Notes d’allocution
Mme Mona Nemer
Conseillère scientifique en chef du Canada
Réflexion sur la déclaration de Barcelone : Lien entre la science et la politique
Séance d’ouverture du forum Décennie pour les sciences océaniques
Centre Universitaire Méditerranéen
Nice, France
11 juin 2025
La version prononcée fait foi
Bonjour, chers collègues et invités de marque. C’est un honneur pour moi de m’adresser à vous aujourd’hui au nom du Canada, alors que nous sommes réunis pour discuter des progrès réalisés dans le cadre de la déclaration de Barcelone.
En tant que nation ayant un lien profond avec ses océans – de l’Atlantique au Pacifique en passant par l’Arctique – le Canada comprend que les défis auxquels sont confrontés les environnements marins sont complexes et qu’ils nécessitent des solutions novatrices et fondées sur la science.
La hausse des températures, le déclin de la biodiversité et les pressions exercées sur les communautés côtières exigent des réponses coordonnées au niveau mondial.
La science nous donne les moyens de comprendre ces changements et d’agir.
Elle fournit les données dont nous avons besoin pour surveiller les stocks de poissons, déterminer les points chauds de pollution, cartographier le plancher océanique et protéger les écosystèmes importants.
Des satellites en orbite aux capteurs sur les fonds marins, la science nous aide à voir ce qui se passe – et ce qui est en jeu.
Pour assurer des océans sains, résilients et durables, l’interface entre la science et la politique doit non seulement être fonctionnelle, mais aussi parfaitement adaptée à l’objectif visé.
Les océans n’attendent pas qu’il y ait consensus. Ils changent avec ou sans nos décisions.
Il faut donc mettre en place des structures qui amènent les scientifiques et les décideurs politiques à échanger de façon continue – pas seulement en cas de crise, mais de manière régulière.
Il s’agit d’instaurer une culture de respect mutuel, où l’indépendance scientifique est préservée et où les réalités politiques sont comprises.
Il faut donc investir dans l’observation durable et dans des données ouvertes accessibles au-delà des frontières et des secteurs : si nous ne pouvons pas évaluer les changements océaniques, nous ne pouvons pas les gérer.
Il faut travailler avec les détenteurs de savoirs autochtones et les communautés, qui apportent des générations de connaissances sur les systèmes marins complexes.
C’est là que la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques joue un rôle essentiel, non seulement en générant de nouvelles connaissances, mais aussi en créant un mouvement mondial pour faire en sorte que les connaissances mènent à l’action.
Elle nous offre un langage, des plateformes et un objectif communs.
Le Canada est fier de participer à cet effort, grâce à des programmes qui relient les données à la prise de décisions, soutiennent les initiatives communautaires de conservation et relient l’océanographie aux objectifs mondiaux.
En tant que conseillère scientifique, je pense que notre défi commun n’est pas seulement d’améliorer les résultats scientifiques, mais aussi de créer de meilleures solutions pour que la science oriente les décisions urgentes, inclusives et durables.
Traduire la science océanique en politique n’est pas une question technique, c’est plutôt l’occasion de faire preuve de leadership.
Assurons-nous que les connaissances scientifiques dont nous disposons – et celle que nous continuons à acquérir – conduisent à des actions dignes de l’océan dont nous dépendons. Merci.