Climat et météo

La pluie

Question :

J'aimerais savoir si la pluie est toujours propre.

Réponse :

Ta question est très intéressante! La propreté de la pluie dépend en grande partie de la propreté de l’air que rencontrent les gouttes de pluie (et les flocons). En traversant l’atmosphère, la pluie (et la neige) retient ou récupère de minuscules poussières ou particules qui peuvent être en suspension dans l’air. S’il ne pleut pas, la plupart de ces particules demeurent dans l’air et pourraient être transportées n’importe où dans le monde, s’accumuler et ainsi créer de plus en plus de pollution atmosphérique. C’est une des raisons pour lesquelles il y a de la pollution dans la glace polaire de l’Arctique canadien. Les particules présentes dans l’atmosphère du Grand Nord retournent à la surface du sol lorsqu’il pleut et qu’il neige.

- Ian Droppo

 


 

Décrire la neige

Question :

Bonjour. Je viens de déménager de la ville de New York pour vivre en Ontario. Dans l’est des États-Unis (É.-U.), nous n’avons que trois mots pour décrire la neige : la gadoue, la glace et « le truc qui tombait chaque hiver ». Est-ce vrai qu’on a plus de mots au Canada qu’aux É.-U. pour parler de la neige?

Réponse :

Au Canada, plusieurs termes sont employés couramment dans la langue vernaculaire pour décrire la neige. Comme exemple, on peut citer la « poudreuse », la neige fraîche, légère et floconneuse, qui est idéale pour faire du ski alpin, ainsi que la neige « collante », humide et dense, qui est idéale pour les guerres de boules de neige. Beaucoup d’autres termes servent à décrire la neige et ne font pas partie du vocabulaire et du savoir communs, comme le « névé » (amas de neige durcie) et le « givre de profondeur » (gros grains de forme irrégulière sous la neige accumulée). C’est difficile de dire si on emploie plus de termes au Canada qu’aux États-Unis, étant donné que les régions des États qui reçoivent beaucoup de neige sont probablement au courant des termes employés souvent par les Canadiens.

Par contre, il est certainement vrai que le milieu scientifique a élaboré une vaste terminologie que le grand public n’emploie pas pour décrire la neige. Un système de classification des flocons de neige, élaboré au cours des années 1960 par deux scientifiques japonais (Makono et Lee), a recours à des noms qui décrivent plus de 80 types précis de cristaux de neige. On peut les regrouper en classes générales, notamment les dendrites, les aiguilles, les plaquettes et la neige roulée. La formation des différents types de cristaux de neige dépend de certains facteurs, comme la température, l’humidité et les collisions avec d’autres flocons de neige lorsqu’ils tombent.

Dès que la neige atteint le sol, elle subit une lente métamorphose, se transformant au cours de l’hiver à cause des gradients de température dans la neige accumulée (en général, la température de la neige au fond est plus élevée que celle de la neige à la surface). Un autre système de classification (« The International Classification for Seasonal Snow on the Ground », en anglais seulement) normalise la terminologie de la neige au sol en précisant des caractéristiques comme la dimension des grains, la densité, la dureté et l’humidité. L’appendice renfermant les définitions proposées par cette classification offre une liste exhaustive de termes anglais, français, suédois et russes qui décrivent la neige.

Pour conclure, on peut décrire la neige en utilisant des termes généraux (fondue, glacée, poudreuse) ou un système de classification scientifique exhaustif. Selon votre point de vue, vers la fin de l’hiver, elle sera peut-être tout simplement fatigante!

- Chris Derksen

 


 

Enjeux environnementales

Question :

Nous entendons souvent dire que l’environnement est l’enjeu crucial du 21ème siècle. Nous pouvons juste penser à la fonte des inlandsis du Groenland et de l’Antarctique, du trou dans la couche d’ozone, de la disparition de nombreuses espèces marines, etc.; pour aborder ce sujet. Mais, selon vous, quelles sont les véritables chances de mettre un terme à tout ça? Pouvez-vous me donner un pourcentage, si c’est possible?

