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L'étude du virus Nipah chez les porcs

Pathogenicity of Nipah henipavirus Bangladesh in a swine host. Kasloff SB*, Leung A*, Pickering BS, Smith G, Moffat E, Collignon B, Embury-Hyatt C, Kobasa D*, Weingartl HM. Sci Rep 2019 Mar 26;9(1):5230. doi: https://doi.org/10.1038/s41598-019-40476-y


Cet article scientifique discute le travail collaboratif au but d’améliorer la compréhension des modes de détection et de transmission d’un agent pathogène entraînant des conséquences graves, à savoir le virus Nipah. Non seulement les résultats obtenus se démarquent par leur grande qualité scientifique, mais ils sont le fruit d’importants efforts de collaboration interorganismes du LNM avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Que savait-on de ce domaine avant vos travaux et quel est le motif de cette recherche ?

Le virus Nipah est un agent pathogène nécessitant un niveau de confinement 4, décrit pour la première fois à la suite d’une éclosion en Malaisie en 1999, lorsqu’il y a eu transmission du virus de la chauve-souris, son hôte naturel, au porc; celui-ci a ensuite contaminé des centaines de travailleurs agricoles, qui ont connu un taux de mortalité de 40 pour cent. Depuis, une nouvelle souche du virus a fait son apparition au Bangladesh. Le taux de mortalité plus élevé associé à cette dernière (il est d’environ 70 pour cent), le fait qu’elle se transmette d’une personne à une autre et le fait que toutes les éclosions signalées aient découlé de la transmission directe du virus de la chauve-souris à l’humain, sans l’intermédiaire du porc, la distinguent de la souche malaisienne. On se demandait ainsi pourquoi le porc n’entrait pas dans la chaîne de transmission de la souche bangladaise du virus Nipah, une question cruciale pour un état de préparation international optimal en santé publique.

Quels sont les résultats les plus importants de vos travaux ?

Notre étude constitue la première analyse de la sensibilité du porc d’élevage à l’infection par la souche bangladaise du virus Nipah. Fait intéressant, les porcs ne semblaient pas malades, et leur production d’anticorps était faible, malgré une vigoureuse réplication du virus, propagé à de nombreux systèmes organiques. En ce qui concerne la détection de la maladie, l’étude a confirmé que les tests diagnostiques moléculaires conçus pour la souche malaisienne permettaient la détection de la souche bangladaise du virus Nipah chez les porcs infectés. Cependant, il se pourrait que les tests sérologiques actuellement utilisés ne soient pas d’une spécificité adéquate pour la détection de la souche bangladaise.

Quelles sont les répercussions de la recherche ?

Notre étude a permis une meilleure compréhension de la gamme d’hôtes du virus Nipah. De plus, grâce aux résultats obtenus, il est possible de s’assurer que les laboratoires sont prêts à lutter contre cet agent pathogène et disposent des capacités pour y arriver. Comme il se peut que les méthodes sérologiques existantes de détection du virus Nipah ne permettent pas la détection de la souche bangladaise actuelle du virus chez les porcs infectés, on sait maintenant qu’il faut mettre au point des tests spécifiques.

Autres références importantes :




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