S’éloigner de la prise de sang : l’analyse de gouttes de sang séché pour le dépistage des maladies transmissibles par le sang

À quand remonte votre dernier dépistage d’une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS), comme l’infection à VIH ou l’hépatite C? Si vous habitez près d’un établissement qui offre des services de dépistage et que vous n’avez pas passé de tests de dépistage dernièrement, c’est peut-être le temps de le faire.

Le test exige habituellement qu’un professionnel de la santé prélève du sang au moyen d’une aiguille à ponction veineuse, un processus appelé veinopuncture. L’échantillon prélevé est ensuite envoyé à un laboratoire aux fins d’analyse et de diagnostic.

Le processus semble plutôt simple, mais ce ne sont pas tous les Canadiens qui sont à l’aise de se faire prélever du sang ou qui ont facilement accès à des établissements de dépistage des ITSS. Les Canadiens vivant dans des régions éloignées ou mal servies ont, jusqu’à maintenant, eu de la difficulté à avoir accès à ces tests.

En 2018, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de 9,4 millions de dollars sur cinq ans pour mettre sur pied le Programme d’innovation en dépistage au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada. Cette initiative permet d’offrir des tests diagnostiques dans les collectivités, en particulier dans les collectivités nordiques et rurales. Elle permettra de combler les lacunes relatives aux tests diagnostiques dans les collectivités mal servies, où l’accès aux analyses en laboratoire est difficile.

Analyse de gouttes de sang séché

La scientifique du LNM Stéphanie Lavoie et son équipe travaillent sur un test diagnostique révolutionnaire appelé analyse de gouttes de sang séché (AGSS). Il s’agit d’un nouveau procédé au Canada qui permet à toute personne ayant reçu une formation adéquate de prélever un échantillon de sang utilisable pour le dépistage d’ITSS.

« Nous avons observé un grand nombre de cas d’ITSS partout au pays et nous nous sommes demandé ce qui empêche les gens de se faire dépister régulièrement », affirme Stéphanie Lavoie. « Nous avons déterminé que des personnes sont réticentes aux prélèvements de sang ou souhaitent se faire dépister de manière anonyme. Encore là, nous avons déterminé que les services de dépistage offerts ne joignent pas assez de personnes. Nous essayons de faciliter l’accès aux analyses sanguines, et l’AGSS nous aide à ce faire. »

Pour l’AGSS, il suffit de piquer un doigt, puis de le placer sur un papier filtre spécial. Le sang sèche sur le papier, puis l’échantillon est envoyé au LNM aux fins de diagnostic. Le prélèvement est assez simple à faire et n’exige pas de professionnel de la santé formé en veinopuncture. Il peut même se faire de façon anonyme pour faciliter la vie des personnes qui hésitent à se faire dépister.

« Le recours à nos trousses de laboratoire en boîte est une initiative communautaire pour fournir aux gens un accès local dans des communautés des Premières Nations et des collectivités rurales à des tests de dépistage de l’hépatite C et de l’infection à VIH dont ils ont grandement besoin », indique Stéphanie Lavoie. « Un autre avantage de ce type de test est que les échantillons sont plus faciles à transporter et risquent moins de se gâter. »

L’avenir du diagnostic

L’objectif de l’AGSS est qu’un plus grand nombre de Canadiens aient conscience de leur santé, et son but ultime est d’augmenter l’accès aux tests de dépistage et de réduire la stigmatisation qui les entoure afin de réduire les taux d’hépatite C et d’infection à VIH.

Le LNM continuera de mettre en œuvre l’AGSS dans des collectivités éloignées et de fournir des formations locales pour doter les membres des collectivités qui n’ont pas accès aux tests par veinopuncture usuels des compétences dont ils ont besoin pour faire un test de dépistage de maladies infectieuses transmissibles par le sang. Nous espérons que cette initiative débouchera sur une diminution de la transmission de ces maladies et sur une population canadienne en meilleure santé.


Date de modification :