Réponse :

Bonjour et merci pour votre question. C’est certain que l’environnement est un enjeu crucial dans plusieurs contextes comme vous avez mentionné. À cause des nombreux impactes que les êtres-humains ont sur notre planète, c’est plus en plus mesurable et visible. C’est un fait scientifique que la terre réchauffe depuis l’ère industrielle et selon les scientifiques mondiaux; c’est en grande majorité à cause des actions des êtres-humaines. De plus, ce réchauffement est plus rapide que depuis au moins 850000 ans et probablement dans les dernières 2 à 20 millions d’années. C’est cette réchauffement rapide qui pose un des problèmes parce que le plus vite les changements, le plus difficilement les espèces peuvent adapter. Mais c’est difficile à mettre les pourcentages sur les possibilités que tel événement arrivera. La situation qu’on se retrouve maintenant est sans précédence. On peut seulement regarder la passée pour avoir les indices de l’avenir. Les balances de la terre sont délicates et à même temps robuste. On sait que dans l’histoire de notre planète que les espèces disparaitront et d’autres prendre leur place. Mais pour la première fois, les êtres-humaines sont la raison les grands changements. Mais on sait aussi, qu’on peut avoir les impacts positifs. Par exemple, dans les années 70s et 80s, les scientifiques ont constatés que la couche d’ozone a été plus mince à cause de la production des aérosols fabriqués. En 1987, les pays du monde ont réunis pour signé la Protocole de Montréal pour éliminer la production des CFC’s. Grâce à ces actions, la couche d’ozone régénérera d’ici 2050. On est réellement dans une époque ou nos actions feront la grande différence pour le mieux pour les siècles à venir.

- René Brunet

 


 

La configuration des vents

Question :

Je suis un agent immobilier à Victoria et j’aimerais savoir comment je peux me renseigner sur la configuration des vents dans ma région. Par exemple, comment peut-on déterminer, pour une propriété en particulier, la direction des vents à un moment donné ? Je me suis fais poser la question souvent, surtout dans le cas de propriétés situées au bord de l’eau. Je me demande également si, en général, il y a des différences dans la direction, la vitesse et la température des vents selon la position de la propriété.

Réponse :

Pour obtenir des données météorologiques locales, veuillez communiquer avec votre bureau d’Environnement Canada en Colombie-Britannique (Vancouver). Pour recevoir des informations plus précises, communiquez avec le Service météorologique du Canada et demandez le Bureau des données climatologiques. Nous vous prions de noter que des frais peuvent s’appliquer.

- René Brunet

 


 

Microclimats

Question :

Bonjour ! J’aurais une question concernant les microclimats. Je souffre de troubles affectifs saisonniers en hiver, ici à Vancouver (Colombie-Britannique). Les gens prétendent souvent que Surrey jouit de plus d’heures d’ensoleillement que Vancouver. Comme je songe à déménager, je me demande si cela est vrai. Dans l’affirmative, combien de jours d’ensoleillement les gens de Surrey ont-il de plus en moyenne ? S’agit-il d’une quantité assez grande pour y déménager ? En contrepartie, Vancouver Nord a-t-elle plus de journées nuageuses que Vancouver ? Je pose la question parce que c’est mon premier choix pour aller y vivre. Je vous remercie infiniment de vos informations.

Réponse :

Votre question est excellente ! En effet, plusieurs personnes vivant sur la côte Nord-Ouest du Pacifique éprouvent des troubles affectifs saisonniers et présentent une condition physique nécessitant des soins en raison d’un manque de vitamine D fournie par la lumière du soleil. Les divers climats qui caractérisent le sud de la Colombie-Britannique sont fonction de la proximité de l’océan et des chaînes montagneuses. Généralement en Colombie-Britannique, la règle est la suivante : si vous vous trouvez sur le flanc ouest d’une montagne, il est probable que vous aurez plus de nuages et de précipitations, mais moins de soleil ; sur le flanc est d’une montagne, vous aurez habituellement moins de nuages et de précipiations, mais un peu plus de soleil. Toutefois, ces microclimats peuvent différer grandement à courte distance, le tout dépendant des montagnes, des vallées, de l’altitude et de la direction des vents. En fait, les villes de Vancouver, de Vancouver Nord et de Surrey sont relativement proches les unes des autres et présentent des différences topographiques mineures. Par conséquent, il serait difficile d’établir un écart substantiel entre les jours d’ensoleillement durant les mois d’hiver. Par exemple, l’ensoleillement quotidien à Vancouver en décembre est, en moyenne, de 1,4 heure, tandis qu’il est de 1,8 heure à Victoria. L’écart entre Vancouver, Vancouver Nord et Surrey serait même de moindre amplitude. Si vous désirez obtenir les évaluations précises d’ensoleillement pour chacune de ces régions, je vous suggère de vous adresser au Bureau météorologique local de Vancouver d’Environnement Canada. J’espère que ces renseignements vous seront utiles et je vous souhaite de garder le sourire.

