Comment l’évaluation scientifique facilite la réduction de la pollution par le plastique

Pour s’attaquer au problème croissant de la pénétration du plastique dans l’environnement, le gouvernement du Canada prend des mesures pour réduire la pollution par le plastique, notamment en interdisant les plastiques à usage unique néfastes lorsque la science le justifie, dès 2021.

Le plastique est un matériau abordable et durable que l’on retrouve dans une vaste gamme de produits que les Canadiens utilisent au quotidien, comme les emballages alimentaires, les textiles et les produits pharmaceutiques. Cependant, la pollution par le plastique est maintenant omniprésente dans l’environnement. Les Canadiens produisent environ trois millions de tonnes de déchets de plastique par an, mais moins de 10 pour cent de ces déchets sont recyclés. Le plastique peut également devenir une source de pollution lorsqu’il est éliminé, perdu ou abandonné dans l’environnement. En 2016, environ 29 000 tonnes, soit plus ou moins un pour cent du total des déchets de plastique au Canada, ont pénétré dans notre environnement sous forme de pollution par le plastique. On craint que la pollution par le plastique continue d’augmenter, ce qui aurait des effets néfastes sur la santé de l’environnement, de la faune et la flore et, éventuellement, la santé humaine.

Ce que nous savons

Le gouvernement du Canada adopte une approche globale pour réduire la pollution par le plastique et réaliser sa vision de zéro déchet de plastique. Les mesures du gouvernement pour lutter contre la pollution par le plastique s’appuient sur des données probantes, tenant compte des facteurs environnementaux et socio-économiques qui reflètent les besoins du Canada. Pour soutenir ces mesures, Environnement, Changement climatique Canada et Santé Canada ont publié en janvier 2020 une Ébauche d’évaluation scientifique de la pollution plastique. L’évaluation résume les connaissances scientifiques existantes sur l’impact potentiel de la pollution par le plastique sur l’environnement et la santé humaine, et elle servira à orienter la future politique fédérale sur la pollution par le plastique et à déterminer les domaines sur lesquels doit porter la recherche future.

Le rapport aboutit à la constatation que la pollution par le plastique provient de nombreuses sources et est présente dans tout l’environnement, sur terre, dans l’eau, le sol, l’air, l’eau potable, la nourriture, et qu’elle a un impact sur la faune et la flore. Il conclut que les macroplastiques (plus de 5 mm de taille) nuisent aux animaux, qui peuvent les ingérer ou s’y empêtrer. Il va sans dire que leur habitat subit ces effets néfastes. Les preuves des effets potentiels de la pollution des microplastiques (5 mm ou moins) sont moins claires et nécessitent des recherches plus approfondies. Certaines études indiquent également que les microplastiques (5 mm ou moins) peuvent causer des problèmes de développement et de reproduction chez les animaux, mais les données scientifiques ne sont pas concluantes. Nous disposons actuellement de peu d’information sur les effets des microplastiques et des macroplastiques sur la santé humaine. Certes, les humains peuvent être exposés aux microplastiques en ingérant de la nourriture, en buvant de l’eau et en inhalant de l’air, à l’intérieur et à l’extérieur, mais pour comprendre leurs effets potentiels sur la santé humaine, il faut mener d’autres études.

Dans l’ensemble, l’évaluation indique qu’il faut agir pour réduire les macroplastiques et les microplastiques dans l’environnement.

Prochaines étapes

L’ébauche d’évaluation est publiée dans la Gazette du Canada, le journal officiel du gouvernement du Canada, pour une période de commentaires publics de 60 jours. Les commentaires du public seront pris en compte dans l’évaluation scientifique définitive. Elle guidera les recherches futures et éclairera nos décisions à mesure que nous donnerons suite à notre engagement d’interdire le plastique à usage unique néfaste dès 2021 et que nous prendrons d’autres mesures pour réduire la pollution par le plastique.

Pour combler les lacunes décrites dans l’évaluation scientifique, le gouvernement du Canada a lancé l’Initiative visant à accroître les connaissances sur la pollution plastique (IACPP). Cette Initiative financera des projets visant à améliorer la compréhension des effets du plastique sur la santé humaine et sur les écosystèmes.

Elle s’ajoute aux récentes activités fédérales visant à mobiliser des solutions et à faire progresser l’innovation. Le gouvernement soutient les Canadiens au moyen de l’Initiative zéro déchet de plastique (IZDP) visant à élaborer et à tester des solutions pour capter et éliminer la pollution par le plastique ou empêcher les déchets de plastique de pénétrer dans l’environnement. Le Canada a également annoncé récemment six nouveaux défis en matière d’innovation dans le domaine des plastiques afin d’aider les entreprises canadiennes à trouver des solutions à des problèmes précis liés aux plastiques. De plus amples renseignements sur les défis en matière d’innovation sont disponibles ici.

Le gouvernement du Canada poursuit sa collaboration avec les provinces et les territoires pour mettre en œuvre la Stratégie pancanadienne visant l’atteinte de zéro déchet de plastique et la phase 1 du plan d’action. Il s’agit notamment d’établir une feuille de route pour traiter les plastiques à usage unique et d’élaborer des objectifs, des normes et des règlements nationaux pour rendre les entreprises qui fabriquent ou vendent des produits en plastique responsables de leur gestion en fin de vie utile. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux élaborent également la phase 2 du plan d’action, qui sera soumise à l’examen des ministres de l’Environnement lors de leur réunion annuelle qui se tiendra d’ici la fin de l’année.



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