Ruth Jackson

Chercheuse émérite
Ressources naturelles Canada

Découvrez les difficultés logistiques à résoudre pour organiser une mission de recherche en Arctique, y compris l'effet du froid extrême sur les instruments scientifiques, et l'importance d'avoir le bon navire et le bon personnel pour accomplir le travail.

Transcription

J’avais passé ma carrière à travailler dans l’Arctique à bord de navires et dans des camps d’observation des glaces. J’avais travaillé tout particulièrement avec des Américains dans le bassin Canada à bord de leurs navires. J’avais travaillé dans l’Arctique dans le cadre d’une expérience à laquelle participaient deux navires avec les Russes et les Allemands et je savais très bien qu’il ne fallait pas s’approcher de la marge canadienne à bord d’un navire. C’était impossible. Donc, ma participation consistait à dire que nous n’utilisons pas de navire, que nous allions le faire à partir de la glace.

Au début du projet de l’UNCLOS, j’étais l’experte scientifique en chef des travaux du camp d’observation des glaces dans l’Arctique et dans le cadre des programmes à bord des navires. Pour l’UNCLOS, nous essayions d’obtenir la revendication maximale possible en observant les hauteurs bathymétriques correspondant à notre marge, soit les marges qui sont importantes pour nous concernant la dorsale de Lomonosov et la dorsale Alpha qui sont toutes deux reliées au nord de l’île d’Ellesmere. C’est à cet endroit que nous avons dû entreprendre nos travaux.

Rappelez-vous qu’il fait froid dans l’Arctique. Il faut placer de petits instruments de la taille d’une boîte à lunch sur la glace. Il faut ensuite les retrouver et ils doivent fonctionner. Les conditions météorologiques étaient terribles. Nous sommes finalement parvenus à voler un jour ou deux. Nous avons sorti les instruments et la tempête a sévi pendant cinq jours. La glace est mobile. Il faut ensuite retrouver ces instruments. Nous ne les avons pas tous récupérés. Nous en avions quelques-uns au camp de base. Nous avons actionné les instruments et ils fonctionnaient encore. S’ils avaient refusé de fonctionner, nous n’aurions obtenu aucune donnée lors de la première expérience.

En réalité, peu de gens étaient en mesure d’effectuer ce travail, alors que les bureaux de Dartmouth et d’Ottawa de la Commission géologique du Canada possédaient une expertise très particulière. Il est vraiment facile de trouver un spécialiste pour réparer un ordinateur, mais il est très difficile de dénicher un technicien navigant qui possède 30 années d’expérience dans l’Arctique.

Le Louis joue un rôle très important dans le cadre du programme de l’UNCLOS, puisque nous travaillons sur la glace épaisse et parce qu’il s’agit du plus gros brise-glace au Canada. Sa puissance de 23 000 HP et son système de bulles d’air nous permettent de remorquer de l’équipement capable de colliger des données. Un fait important… Le Healey est un navire bien plus récent, mais il a été construit en respectant un plus grand nombre de normes militaires, de sorte qu’il est loin d’être aussi confortable. Lorsqu’on permet aux gens de choisir entre le Louis et le Healey, ils préfèrent généralement rester à bord du Louis le plus longtemps possible.

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