- René Brunet

 


 

La robotique pour la recherche en régions polaires

Question :

Bonjour !

Je fais partie d’une équipe de robotique qui participe à une épreuve internationale dans ce domaine appelée Robofest. Pour ce concours, nous avons le droit de concevoir un robot capable d’accomplir tout ce que nous voulons. Nous prévoyons concevoir et fabriquer un robot fonctionnel à grande échelle en mesure de recueillir divers genres de données dans des conditions de froid et de glace pour la recherche climatique. Les robots fabriqués par d’autres groupes dans le cadre de la Robofest se sont avérés particulièrement utiles pour résoudre des problèmes sur la scène internationale. Une équipe de chercheurs a même récemment déposé un brevet pour des robots aptes à désamorcer les mines terrestres ( link). Ma question est la suivante : Quel genre de données sont utiles aux climatologues pour faire l’étude des climats froids ou arctiques ? Par exemples, les scientifiques sont-ils intéressés par le taux de pH que l’on retrouve dans la neige, les produits chimiques présents dans la glace, l’intensité et la période d’ensoleillement auquel sont exposées les terres, la force des vents, etc. ? Avec l’aide des climatologues, nous pouvons contribuer à la poursuite de leurs recherches en rassemblant des données qui leur seraient utiles. Je vous remercie.

Réponse :

Il s’agit là d’une excellente question.

Les plus grands obstacles à la réalisation d’observations sur le terrain en régions polaires demeurent la vaste surperficie à couvrir, les conditions inhospitalières de ces emplacements, les coûts élevés se rapportant à ce genre d’entreprise et la complexité de la logistique. La robotique procure une solution de rechange à la difficulté d’amener les gens sur place tout en réduisant les risques à la santé humaine, en favorisant la poursuite des opérations et en donnant accès à des zones éloignées. Face à ces avantages, certains groupes se sont penchés sur la robotique, notamment sur la mise au point d’un robot destiné à l’exploration en Antarctique (link) et de véhicules aériens sans pilotes (link).

Malgré ces découvertes, le recours à la robotique pour la recherche en régions polaires demeure extrêmement limité et son potention largement inexploité. Il serait possible d’effectuer certaines mesures à partir d’une plate-forme de robotique, mesures qui permettraient de combler les lacunes qui se manifestent dans nos observations actuelles. Parmi les exemples d’applications, on peut souligner les suivantes :

Des échantillons de neige recueillis à l’aide de robots dans les régions éloignées pourraient être rapportés dans des laboratoires du sud où ils seraient analysés pour en vérifier le contenu en mercure et en carbone noir. Le mercure présent dans la neige constitue un élément important des réactions chimiques qui se produisent dans l’atmosphère et entraînent l’amincissement de la couche d’ozone. Le carbone noir provenant des émissions industrielles se retrouve sous forme de dépôts dans le neige de l’Arctique et influe sur la quantité d’énergie solaire absorbée et reflétée, un phénomène qui contribue au réchauffement planétaire. Nous savons pertinemment que le mercure et le carbone noir sont des éléments importants à considérer, mais nous ne connaissons pas vraiment leur répartition dans l’Arctique.

Les stations météorologiques sont très dispersées dans l’Arctique canadien et sont situées presque exclusivement dans les endroits côtiers. Les véhicules robotisés peuvent être équipés de détecteurs afin de prendre des mesures météorologiques, telles que la température atmosphérique et le taux d’humidité dans les immenses territoires intérieurs pour lesquels nous n’avons aucune observation. Il arrive souvent que nous mettions beaucoup d’efforts et d’argent pour installer des instruments dans un seul emplacement de l’Arctique. La robotique nous fournirait des plate-formes de mesure mobiles.

