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2016-2017

Résumés et Messages Clés (PDF)

Rapport complet - bilingue (PDF)

Avant-propos

Le Programme de lutte contre les contaminants du Nord (PLCN) travaille à réduire et, dans la mesure du possible, à éliminer les contaminants présents dans les aliments traditionnels récoltés, tout en procurant de l’information permettant aux personnes et aux collectivités de prendre des décisions éclairées au sujet de leur alimentation. Le Résumé de Recherche effectuées en 2016-2017 dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord : résumés et messages clés présente un résumé des activités et des résultats préliminaires de chaque projet financé dans le cadre du PLCN entre le 1 avril 2016 et le 31 mars 2017.

Les projets dont rend compte le rapport portent sur une vaste gamme de sujets qui contribuent à mieux comprendre et prendre en compte les enjeux relatifs aux contaminants dans le Nord. Ils sont disposés selon les cinq sous-programmes : Santé humaine; Surveillance et recherche environnementales; Communications, capacité et la sensibilisation; Surveillance et recherche communautaire; Coordination du programme et partenariats autochtones. Les priorités de recherche spécifiques énoncés dans les plans stratégiques du PLCN (c'est-à-dire les plans directeurs du PLCN et l'Appel de propositions 2016-2017), notamment les suivants : l’exposition alimentaire à des contaminants, choix d’aliments et la perception du risque; les effets des contaminants sur la santé des individus et des écosystèmes; les niveaux de contaminants et les tendances dans l’environnement/ les espèces sauvages dans l’Arctique et l’influence des changements climatiques; et les avantages/évaluation des risques de la consommation de la nourriture traditionnelle. Les projets ont été menés à l'aide de diverses méthodes, y compris le travail sur le terrain, l'analyse en laboratoire, la surveillance communautaire, les ateliers sur le savoir autochtone et bien plus encore.

Tous les projets soutenus par le PLCN font l’objet d’un processus exhaustif d’examen technique, par les pairs et socioculturel, auxquels ont participé des pairs examinateurs externes, des équipes d’examen technique, des comités régionaux sur les contaminants de même que le Comité de gestion du PLCN. Ce processus d’examen garantit que chaque projet appuie les priorités et les objectifs du PLCN, qui sont énoncés dans les plans directeurs du programme et dans l’appel de propositions annuel. Pour obtenir un financement, tous les projets qui nécessitent du travail sur le terrain dans le Nord ou des analyses d’échantillons doivent faire l’objet d’une consultation avec les autorités nordiques et les organisations autochtones concernées.

La présentation d’un rapport aux fins de la présente publication assure la transparence du programme ainsi qu’une communication rapide des résultats. Des rapports de projet plus détaillés décrivant les objectifs, les activités, les résultats et les conclusions du projet sont compilés dans le Résumé de Recherche effectuées en 2016-2017 dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord : rapport complet, une publication qui est disponible dans la Base de données des publications du PLCN à l’adresse www.aina.ucalgary.ca/ncp/. Tous les rapports de projets individuels ont été légèrement modifiés pour plus de clarté et de cohérence.

En plus des publications Résumé de Recherche, les futures publications liées aux projets financés par le PLCN (y compris des articles publiés dans des revues examinées par des pairs) seront versés dans la base de données des publications du PLCN, à l’adresse www.aina.ucalgary.ca/ncp/. De plus, les données et les métadonnées associées à chaque projet individuel peuvent également être consultées sur le site Web du catalogue de données polaires à www.polardata.ca.

Pour plus d’information sur le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, voir : www.science.gc.ca/plcn.

Introduction

Le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) mobilise les résidants du Nord et les scientifiques pour qu’ils participent à la recherche et à la surveillance axées sur les contaminants dans l’Arctique canadien, c’est-à-dire les contaminants qui sont transportés jusque dans l’Arctique par voie aérienne ou par les océans, et qui proviennent d’ailleurs dans le monde; ces contaminants demeurent dans l’environnement arctique et s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Les données produites par le PLCN servent à évaluer la santé des écosystèmes et la santé humaine, et les conclusions de ces évaluations permettent d’assurer la salubrité et la sécurité des aliments traditionnels qui sont importantes pour la santé et le mode de vie traditionnels des résidents et des collectivités nordiques. Les conclusions guident également les politiques, qui donnent lieu à des mesures visant à éliminer les contaminants de sources éloignées. Le PLCN contribue à la collecte de données et à l’apport d’une expertise scientifique dans le cadre d’initiatives internationales sur les contaminants, comme le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (PSEA), et d’ententes internationales comme la Convention de Minamata sur le mercure et la Convention de Stockholm sur le polluants organiques persistants du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Ces contributions à des travaux internationaux visent à améliorer la santé des résidents et des espèces sauvages à long terme.

