Quand les supermicrobes se défendent : la gonorrhée résistante aux antimicrobiens, un mal réel

Le microbe qui cause la gonorrhée n’arrête pas de se défendre. La gonorrhée est une infection transmissible sexuellement (ITS) causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae qui constitue maintenant une menace pour la santé publique mondiale. Le nombre de cas signalés dans le monde chaque année est estimé à 78 millions.

N. gonorrhoeae est maintenant reconnue comme une superbactérie parce qu’elle continue d’évoluer et de développer une résistance aux antibiotiques. Il est par conséquent bien possible qu’à cause de cette superbactérie, la gonorrhée devienne impossible à traiter à l’avenir.

N. gonorrhoeae: pas de capitulation en vue

La gonorrhée est difficile à épeler, mais facile à contracter en cas de rapports sexuels non protégés. Certaines personnes infectées par la gonorrhée n’ont pas de symptômes. D’autres peuvent avoir des douleurs, des démangeaisons, un inconfort ou des saignements.

La réalité, c’est que la bactérie N. gonorrhoeae ne montre aucun signe de capitulation. La bactérie développe avec persistance une résistance aux antibiotiques actuellement utilisés pour la traiter. Ce phénomène, appelé résistance aux antimicrobiens, est devenu un problème d’envergure partout au monde parce qu’il devient plus difficile pour nous de nous protéger contre ce genre de superbactéries.

Certains traitements sont toujours efficaces contre les formes résistantes de N. gonorrhoeae. Le traitement recommandé à l’heure actuelle demeure une biothérapie combinant deux antibiotiques, la ceftriaxone et l’azithromycine. Toutefois, parce qu’il n’existe pas de vaccin contre la gonorrhée, tenir N. gonorrhoeae en échec demeure un défi.

Lire entre les lignes grâce à la science

Pour combattre ce grave problème de santé publique, des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) tentent de « lire entre les lignes » des bactéries grâce à des outils de recherche poussés comme le séquençage du génome entier.

Comme les pages d’un journal intime, les gènes de N. gonorrhoeae lèvent le voile sur son passé. Au LNM, des chercheurs ont été en mesure de révéler beaucoup des secrets moléculaires de la bactérie.

Le LNM a même mis au point un nouvel essai moléculaire pour cette superbactérie. L’essai a permis d’identifier différents types de bactéries N. gonorrhoeae directement dans des échantillons d’urine. Au moyen d’un examen de l’ADN, il aide aussi à prédire quels types de bactéries N. gonorrhoeae résistent à des antibiotiques particuliers.

En collaboration avec des scientifiques du Québec, le LNM a identifié en 2017 le tout premier cas de gonorrhée résistante à la ceftriaxone signalé au Canada. Ce cas était lié à un voyage à l’étranger. Les équipes fédérales et provinciales de santé publique ont heureusement travaillé ensemble pour veiller à ce que cette ITS très résistante ne se propage pas au Canada.

L’intendance de la résistance aux antimicrobiens, un geste contre la superbactérie

Même si N. gonorrhoeae ne montre aucun signe de capitulation, il est important de continuer de la combattre par la recherche en vue de découvrir ses faiblesses.

Des scientifiques du LNM continuent de fournir de l’expertise, sous forme notamment d’analyse de données, pour guider de manière active la prise de décisions en santé publique afin de contribuer à prévenir, à traiter et à combattre la gonorrhée au Canada.

Alors que la résistance aux antimicrobiens demeure une menace complexe pour la santé publique au Canada et dans le monde, il est important de savoir que nous pouvons contribuer de diverses façons aux efforts pour prévenir cette résistance. Vous pouvez trouver de l’information à propos de la prévention de la résistance aux antimicrobiens, les maladies et bactéries résistantes aux antibiotiques et les ITS sur Canada.ca.

 

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