Évidemment, pour des scientifique qui, comme moi, adorent travailler sur le terrain en régions polaires, je présente toujours de bons arguments en faveur de la participation humaine. La meilleure des chances pour la Robofest (???) et je demeure très intéressé à voir votre modèle.

- Chris Derksen

 


 

La couche d'ozone

Question :

Bonjour. Je travaille dans le domaine de la prévention du cancer – prévention de l’exposition à la lumière ultraviolette. J’aimerais savoir le pourcentage de réduction de la couche d’ozone au Canada. Je révise actuellement des feuillets d’information sur les mythes liés à la prudence au soleil et une des questions porte sur l’état de la couche d’ozone au Canada. Auriez-vous des données récentes? Actuellement, on peut lire : Aujourd’hui, la couche d’ozone au-dessus du sud du Canada est environ 6 % plus mince qu’elle l’était avant 1980 et la quantité de rayonnement UV qui atteint la surface a augmenté d’environ 7 %. Je crois que l’on fait référence à des données vieilles de plus de 10 ans. Est-ce qu’il y a eu des changements depuis? Merci. Diane Desjardins, Infirmière en santé publique, Service de la santé publique d’Ottawa.

Réponse :

Un excellent document contenant de l’information sur la mesure, les processus et les tendances de l’ozone au Canada est un numéro spécial du journal Atmosphere-Ocean publié en 2007 (Ozone Science in 2007: A Canadian Perspective on Ozone in the Changing Atmosphere/La science de l’ozone en 2007 : une perspective canadienne sur l’ozone dans l’atmosphère en changement, Atmosphere-Ocean Volume 46 No. 1).

Le déclin observé de l’ozone est causé par des réactions chimiques avec des substances appauvrissant la couche d’ozone (SACO) à base de bromure et de chlorure. Le Protocole de Montréal (entré en vigueur en 1989) cherchait à réglementer la production de ces gaz. Des observations publiées par Fioletev (2007) montrent une baisse des principales SACO attribuable à ces règlements. La couche d’ozone a atteint un minimum au-dessus du Canada au début des années 1990, mais on constate maintenant un rétablissement de la situation (même si nous ne sommes pas encore revenus aux niveaux mesurés avant les années 1980) grâce à la réduction réussie des SACO. On estimait récemment que la couche d’ozone annuelle moyenne au-dessus du Canada est inférieure d’environ 3 % au niveau mesuré avant les années 1980 (Fioletev, 2007). Cette légère amélioration devrait donc se traduire par une légère réduction du rayonnement UV qui atteint la surface. Le Protocole de Montréal et les protocoles subséquents ont permis de réduire efficacement les SACO parce que la communauté internationale a pu résoudre avec succès un problème environnemental ayant des conséquences à l’échelle mondiale.

Source : Fioletev, V. 2007. Ozone Climatology, Trends, and Substances that Control Ozone. Atmosphere-Ocean. 46(1) : 39-67.

 


 

Chalet

Question :

J’ai acheté un chalet près de Barry’s Bay. Je suis en train d’en faire ma résidence principale. J’habite actuellement Woodstock et je crois que cette résidence pourrait me permettre de fuir la chaleur et la sécheresse. Êtes-vous d’accord? Est-ce assez éloigné dans le nord pour qu’il y ait une différence, par comparaison avec où je vis en ce moment?De quels autres moyens pourrait se servir ma famille pour faire face aux changements climatiques?

Réponse :

Étant donné que Barry’s Bay est à une distance de 400 kilomètres de Woodstock, plus au nord, les vagues de chaleur extrêmes n’y sont pas aussi fréquentes. Néanmoins, cela ne veut pas dire que vous y êtes à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Si vous habitez un milieu plutôt rural (arbres/forêts) en haute altitude, les températures devraient être un peu moins chaudes qu’en milieu urbain au sud. Je vous recommanderais de communiquer avec le SMC pour obtenir des données climatologiques des 30 dernières années pour Woodstock et Barry’s Bay afin de bien comparer.

- René Brunet

 


 

Bathurst météo

Question :

Bonjours, Je demeure au Nouveau-Brunswick et plus précisément à Bathurst dans le nord. J’entend depuis quelques temps, des gens me dire que Bathurst est dans une conjonction exceptionnel de 3 courants et que c’est l’endroit ou il est le plus difficile de prédire la météo de toute la planêtes…est-ce un mythe ou c’est vraiment la réalité. Je sais bien que la météo est loin d’être une science exacte mais je constate que les prédictions sont de plus en plus pointu.

