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Détection des infections résistantes aux médicaments aux hôpitaux canadiens

Results from the Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program for detection of carbapenemase-producing Acinetobacter spp. in Canadian hospitals, 2010-16. Boyd DA*, Mataseje LF*, Pelude L, Mitchell R, Bryce E, Roscoe D, Embree J, Katz K, Kibsey P, Lavallee C, Simor A, Taylor G, Turgeon N, Langley JM, Amaratunga K, Mulvey MR* on behalf of the members of the CNISP J Antimicrob Chemother 2019 Feb 1; 74(2):315-20. doi: https://doi.org/10.1093/jac/dky416


Cet article scientifique met en évidence un succès de collaboration au Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN). Les efforts conjoints qu’ils ont déployés pour assurer la surveillance d’une bactérie infectieuse capable de développer une résistance aux antibiotiques favorisent la sensibilisation clinique à ce problème et offrent des occasions de recherche supplémentaires.

Que savait-on de ce domaine avant vos travaux et quel est le motif de cette recherche ?

Acinetobacter baumannii (A. baumannii) est une bactérie Gram négatif qui provoque des infections, principalement dans les établissements de soins de santé comme les hôpitaux ou les foyers de soins infirmiers. Du point de vue de la santé publique, on craint qu’un nombre croissant de bactéries Gram négatif, dont A. baumannii, deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques utilisés pour les combattre. A. baumannii a la capacité de développer rapidement une résistance aux antibiotiques et de la propager, notamment la résistance à l’option de traitement de dernier recours contre les infections bactériennes graves ou à risque élevé, soit la classe de médicaments appelée carbapénèmes. En réaction à l’émergence d’A. baumannii à l’échelle mondiale, et en partenariat avec le PCSIN, le LNM a commencé à étudier la bactérie A. baumannii résistante aux carbapénèmes (ARC). Cette étude visait à assurer la surveillance d’ARC de 2010 à 2016 et a fourni des données qui étaient limitées avant ces travaux.

Quels sont les résultats les plus importants de vos travaux ?

Cette étude confirme que la bactérie ARC est rare au Canada et que les taux d’incidence n’ont pas changé de façon significative de 2010 à 2016. En ce qui concerne la résistance aux antimicrobiens, il est important de noter que 78,7 % des isolats d’A. baumannii étudiés présentaient une ultrarésistance aux médicaments et se sont avérés porteurs de nombreux gènes causant une résistance à plusieurs classes de médicaments. Le traitement de ces infections bactériennes devient plus difficile à mesure que les options pharmacologiques sont de plus en plus limitées avec chaque gène de résistance acquise aux médicaments. Une autre constatation importante de cette étude est que presque 40 % des patients ayant obtenu un résultat positif ont déclaré avoir voyagé et reçu un traitement médical à l’extérieur du Canada au cours des 12 derniers mois.

Quelles sont les répercussions de la recherche ?

Même si la proportion d’ARC est actuellement stable au Canada, cette bactérie est très résistante aux antimicrobiens, ce qui la rend importante du point de vue de la santé publique. Une surveillance et une déclaration constantes sont nécessaires pour s’assurer que la santé publique peut surveiller l’incidence de ces bactéries infectieuses résistantes. Cela est d’autant plus important, compte tenu de la hausse des taux d’ARC dans le monde. En outre, cette étude donne à penser que les déplacements et l’obtention de soins médicaux à l’extérieur du Canada sont des facteurs importants dans l’importation d’ARC au Canada. La sensibilisation des professionnels de la santé à ce facteur de risque pourrait faciliter le diagnostic et le traitement des infections à ARC.

Autres références importantes :




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