Sélection de la langue

Recherche

Messages transmis par les conférenciers principaux

À l’occasion de la réunion de l’AROC 2018, des exposés ont été présentés par un échantillon représentatif de partenaires internationaux et nationaux qui ont tous mis l’accent sur la nécessité, l’utilité et l’importance de travailler en collaboration afin de relever les défis sociétaux qui se posent dans le domaine des océans. Les conférenciers principaux ont décrit des facteurs qui, selon leur expérience et à leur avis, pourraient favoriser le développement d’une culture de collaboration fructueuse.

La représentante de la Direction générale de la recherche et de l’innovation de l’Union européenne (UE), Mme Sigi Gruber, a parlé de la nécessité de nouer de nouveaux partenariats fondés sur la confiance, le respect et la conviction commune qu’en collaborant on peut accomplir beaucoup plus qu’en travaillant chacun de notre côté. Mme Gruber a donné l’exemple de la déclaration de Galway qui a été signée en mai 2013 entre l’UE, les États-Unis (É.-U.) et le Canada. Il s’agit d’un très bel exemple de collaboration tenant compte de toutes ces considérations. La Déclaration de Galway sur la coopération dans l’océan Atlantique a permis de former l’Alliance de recherche de l’océan Atlantique (AROA) qui nous aide à travailler de concert pour mieux comprendre l’océan Atlantique et ses systèmes dynamiques, et promouvoir la gestion durable de ses ressources. Les résultats obtenus au cours des cinq dernières années grâce à l’AROA ont été qualifiés d’exemplaires. Ils représentent une nouvelle ère en matière de collaboration transatlantique puisque les personnes concernées collaborent maintenant ouvertement afin de trouver des solutions. Au cours des cinq dernières années, plus de vingt projets scientifiques ont été financés au moyen de l’AROA, appuyant des équipes de chercheurs provenant de l’Europe, des É.-U. et du Canada.

Craig McLean, scientifique en chef par intérim de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) des É.-U., a souligné les progrès remarquables qui ont été réalisés grâce à la collaboration transatlantique ayant été rendue possible par l’AROA, et il a aussi établi des parallèles avec les avantages de la collaboration à l’échelle binationale. Il a expliqué que le Canada et les É.-U. présentent de nombreuses similitudes, et que les deux pays ont su collaborer avec succès afin de relever des défis liés aux océans (p. ex., protection de la baleine noire de l’Atlantique Nord, et l’établissement de cartes du fond marin dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer). Dans ces cas, des scientifiques canadiens et américains ont travaillé ensemble afin de mieux comprendre des données scientifiques et de mettre au point des solutions de gestion. M. McLean a mis l’accent sur les différents rôles joués par la science dans les milieux universitaires et gouvernementaux, et souligné l’importance de tendre la main à des partenaires scientifiques provenant de l’industrie, de collectivités et d’organisation sans but lucratif, et de collaborer avec eux. Il a aussi rappelé l’importance de faire appel à des scientifiques en début de carrière en mesure d’apporter de nouvelles connaissances scientifiques et de proposer une nouvelle vision. Il a précisé qu’une collaboration entre tous les secteurs scientifiques susmentionnés s’avérait nécessaire pour relever les défis auxquels la société d’aujourd’hui est confrontée.

Mme Gruber a ensuite donné l’exemple du nouveau défi mondial et sociétal lié aux plastiques, et plus particulièrement aux microplastiques, qui se retrouvent dans les océans. Pour le relever, il faudra renforcer la collaboration globale afin de mieux comprendre les données scientifiques et de trouver des solutions, autant à l’échelle locale que mondiale. L’approche de l’UE, qui est axée sur la vision d’un océan sans plastique, mettra l’accent sur la coopération et sera développée en collaboration avec plusieurs partenaires (provenant de municipalités, de gouvernements régionaux et nationaux, d’universités, et du secteur privé) qui travailleront tous ensemble pour mieux comprendre le défi à surmonter, puis le relever. L’objectif ultime consiste à inaugurer une nouvelle ère de durabilité permettant aux partenaires de travailler ouvertement ensemble afin de proposer des solutions communes.

