Les vaccins au Canada : l’importance de respecter nos objectifs de vaccination systématique

6 juillet 2023

 

Puisque des éclosions de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la poliomyélite et la diphtérie, font les manchettes partout dans le monde depuis quelques mois, il se pourrait que les gens veuillent savoir pourquoi elles surviennent et s’ils risquent de les contracter. Pour comprendre la situation actuelle, il est important de connaître le fonctionnement de la vaccination en tant que mesure préventive de santé publique.

Aujourd’hui, je vous propose de m’accompagner sur la voie de l’apprentissage au sujet des vaccins et de leur importance. Je suis extrêmement reconnaissante au Canada pour ses solides programmes de vaccination qui existent depuis longtemps et la façon dont ceux-ci contribuent à l’amélioration de la santé, et je vais vous faire part de quelques exemples.

Les vaccins – que nous ont-ils permis de faire?

Les vaccins sauvent de nombreuses vies et améliorent la santé de la population au Canada et dans le monde entier en limitant ou en empêchant la circulation de certaines maladies infectieuses graves. D’après les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, les vaccins permettent de prévenir chaque année de 3,5 à 5 millions de décès attribuables à des maladies comme la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la grippe et la rougeole. De plus, les premières études semblent indiquer que les vaccins contre la COVID-19 ont également permis d’éviter des millions de décès dans le monde. Grâce aux vaccins, la variole a été complètement éradiquée (c’est-à-dire qu’elle a complètement disparu et qu’il n’est plus nécessaire de se faire vacciner contre elle) et bien d’autres maladies ont vu leur taux diminuer de manière significative. Étant donné que les vaccins préviennent certaines maladies et aident à s’en protéger, la vaccination des personnes de tous âges est considérée comme l’un des meilleurs investissements que nous puissions faire pour améliorer la santé de la population et réduire les coûts liés aux soins de santé.

Les vaccins – comment fonctionnent-ils?

Les vaccins agissent de concert avec les défenses naturelles de notre organisme (le système immunitaire) pour nous rendre moins susceptibles aux infections et réduire notre risque de développer une maladie grave. Avec les vaccins, les risques de transmission de l’infection d’une personne à l’autre sont également réduits. La vaccination consiste à exposer notre corps à des éléments fondamentaux de bactéries ou de virus, appelés antigènes, de manière sûre, afin que notre système immunitaire puisse produire une réponse immunitaire contre ces éléments. Par la suite, si nous sommes exposés à la même bactérie ou au même virus, notre système immunitaire sera capable de reconnaître l’antigène et réagira plus rapidement pour nous éviter de contracter la maladie ou de tomber gravement malades si nous la contractons.

Certains vaccins peuvent contribuer à créer une immunité collective (également appelée immunité de groupe). En d’autres termes, plus le nombre de personnes vaccinées contre une maladie est élevé, moins la maladie réussira à se propager au sein d’une collectivité. Ainsi, les personnes qui présentent un risque plus élevé de souffrir de complications graves dues à des maladies évitables par la vaccination sont protégées, par exemple les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées ou pour lesquelles un vaccin donné n’est pas aussi efficace, comme les personnes immunodéprimées.

Maintenant, examinons de plus près certains des vaccins à notre disposition et l’importance de leur rôle au Canada. Outre les vaccins énumérés ci-dessous, il existe des vaccins qui peuvent prévenir d’autres maladies, telles que certains types de pneumonie, la méningite, la varicelle, le zona et l’hépatite B. Il y a également des vaccins contre des virus respiratoires bien précis (tels que la grippe et le SRAS-CoV-2) et des vaccins pour les voyageurs, en fonction du pays dans lequel ils se rendent.

Vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole

La rougeole est une infection grave qui peut provoquer une pneumonie et une inflammation du cerveau, entraînant des lésions cérébrales permanentes, voire la mort. C’est aussi l’une des maladies les plus contagieuses. Un seul cas peut se propager rapidement parmi les personnes qui ne sont pas vaccinées ou qui ont déjà été infectées. Dans un groupe de 100 personnes qui n’ont jamais eu la rougeole, 95 d’entre elles doivent être vaccinées pour empêcher la propagation de la maladie. Voilà pourquoi la couverture vaccinale contre la rougeole au niveau de la population doit rester élevée pour prévenir les éclosions.