Le PLCN est dirigé par un comité de gestion présidé par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC). Il compte des représentants de quatre ministères fédéraux (Environnement et changement climatiques Canada, Pêches et Océans Canada, Santé Canada et RCAANC), de cinq gouvernements provinciaux ou territoriaux (le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le Nunavik et le Nunatsiavut), de quatre organisations autochtones nordiques (le Conseil des Premières Nations du Yukon, la Nation dénée, Inuit Tapiriit Kanatami et la Conférence circumpolaire inuite), de cinq comités régionaux sur les contaminants et du Réseau de centres d’excellence axé sur l’Arctique, ArcticNet. Le Comité de gestion est responsable de l’établissement de la politique et des priorités scientifiques du PLCN de même que des décisions finales sur l’affectation des fonds. Les comités régionaux sur les contaminants du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut, du Nunavik et du Nunatsiavut appuient ce comité national en lui fournissant de l’expertise et des conseils propres à sa région. Le financement de 4,1 millions de dollars qui est affecté chaque année à la recherche aux termes du PLCN provient d’ RCAANC et de Santé Canada. On trouve dans le Guide de la gestion des opérations du PLCN (disponible sur demande au Secrétariat du PLCN) des détails sur les structures de gestion et les processus d’examen servant à mettre en œuvre le Programme, de même que le protocole utilisé pour diffuser publiquement l’information sur la santé et la récolte produite dans le cadre du Programme.

Contexte

En 2016-2017, le PLCN a célébré son 25e anniversaire de financement des activités de recherche et de communication sur les contaminants dans le Nord du Canada. Le PLCN a été créé en 1991 en réponse aux inquiétudes que suscitait l’exposition des humains à des niveaux élevés de contaminants par les poissons et les espèces sauvages, qui composent une part importante du régime alimentaire traditionnel des Autochtones dans le Nord. Les premières études indiquaient qu’il existait un large spectre de substances –polluantes organiques persistants, métaux lourds et radionucléides – dont plusieurs ne provenaient pas de l’Arctique ou du Canada, mais étaient tout de même présents en quantités étonnamment élevées dans l’écosystème de l’Arctique.

Le Programme a pour objectif premier de réduire et, dans la mesure du possible, d’éliminer les contaminants présents dans le Nord dans les aliments traditionnels ou prélevés dans la nature tout en fournissant aux individus et aux collectivités de l’information leur permettant de prendre des décisions éclairées au sujet de leur alimentation.

Dans la première phase du PLCN, les recherches ont consisté à recueillir les données nécessaires pour établir la concentration des contaminants, leur portée géographique et leur source dans l’atmosphère, l’environnement et la population du Nord, de même que la durée probable du problème. Les données nous ont permis de comprendre les modèles spatiaux et les tendances temporelles de la contamination dans le Nord, ainsi que de confirmer ce que nous soupçonnions, à savoir que les contaminants provenaient principalement d’autres pays. Les données, qui comprenaient des renseignements sur les avantages associés à une consommation régulière d’aliments traditionnels ou prélevés dans la nature, ont également servi à évaluer les risques pour la santé humaine que posent les contaminants contenus dans ces aliments. Les résultats ont été résumés dans le premier Rapport de l’évaluation des contaminants dans l’Arctique canadien (RECAC) en 1997.

Des consultations complètes ont été réalisées en 1997-1998 dans le but de trouver des éléments communs entre les préoccupations et priorités des collectivités nordiques et les besoins scientifiques, éléments jugés essentiels pour s’attaquer au problème de la contamination dans le Nord du Canada. Les priorités en matière de recherche ont donc été établies à partir des espèces les plus pertinentes en ce qui concerne l’exposition des humains dans le Nord, et en fonction des lieux géographiques et des populations les plus à risque.

