Un aperçu du laboratoire de niveau de confinement le plus élevé pour la santé animale au Canada : le Centre national des maladies animales exotiques

22 octobre 2018 | Agence canadienne d’inspection des aliments | par Loren Matheson, April Killikelly, Bradley Pickering

Les agents pathogènes entraînant des conséquences graves, comme ceux qui causent une fièvre hémorragique ou une grippe pandémique, peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé humaine et animale, ainsi que sur l’économie canadienne. Le mandat de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) comprend des travaux sur les maladies animales exotiques, comme les maladies susmentionnées, afin de contribuer à la préparation et à la planification des interventions au pays. Ces travaux couvrent tous les aspects de l’évaluation des risques, des prévisions, de la prévention, de la détection ainsi que du rétablissement après une éventuelle éclosion.

Le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) de Winnipeg est un complexe de laboratoires spécialisés qui a été précisément conçu pour le travail avec ces agents pathogènes dévastateurs. Avant d’entrer dans le laboratoire au niveau de confinement le plus élevé du Centre (le seul laboratoire de niveau de biosécurité 4 pour la santé animale en Amérique du Nord), les scientifiques revêtent des combinaisons à pression positive et franchissent des portes biohermétiques qui sont interverrouillées de façon à assurer une circulation de l’air vers l’intérieur du laboratoire. Une formation approfondie est nécessaire pour travailler dans cet environnement unique afin d’assurer la sécurité des employés et du public. Les laboratoires à haut niveau de confinement sont coûteux et difficiles à exploiter. Ils sont essentiellement conçus comme un bâtiment à l’intérieur d’un bâtiment et sont censés résister aux pannes de courant, aux tremblements de terre et à toute autre catastrophe naturelle. Les mesures de sécurité intégrée sont renforcées. Tout ce qui se passe à l’intérieur de ces laboratoires nécessite une surveillance constante : débit et pression de l’air, débit de l’eau, température, alimentation électrique, etc. Rien ne quitte le bâtiment sans avoir été décontaminé et analysé en profondeur. Ces bâtiments sont soumis à des essais et à des processus de certification externes uniformes et rigoureux afin que l’on ait la certitude que tous les paramètres de biosécurité sont respectés avant l’utilisation d’agents pathogènes dans les laboratoires.

Seuls quelques pays dans le monde disposent des ressources financières et scientifiques nécessaires pour mettre au point un programme de laboratoires à haut niveau de confinement, et les installations qui en font partie sont souvent destinées au travail avec des agents pathogènes qui affectent soit la santé humaine, soit la santé animale. Cette dichotomie entre le secteur de la santé humaine et celui de la santé animale peut être attribuable aux différences en ce qui concerne les techniques employées, les espèces utilisées en guise de modèle expérimental ou le mandat des installations. Malgré cela, ces deux secteurs sont reliés par les zoonoses, c’est-à-dire des maladies infectieuses qui peuvent être transmises d’un hôte animal ou d’un réservoir animal à un humain. Ces agents pathogènes entraînant des conséquences graves comprennent le virus Ebola, le SRMO, le virus de l’influenza pandémique, le virus Nipah et le virus Hendra. On estime que de 60 à 80 % des agents pathogènes émergents qui affectent les humains sont d’origine zoonotique et introduits dans le système de santé humaine par une source animale.

L’ACIA dirige un groupe international de laboratoires gouvernementaux, le réseau de laboratoires de niveau de biosécurité 4 pour les zoonoses (BSL4ZNet). Le réseau BSL4ZNet est une alliance mondiale coordonnée de laboratoires à haut niveau de confinement qui s’attaque à la menace grandissante que représentent les maladies infectieuses émergentes et réémergentes d’origine zoonotique. Ce réseau se distingue des autres réseaux mondiaux par son approche « Une seule santé », qui réunit la santé humaine et la santé animale tout en mettant l’accent sur les zoonoses et le travail en laboratoire. Il est très important de continuer à mettre en place des pratiques exemplaires et des procédures de sécurité afin d’assurer la meilleure protection possible aux personnes qui travaillent dans des installations à haut niveau de confinement. En outre, le réseau vise à intégrer le partage d’échantillons et le transfert de connaissances scientifiques pour favoriser la collaboration. En septembre 2018, le réseau BSL4ZNet a été présenté lors du discours-programme du symposium de l’Association canadienne pour la sécurité biologique. Le réseau a été bien accueilli, et il est évident que la coordination mondiale suscite un grand intérêt pour relever ces défis complexes.

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