Heureusement, le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) protège contre ces trois virus contagieux. Au Canada, les cas de rougeole, d’oreillons et de rubéole ont diminué de 98 % ou plus, résultat direct de l’introduction de ces vaccins dans les années 1960 et de leur inclusion dans les programmes de vaccination systématique.

Toutefois, les organisations sanitaires mondiales lancent un avertissement : les perturbations de la vaccination représentent un risque d’importantes éclosions de rougeole. Le nombre de cas de rougeole dans le monde est en augmentation depuis les deux dernières années, alors que les précautions prises à cause de la pandémie ont permis d’éviter des éclosions de rougeole à grande échelle. Pour empêcher une recrudescence des cas de rougeole, les gouvernements et les organisations du monde entier devront faire un effort concerté pour rattraper les vaccinations en retard.

Conscient des risques liés aux cas importés et au potentiel d’éclosion, le Canada continue de prôner la vaccination systématique des enfants, en vue d’atteindre une couverture vaccinale de 95 % avec au moins une dose de vaccin ROR pour les enfants âgés de 2 ans et 2 doses ou plus pour les enfants âgés de 7 ans d’ici 2025. Les dernières données nationales datant de 2021 montrent que le recours à la vaccination est resté relativement stable au cours de la dernière décennie pour les enfants de 2 ans, autour de 92 % d’entre eux ayant reçu au moins une dose de vaccin ROR en 2021. Il ressort de ces chiffres qu’il faut poursuivre les efforts pour encourager et faciliter la participation des ménages à faible revenu ou à faible niveau de scolarité, ainsi que de ceux qui vivent dans des régions éloignées ou très éloignées. Le taux de couverture par le vaccin ROR avec 2 doses ou plus pour les enfants âgés de 7 ans est passé de 83 % en 2019 à 79 % en 2021, ce qui n’est pas significatif d’un point de vue statistique. Le travail continue dans tout le pays pour atteindre l’objectif de 95 % de couverture.

Poliomyélite

La poliomyélite est une maladie hautement infectieuse qui a touché diverses régions du pays par vagues entre les années 1920 et 1950, dont la pire a été l’année 1953 où elle a causé 500 décès et infecté plus de 9 000 personnes au Canada. S’il est vrai que la plupart des personnes atteintes de poliomyélite ne tombent pas malades ou ne présentent que des symptômes bénins, certaines deviennent paralysées lorsque le virus attaque la moelle épinière, et la vulnérabilité des jeunes enfants de moins de 5 ans est particulièrement grande. Dans les cas les plus graves, la maladie peut endommager les nerfs qui contrôlent les muscles autour des poumons, ce qui, dans le passé, a contraint certaines personnes à recourir à des machines appelées « poumons d’acier » pour survivre. La mise au point des vaccins antipoliomyélitiques, à commencer par le vaccin injectable Salk dans les années 1950 et le vaccin oral Sabin dans les années 1960, a marqué une avancée significative dans la lutte contre la poliomyélite. Grâce à l’utilisation généralisée des vaccins antipoliomyélitiques, le Canada a été certifié exempt de poliomyélite en 1994.

Aujourd’hui, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite est le fer de lance des efforts internationaux visant à éradiquer complètement la poliomyélite dans le monde. Tant que le virus n’aura pas été éliminé au niveau mondial, le risque de contracter la poliomyélite lors d’un voyage dans un pays où le virus circule reste présent. Par conséquent, la vaccination contre la poliomyélite restera inscrite au calendrier de vaccination systématique de tous les enfants au Canada jusqu’à ce que la maladie soit disparue et qu’elle ne constitue plus une menace partout dans le monde. Le Canada met tout en œuvre pour réussir à atteindre une couverture vaccinale de 95 % avec au moins trois doses de vaccin antipoliomyélitique pour les enfants de 2 ans d’ici 2025. En 2021, 92 % des enfants de 2 ans ont reçu au moins trois doses de vaccin antipoliomyélitique, un taux inchangé par rapport à 2019.

Vaccins contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche

Des vaccins combinés sont offerts aux enfants et aux adultes pour les protéger contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche. Les cas de ces trois maladies ont diminué de 95 % ou plus au Canada grâce aux programmes de vaccination systématique.

