Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord - Contexte

Introduction

Le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) coordonne l’action du Canada à l’égard des contaminants dans le Nord, y compris les polluants organiques persistants (POP) et le mercure, à l’échelle nationale et internationale. Le PLCN est une initiative multidisciplinaire, financée par le gouvernement du Canada, qui porte sur les questions de santé, de sciences et de communications relatives aux contaminants dans l’Arctique canadien. Il a été établi en 1991 dans le cadre du Plan vert et de la Stratégie pour l’environnement arctique du Canada.

Le Secrétariat du PLCN fait partie d’Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC). Il est géré par un comité présidé par AADNC et formé de quatre ministères fédéraux (AADNC, Santé Canada, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada), des gouvernements territoriaux (Nunavut, Territoires du Nord‑Ouest, Yukon) et de représentants des organismes autochtones du Nord, y compris l’Inuit Tapirit Kanatami (ITK), le Conseil circumpolaire inuit – Canada (CCI), la Nation dénée et le Conseil des Premières nations du Yukon.

L’objectif général du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) est de réduire et, si possible, d’éliminer les contaminants dans l’environnement arctique tout en informant les résidants du Nord sur les contaminants présents dans les aliments traditionnels afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées quant aux aliments qu’ils consomment. Pour ce faire, le PLCN réalise des projets de recherche et de surveillance scientifiques de niveau international qui influent sur l’élaboration et la mise en œuvre d’ententes mondiales visant la réduction ou l’élimination de la production, de l’utilisation et du rejet de contaminants dans l’environnement. Les résultats de ces recherches constituent également l’assise de l’évaluation des risques que posent pour la santé humaine les contaminants présents dans les aliments traditionnels. Cette information est utilisée par les autorités sanitaires nationales et régionales au moment de formuler des conseils en matière d’alimentation aux résidants du Nord, particulièrement ceux dont une partie importante du régime alimentaire est composée de mammifères marins et de poissons.

Ententes internationales/mondiales

Au cours des dernières décennies, l’Arctique s’est révélé être un indicateur de l’état de l’environnement sur la planète. Bien qu’il soit extrêmement éloigné des centres industriels responsables de la pollution, l’environnement arctique est le récepteur d’une catégorie de polluants qui ont été transportés sur de longues distances par l’atmosphère, les océans et les cours d’eau. Puisque les sources de contaminants sont très rares dans l’Arctique, la présence de ces contaminants est presque entièrement attribuable aux sources qu’on retrouve ailleurs dans le monde. Trois ententes internationales, reposant en grande partie sur les résultats préliminaires obtenus dans le cadre du PLCN, ont été mises en œuvre dans le but de réglementer la production, l’utilisation et le rejet des polluants organiques persistants (POP) et des métaux lourds (plomb, cadmium et mercure). Ces ententes englobent les protocoles portant sur les POP et les métaux lourds de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (CPATLD) de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE‑ONU) et la Convention de Stockholm sur les POP du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Ces deux conventions reconnaissent que la présence d’une substance chimique donnée dans l’environnement de l’Arctique constitue une preuve que cette substance est un POP qui a été transporté à grande distance. Les métaux lourds, particulièrement le mercure, peuvent également être transportés à grande distance et se déposer dans l’Arctique.

La CPATLD de la CEE‑ONU est une entente internationale regroupant 36 pays d’Europe, les États-Unis et le Canada. À l’heure actuelle, il n’existe aucune entente mondiale visant à réduire les émissions de mercure; par contre, le PNUE a récemment mené des négociations en vue de préparer d’ici 2013 un accord mondial juridiquement contraignant.

Effets des contaminants sur la santé humaine

Le volet le plus important de ces conventions et programmes internationaux est l’évaluation des impacts sur la santé humaine, et l’Arctique se démarque de nouveau comme étant la région où les gens subissent les conséquences les plus graves de la pollution mondiale. Ces conséquences sont attribuables à la capacité des systèmes biologiques de l’Arctique d’accumuler et de bioamplifier les contaminants, ce qui entraîne des niveaux élevés d’exposition alimentaire chez les espèces sauvages des niveaux trophiques supérieurs et les personnes qui en dépendent pour leur subsistance.

