La pandémie de grippe de 1918 guide la recherche sur la grippe menée un siècle plus tard

La pandémie de grippe espagnole de 1918 a rapidement tué environ 50 millions de personnes dans le monde et infecté des millions d’autres – approximativement le tiers de la population mondiale.

Cette pandémie a été particulièrement imprévisible parce qu’elle a surtout touché des adultes qui étaient autrement en bonne santé. Le taux de mortalité de ce groupe était 20 fois plus élevé que celui pour la grippe saisonnière. Les médecins n’avaient que peu à offrir en matière de prévention et de traitement : l’ordonnance la plus commune était de prendre du repos au lit et de porter une attention particulière à son alimentation.

Beaucoup de Canadiens ne pensent à la grippe qu’en automne, surtout quand on leur rappelle de se faire vacciner contre la grippe. Des scientifiques dévoués du Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) se remémorent toutefois la grippe de 1918 au quotidien. C’est parce que la pandémie de grippe de 1918 est parfois appelée la « mère de tous les virus grippaux touchant l’humain ». En fait, presque tous les cas de grippe A sont causés par des virus grippaux dont l’origine génétique remonte à la grippe de 1918.

Origine de la grippe de 1918

Personne ne sait avec certitude d’où sur la carte provient le virus de la grippe de 1918, mais Darwyn Kobasa (Ph. D.), scientifique au LNM, convient que comme tous les autres virus de la grippe, il est probablement apparu chez un oiseau. Toutefois, pour que le virus puisse passer des oiseaux aux humains, il lui fallait un hôte intermédiaire permettant sa transmission aux humains.

Kobasa explique que le virus de 1918 était d’abord un virus de grippe aviaire qui a probablement infecté ensuite des hôtes mammifères, possiblement les porcs d’abord, puis les humains, après une période d’adaptation de durée inconnue.

Selon M. Kobasa, cette période d’adaptation est l’une des étapes que de nombreux chercheurs travaillant dans le domaine de la grippe veulent maintenant trouver lorsqu’il s’agit de virus de grippe aviaire : les mutations qui permettraient le passage des oiseaux à une nouvelle espèce hôte.

Recherches sur le virus de 1918 au LNM

À compter de 2001, les scientifiques du LNM se sont alliés à des scientifiques du monde entier pour reconstituer et comprendre le profil génétique du virus de 1918.

Les scientifiques du LNM ont constaté que ce virus était particulièrement unique, même parmi les plus souches de grippe les plus virulentes chez l’humain. Lorsque les scientifiques du LNM devaient travailler directement avec le virus de la grippe de 1918, ils ne pouvaient le faire que dans un laboratoire de niveau de confinement 4. C’est dans ces laboratoires de pointe de haute sécurité que les scientifiques examinent les agents pathogènes mortels dans les conditions les plus sécuritaires possible afin de se protéger et de protéger les autres contre le virus.

Les scientifiques du LNM surveillent maintenant les signes chez les virus aviaires actuels qui pourraient muter et produire ainsi un virus susceptible d’entraîner une autre pandémie grave.

100 ans plus tard : une autre pandémie de grippe?

Le monde a connu plusieurs pandémies de grippe, dont celles de 1957-1958, de 1968-1969 et de 2009‑2010, mais aucune d’entre elles n’a été aussi grave que la pandémie de 1918. Des chercheurs canadiens du LNM ont joué un rôle crucial dans le décodage du virus de la grippe pandémique de 2009‑2010 en isolant et en répliquant certains gènes du virus.

Grâce aux scientifiques, comme ceux du LNM, l’utilisation de vaccins et de traitements contre la grippe, qui ont contribué à prévenir ou à traiter les infections et les maladies ainsi qu’à en réduire la gravité, a beaucoup fait progresser le monde. La santé publique dépend de nous tous, et vous faire vacciner contre la grippe est le meilleur moyen de vous protéger, vous et votre famille, pendant la saison de la grippe.

La pandémie de grippe de 1918 nous rappelle ce qui pourrait arriver si un tout nouveau virus de la grippe apparaissait à l’avenir. Nous avons toutefois appris au fil de l’histoire que les pandémies ne sont pas identiques : nous devons être prêts à adapter et à modifier nos conseils de santé publique en fonction de la situation à mesure qu’elle évolue.

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