En 1998, des initiatives ont été mises en œuvre dans le but de revoir la conception du PLCN et de mettre en œuvre de nouveaux éléments de programme encore présents aujourd’hui : 1) les plans directeurs du PLCN, qui présentent la vision et l’orientation stratégique à long terme du Programme; et 2) un processus d’examen des propositions ouvert et transparent. Ces éléments garantissent que le PLCN demeure pertinent sur le plan scientifique et conscient des aspects socioculturels, tout en réalisant des progrès réels à l’égard de ses vastes objectifs stratégiques.

En 1998-1999, le PLCN a entrepris sa deuxième phase, qui s’est poursuivie jusqu’en 2002-2003 et dont les résultats ont été présentés dans le RECAC II, en 2003. À cette époque, le PLCN soutenait la recherche qui s’intéressait à des questions concernant les répercussions et les risques pour la santé humaine associés aux niveaux de contamination chez certaines espèces largement consommées dans l’Arctique. Pour assurer une évaluation des risques équilibrée de la consommation de la nourriture traditionnelle l’accent a été mis sur la caractérisation et la quantification des bénéfices associés aux régimes alimentaires traditionnels. Le Programme a également soutenu des activités de communication. Sous la gouverne d’organisations autochtones nordiques, le dialogue entre les résidents du Nord et la communauté scientifique, initié dès le début du PLCN, a continué de favoriser la sensibilisation et la compréhension des questions relatives aux contaminants et aidé à soutenir les collectivités confrontées à des enjeux précis à l’échelle locale.

Depuis 2003, le PLCN a continué de contribuer aux évaluations qui synthétisent les données financées par le programme PLCN. Le PLCN a publié son Rapport de l’évaluation des contaminants et de la santé dans l’Arctique canadien en 2009. Ce rapport présentait des recherches financées aux termes du sous- programme sur la santé humaine depuis la publication du RECAC II en 2003. Il couvrait notamment les sujets suivants : l’état de santé de la population dans l’Arctique canadien, l’exposition des humains à des contaminants, la toxicologie, l’épidémiologie et l’évaluation des risques et des avantages.

Une troisième série d’évaluations a été entreprise en 2010 et a mené à la publication du RECAC III sur le mercure dans le Nord canadien en décembre 2012, du RECAC III sur les polluants organiques persistants dans le Nord canadien en décembre 2013 et du RECAC III, Les contaminants dans le nord du Canada : Sommaire à l’intention des décideurs, en avril 2015.

Les prochains rapports de la série CACAR, Les contaminants dans le Nord canadien: État des connaissances et synthèse régionale, et Santé humaine 2017 seront publiés en 2018.

Répercussions internationales

Les efforts du PLCN en vue de parvenir à un contrôle international des contaminants ont été soutenus tout au long de l’histoire du Programme. Le PLCN continue de produire des données qui permettent aux Canadiens de jouer un rôle de premier plan, particulièrement dans le cadre des actions en collaboration menées dans le cadre du Conseil de l’Arctique’s Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique, dans les initiatives suivantes :

  1. Le protocole sur les polluants organiques persistants (POP), qui a force de loi et relève de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontalière de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), a été négocié et signé par 34 pays (y compris le Canada) à la Conférence ministérielle de la CEE-ONU à Arhus, au Danemark, en juin 1998. Le Canada a ratifié cette entente en décembre 1998.
  2. Le 23 mai 2001, un outil international ayant force de loi sur les POP en vertu du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a été achevé avec la signature de la Convention de Stockholm sur les POP, en Suède : la Convention de Stockholm sur les POP du PNUE est entrée en vigueur en mai 2004.
  3. La Convention de Minamata sur le mercure, un accord juridiquement contraignant visant à réduire les émissions et les rejets de mercure dans l'environnement, est entrée en vigueur le 16 août 2017. La convention a été signée par le Canada en octobre 2013 et le Canada est devenu le 41ème pays à ratifier le traité le 7 avril 2017. Les données, les renseignements et l’expertise issus du PLCN ont grandement contribué à la signature de cet accord historique et à cette ratification de la Convention, et le PLCN continuera à jouer un rôle dans le suivi de l'efficacité de la Convention. La première réunion de la Conférence des Parties à la Convention de Minamata sur le mercure (COP1) du 24 au 29 septembre 2017 a examiné les procédures et les orientations pour la mise en œuvre de la Convention.