Le PLCN joue un rôle très important dans la production de données scientifiques sur les contaminants dans l’Arctique, et ces données sont essentielles aux activités futures, telles que l’ajout de nouvelles substances à la Convention de Stockholm et à la CPATLD et la mise en œuvre de ces ententes internationales, en particulier en ce qui a trait à l’évaluation de leur efficacité. Le PLCN et le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (PSEA) mis en œuvre dans la région circumpolaire continuent d’influer sur les travaux entrepris dans le cadre de ces conventions internationales se rapportant expressément à l’évaluation de l’efficacité et à l’ajout de nouvelles substances chimiques à des fins de contrôle. En mai 2009, la CdP4 de la Convention de Stockholm a approuvé le premier rapport d’évaluation qui comprend des données de base sur l’Arctique dans le cadre du plan de surveillance mondiale. Le PLCN (et le PSEA) ont été cités dans le rapport d’évaluation à titre de programme de surveillance à long terme fournissant des données importantes relatives aux tendances des POP en Arctique. Les données et informations sur l’Arctique seront également d’une importance cruciale pour le processus de négociation du PNUE, actuellement en cours, en vue d’élaborer un accord mondial juridiquement contraignant sur le mercure et des programmes de surveillance et de recherche à long terme à l’échelle planétaire.

Approche interdisciplinaire en matière de recherche

La connaissance des voies de transport des contaminants vers l’Arctique, des processus connexes et des effets possibles sur les espèces sauvages et les résidants du Nord est étroitement liée à la compréhension du fonctionnement général du système arctique. Cela signifie que le PLCN et ses chercheurs doivent établir des liens entre leurs domaines de recherche sur les contaminants et les autres domaines des sciences de l’Arctique. Cette approche multidisciplinaire doit englober les sciences naturelles et sociales, l’observation à l’échelle locale et le savoir traditionnel. Les scientifiques qui travaillent pour le PLCN sont encouragés à établir des liens de ce genre dans la réalisation de leurs projets. Les enjeux liés aux changements climatiques et à leurs répercussions possibles sur les voies de transport, les processus et les effets des contaminants sont étudiés par le PLCN. Toutefois, les études ne peuvent être effectuées qu’en collaboration avec d’autres programmes axés sur les changements climatiques. De la même manière, des avantages résultent de la coordination des activités du PLCN dans les domaines de la santé humaine et de la communication avec des programmes similaires axés sur les impacts des changements climatiques et l’adaptation des communautés de l’Arctique (p. ex. le programme de Santé Canada sur les changements climatiques et l’adaptation des communautés inuites sur le plan de la santé). Un excellent exemple de ce type de coopération est l’Enquête sur la santé des Inuits pour laquelle sont jumelées des ressources du PLCN, d’ArcticNet, de l’Année polaire internationale (API), des Instituts de recherche en santé du Canada et d’autres ressources pour étudier les multiples enjeux liés à la santé des Inuits.

Partenariats nationaux et internationaux

À AADNC – Organisation des affaires du Nord, le PLCN fait partie d’un solide plan scientifique sur l’Arctique intégré à la Stratégie pour le Nordet au développement de la station de recherche de l’Extrême-Arctique (SREA) du Canada. À titre d’exemple, les plans directeurs du PLCN, qui constituent les plans stratégiques à long terme des sous‑programmes ainsi que le cadre de gestion du PLCN, ont été utilisés comme modèles pour l’élaboration des ébauches des plans scientifiques de la SREA.

Dans le cadre de ses activités, le PLCN a établi des liens avec d’autres programmes scientifiques tels qu’ArcticNet et l’Année polaire internationale afin de promouvoir la coordination et la coopération des sciences de l’Arctique au Canada. Le PLCN a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration de ces deux programmes, particulièrement en ce qui a trait à la participation des Autochtones, à la structure de gestion et aux études scientifiques, culturelles et sociales.

Sur la scène internationale, le PLCN assure le leadership, au nom du Canada, du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique, qui coordonne les activités scientifiques dans l’Arctique en coopération avec d’autres groupes de travail du Conseil de l’Arctique. Le PLCN joue également un rôle important dans la coordination de la participation du Canada aux nouvelles initiatives scientifiques dans l’Arctique, telles que la création d’un réseau d’observation de l’Arctique circumpolaire dans la foulée de l’Année polaire internationale.

