Cinq façons dont le naufrage du Titanic a fait progresser la science sous-marine

Le naufrage tragique du Titanic est un morceau d’histoire dont on se souvient dans le monde entier. Après la découverte de l’épave en 1985, plus de 70 ans après le naufrage du navire dans l’océan Atlantique Nord, les scientifiques se sont intéressés à l’étude de l’épave pour comprendre les processus géologiques, biologiques et chimiques de la mer profonde. En 1991, le géoscientifique marin Steve Blasco, de la CGC Atlantique, (maintenant à la retraite) faisait partie d’une expédition de 132 membres lancée pour étudier l’épave du Titanic sur le fond marin. Voici 5 éléments que les scientifiques ont découverts durant cette campagne.

1. L’épave du Titanic est un excellent marqueur de temps pour la science

Le Titanic est l’un des plus importants marqueurs de fonds marins jamais découverts parce que le navire était tout neuf quand il a coulé au fond de l’océan et que les scientifiques savent exactement quand il a coulé. Ceci est important parce que les scientifiques peuvent ainsi mesurer de nouveaux processus scientifiques dès leur début.

2. La mer profonde est plus active que prévu

En explorant l’épave en haute mer à environ 4 000 mètres sous la surface, les scientifiques ont découvert une activité sur le fond qui les a surpris. Ils pouvaient voir qu’il y avait des vagues et des ondulations dans le sable créées par l’interaction du courant avec l’épave. Cela a indiqué aux scientifiques qu’il existe un courant actif à cette profondeur. Ils ont aussi trouvé de la vie à cette profondeur. En fait, le Titanic lui-même était devenu un récif. Vingt-quatre espèces différentes, y compris des poissons, des crabes et des coraux, ont trouvé refuge sur son site.

 

3. L’épave du Titanic s’est déposée dans une niche de décollement de glissement de terrain

Après la découverte du navire, les scientifiques ont été intrigués par le fait que l’épave n’était pas profondément enfoncée dans le fond marin. Le bateau pesait 46 000 tonnes, mais n’avait pénétré que de quelques mètres le fond de l’océan. Des échantillons de carottes prélevés sur le site en 1991 ont révélé que l’épave reposait sur la paroi est d’un canyon qui était en fait une niche de décollement de glissement de terrain où les sédiments sont très denses. Cette découverte a suscité de l’intérêt pour l’étude des géorisques sous-marins, car que ceux-ci peuvent avoir un impact sur la mise en place d’infrastructures telles que les câbles de communication.

 

4. L’acier utilisé pour construire le Titanic était cassant

Les scientifiques ont récupéré un morceau d’acier de l’épave et ont déterminé plus tard que cet acier était cassant à cause de sa teneur en soufre. Ce fait n’aurait pas été connu au moment de la construction. En conséquence, l’impact de l’iceberg a causé plus de dommages et le navire a pris plus d’eau parce que l’acier n’était pas aussi résistant qu’on le pensait à l’origine.

 

5. Un processus biologique de corrosion couvre le Titanic de « glaçons de rouille ».

Les scientifiques ont découvert un processus biologique d’oxydation se produisant sur l’épave et on a déterminé qu’il est causé par des bactéries qui mangent l’acier et forment les « glaçons de rouille ». Ces éléments ressemblent à des glaçons mais sont de couleur rouille. Ce processus présente un intérêt pour les scientifiques qui cherchent des moyens de protéger les structures placées en haute mer.

 

L’étude de l’épave du Titanic a conduit les scientifiques à de nombreuses découvertes sur la géologie, la biologie et la chimie des fonds marins. Ces résultats continuent de fournir des informations clés à considérer pour de futurs projets de recherche et d’exploration. Comme Steve Blasco l’explique, si l’occasion se présentait, ses collègues de l’expédition de 1991 sauteraient sur l’occasion de retourner à l’épave et de voir comment ce marqueur de temps a changé au cours des 27 dernières années.

 

Date de modification :