Des moyens de communiquer efficacement les réussites en matière de recherche

Objectif

Le présent document décrit des pratiques exemplaires qui seront utiles aux bureaux de communications en matière de recherche, aux médias, aux journalistes traditionnels et aux rédacteurs scientifiques. Il fait aussi ressortir un certain nombre de défis qui devront être relevés, des relations entre les intervenants à la compréhension des diverses pratiques qui touchent les différents intervenants.

L’importance d’une communication efficace

La recherche est à la base de la société moderne et elle est essentielle pour résoudre les problèmes mondiaux urgents qui nous concernent tous. La qualité de la recherche canadienne est élevée et, à la suite de l’audacieuse initiative du gouverneur général du Canada visant à augmenter de façon notable nos chances de remporter d’importants prix internationaux, les réalisations ont été nombreuses au cours des dernières années : prix Nobel de littérature et de physique, prix Wolf en médecine et en mathématiques, et augmentation marquée du nombre de récipiendaires des bourses Guggenheim (qui est passé de deux par année à sept en 2015) et de la Fondation Alfred P. Sloan.

Toutefois, l’importance de la recherche et son rôle dans notre société ne sont pas bien compris ou appréciés par la population. Une communication efficace des réussites des institutions (universités, instituts hospitaliers de recherche, entreprises et laboratoires gouvernementaux) est essentielle pour corriger cette lacune et peut contribuer à :

  1. renforcer l’image de marque et la réputation du Canada;

  2. promouvoir le Canada comme une source reconnue d’expertise pour résoudre les problèmes mondiaux urgents;

  3. démontrer le rendement du capital investi dans la recherche;

  4. créer une culture d’excellence en recherche dans les établissements d’enseignement et de recherche du Canada;

  5. assurer la visibilité et renforcer la réputation de chaque institution;

  6. attirer des talents en recherche de partout dans le monde et recruter des jeunes Canadiens en recherche et en science;

  7. améliorer la culture scientifique de la population en la faisant participer à la recherche et à la science;

  8. soutenir les politiques fondées sur des données probantes et les processus décisionnels;

  9. accroître la notoriété et les chances de réussite de l’initiative.

Changements du paysage médiatique

La technologie numérique (p. ex., l’hypersegmentation du contenu, la perte des sources de revenus traditionnelles) a apporté d’importants changements dans le paysage médiatique, ce qui a diminué le nombre de possibilités, de ressources et d’incitatifs pour faire des reportages sur des enjeux complexes comme la recherche. Les coupures et les congédiements ont réduit le nombre de journalistes scientifiques dans les médias traditionnels et ce sont maintenant les journalistes affectés aux reportages généraux qui s’occupent du volet scientifique.

Les Canadiens se tournent de plus en plus vers les sources numériques pour s’informer, au détriment des médias traditionnels. Cela est particulièrement vrai chez les Canadiens plus jeunes. En plus des médias en quête d’innovation numérique, comme l’application La Presse+très réussie, un certain nombre de médias numériques, comme Yahoo Actualités, le Huffington Post et BuzzFeed Canada, ont été lancés. Chaque jour, de nombreux Canadiens s’informent en grande partie ou exclusivement sur les médias sociaux, principalement Facebook, YouTube et Twitter. Il est donc urgent d’utiliser davantage les médias sociaux pour faire passer le message.

Attentes des médias

Un journaliste dont le travail consiste principalement à rédiger des articles sur la recherche et l’innovation résume bien ce que lui et un certain nombre de ses collègues pensent les uns des autres : « Je pense que si je devais choisir le conseil le plus important à suivre dans le secteur des communications, ce serait de raconter une histoire sur les réussites (prix ou récompenses) mettant en vedette de vraies personnes et des sujets qui intéressent les lecteurs locaux. Un tel article est bien plus utile que quelques annonces mineures sur des changements administratifs, des hausses de financement et des études qui ne touchent personne dans la communauté. Je cherche deux éléments dans un article : des réponses à des questions dans laquelle votre membre du corps professoral a de l’expertise et des histoires comme il s’en écrivait avant. »

Avec des échéances qui sont souvent de cinq à quinze minutes, il est essentiel que le personnel des communications en matière de recherche soit prompt à orienter le journaliste vers la personne qui connaît le mieux le sujet. S’il vous est impossible de respecter l’échéancier ou d’établir le contact avec la bonne personne, dites-le. Si l’agent des communications en matière de recherche (ACR) connaît un expert ailleurs, donnez ces coordonnées au journaliste. Ce type de réseautage entraînera souvent la publication d’un autre article portant sur la recherche, ce qui augmentera la couverture sur la recherche et l’innovation au Canada. En résumé, le travail des ACR devrait profiter aux entreprises de recherche de partout au Canada et non seulement aux institutions individuelles.

