Les oiseaux alpins peuvent-ils composer avec les conditions météorologiques extrêmes?

Nous avons peu de connaissances sur les oiseaux chanteurs qui nichent dans des habitats alpins. Des chercheurs d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) se sont attelés à comprendre comment ces oiseaux s’adaptent aux conditions météorologiques extrêmes.

Une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique dirigée par Devin R. de Zwaan, ainsi que les scientifiques d’ECCC Kathy Martin et Alaine Camfield, ont étudié les facteurs qui influent sur le développement des oisillons des oiseaux chanteurs. Leur article, intitulé « Variation in off-spring development is driven more by weather and maternal condition than predation risk » (Les différences caractérisant le développement des oisillons s’expliquent davantage par la santé maternelle et le climat que par les risques liés à la prédation), a récemment été publié dans la revue scientifique Functional Ecology.

Pour comprendre comment les oiseaux qui nichent en haute altitude s’adaptent à la grande variabilité des conditions climatiques (passant de sous le point de congélation à +40 degrés), les chercheurs se sont concentrés sur l’Alouette hausse-col, un oiseau chanteur en déclin qui niche dans les montagnes du nord de la Colombie-Britannique. Pour nicher avec succès dans des habitats caractérisés par des saisons de reproduction très courtes et des phénomènes météorologiques extrêmes, les oiseaux doivent être résilients. La compréhension des stratégies utilisées par les oiseaux alpins pour survivre et se reproduire dans ces habitats montagneux situés en altitude peut nous aider à découvrir comment les animaux peuvent s’adapter aux changements climatiques.

Résultats

Un des moyens utilisés par les oiseaux pour s’adapter aux environnements très variables consiste à avoir des stratégies de nidification souples. L’Alouette hausse-col offre un excellent exemple de cette stratégie, puisque ses oisillons peuvent quitter le nid dès l’âge de 7 jours ou aussi tard qu’à l’âge de 13 jours. Chez de nombreuses espèces d’oiseaux, la durée de la période de nidification est déterminée par le risque relatif de prédation à chaque stade. Cependant, la présente étude montre que chez les oiseaux qui nichent dans des habitats alpins, les conditions météorologiques extrêmes et la capacité des parents à protéger leurs œufs et leurs jeunes déterminent la durée de la période de nidification.

« C’est une conclusion unique, car dans la majorité des écosystèmes, la prédation est le principal facteur qui influe sur la période de couvaison et d’élevage des jeunes au nid, », affirme madame Camfield.

Des températures plus froides tendent à prolonger la période d’incubation et à réduire le taux de croissance des oisillons. Cette situation force les femelles à choisir entre entretenir le nid ou nourrir leurs petits, et cette décision peut avoir une incidence tant sur la croissance des oisillons que sur la future survie des femelles.

« Ces oiseaux résistent très bien aux tempêtes, mais si ces dernières sont plus froides, la probabilité d’échec de nidification est beaucoup plus grande », explique madame Martin. « L’Alouette hausse-col ne peut pas survivre longtemps sans apport nutritionnel, et en cas de tempêtes qui s’étendent sur plusieurs jours, la nourriture est plus rare. »

Prochaines étapes

Cette étude montre comment des changements dans les conditions météorologiques peuvent avoir une incidence sur les populations d’Alouettes hausse-col, mais pour assurer la conservation de cette population en déclin, nous devons également comprendre cette incidence sur une période annuelle. Monsieur De Zwaan et son équipe ont utilisé des appareils de géolocalisation pour suivre le parcours migratoire des alouettes vers leurs aires d’hivernage, afin de comprendre les possibles répercussions de ces habitats sur la réussite de la reproduction subséquente.

Madame Martin affirme que la compréhension de leur voie de migration chaque hiver peut fournir des renseignements sur la manière dont les conditions hivernales influent sur l’état des femelles pour la prochaine saison de reproduction.

« C’est un autre morceau important du casse-tête relatif au cycle de vie de ce petit, mais hardi oiseau chanteur. »

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