30 mai 2024
Les scientifiques du Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) encouragent les étudiants à s’impliquer dans un nouveau projet de science citoyenne de surveillance du moustique tigre (Aedes albopictus), une espèce envahissante détectée pour la première fois dans la région de Windsor/Essex, en Ontario, en 2016. Ces moustiques peuvent propager des maladies infectieuses qui présentent des risques pour la santé des personnes.
La Dre Victoria Ng, scientifique principale, la Dre Antoinette Ludwig, chercheuse, et le Dr Kevin Siebels, chercheur, dirigent l’étude de science citoyenne sur le moustique tigre.
L’étude est menée en collaboration avec Let’s Talk Science de l’Université de Windsor et le Bureau de santé publique de Windsor-comté d’Essex. De mai à septembre 2024, les étudiants participants recueilleront des données permettant de déceler la présence du moustique tigre dans les zones où des pièges à moustiques n’ont pas été installés. Les données recueillies viendront compléter la surveillance traditionnelle des moustiques dans la région et aideront les scientifiques à surveiller plus précisément la répartition du moustique tigre dans la région.
Pourquoi les scientifiques veulent-ils surveiller le moustique tigre ?
Le moustique tigre, originaire d’Asie du Sud-Est, s’est répandu dans le monde entier en raison des échanges commerciaux et des voyages. Il est considéré comme l’une des espèces les plus envahissantes au monde. Cette espèce est capable de transmettre le virus du Nil occidental, le virus du chikungunya, le virus de la dengue et de nombreux autres virus, ce qui constitue une menace considérable pour la santé publique. Le moustique tigre étant bien adapté aux climats plus frais, il est préoccupant pour le Canada, notamment parce qu’il est désormais établi dans la région de Windsor-Essex, en Ontario, où une surveillance de routine renforcée a régulièrement signalé la présence de cette espèce entre 2018 et 2023. Des épidémies localisées de virus du chikungunya et de la dengue ont récemment éclaté en Europe et aux États-Unis, dans des zones où des populations de moustiques tigres se sont récemment établies, alors que ces virus n’avaient jamais été observés auparavant. Ces événements soulignent l’importance de la surveillance de cette espèce envahissante au Canada, où aucun cas local de chikungunya ou de dengue n’a été enregistré.
Comment fonctionne l’étude ?
L’étude consiste à collecter des images numériques et des échantillons physiques de moustiques pour l’ASPC.
L’étude s’adresse aux enfants d’âge scolaire, en particulier aux élèves de 6e et 7e année, ainsi qu’à leurs enseignants. Les scientifiques en chef du Laboratoire national de microbiologie et les volontaires du projet offriront des cours dans les écoles en mai et juin 2024. Ces séances enseigneront aux élèves comment identifier et collecter les moustiques d’intérêt et comment préserver les moustiques pour la collecte. Les instructeurs fourniront également aux élèves des informations sur la sécurité, notamment sur la façon dont ils peuvent se protéger des piqûres de moustiques et s’assurer qu’un adulte est toujours avec eux pendant qu’ils collectent des échantillons. En outre, les scientifiques et les bénévoles interviendront dans des camps d’été en juillet et en août pour les 10 ans et plus, mais le programme peut être adapté à des groupes d’âge plus jeunes sur demande. Le projet est également ouvert à toute autre personne souhaitant y participer, mais la zone d’étude est limitée à la région de Windsor/Essex, en Ontario. Des mises à jour régulières et les résultats de l’étude seront publiés sur le site web du projet tout au long de la période d’étude.
Sensibiliser grâce à la science citoyenne
Les scientifiques espèrent qu’en plus d’intéresser les élèves à participer à la science citoyenne et à aider à la collecte de données, le projet contribuera également à sensibiliser aux risques des maladies transmises par les moustiques et aux méthodes de prévention. Selon la Dre Ng, l’éducation précoce des enfants à ce sujet peut faire partie d’une campagne de santé publique efficace.
« Faire participer les enfants est un excellent moyen de rejoindre les familles », déclare la Dre Ng. « J’ai deux enfants et nous avons des conversations très intéressantes à table sur ce qu’ils apprennent à l’école. Ce projet, en plus d’être une activité amusante pour les écoles, nous aidera à faire passer notre message à un public cible très important ».
La science citoyenne s’est également avérée efficace pour aider les scientifiques à mieux surveiller les moustiques (et d’autres insectes) en Europe, en Australie et aux États-Unis. Dans un pays de la taille du Canada, la participation d’un plus grand nombre de personnes à la surveillance aide les scientifiques à recueillir des données importantes.
Comment les données seront-elles utilisées ?
Les échantillons de moustiques collectés serviront à générer une base de données d’images qui sera utilisée pour développer des modèles d’intelligence artificielle afin d’identifier et de surveiller cette espèce envahissante dans le sud de l’Ontario. En outre, les données de l’étude seront utilisées pour modéliser et prévoir la distribution future du moustique tigre dans la région dans le cadre d’un changement du climat au Canada. Les modèles et les prévisions peuvent aider à prédire le risque de ces moustiques au Canada tout en permettant la production de cartes de risque. En collaboration avec les responsables locaux de la santé publique, les informations recueillies seront utilisées pour avertir le public des risques posés par ces moustiques et des mesures à prendre pour se protéger.
Je suis intéressé(e)! Comment puis-je m’inscrire?
Pour organiser une présentation en classe et une séance de formation dans la région de Windsor/Essex, veuillez contacter : timo-cs@phac-aspc.gc.ca pour faire part de votre intérêt.
De plus amples informations sur le projet sont disponibles à l’adresse suivante : Parlons « moustiques » avec l’étude TIMO-CS - Parlons sciences


