16 septembre 2024
Les produits chimiques sont omniprésents dans : l’air, le sol, l’eau, les produits et les aliments. Ils peuvent pénétrer dans notre corps par la peau tout comme lorsque nous mangeons et respirons. Chaque jour, nous sommes exposés à une multitude de produits chimiques, qu’ils soient fabriqués par l’homme ou présents naturellement dans l’environnement. Dans la plupart des cas, ces produits chimiques ne présentent aucun risque pour notre santé, mais les scientifiques s’efforcent de déterminer s’il faut surveiller davantage certains produits chimiques en particulier et les risques qui leur sont associés. C’est là qu’entre en jeu la biosurveillance humaine!
Dans les laboratoires de Santé Canada, le travail du Dr Cariton Kubwabo et de son équipe est essentiel pour comprendre les produits chimiques auxquels nous sommes exposés et déterminer s’ils peuvent avoir un effet négatif sur notre santé et sur l’environnement.
La Dre Shabana Siddique fait partie de l’équipe qui examine les contaminants environnementaux à Santé Canada.
« Notre laboratoire se spécialise dans l’analyse des contaminants chimiques qui présentent un risque pour les Canadiens en raison de leur présence dans l’environnement et de leur toxicité », explique Shabana Siddique, une scientifique qui travaille dans le laboratoire du Dr Kubwabo.
L’équipe du Dr Kubwabo réalise des analyses tant sur des éléments tels que la poussière, l’eau et l’air pour obtenir des mesures de concentrations de divers produits chimiques dans l’environnement, que sur des échantillons tels que le sang, l’urine, les tissus placentaires et le lait humain pour obtenir des mesures de la concentration de certains produits chimiques dans le corps humain et déterminer ce qu’il en advient. Ces échantillons sont recueillis de façon volontaire dans le cadre d’enquêtes à grande échelle telles que l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, lesquelles permettent de recueillir un large éventail de renseignements sur la santé, d’échantillons biologiques et de données environnementales auprès de participants dans tout le pays. Dans de nombreux cas, ces renseignements permettent de comprendre comment les gens sont exposés à diverses substances chimiques. « Nous consacrons beaucoup de temps à rechercher la bonne méthode de travail et à confirmer qu’elle nous permettra d’obtenir les résultats nécessaires pour prendre des décisions éclairées », explique Shabana.
« Nous disposons d’instruments d’analyse à la fine pointe de la technologie pour faire notre travail », ajoute le Dr Kubawabo au sujet de l’équipement utilisé pour identifier et quantifier les substances chimiques organiques présentes à l’état de traces dans les échantillons environnementaux et biologiques.
Du laboratoire au monde réel
L’équipe ne manque pas de travail intéressant!
Il y a plusieurs années, lorsque le vapotage a fait son entrée au Canada, c’est au laboratoire du Dr Kubwabo qu’ont été effectuées certaines des premières analyses chimiques sur les liquides de vapotage. L’équipe a identifié environ 1 500 produits chimiques dans les liquides de vapotage disponibles sur le marché canadien.
Le laboratoire a également collaboré à l’examen visant à déterminer si le bisphénol A (BPA) contenu dans le plastique utilisé pour fabriquer les biberons et les tasses à bec était libéré dans les liquides que boivent les enfants. Ces travaux ont permis d’établir une réglementation interdisant l’utilisation du BPA dans les biberons. Depuis ce temps, l’exposition des nourrissons au BPA a diminué de 96 %!
Aujourd’hui, l’équipe étudie l’exposition aux contaminants environnementaux dans le but de mieux évaluer les risques de cancer du sein chez les femmes en préménopause. Les échantillons prélevés sont analysés en vue d’y détecter la présence de divers contaminants et ainsi déterminer si l’exposition à ceux-ci peut augmenter le risque de cancer du sein.
« Je suis très fière de faire partie de ce groupe, surtout quand je vois que nous donnons le ton et que nos travaux sont utilisés dans le monde entier pour éclairer l’évaluation des risques posés par diverses substances », déclare Shabana. Le Dr Kubwabo conclut : « Lorsque nous voyons comment nos données sont utilisées au niveau national et international, nous en sommes heureux! »