Réponse :

Les courants océaniques ont un effet majeur sur le climat mondial. Par exemple, le climat plutôt tempéré de l’Europe du Nord (même à des latitudes relativement élevées) est dû au transport de la chaleur du Gulf Stream dans l’Atlantique Nord. La ville d’Helsinki, en Finlande, est située près du 60e parallèle nord – environ au même niveau que Churchill, au Manitoba – pourtant, le climat du sud de la Finlande fortement influencé par l’océan. Cela signifie que les températures moyennes à Helsinki sont de -4 ºC en janvier. En comparaison, le climat continental froid de Churchill enregistre des températures moyennes glaciales de près de -27 ºC en janvier!

Lorsque l’on observe la circulation océanique, on constate que le climat de la côte Est du Canada est influencé en grande partie par le courant du Labrador. Ce courant froid se déplace vers le sud (ce qui entraîne la descente d’icebergs le long de la côte Atlantique). Durant l’été, les vents qui soufflent de l’Est provoquent des températures plus fraîches le long de la côte, car ils refroidissent les masses d’air qui la recouvre. Au cours de l’hiver, l’océan est relativement plus chaud que la terre, alors les vents de l’est peuvent entraîner des températures plus modérées (mais également des précipitations et du brouillard) que les masses d’air qui passent sur les terres recouvertes de neige. L’influence du Gulf Stream est faible le long de la côte atlantique canadienne, parce que les masses d’air qui contrôlent notre climat se déplacent habituellement de l’ouest vers l’est, et c’est pour cette raison que l’effet de réchauffement est léger.

Je suis heureux de constater que nos prévisions vous sont utiles! Le Service météorologique du Canada (SMC) cherche constamment à améliorer ses prévisions météorologiques. Les recherches de modélisation des surfaces terrestres et atmosphériques effectuées par Environnement Canada permettent d’améliorer les modèles de prévision numérique du temps utilisés pour la prévision opérationnelle au SMC. De plus, l’information des satellites, y compris les accumulations de neige et l’humidité du sol, est utilisée afin d’accroître nos capacités de prévisions.

- Chris Derksen

 


 

La limite des arbres

Question :

J’ai lu récemment dans un article que certaines espèces animales se déplacent vers le nord à un rythme d’environ 1 km par an, si ma mémoire est bonne. Cela m’amène à me demander si la limite des arbres se déplace vers le nord au Canada ou en haute altitude dans les montagnes là où cela existe. Et ces espèces se transforment‑elles dans les forêts?

Réponse :

Merci pour votre question. Plusieurs scientifiques au gouvernement du Canada, en particulier au Service canadien des forêts (SCF), travaillent ensemble à étudier cette question. Un certain nombre d’études réalisées à l’extérieur du Service canadien des forêts ont enregistré des déplacements modestes vers le nord dans la répartition des espèces d’arbres et des espèces animales forestières. Le SCF a travaillé sur la projection de déplacements futurs en fonction de scénarios climatiques, et a examiné les diverses possibilités d’adaptation pour réduire l’effet des changements climatiques sur les forêts du Canada.

Dan McKenney (Chef, Analyse du paysage et applications) et son équipe ont créé une carte interactive qui montre les répartitions actuelles de l’habitat pour les espèces végétales (http://planthardiness.gc.ca/), et ont travaillé à la projection des limites futures d’espèces d’arbres dans tout le Canada. (http://planthardiness.gc.ca/index.pl?m=16&lang=en).

Un groupe de scientifiques, dirigé par Catherine Ste‑Marie (Coordonnatrice, Recherche sur les changements climatiques au SCF), ont publié récemment un numéro spécial sur la migration assistée (Forestry Chronicle, nov./déc. 2011 – http://pubs.cif-ifc.org/toc/tfc/87/06#d131019e134), dans lequel on traite de la possibilité de déplacer des espèces d’arbres vers le nord afin de les aider à s’adapter aux changements climatiques. Bien que tous les articles abordent le déplacement actuel de certaines espèces d’arbres dans une certaine mesure, celui de Richard Winder intitulé « Ecological implications for assisted migration in Canadian forests »(Les conséquences écologiques pour la migration assistée dans les forêts canadiennes) explique en détail la preuve scientifique de ce phénomène.

