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Élaboration sur la transmission du virus Sin Nombre

Development and Characterization of a Sin Nombre Virus Transmission Model in Peromyscus maniculatus. Warner BM*, Stein DR*, Griffin BD*, Tierney K*, Leung A*, Sloan A*, Kobasa D*, Poliquin G*, Kobinger GP, Safronetz D*. Viruses 2019 Feb 21;11(2). pii:E183 doi: doi.org/10.3390/v11020183


Cet article scientifique met en évidence les travaux du Laboratoire national de microbiologie sur l’élaboration du premier modèle fiable de transmission expérimentale du virus Sin Nombre (VSN) chez les souris sylvestres. Il est essentiel de comprendre comment les virus infectieux se transmettent d’un animal à l’autre ou d’un animal à l’humain afin d’éclairer les recherches ultérieures, d’établir des mesures pour prévenir la propagation et de comprendre les déclencheurs possibles d’éclosions.

Que savait-on de ce domaine avant vos travaux et quel est le motif de cette recherche ?

Le virus Sin Nombre (VSN) est la principale cause du syndrome pulmonaire à hantavirus, une grave maladie respiratoire dont le taux de mortalité s’établit entre 35 et 40 %. Nous en savions très peu sur le mode de transmission du VSN, dont les souris sylvestres sont porteuses. L’hypothèse avait été émise que ces souris propageaient le virus à d’autres souris par contact direct, comme une morsure ou lors du toilettage. Cela ne correspond pas au mode de transmission présumé du virus aux humains, soit par exposition à de l’urine, à de la salive ou à des excréments contaminés. Des données montrent que d’autres virus similaires peuvent aussi se transmettre entre hôtes rongeurs de cette façon indirecte. L’étude a été réalisée pour déterminer les principaux mécanismes de transmission du virus entre les souris sylvestres et permettre de créer un modèle de transmission approprié pour de prochaines expériences.

Quels sont les résultats les plus importants de vos travaux ?

L’étude a révélé que le contact direct entre souris sylvestres est possiblement le principal facteur de transmission du VSN. Aucune des souris sylvestres placées dans des cages contaminées n’a été infectée par le virus. De plus, l’étude a permis de créer et de mettre en application le premier modèle de transmission fiable pour vérifier deux hypothèses différentes quant aux facteurs susceptibles d’augmenter la réplication et l’excrétion du virus chez les souris sylvestres infectées. Les données n’ont permis de relever aucune différence entre le niveau de virus ou le taux de transmission entre souris sylvestres mâles et femelles, un point d’intérêt qui avait auparavant été avancé comme hypothèse.

Quelles sont les répercussions de la recherche ?

Ce modèle de transmission nouvellement décrit pour le VSN permettra un examen plus approfondi des facteurs d’influence relatifs aux différences observées dans l’incidence saisonnière de l’infection et de la transmission du virus chez les souris sylvestres. En raison de facteurs comme les changements climatiques qui modifient considérablement l’habitat de ces souris, cela pourrait aider grandement à cerner les facteurs qui sont susceptibles de mener à une éventuelle transmission du VSN aux humains. La recherche a aussi permis d’établir des méthodes d’essai pour empêcher la transmission du VSN au sein de la population de souris sylvestres dans le but de prévenir le débordement chez l’humain.

Autres références importantes :

  • Botten J, Mirowsky K, Ye C, Gottlieb K, Saavedra M, Ponce L, Hjelle B. 2002. Shedding and intracage transmission of Sin Nombre hantavirus in the deer mouse (Peromyscus maniculatus) model. J Virol 2002 Aug;76(15):7587-94.
  • Drebot M*, Jones S, Grolla A*, Safronetz D*, Strong J*, Kobinger G, Lindsay R*. (2015). Hantavirus pulmonary syndrome in Canada: An overview of clinical features, diagnostics, epidemiology and prevention. Can Commun Dis Rep 2015 Jun 4;41(6):124-31.



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