre à contribution ses compétences d’une manière unique et puissante lorsqu’il a été mis au défi de développer un nouveau type de salinomètre – un instrument qui pourrait mesurer la température et la salinité de l’eau de mer d’une manière fiable, précise et continue et qui pourrait éloigner la science de l’ère des bouteilles d’eau, des thermomètres à main et des travaux de terrain imparfaits.

Ses inventions et sa perspicacité ont ouvert la voie à l’élaboration de la première échelle pratique de salinité – la norme internationale connue sous le nom de PSS-78 qui sous-tend la surveillance de la circulation océanique, un facteur important pour comprendre le changement climatique et le mouvement de la vie marine.

Tim jouissait d’une réputation de scientifique créatif et méticuleux, et il a atteint l’excellence et la renommée internationale en combinant son expertise technique à sa capacité à travailler facilement avec les autres.

Sa contribution à l’océanographie résulte de sa capacité à collaborer avec les meilleurs scientifiques du monde entier et à publier dans un domaine autre que sa propre spécialité. En même temps, Tim pouvait facilement travailler avec des gens qui se concentraient sur les applications techniques, la construction d’équipements et les ventes.

Ses recherches ont produit des douzaines de brevets et ont mené à la commercialisation réussie de nombreux produits qu’il a mis au point en collaboration avec l’industrie privée. Guildline Instruments Ltd. de Smiths Falls, en Ontario, vend toujours des produits inspirés des conceptions de Tim, y compris le légendaire salinomètre Autosal qui a établi la « norme d’or » pour les laboratoires océanographiques à l’échelle internationale.

Le personnel de Guildline et d’autres personnes ont dit qu’il leur était facile de partager des idées et des projets avec Tim en raison de sa réputation d’homme intègre, généreux et aimable.

Le style de Tim va bien au-delà de sa vie scientifique. Après sa retraite, lui et sa défunte épouse Amy se sont consacrés à la promotion de l’éducation et de la formation par l’entremise de l’Ontario Credit Union Foundation et d’une bourse d’études à leur nom à l’Université York. Pour cela, ils ont reçu de nombreux honneurs, dont la Distinguished Service Citation de l’Association of Cooperative Educators et le prix Gary Gillam pour « réalisation exemplaire dans la promotion de la responsabilité sociale dans les coopératives d’épargne et de crédit ».

Après s’être remarié, Tim s’est installé à Toronto où il a passé les dernières années de sa vie avec son amie et nouvelle épouse Jean. Ses enfants et petits-enfants, ainsi que ses amis et collègues, le chérissaient comme un modèle dans de nombreux domaines.

Au CNRC, à Ottawa, un arbre commémoratif a été planté en son honneur l’an dernier pour que Tim Dauphinee continue d’inspirer, peut-être pour un autre siècle, le modèle d’un scientifique et inventeur accompli qui n’a cessé de penser, de créer et d’imaginer avec enthousiasme l’avenir jusqu’à la fin.

Tim est décédé le 20 février 2017.

Cet article a été publié à l’origine en version anglaise dans le CSP Blog

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