7 janvier 2025
Depuis plus de 20 ans, le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) mène des recherches sur le virus Marburg pour aider à sauver des vies dans les pays touchés par des éclosions et pour protéger la santé et la sécurité de la population canadienne. La maladie à virus Marburg est une maladie rare et souvent mortelle causée par le virus Marburg. Ce dernier appartient à un groupe de virus connus sous le nom de filovirus, dont fait partie Ebola. Avec un taux de mortalité compris entre 24 % et 88 %, et en l’absence de traitements ou de vaccins approuvés à l’heure actuelle, il est urgent de poursuivre les recherches sur ce virus mortel, d’autant plus que des éclosions continuent de se produire.
Particulièrement bien placé pour faire face à la menace de la maladie de Marburg
Les chercheurs ne peuvent travailler sur le virus Marburg que dans un laboratoire de niveau de confinement (NC4), puisque celui-ci constitue un agent pathogène du groupe de risque 4. Comme le Centre scientifique canadien de santé humaine et animale (CSCSHA), où se trouve le LNM, possède le seul laboratoire de niveau de confinement (NC4) du Canada, le LNM est particulièrement bien placé pour étudier le virus Marburg et mettre son expertise au service de la santé publique mondiale. Le LNM joue un rôle clé en apportant un soutien sur le terrain lors d’éclosions internationales, notamment en 2004-2005, lorsque la plus grande éclosion de Marburg s’est produite en Angola, où 252 cas ont été enregistrés et 227 personnes sont décédées. Le LNM a soutenu la réponse en exploitant une unité de laboratoire mobile qui a fourni des diagnostics dans le pays pour aider à la prise en charge des patients, au contrôle de l’infection et à la recherche des contacts.
Le Dr Logan Banadyga, chercheur principal au LNM, affirme que ces travaux contribuent à protéger non seulement les personnes directement touchées par la maladie, mais aussi la population canadienne.
« Les gens pensent souvent que les virus comme Marburg ou Ebola sont des maladies d’autres continents », dit le Dr Banadyga. « Dans le monde hyperconnecté d’aujourd’hui, la santé publique en Afrique est également la santé publique au Canada. »
Vaccins et traitements
Le LNM mène depuis longtemps des recherches importantes sur le virus Marburg, depuis 2004, lorsque les scientifiques du laboratoire ont développé pour la première fois un vecteur du virus de la stomatite vésiculaire (VSV) pouvant servir de vaccin, appelé VSV-MARV, pour prévenir la maladie du virus Marburg. Le VSV-MARV utilise la même technologie que le vaccin contre le virus Ebola, connu sous le nom de VSV-EBOV, qui a été utilisé avec succès lors de l’éclosion d’Ebola de 2014 en Afrique de l’Ouest.
Depuis 2019, le LNM collabore avec une société appelée Public Health Vaccines, qui a obtenu la licence de la technologie VSV-MARV de l’ASPC, sur un vaccin VSV-MARV qui est actuellement en première phase des essais cliniques. Le LNM continue de mener des études sur ce vaccin candidat afin de mieux comprendre la réponse immunitaire, notamment la durée de la protection offerte par le vaccin après l’immunisation.
En outre, le LNM a contribué au développement d’un vaccin à cellules T qui a démontré une protection complète contre les virus Ebola et Marburg chez la souris. Le LNM continue à travailler avec d’autres scientifiques internationaux pour étudier d’autres plateformes vaccinales, y compris celles qui protègent contre plusieurs fièvres hémorragiques virales.
En ce qui concerne le traitement, le LNM a développé et caractérisé des anticorps monoclonaux contre le virus Marburg, dont certains pourraient être utilisés comme médicaments. En 2019, les scientifiques du LNM ont contribué à la découverte d’un cocktail d’anticorps pan-filovirus qui pourrait protéger les primates non humains contre les virus Marburg, Ebola et Soudan.
Diagnostic
Parallèlement aux vaccins et aux traitements, le LNM travaille à l’amélioration du diagnostic du virus Marburg. Il a mis au point un test de dépistage par réaction en chaîne de la polymérase (test PCR) qui détecte au moins six variantes différentes du virus Marburg à des niveaux exceptionnellement bas et qui permet d’effectuer rapidement un séquençage du génome entier pour compléter le test PCR si nécessaire.
En outre, les scientifiques travaillent sur un test de détection rapide des antigènes utilisant des anticorps, capable de détecter le virus Marburg à partir d’un échantillon liquide. Ces tests de détection rapide peuvent être utilisés sur place et donner des résultats en 15 minutes, ce qui sera très utile en cas d’éclosion.
Un test sanguin capable de détecter une réponse immunitaire au virus Marburg chez différents animaux est également en cours de développement. Ce test servira non seulement à faire avancer les projets de recherche scientifique, mais il pourra également être utilisé pour tester des échantillons humains en cas de besoin.
L’expertise du LNM est essentielle aux efforts et à la préparation en cours au Canada
L’expertise du Laboratoire sur le virus Marburg est essentielle pour les projets de recherche en cours, les efforts de diagnostic et les mesures de préparation à l’échelle mondiale et au Canada. Si un cas suspect de virus Marburg devait se produire au Canada, les échantillons prélevés sur la personne concernée seraient envoyés au LNM pour analyse, car le laboratoire est bien préparé et formé à ce type de scénario. Le Laboratoire travaille également avec les hôpitaux canadiens pour les aider à se préparer à l’éventualité d’un cas suspect.
« Nous avons la chance de mener le type de recherche qui permettra de mettre au point des vaccins et des traitements vitaux, ainsi que des techniques de diagnostic plus rapides », déclare le Dr Banadyga. « Le fait de pouvoir améliorer les conditions de santé publique dans les régions où ces virus sont endémiques profitera indirectement au Canada en empêchant que les éclosions de ces virus ne prennent suffisamment d’ampleur pour exporter des cas dans le monde entier. »