J’espère que ma réponse vous sera utile et vous invite à nous écrire pour le suivi de ces questions.

- Catherine Ste-Marie (Ph.D.)

 


 

Variations saisonnières de la température

Question :

À Ottawa (Canada), nous observons des écarts de température énormes entre l’été et l’hiver. De ce que je comprends, cela est causé en grande partie par l’« inclinaison » de la Terre par rapport au Soleil pendant son orbite. Question : Quelle est la différence de distance entre Ottawa et le Soleil en été et en hiver et, est-ce la seule raison expliquant les écarts si marqués de température? Il me semble que, compte tenu de la distance totale, cette différence est insignifiante; il doit y avoir d’autres facteurs en jeu?

Réponse :

Comme nous le constatons tous, la majorité du Canada, particulièrement la partie centrale du continent (ce qui inclut Ottawa), connaît les plus chaudes températures en été et les plus froides en hiver. Toutefois, cela n’a rien à voir avec la distance de la Terre par rapport au Soleil. Ironiquement, la Terre est même un peu plus près du Soleil en hiver qu’en été. Aux environs du 4 janvier, elle se situe à 147 098 074 km du Soleil, alors qu’aux environs du 4 juillet, elle se situe à 152 097 701 km. Par conséquent, la Terre est quelque 5 millions de kilomètres plus près du Soleil en hiver.

La vraie cause des variations saisonnières est en fait l’angle de la Terre sur son axe de rotation. Pendant l’été, l’hémisphère Nord (Ottawa, Canada) est incliné vers le Soleil, ce qui fait qu’Ottawa profite de rayons solaires plus francs qu’en hiver. Ces rayons plus directs sont plus efficaces pour réchauffer l’air à la surface de la Terre, ce qui fait hausser les températures l’été.

L’explication scientifique des grands écarts de température à Ottawa ne se limite pas à cela. En fait, puisque la Terre est inclinée dans la direction opposée du Soleil en hiver, peu de rayons atteignent le cercle arctique pendant les trois mois que durent l’hiver. Par conséquent, les températures chutent et de l’air froid s’accumule dans le Nord, puis descend vers le Canada et Ottawa. Compte tenu de la proximité relative du Canada par rapport au cercle arctique, nous avons un accès direct à cet air très froid. Ainsi, Ottawa connaît des variations de température extrêmes en hiver et en été.

- René Brunet

 


 

Nuages de pluie

Question :

Pourquoi les nuages deviennent-ils gris quand il va pleuvoir et plus foncé quand il y a des tornades ?

Réponse :

Notre façon de percevoir la couleur du ciel et des nuages découle de la diffusion de la lumière visible par diverses particules dans l’atmosphère. De grosses gouttes de pluie dans les nuages diffusent toutes les couleurs également (c’est une diffusion « non sélective »), faisant apparaître les nuages blancs, parce qu’un mélange de toutes les couleurs de lumière en quantités à peu près égales produit du blanc. Les nuages de pluie semblent gris vus d’en dessous, en raison du peu de lumière qui arrive à traverser la couche nuageuse, mais si vous voyiez les mêmes nuages d’en haut (d’un avion, par exemple), ils vous apparaîtraient blancs.

- Chris Derksen

 


 

Les gaz à effet de serre

Question :

Je me suis toujours demandé pourquoi l’on considérait que les gaz à effet de serre issus de sources naturelles, comme la décomposition de la végétation et la digestion des ruminants, contribuaient au réchauffement planétaire, puisque ces gaz ne font que participer au cycle du carbone qui est déjà présent dans le système. À mon avis, le carbone dans le pétrole est plus problématique, parce qu’il est retourné dans l’écosystème après avoir été emprisonné pendant des millions d’années, créant ainsi un excédent de carbone. Est-ce exact?

Réponse :

La meilleure façon de répondre à votre excellente question est d’examiner les sources qui contribuent à l’accroissement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis 250 ans.