Depuis 2018, le Comité consultatif national de l’immunisation et la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada recommandent qu’un vaccin contre la coqueluche soit offert à toutes les femmes enceintes au Canada, sans égard aux antécédents de vaccination. Le fait de recevoir un vaccin à composant anticoquelucheux pendant la grossesse permet de protéger les nouveau-nés, qui risquent fortement d’être gravement malades à cause de la coqueluche. Des progrès ont été réalisés pour que les personnes enceintes soient informées de cette recommandation, avec de bons résultats; la couverture vaccinale contre la coqueluche pendant la grossesse est passée de 44 % en 2019 à 65 % en 2021. Cependant, des efforts continus doivent être entrepris pour informer ce groupe de population et l’aider à se faire vacciner pendant la grossesse afin d’offrir aux nouveau-nés la meilleure protection possible contre la coqueluche.

Les vaccins contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche sont recommandés à différents moments de la vie afin de maintenir une forte protection immunitaire contre ces maladies au fil du temps. À ce jour, le seul objectif national de couverture vaccinale que le Canada ait atteint — toutes tranches d’âge confondues — concerne la vaccination contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche. D’après nos données les plus récentes (2021), 93 % des enfants ont reçu au moins une dose de vaccin dcaT (tétanos, diphtérie et coqueluche acellulaire) avant leur 17e anniversaire, ce qui dépasse l’objectif de couverture de 90 %. Il est important que nous poursuivions nos efforts pour atteindre un taux de couverture élevé pour ces vaccins vitaux.

Virus du papillome humain (VPH)

Le VPH est un virus qui se décline en plusieurs types, dont certains peuvent provoquer des verrues sur la peau ou les muqueuses et d’autres peuvent entraîner plusieurs formes de cancer, notamment le cancer du col de l’utérus et les cancers de la bouche et de la gorge (oropharynx), de l’anus, de la vulve, du vagin et du pénis.

Heureusement, des vaccins gratuits contre les types de VPH qui causent le plus souvent le cancer et les verrues génitales sont offerts dans le cadre de programmes scolaires et de programmes de rattrapage pour les enfants et les jeunes dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada. Le vaccin contre le VPH est un élément essentiel du Plan d’action pour l’élimination du cancer du col de l’utérus au Canada, 2020-2030. Ce plan vise à éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2040 grâce à des stratégies telles que la vaccination contre le VPH et le dépistage.

Le Canada s’est fixé pour objectif de voir 90 % des jeunes de 17 ans recevoir le vaccin contre le papillomavirus d’ici à 2025. Selon nos données nationales les plus récentes sur la couverture vaccinale des enfants, le taux de vaccination contre le VPH chez les jeunes de 14 ans a augmenté; il est passé de 80 % en 2019 à 84 % en 2021, sous l’effet d’une augmentation chez les garçons, dont le taux est passé de 73 % à 81 %. Cette augmentation réduit encore l’écart de couverture entre les enfants de sexe masculin et ceux de sexe féminin, dont la couverture vaccinale contre le VPH (86 %) est restée inchangée au cours de la même période.

Et maintenant?

Merci de m’avoir accompagnée sur le chemin du savoir. Nos rigoureux programmes de vaccination ont été essentiels pour limiter l’apparition et la propagation de nombreuses maladies graves évitables par la vaccination au Canada. Le risque d’éclosion reste présent, il est donc essentiel que chacun d’entre nous ait reçu tous les vaccins recommandés afin de continuer à préserver notre santé et celle de nos collectivités.

L’importance d’un taux élevé de vaccination confirme également la nécessité de mettre à la disposition du public des informations exactes, appropriées et actuelles sur les vaccins. C’est en fournissant à la population des informations crédibles provenant de sources dignes de confiance que nous pouvons mettre fin à la diffusion d’informations inexactes ou trompeuses sur les vaccins. Vous trouverez ci-dessous des liens vers un éventail de ressources relatives aux vaccins concernant différentes tranches d’âge. Si vous avez des questions précises sur les vaccins pour vous ou votre famille, n’hésitez pas à vous adresser à un professionnel de la santé ou à votre unité locale de santé publique, qui pourront vous aider à trouver les informations vérifiées dont vous avez besoin pour y répondre.

 

Pour en savoir plus sur la vaccination au Canada :