17 juin 2024
Les pompiers mettent leur vie en péril chaque jour pour nous protéger des feux de forêt, des incendies de maison et tout ce qu’il y a entre les deux. Il est prouvé qu’ils sont plus susceptibles de développer certains types de cancer, ainsi que des maladies chroniques comme les maladies respiratoires et cardiovasculaires, que la moyenne des gens. Les chercheurs œuvrent pour mieux protéger ces héros des temps modernes pendant qu’ils font leur travail.
Paul White (Ph. D.), chercheur à Santé Canada, se penche sur l’exposition des pompiers aux produits chimiques cancérigènes. Les pompiers s’inquiétaient des conséquences des hydrocarbures aromatiques polycycliques (connus sous le nom de HAP), car ce sont des produits de la combustion auxquels ils sont possiblement plus exposés que d’autres personnes.
Cette exposition élevée peut également se produire par contact avec la peau. C’est pourquoi M. White et ses collègues ont cherché à savoir comment décontaminer la peau pour empêcher les produits chimiques de pénétrer dans l’organisme.
Dans une étude, on a demandé à un groupe de pompiers d’utiliser des lingettes spéciales pour nettoyer leurs poignets, leur cou et leur front, car ce sont les zones où la peau peut être la plus exposée. Un autre groupe de pompiers a été invité à nettoyer les mêmes zones avec du détergent et de l’eau.
« Le détergent et l’eau ont éliminé environ la moitié des HAP trouvés sur la peau, soit davantage que les lingettes. Mais aucune des interventions n’a réduit la quantité de produits chimiques qui ont pénétré dans l’organisme », explique M. White. « Peut-être que la pénétration de la peau se fait trop rapidement pour que tout type de nettoyage de la peau après exposition soit efficace. Lorsqu’ils sortent de l’incendie, il est peut-être trop tard. D’autres recherches devront être menées pour confirmer ces résultats. »
« Nous avons entrepris d’utiliser des bracelets en silicone comme moyen novateur d’échantillonner l’air qui entoure les pompiers », indique M. White. « Ils le mettent à leur poignet, l’accrochent à une boucle sur la surface extérieure de leur veste et les placent à différents endroits de la caserne; cela nous permet d’avoir une idée de leur exposition sur le lieu de l’intervention et dans la caserne. »
La suite des choses
Le gouvernement du Canada va de l’avant pour protéger davantage les pompiers des risques associés aux expositions à des produits chimiques comme les HAP et les substances ignifuges. Pour favoriser la santé de ces personnes courageuses, le Plan d’action pour les pompiers a été lancé en août 2021, et la Loi relative au Cadre national sur les cancers liés à la lutte contre les incendies est entrée en vigueur en juin 2023.
Parallèlement, les chercheurs et les intervenants concernés continuent de travailler ensemble pour trouver des solutions. Ces deux dernières années, Santé Canada a coorganisé des ateliers avec des pompiers et des scientifiques afin de définir les lacunes dans les connaissances et d’orienter la poursuite des recherches. Il a notamment été constaté qu’il fallait travailler davantage pour mieux protéger les populations sous-étudiées, comme les pompiers volontaires, les pompières, les pompiers militaires et aéronautiques, les pompiers en milieu sauvage, les pompiers autochtones et les pompiers vivant en région éloignée.
« Les pompiers volontaires, par exemple, laissent parfois leur équipement dans leur véhicule, afin d’être prêts à intervenir rapidement en cas d’appel », précise M. White. « Ils pourraient être exposés continuellement aux produits chimiques qui se sont déposés sur leur équipement de protection individuelle (EPI) pendant qu’ils travaillaient. Nous devons savoir ce que cela signifie sur le plan des risques pour la santé. »
Les pompiers courent vers le danger quand les autres s’en éloignent. M. White et son équipe font partie des nombreux chercheurs dévoués qui travaillent sans relâche pour veiller à ce que les pompiers soient mieux protégés à l’avenir.