Le PLCN a également encouragé les organisations autochtones du Nord à participer activement à ces initiatives scientifiques et aidé au renforcement de leurs capacités, ce qui a directement contribué à l’élaboration de politiques nationales et internationales sur les sciences et l’environnement arctiques. Les efforts soutenus d’AADNC et du PLCN pour qu’un représentant du Conseil circumpolaire inuit (CCI) fasse partie de la délégation canadienne aux réunions de la Conférence des Parties (CdP1 à 5) de la Convention de Stockholm, constituent un bon exemple de renforcement des capacités et de la reconnaissance de l’importance des contributions des organisations autochtones dans le Nord. AADNC et le PLCN continuent aussi d’appuyer la participation de représentants du CCI à la délégation canadienne pour le Comité de négociation intergouvernemental du PNUE en vue de négocier un traité mondial sur le mercure (CNI-1 à 4). La réunion finale CNI‑5 aura lieu en janvier 2013, à Genève. Ces initiatives ont valu au Canada des félicitations de la part d’autres pays, de même que de nombreux organismes environnementaux et autochtones non gouvernementaux.

Depuis plus de vingt ans, le PLCN est un chef de file de l’avancement des connaissances sur les contaminants chimiques de sources éloignées transportés jusque dans l’Arctique canadien. Durant cette période, les résidants du Nord ont été invités à participer à la planification des activités de recherche, à l’éducation des aînés locaux et à la communication des informations aux communautés du Nord. Ces activités ont entraîné un enrichissement considérable des connaissances locales et de la compréhension des questions liées à la recherche nordique. Le PLCN est fier que ses capacités et ses connaissances aient joué un rôle essentiel dans les recherches et les activités menées dans le cadre de l’Année polaire internationale. Le programme de l’API a aussi bénéficié des meilleures pratiques du PLCN pour le développement des capacités dans le Nord par l’établissement de critères semblables. Les réalisations du PLCN ont été présentées dans le cadre de diverses séances de la conférence de l’Année polaire internationale 2012 –De la connaissance à l’action, qui a eu lieu à Montréal du 22 au 27 avril 2012.

Partenariats régionaux

Le PLCN travaille dans les régions du Nord avec cinq comités régionaux des contaminants (CRC) et quatre conseillers en recherche inuite (CRI).

Personnes-ressources

Comités régionaux des contaminants

Cinq CRC (Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Nunavik et Nunatsiavut) sont financés par le PLCN. Leur taille et leur composition varient, mais ils comprennent tous des représentants des autorités régionales en matière de santé, de faune et de recherche ainsi que des organisations autochtones. Certains CRC comptent aussi des représentants de ministères fédéraux et d’instituts de recherche régionaux.

Les CRC visent principalement à établir un lien entre les régions qu’ils représentent et le PLCN. Les CRC permettent de souligner les enjeux locaux à l’échelle régionale, puis de les communiquer au PLCN. Ils permettant aussi de communiquer les résultats des projets issus du programme aux échelles des régions et des collectivités. Les comités se réunissent plusieurs fois par an pour discuter des résultats de la recherche et des répercussions de ceux-ci sur les populations locales. Ils réalisent également un examen socioculturel annuel des propositions du PLCN pour les projets qui exigent la réalisation de travaux dans le Nord. Les présidents des CRC siègent aussi au comité de gestion du PLCN, qui prend toutes les décisions importantes du programme en matière de financement et d’activités.

Conseillers en recherche inuite

Des postes de conseillers en recherche inuite (CRI) sont financés dans quatre régions du Nord (la région désignée des Inuvialuit, le Nunavut, le Nunavik et le Nunatsiavut) pour favoriser la recherche sur les contaminants, le changement climatique et  la salubrité de l’environnement, ainsi que pour travailler à l’intégration des Inuits dans les activités de recherche importantes pour leurs collectivités. Ces postes sont cofinancés par le PLCN, ArcticNet et le Centre Nasivvik pour la santé des Inuits et les changements environnementaux. 

Les conseillers en recherche inuite sont des personnes-ressources bien renseignées et utiles pour leurs régions. Ils peuvent conseiller les chercheurs et les collectivités inuites et les aider à établir les relations appropriées durant l’élaboration des propositions et durant le projet, en plus de soutenir la diffusion et la communication des résultats de recherche. En outre, ils peuvent appuyer l’élaboration de nouveaux projets de recherche menés par des Inuits et favoriser la participation des jeunes à des activités de formation et d’éducation en vue de renforcer la capacité de recherche dans chaque région.

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