Les voies vers la réussite

Dans le cadre d’une grande initiative visant à renforcer la reconnaissance internationale de l’excellence canadienne en matière de recherche, un comité présidé par le gouverneur général du Canada, David Johnston, à l’origine de cette initiative, a convenu de la nécessité d’élaborer une stratégie pour que davantage d’universitaires et de chercheurs canadiens soient candidats à des prix prestigieux.

Cette stratégie comporte trois volets :

  1. Soutien : Les présidents des trois organismes subventionnaires fédéraux se sont engagés à soutenir les efforts déployés par les universités, les hôpitaux, les instituts de recherche ainsi que les laboratoires privés et gouvernementaux en dressant une liste des prix internationaux en matière de recherche, ainsi qu’en créant un poste de coordonnateur interorganismes chargé d’aider à la constitution de dossiers de mise en candidature convaincants.
  2. Recherche de candidats : Un comité chargé de repérer les candidats potentiels à divers prix internationaux et d’assurer le lien avec les établissements auxquels sont rattachés ces candidats a été mis sur pied pour effectuer le processus de mise en candidature.
  3. Volet institutionnel : Ce volet consiste à déterminer les candidats potentiels au moyen de processus internes, ou encore à retenir les candidats indiqués par le comité, puis à rédiger les mises en candidature et à les soumettre au coordonnateur interorganismes.

Rôles et pratiques exemplaires

Voici une description des rôles que doivent assumer et des pratiques exemplaires que doivent déployer les principaux participants, à savoir les candidats, les auteurs des mises en candidature et leurs organisations, en vue de constituer des dossiers conduisant à l’obtention de prix internationaux.

Candidats

Candidats en début de carrière

La candidature des meilleurs chercheurs en début de carrière doit être soumise à :

  • des prix au sein de leur propre établissement, entreprise ou laboratoire;
  • des prix nationaux et provinciaux pertinents comme les Bourses de nouveaux chercheurs (Ontario) – y compris les prix décernés par les associations ou les organismes professionnels ou encore les organismes subventionnaires;
  • des bourses de recherche de la Fondation Alfred P. Sloan dans le cas des chercheurs en chimie, en biologie moléculaire ou évolutive, en bio-informatique, en informatique, en économie, en neurosciences, en océanographie, en physique ou encore dans des domaines connexes. (Seuls les chercheurs des universités des États-Unis ou du Canada sont admissibles à ces prestigieuses bourses de recherche, et leur candidature doit être soumise au plus tard quatre ou cinq ans après l’obtention de leur doctorat.)

Il est essentiel que les personnes qui font preuve d’excellence voient leurs candidatures soumises dès le début de leur carrière, surtout à l’échelle nationale. Cela permet de leur faire prendre conscience de l’importance de disposer d’un curriculum vitae impeccable et à jour, en plus de leur donner la possibilité d’acquérir de l’expérience dans la préparation de dossiers convaincants. Il est préférable que la version préliminaire d’un dossier de mise en candidature soit rédigée par le candidat lui-même, car il est le mieux à même d’indiquer les contributions qui sont les plus pertinentes pour l’obtention du prix convoité.

Candidats possédant de six à 12 ans d’expérience

La candidature de ces personnes doit être soumise :

  • à des prix pertinents à l’échelle du Canada (comme les bourses commémoratives Steacie du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) ou les prix donnant droit de devenir membres de sociétés savantes), destinés à récompenser une somme de travaux plus importante ou encore une découverte remarquable ayant une incidence sur le domaine de recherche concerné et sur la société en général;
  • aux prestigieuses bourses de recherche Guggenheim, décernées dans de nombreux domaines allant de la poésie au génie mécanique. (Les Canadiens basés aux États-Unis peuvent être candidats à ces bourses, que nombre d’entre eux se sont déjà vu accorder. Les boursiers Guggenheim sont souvent perçus d’un bon œil par les comités de sélection chargés de l’attribution d’un certain nombre de prix internationaux.) Les candidats aux bourses de recherche Guggenheim doivent posséder au moins de six à 12 années d’expérience.
  • à un nombre considérable d’autres prix internationaux auxquels cinq à 10 pour cent des chercheurs canadiens, à savoir les meilleurs d’entre eux, peuvent prétendre.

Candidats possédant plus de 12 ans d’expérience

Les candidatures de ces personnes doivent être soumises à un large éventail de prix nationaux et internationaux, de nature générale ou axés sur des champs particuliers d’une discipline (comme la médaille d’or Herzberg, au Canada, ou encore les prix Wolf ou Nobel).

Auteurs de propositions de candidature

Universités

Le chef de l’établissement postsecondaire concerné doit diriger une initiative visant l’obtention de prix internationaux, démontrer le sérieux de cette initiative, y affecter le personnel et les ressources nécessaires ainsi que fixer les objectifs à atteindre (y compris en matière de mentorat et d’efforts visant la soumission de candidatures féminines) afin de maximiser les chances de succès. La supervision des efforts menés à l’étranger en vue de l’obtention de prix est souvent déléguée au vice-recteur à la recherche ou à son équivalent.

Une structure interne apte à soutenir efficacement les candidatures comporte habituellement les composantes suivantes :

Bureau du vice-recteur à la recherche :

  • Crée un poste, de préférence à plein temps, de coordonnateur des prix.
  • Met sur pied et préside un comité de coordination des prix composé des présidents des comités des prix des départements ou des facultés (voir ci-dessous). Ce comité de coordination recherche des candidats potentiels aux différents prix et incite ses membres à commencer à travailler aux dossiers de mise en candidature au moins six mois avant la date butoir fixée pour leur soumission. Ce comité veille également à diffuser les pratiques exemplaires locales grâce à des exposés prononcés par ses membres au sujet des divers aspects des processus liés aux prix convoités.