L’analyse des carottes de glace révèle que les concentrations actuelles de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone – CO2; méthane – CH4; oxyde de diazote – N2O) dans l’atmosphère atteignent des sommets inégalés depuis au moins 800 000 ans. Les deux principales activités anthropiques responsables de cette augmentation des gaz à effet de serre depuis 250 ans sont la consommation de combustibles fossiles et les changements d’affectation des terres. Cette dernière comprend les répercussions des activités humaines sur la couverture terrestre, y compris le broutage des animaux et d’autres activités connexes. Toutefois, les répercussions de la consommation de combustibles fossiles ne se comparent pas à celles des changements d’affectation des terres. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la consommation de combustibles fossiles aurait entraîné le rejet annuel de 8,3 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère (en 2002-2011) tandis que, pendant la même période, les émissions nettes de CO2 découlant de l’utilisation anthropique des terres ne représentaient que 0,9 milliard de tonnes par année.

Tout comme le cycle de l’énergie et celui de l’eau, le cycle du carbone se caractérise par des échanges entre l’atmosphère, les océans et les écosystèmes terrestres. Les activités humaines influent également sur ce cycle. On peut déterminer l’incidence des combustibles fossiles sur le cycle du carbone de façon très intuitive : dès qu’une quantité de carbone est libérée après avoir été emprisonnée dans l’atmosphère à long terme, on observe une augmentation des niveaux de gaz à effet de serre, tels que le CO2. En revanche, il est plus difficile de cerner les répercussions des changements d’affectation des terres sur le cycle du carbone et d’en comprendre les liens. À titre d’exemple, le changement de vocation de terres boisées en pâturages pour les animaux d’élevage a pour effet de supprimer un puits de carbone dans l’écosystème terrestre. Le déboisement au moyen de la technique de culture sur brûlis et la perte de terres boisées due à de grandes perturbations, comme les incendies de forêt, entraînent également des rejets de carbone dans l’atmosphère. Bien le réchauffement à des latitudes élevées ne soit pas à proprement parler un changement d’affectation des terres, il modifie néanmoins la surface terrestre en causant la fonte du pergélisol, ce qui diminue la capacité de stockage du méthane par les sols.

La consommation de combustibles fossiles est sans contredit la source anthropique qui contribue le plus à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais la surface terrestre et les changements qui s’y produisent jouent un rôle appréciable dans le cycle du carbone.

- Chris Derksen

 


 

L’effet du réchauffement de la planète sur les ouragans

Question :

Le réchauffement planétaire influe-t-il sur l'intensité et la taille d'un ouragan? Dans l'affirmative, les émissions de CO2 jouent-elles un rôle important dans ce phénomène?

Réponse :

La puissance des ouragans de l'Atlantique est caractérisée par leur durée, leur intensité, leur taille et la quantité de précipitation qu'ils génèrent. Un des principaux facteurs qui influent sur ces caractéristiques des tempêtes est la température à la surface de la mer (TSM). Selon un mécanisme conceptuel simple, les TSM plus chaudes attribuables au réchauffement planétaire accroîtront la puissance des ouragans de l'Atlantique, car des eaux de surface plus chaudes offrent davantage d'énergie pour la formation et l'intensification de tempêtes. Cependant, il est quelque peu simpliste de prévoir les caractéristiques des futures tempêtes en se fondant uniquement sur les tendances de la TSM, en raison du nombre de facteurs en cause, y compris le rôle de l'atmosphère dans la formation et le développement des tempêtes.

D'autres incertitudes nous empêchent de mieux comprendre les liens entre les TSM et les ouragans, notamment en raison d'un changement de la nature de nos observations. Il est difficile de déterminer les tendances des caractéristiques des ouragans, car il est probable que les observations historiques effectuées à bord de navires (avant l'ère des satellites) n'aient pas permis de repérer les tempêtes de plus faible puissance et de plus courte durée qui sont désormais repérables grâce à la télédétection.

Donc, malgré le large consensus au sein du milieu scientifique sur le fait que les températures mondiales se réchauffent en raison des émissions de gaz à effet de serre et que ce réchauffement fait augmenter les TSM dans l'océan Atlantique, les répercussions possibles sur les caractéristiques des ouragans demeurent un point à régler.

Une discussion approfondie sur les possibles liens entre le réchauffement planétaire et l'activité cyclonique est affichée sur le site du Geophysical Fluid Dynamics Laboratory de la NOAA : http://www.gfdl.noaa.gov/global-warming-and-hurricanes (en anglais seulement).

-Chris Derksen

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