Un trio de satellites mettra à l’essai de nouveaux systèmes de surveillance dans le Haut-Arctique

16 janvier 2025

 

Trois microsatellites de recherche et développement (R & D) lancés récemment dans le cadre de la mission Gray Jay Pathfinder, seront en orbite dans les latitudes polaires afin d’évaluer de nouvelles technologies visant à offrir aux Forces armées canadiennes (FAC) une connaissance de la situation dans le cercle polaire arctique.

La surveillance dans le Haut-Arctique revêt une importance grandissante pour la défense et la sécurité en raison des effets du changement climatique, ainsi que de l’accès et de la circulation accrus dans la région. Les FAC ont besoin de renseignements opportuns et exacts sur les navires dans les eaux canadiennes, de sorte à préserver la souveraineté canadienne et à défendre le Canada.

Il s’agit de la première fois que le ministère de la Défense nationale (MDN) et les FAC lancent un satellite d’observation de la Terre (ou de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, c’est-à-dire RSR).

RDDC mène les travaux liés aux satellites Gray Jay pour le MDN et les FAC, et les microsatellites seront exploités par Space Flight Laboratory (SFL) de University of Toronto Institute for Aerospace Studies (UTIAS). Ces satellites d’une valeur de 16,3 millions de dollars ont également été construits au Canada par SFL. Les satellites Gray Jay sont considérés comme étant des microsatellites, à environ 30 kg chacun, et ils sont légèrement plus gros qu’une boîte à chaussures (30 cm sur 30 cm sur 45 cm).

Cette animation montre la façon dont les satellites Gray Jay mettront à l’essai et évalueront un nouveau système de surveillance dans le Haut-Arctique du Canada.

Satellites Gray Jay Pathfinder - Transcription

[Entrée en fondu musical]

[Texte à l’écran : ] Les satellites Gray Jay Pathfinder mettent à l’essai un nouveau système de surveillance dans le Haut-Arctique.

[Texte à l’écran : ] La grappe de trois satellites détecte l’intrusion d’un navire à l’aide des radiofréquences émises.

[Texte à l’écran : ] La grappe de satellites Gray Jay communique ensuite avec la station terrienne.

[Texte à l’écran : ] Suivant une géolocalisation, le satellite principal tourne.

[Texte à l’écran : ] Il forme ensuite une image de la cible à l’aide de sa caméra infrarouge.

[Texte à l’écran : ] Ces données éclaireront la prise de décisions des Forces armées canadiennes.

[Fin de la musique]

[Signature Forces armées canadiennes]

[Mot-symbole « Canada »]

[Signature Défense nationale]

Le principal objectif de la recherche consiste à évaluer l’efficacité de la grappe de trois microsatellites sur le plan de la détection, de la géolocalisation et de la caractérisation des navires et des aéronefs dans l’Arctique canadien.

Les satellites se trouvent dans une orbite terrestre basse polaire survolant le cercle polaire arctique. Leur orbite est « héliosynchrone », ce qui signifie qu’ils survolent un emplacement à une latitude donnée à la même heure solaire locale.

Deux satellites auxiliaires sont dotés d’un système de propulsion embarqué et se trouvent en orbite à environ 125 kilomètres l’un de l’autre. Le satellite principal suit le même trajet que les deux satellites auxiliaires, à quelque 625 kilomètres derrière le premier. Le deuxième satellite auxiliaire peut effectuer un déplacement transversal d’au plus 60 kilomètres dans une direction perpendiculaire à son orbite. Les satellites auxiliaires utiliseront leur système de propulsion pour maintenir leur formation avec le satellite principal.

« Le but, c’est de faire la démonstration de technologies et d’éliminer les risques qui y sont associés pour les Forces armées canadiennes, par la mise à l’essai et l’évaluation de la mission », explique Jeff Secker, scientifique de la Défense dirigeant la mission des satellites Gray Jay pour Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC).

Chaque satellite est muni de capteurs à fréquence radio pouvant servir à la détection et à la géolocalisation de navires ou d’aéronefs. En outre, le satellite principal radio peut recueillir plus de renseignements sur les objets décelés à l’aide de son imageur thermique à infrarouge. Les satellites communiquent avec des stations terrestres d’un bout à l’autre du Canada, y compris une station située à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest.

La mise en service et la démonstration des satellites devraient s’échelonner sur neuf mois. Le reste de la durée de vie de mission des satellites sera consacré à des activités de recherche et développement en matière de RSR dans l’espace aux fins de la défense continentale. Les données recueillies par les satellites serviront à éclairer la prise de décisions relatives aux capacités futures au sein des FAC.

Des essais et des évaluations continus au moyen des microsatellites Gray Jay en orbite s’inscrivent dans un investissement sur 20 ans axé sur les sciences et la technologie visant les capacités de défense continentale, investissement financé par l’intermédiaire de la modernisation du NORAD.

Les trois satellites ont été lancés par covoiturage spatial en janvier 2025 depuis la base de la force spatiale Vandenberg, en Californie.

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