Coordonnateur :

  • S’informe des noms des candidats, formule des conseils et des commentaires, et supervise l’ensemble des mises en candidature pour les différents prix.
  • Encourage l’élaboration des dossiers de mise en candidature, discute des tendances (entre autres en matière de prix internationaux) et motive les doyens pour faire en sorte que le processus destiné à amplifier la réussite de l’université soit mené à bien et renforce la compétitivité du Canada en matière prix internationaux.
  • Diffuse une liste à jour des prix internationaux (comme celle accessible au science.gc.ca) et canadiens tous les trois ou quatre mois afin que les facultés, les départements, les centres, les instituts et les autres entités disposent de données à jour et puissent associer le nom de chaque candidat un prix donné.

Doyens :

  • Incitent chaque département à consigner, sous forme d’échelle ou de pyramide, le parcours universitaire de ses professeurs et leur parcours en matière de prix.
  • Encouragent les membres de chaque département à mettre sur pied un comité départemental des prix, chargé de répertorier les prix auxquels leurs collègues peuvent prétendre et de persuader ces collègues d’accepter que leur candidature soit soumise à un prix.


Communiquent au coordonnateur, au moins une fois par mois, les noms des personnes dont ils recommandent la candidature pour l’obtention d’un prix au cours des 6 à 12 mois à venir.

 

Entreprises

Le président et chef de la direction d’une entreprise où s’effectue de la recherche devrait mettre sur pied un comité des prix, présidé par lui-même ou par son délégué, en fonction entre autres de l’ampleur de la recherche et de l’innovation au sein de l’entreprise. Ce comité devrait fonctionner comme les comités des universités. Un coordonnateur des prix devrait être nommé et chargé de préparer les propositions de candidature en collaboration avec les administrateurs et les chefs de l’unité de recherche.

 

Instituts des hôpitaux de recherche

Le président et chef de la direction de chaque hôpital devrait nommer le directeur scientifique de l’institut de recherche de son établissement à la fois responsable des dossiers de candidature aux prix et président de son comité des prix. Ce comité pourrait aussi compter parmi ses membres les administrateurs des différentes unités de recherche. Un coordonnateur de prix devrait être nommé et se voir confier des responsabilités et des rôles semblables à ceux de ses homologues au sein des universités, des entreprises, etc.


Laboratoires gouvernementaux

Le sous-ministre de chaque ministère disposant de laboratoires de recherche (Agriculture et Agroalimentaire Canada, par exemple) ou le responsable d’un conseil de recherches donné (comme le Conseil de recherches du Canada) devrait nommer comme président du comité des prix, l’administrateur de haut rang le plus apte à assumer cette fonction, et nommer également un coordonnateur des prix. Les mandats du comité et du coordonnateur devraient être semblables à ceux décrits ci-dessus.

Examen externe des versions préliminaires des dossiers de mise en candidature

  • Les ébauches de dossiers de mise en candidature sont soumises à la coordonnatrice interorganismes (Kiera Keown, conseillère principale, Application des connaissances, IRSC), à Kiera.Keown@cihr-irsc.gc.ca, aux fins d’examen par des intervenants externes en vue de maximiser les chances de succès des candidatures présentées.
  • Au moins six semaines avant la date limite de présentation des candidatures, l’établissement doit informer la coordonnatrice interorganismes (CI) qu’un dossier de mise en candidature s’apprête à lui être soumis, en précisant le nom du candidat, le thème du dossier et le titre du prix.
  • La CI doit assurer le lien avec l’organisme subventionnaire compétent et obtenir de sa part les noms d’examinateurs possédant une expertise liée au prix en question. Les examinateurs doivent être sélectionnés parmi des personnalités canadiennes et étrangères de renom ayant déjà obtenu des prix internationaux. L’établissement doit soumettre le dossier de mise en candidature à la CI au moins trois semaines avant la date d’échéance.
  • La CI achemine alors le dossier de mise en candidature à plusieurs examinateurs qui devront l’évaluer de façon indépendante en se concentrant sur la présentation de l’information ainsi que sur la force du contenu, compte tenu des critères d’évaluation associés à l’obtention du prix. Dès que la CI reçoit les conclusions des examinateurs, au moins dix jours précédant l’échéance, elle les transmet au membre du personnel de l’établissement présentant le dossier de mise en candidature.
  • Une fois les commentaires des examinateurs pris en compte et les modifications nécessaires apportées, la version définitive du dossier de mise en candidature est soumise, dans un délai de dix jours, par l’établissement à l’organisation responsable de l’attribution du prix.
  • Toutes les étapes du processus doivent se dérouler dans la plus stricte confidentialité, ce qui s’est avéré essentiel par le passé.
  • En résumé, chaque dossier de mise en candidature doit être soumis à la CI au moins six semaines avant la date limite de dépôt des candidatures. La CI s’engage à communiquer aux candidats les commentaires formulés par les examinateurs au sujet de leur dossier au moins dix jours avant la date butoir de présentation des candidatures pour le prix convoité.

Célébrer la réussite

Alors que les présentes précisent le processus à suivre pour l’élaboration de dossiers de mise en candidature couronnés de succès, la célébration de tels succès est d’une importance capitale et constitue un moment phare de l’initiative. Le chef de l’établissement d’un candidat qui remporte un prix doit donc veiller à célébrer cette réussite en bonne et due forme, tant à l’interne qu’à l’externe.

Date de modification :