McLean a terminé son intervention en rappelant aux participants qu’au cours des deux prochains jours de discussions de l’AROC, ils devront non seulement s’efforcer de définir et de mieux comprendre le rôle qu’ils seront eux-mêmes amenés à jouer pour relever les défis liés aux océans, mais aussi d’évaluer les relations qu’ils pourraient établir avec d’autres intervenants qui pourraient devenir leurs partenaires à l’avenir. Il a fait remarquer que nous devons connaître les différents objectifs et mandats de ces éventuels partenaires qui participent aux discussions. En nouant des partenariats diversifiés, nous pouvons renforcer la coopération scientifique, et la collaboration fructueuse qui en découlera nous permettra de relever les défis liés aux océans à l’échelle mondiale.

Geoff Green, Ph. D., fondateur et directeur exécutif de Students on Ice, a présenté un exposé sur les océans et l’éducation océanique. Il a fait remarquer que notre planète devrait s’appeler la « planète océan » puisqu’elle est recouverte à plus de 70 % d’océans qui sont tous connectés entre eux et constituent donc « un seul océan mondial ». M. Green a expliqué qu’il faut créer une société centrée sur l’océan et qu’une étape clé qui permettra d’arriver à cette fin est l’éducation. L’éducation des jeunes est au cœur de la mission de l’organisme Students on Ice depuis sa création en 1999. Au cours des dernières années, plus de 3 200 jeunes provenant de 55 pays ont suivi des formations liées à l’éducation océanique et mettant l’accent sur les régions polaires du globe.

Green a parlé de l’expédition Canada C3 qui a été organisée par Students on Ice, et s’est avérée un grand succès. Elle est même devenue l’un des événements marquants du 150e anniversaire du Canada en 2017. L’expédition Canada C3 a duré 150 jours, au cours desquels ses participants ont voyagé de Toronto à Victoria en passant par le passage du Nord-Ouest, et elle a permis aux Canadiens de mieux comprendre leur pays. On considère que ce voyage a permis de favoriser le partage et l’apprentissage, de renforcer la confiance, et de développer les relations, et tous ces éléments sont des facteurs clés permettant de garantir la réussite des efforts de collaboration.

Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), a parlé de l’importance de travailler en étroite collaboration avec les Inuits du Canada lorsque l’on effectue des recherches dans les régions nordiques. L’ITK est un organisme national regroupant plus de 60 000 Inuits qui vivent dans 53 collectivités du nord du Canada. M. Obed a expliqué que les Inuits sont un peuple maritime – la grande majorité des collectivités inuites sont situées sur la côte (à l’exception de deux). Les Inuits sont des experts des océans et de la glace de mer puisqu’ils vivent à proximité des mers septentrionales. M. Obed a parlé de l’élaboration de la Stratégie nationale inuite sur la recherche qui a été lancée plus tôt en 2018, et qui est destinée aux gouvernements et aux établissements de recherche. La stratégie cible des domaines de partenariat et d’action qui pourraient permettre d’accroître les retombées et l’efficacité de la recherche pour les Inuits des régions d’Inuit Nunangat. L’un des facteurs clés lorsque l’on mène des recherches consiste à reconnaître le fait que toutes les personnes, y compris les scientifiques, ont des points de vue différents, et qu’une grande diversité de perspectives s’avère aussi précieuse qu’importante. M. Obed a souligné le fait que la recherche dans les régions nordiques du Canada doit favoriser la participation des collectivités inuites (définition des priorités, et réalisation des travaux de recherche). Une collaboration fructueuse avec les Inuits améliorera les résultats et les rendra plus intéressants pour tous les partenaires impliqués. M. Obed a précisé que nous avons tous des points de vue différents, et qu’aucun d’eux n’est intrinsèquement bon ou mauvais. En fait, une diversité des points de vue s’avère très importante pour obtenir du succès lorsque l’on déploie des efforts concertés.

Date de modification :