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Modèle et source d’inspiration

Par Dick Bourgeois-Doyle

 

Francis Rolleston

À l’heure où les concepteurs de la politique de notre gouvernement en matière d’intégrité scientifique affrontent les derniers obstacles sur la voie d’un instrument modèle, ils pourraient vouloir communiquer avec le Dr Francis Rolleston.

Il a joué un rôle central dans l’élaboration de la Politique inter-conseils sur l’intégrité dans la recherche et les travaux d’érudition du Canada et le célèbre Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains. Il s’agit de documents fondamentaux pour financer la recherche universitaire et médicale et les modèles de collaboration entre les organismes fédéraux, en l'occurrence les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH).

Francis compte de l’expérience, non seulement dans l’agencement de cet ensemble de mots très réussis dans le domaine de l’intégrité, mais aussi dans leur déploiement et leur adoption. Il comprend l’absence de lignes directrices éthiques acceptées et ce qu’il faut faire pour les concrétiser en laboratoire et sur le terrain.

Mais, les importants antécédents en matière d’intégrité de l’ancien grand scientifique et politicien distingué sont encore plus impressionnants.

Je ne suis pas le seul à être impressionné par le Dr Rolleston.

Lors de la remise du prix du président de l’Association canadienne des comités d’éthique de la recherche (ACCER), on a cité sa contribution et son engagement exceptionnels afin d’améliorer la protection des participants humains à la recherche et l’efficacité des processus d’examen éthique de la recherche avec les humains.

Le Dr Rolleston a été le premier récipiendaire en 2007, ce qui est un grand honneur.

Il est peu surprenant d’apprendre que François est un penseur qui a été éduqué à Oxford. Il a obtenu un doctorat en biochimie à cette institution de renom en 1966 avant de passer quelques années à l’Université de Chicago. C’est avec plaisir qu’il a déménagé au Canada pour passer une décennie à la faculté de médecine de l’Université de Toronto. Bien qu’il limite toujours la description de ses antécédents scientifiques, il a acquis une passion pour l’intégrité scientifique et l’éthique au cours de ces années en laboratoire, ce qui a encadré sa carrière au sein du gouvernement du Canada.

Cette étape de sa carrière a débuté dans les années 1970, avec la gestion des programmes de subvention du prédécesseur des IRSC, le Conseil de recherches médicales (CRM), et comprenait des rôles de niveau de direction en affaires publiques, en évaluation scientifique, en relations internationales et, bien sûr, en intégrité scientifique et éthique. Il faisait partie de l’équipe qui a géré la transition du CRM aux IRSC et a pris sa retraite en 2001 alors qu’il était le premier directeur de l’éthique du nouvel organisme.

Ces années passées au gouvernement ont compris sa participation à de nombreux examens par les pairs, à l’élaboration de nouveaux programmes pour la science clinique, et à des conseils d’organismes internationaux tels que le Human Frontier Science Program. Au cours de cette période, il a fait progresser la cause de l’intégrité de la science et les intérêts des êtres humains participant à la recherche ou en étant le sujet.

Bien que les énoncés de politique des trois Conseils (depuis leur mise à jour et leur réorganisation) n’aient pas été officiels avant la fin des années 1990, Francis et d’autres se battaient bien avant. Il a rédigé un rapport sur l’éthique dans l’expérimentation humaine au cours de ses premières années au CRM et a même élaboré des lignes directrices novatrices sur l’éthique de la thérapie génique dans les années 1980.

Encore une fois, le mot « impressionnant » vient à l’esprit.

Pourtant, on pourrait faire valoir que tout cela découlait de ses responsabilités professionnelles et faisait partie de son travail rémunéré au CRM. En effet, vous pouvez trouver de nombreux praticiens dédiés à l’éthique scientifique dans les bureaux et les laboratoires fédéraux, et vous pourriez suggérer que Francis et ses collègues se sont trouvés au bon endroit au bon moment, tout comme aujourd’hui, pour faire de l’éthique et de l’intégrité de la science une actualité.

Mais, je détecte un point particulièrement lumineux dans l’auréole du Dr Rolleston.

En tant que personne dont la carrière a souvent reposé sur le pouvoir communicatif des mots, j’ai été impressionné par sa capacité à transformer des processus scientifiques complexes en des formats faciles à comprendre. Ses travaux comprennent, par exemple, la co-création, avec l’estimé Dr Mitch Halperin, d’un manuel de haut niveau sur la biochimie et physiologie intitulé Clinical Detective Stories. Le livre décrit une cinquantaine de cas réalistes et dramatiques qui ont eu lieu dans des hôpitaux et des cliniques vétérinaires pour expliquer des concepts scientifiques complexes.

J’ai constaté son talent en matière de clarté créative alors que je travaillais au secrétariat qui l’a servi durant sa présidence du Conseil d’éthique de la recherche du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), rôle qu’il a assumé après avoir quitté le CRM. Ces travaux, ainsi que d’autres depuis son départ à la retraite, attestent de cette intégrité rayonnante.

Plutôt que de dormir sur ses lauriers, il a travaillé comme bénévole auprès des conseils d’administration de l’Hôpital d’Ottawa, de la Société canadienne du sang, de l’ACCER, de la Table ronde sur l’éthique en science et en technologie d’Ottawa et de nombreux comités consultatifs gouvernementaux, habituellement dans une capacité de gestion et de leadership.

Je crois que c’est le genre de travail qui fait une distinction entre les gens comme moi, qui peuvent assembler des collections de mots, et ceux qui passent à l’étape suivante pour les intégrer à la réalité de la recherche.

Je pense que si la nouvelle politique d’intégrité scientifique doit créer l’effet désiré, nous avons besoin de tels modèles, et il serait bon d’inaugurer un prestigieux prix Francis Rolleston pour l’intégrité scientifique.

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