Améliorer les répercussions et les résultats

Les discussions avec les dirigeants de la communication en matière de recherche, le personnel dans les institutions ainsi que les journalistes traditionnels et des médias sociaux ont généré un nombre de recommandations pour améliorer les répercussions et les résultats.

  1. Il est essentiel que ce soit la bonne personne qui parle au journaliste non seulement pour en savoir plus sur la récompense ou le prix, mais aussi sur la recherche qui a mené à cette reconnaissance. Il faut saisir les occasions rapidement afin de permettre au journaliste de rédiger son article avant son heure de tombée.
  2. Le personnel des communications en matière de recherche devrait se charger des tâches suivantes :
    • Travailler à son propre rythme en visitant des facultés, des instituts et des centres et en demandant aux chercheurs de parler de leurs résultats, publications, etc. importants les plus récents. Demander aux chercheurs d’expliquer clairement comment et pourquoi leur travail a eu une incidence sur un domaine et sur l’ensemble de la société;
    • Au moins une fois par année, donner des présentations à chaque faculté sur l’importance de communiquer les réussites en matière de recherche et d’innovation ainsi que les récompenses et les prix internationaux, et expliquer quelle est la valeur ajoutée pour le chercheur, la faculté et l’université. Cette pratique aide aussi à militer en faveur de nominations d’éminents chercheurs et d’étoiles montantes pour les récompenses et les prix nationaux et internationaux;
    • Donner des présentations aux nouveaux diplômés afin de les sensibiliser tôt dans leur carrière aux avantages de communiquer les résultats de leurs recherches. Dans le cadre de leurs communications avec les médias, les chercheurs devraient faire participer un ou plusieurs étudiants ou stagiaires postdoctoraux avec qui ils travaillent;
    • S’assurer que les chercheurs sont bien encadrés dans la préparation de leur entrevue à la télévision, à la radio, dans les journaux, etc.;
    • Rencontrer ses collègues d’autres pays, leur montrer les résultats de recherche excitants de votre institution afin d’apprendre les pratiques exemplaires utilisées ailleurs et de saisir les occasions de collaboration. Un exemple plutôt impressionnant est quand un cadre supérieur de l’Université Western a rencontré ses collègues du Royaume-Uni, notamment au Daily Telegraph, au Daily Mail, et à la British Broadcasting Corporation, et ces relations médiatiques l’ont mené à l’University College de Londres. Ce faisant, le cadre supérieur s’est ouvert à de nouvelles perspectives concernant la relation entre les médias et les institutions, etc.
  3. Les communiqués de presse sur les récompenses, les prix et les subventions internationaux devraient commencer par la description de la recherche novatrice/de base. L’information sur la récompense, le prix ou la subvention devrait suivre. Règle générale, les journalistes ne sont pas intéressés par la valeur en dollars de la récompense, du prix ou de la subvention. Ils préfèrent mettre en vitrine les principaux résultats de la recherche. Les communiqués de presse et les documents d’information devraient être fournis aux journalistes de deux à quatre jours avant la date de tombée afin qu’ils puissent évaluer le communiqué et, si justifié, rédiger un article (ou faire un reportage sur les médias sociaux, à la télévision, à la radio, etc.) qui sera publié le même jour que l’annonce de la récompense ou du prix international.

Résumé

Le présent document décrit les possibilités et les défis pour établir un partenariat durable entre les communicateurs de recherche et les médias. Il a été réconfortant d’apprendre des intervenants consultés qu’ils ont la volonté d’aller de l’avant dans une optique coopérative et constructive. En effet, un nouveau développement révolutionnaire, dirigé par le gestionnaire des communications en matière de recherche de l’Université Western, est la création d’une nouvelle association nationale appelée Communicateurs de recherche Canada. Comme il l’a mentionné, cette organisation se penchera sur comment « nous pouvons viser plus haut et augmenter l’attention collective pour la recherche » au Canada.

Préparé par Howard Alper pour
Promouvoir l’excellence canadienne en matière de recherche à l’échelle internationale
Une initiative nationale dirigée par le gouverneur général du Canada
2016

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