10 principales conclusions du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord

(conclusions tirées du rapport de 2015 Les contaminants dans le nord du Canada : Sommaire à l’intention des décideurs)

  1. Les concentrations de POP héritées du passé diminuent en général partout dans l’Arctique.
  2. À mesure que les « nouveaux POP » sont réglementés, leurs niveaux dans l’Arctique diminuent.
  3. Les niveaux de mercure dans l’Arctique se stabilisent, mais sont encore plusieurs fois plus élevés qu’à l’ère préindustrielle.
  4. Les changements climatiques peuvent avoir des incidences sur le cycle des POP et du mercure dans le milieu arctique et sur leur accumulation.
  5. Le mouvement complexe des contaminants dans le milieu arctique et chez les espèces sauvages est maintenant mieux compris.
  6. Les niveaux actuels de POP et de mercure représentent peut-être un risque pour la santé de certaines espèces sauvages de l’Arctique.
  7. L’exposition au mercure et à la plupart des POP diminue de façon générale chez les habitants du Nord, mais le mercure reste problématique dans certaines régions.
  8. Les aliments traditionnels/prélevés dans la nature restent importants pour le maintien de la saine alimentation des habitants du Nord.
  9. L’exposition aux contaminants présents dans le milieu arctique est associée à des effets sur la santé des habitants.
  10. Il est essentiel de poursuivre l’action internationale pour réduire le niveau des contaminants dans l’Arctique.

Orientations actuelles du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord :

(orientations adaptées du rapport de 2015 Les contaminants dans le nord du Canada : Sommaire à l’intention des décideurs)

Pour ce qui est de la surveillance environnementale et de la recherche, le PLCN :

  • est en train de jouer un rôle crucial dans la détection de nouvelles substances chimiques contaminantes préoccupantes dans l’Arctique et va examiner et peaufiner continuellement sa liste de contaminants préoccupants;.
  • est en train d’améliorer la mesure des tendances à long terme du mercure et des POP en comblant les lacunes dans la couverture géographique;
  • est en train d’affectuer plus de recherches pour comprendre les effets des changements climatiques et prévoir leurs incidences sur la dynamique des contaminants et les risques pour l’écosystème et la santé humaine;
  • soutien l’élargissement de la surveillance communautaire qui renforce les capacités scientifiques dans le Nord et optimise l’utilisation des connaissances traditionnelles.

Pour ce qui est de la santé humaine, de la surveillance et de l’évaluation du risque, le PLCN :

  • s’interesse, en collaboration avec les autorités sanitaires régionales et territoriales, aux préoccupations actuelles en matière de santé publique en lien avec les contaminants et la salubrité des aliments par :
    • comparer les risques associés à l’exposition aux POP et au mercure au large éventail d’avantages que présente la consommation des aliments traditionnels/prélevés dans la nature;
    • l’extension de la surveillance de l’exposition des populations humaines de tout le Nord aux contaminants ainsi que les travaux de recherche sur les effets éventuels sur la santé, en collaboration avec les collectivités nordiques, afin de fournir de l’information à jour aux responsables de la santé publique;

Pour ce qui est de la communication et de la sensibilisation, le PLCN :

  • est en train de communiquer les conclusions des recherches et de l’information sur les contaminants et les risques aux habitants du Nord dans le contexte de messages sanitaires et environnementaux sur des sujets plus vastes (p. ex. les changements climatiques). Des messages opportuns et adaptés à la culture des collectivités sont en train d »être élaborés et diffusés en collaboration avec les autorités sanitaires régionales et les autres porte- paroles appropriés, et l’efficacité de ces initiatives de communication sera évaluée;
  • est en train de continuer de vérifier que ses données et son information soient efficacement communiquées à des réseaux internationaux importants, comme le PSEA et les plans de surveillance mondiaux prévus par les conventions de Stockholm et de Minamata afin d’évaluer l’efficacité de la réglementation mondial.
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