Vers l’élaboration d’indicateurs pertinents pour les Autochtones en appui à la mise en œuvre des plans de conservation de la biodiversité

Vers l’élaboration d’indicateurs pertinents pour les Autochtones en appui à la  mise en œuvre des plans de conservation de la biodiversité

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Organisation: Bureau de la Conseillère scientifique en chef

Publiée : 2025

Table des matières


Résumé

L’utilisation des connaissances autochtones dans le cadre de la conservation de la biodiversité est de plus en plus reconnue comme un aspect important de la gestion efficace de l’environnement. Les communautés autochtones possèdent des connaissances écologiques approfondies, et la mise en œuvre de stratégies de conservation fondées sur ces connaissances peut améliorer la surveillance de la biodiversité et l’élaboration des politiques. L’occasion de prioriser la surveillance et la gouvernance dirigées par les Autochtones, en combinant les systèmes de connaissances autochtones (SCA) avec les approches scientifiques conventionnelles, est offerte par la Stratégie pour la nature 2030 du CanadaNote de bas de page 1 et le cadre national de surveillance de la biodiversité qui l’accompagne. Ces deux instruments ont été élaborés selon le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal (CMB)Note de bas de page 2.

Pour appuyer le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, le Bureau de la conseillère scientifique en chef (BCSC) a organisé une table ronde de 23 experts du milieu universitaire, d’institutions publiques et de communautés autochtones. Les discussions ont porté sur l’élaboration d’un cadre autochtone de surveillance de la biodiversité, dont les indicateurs refléteraient les valeurs autochtones. Ces efforts s’inscrivent dans l’engagement du Canada à mobiliser plusieurs systèmes de connaissances dans la planification, la prise de décision et l’élaboration de politiques en matière de conservation de la biodiversité.

Les participants à la table ronde ont mis en évidence des valeurs clés qui sous-tendent la surveillance autochtone de la biodiversité, notamment l’importance des perspectives fondées sur les droits, de l’identité culturelle, de la gestion adaptative et de la relationnalité. Ils ont souligné que les cadres de conservation existants tiennent rarement compte de ces valeurs. Il est donc nécessaire d’adopter des approches localisées et fondées sur les distinctionsNote de bas de page 3. Les indicateurs autochtones de la biodiversité, souvent qualitatifs, transmis oralement et étroitement liés à l’expérience vécue, nécessitent une adaptation allant au-delà de l’inclusion conventionnelle de seules mesures quantitatives, qui est la pratique courante.

À l’appui de la stratégie canadienne pour la biodiversité, le rapport présente les quatre recommandations suivantes :

  • 1. Mettre sur pied un groupe de travail technique national, dont l’objectif serait de sélectionner des indicateurs clés ou complémentaires qui reflètent les valeurs que les peuples autochtones accordent à la biodiversité.
  • 2. Concevoir un cadre d’évaluation et de surveillance de la biodiversité des peuples autochtones (CESBPA) au sein du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada.
  • 3. Élaborer, conjointement avec le groupe de travail technique national, un plan d’action pour la mise en œuvre du CESBPA entre les ministères et organismes à vocation scientifique.
  • 4. Adopter une approche pangouvernementale en matière de ressourcement et de renforcement des capacités autochtones au sein de la fonction publique fédérale et des nations autochtones pour soutenir le CESBPA.

Ces mesures permettront de faire en sorte que les savoirs autochtones éclairent les politiques nationales de conservation, favorisant ainsi une approche de la gestion de la biodiversité plus inclusive et plus efficace.

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Cadre de réflexion

L’élaboration d’indicateurs environnementaux et de biodiversité significatifs pour les communautés autochtones est de plus en plus reconnue comme un élément essentiel pour assurer l’efficacité de la conservation et de la gestion de l’environnement. Les peuples autochtones ont développé des systèmes de connaissances complexes au fil des générations grâce à leur interaction avec le territoire et les eaux, lesquels sont essentiels à la compréhension et au maintien de la biodiversité.

La mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (CMB) par l’entremise de la Stratégie pour la nature 2030 du Canada et de son Cadre de surveillance de la biodiversité constitue une occasion importante de placer les savoirs autochtones sur la biodiversité au cœur du renforcement des efforts de surveillance du Canada, notamment par une meilleure coordination régionale et la priorisation des systèmes de gouvernance locaux. La stratégie nationale souligne l’importance de rapprocher divers systèmes de connaissances, y compris les meilleures connaissances scientifiques disponibles, pour réaliser les engagements du Canada dans le cadre du CMB.

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Contexte

En appui au ministre de l’Environnement et du Changement climatique, la conseillère scientifique en chef a entrepris d’organiser plusieurs tables rondes d’experts nationaux et internationaux pour relever les défis liés à l’acquisition, à l’utilisation et à la communication de données et de renseignements scientifiques pour favoriser la mise en œuvre du CMB.

Dans ce contexte, le Bureau de la conseillère scientifique en chef (BCSC) a convoqué une table ronde d’experts pour discuter de l’élaboration d’un cadre autochtone de surveillance de la biodiversité, doté d’indicateurs de biodiversité qui représentent adéquatement l’ensemble des valeurs et des concepts autochtones en matière de biodiversité. Le savoir autochtoneNote de bas de page 4, qui varie d’un endroit à un autre et est lié aux expériences vécues au contact de la biodiversité locale, offre de l’information très pertinente sur la gestion et la conservation des écosystèmes, qui reflète les priorités locales des communautés autochtones. Les cibles 14 et 21 du CMB soulignent l’importance de disposer de données accessibles et utiles pour éclairer la prise de décision, ainsi que d’intégrer les multiples valeurs de la biodiversité dans les mécanismes de gouvernance de l’ensemble des secteurs. L’engagement du Canada à mettre en place un réseau national de surveillance de la biodiversité donnera aux intervenants et aux titulaires de droits l’occasion de déterminer l’avenir de la gouvernance et de l’utilisation des données dans le domaine de la conservation.

Au total, 23 experts nord-américains ont participé à la table ronde, provenant à la fois du milieu universitaire, de la fonction publique et de communautés autochtones. La table était coprésidée par Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada, et Kyle Bobiwash, chercheur en résidence au BCSC, et réunissait des chercheurs autochtones, des spécialistes de la biodiversité ainsi que des experts de divers institutions publiques et ministères et organismes fédéraux à vocation scientifique (la liste complète des participants figure à l’annexe A).

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Enjeu et objectifs

Le CMB présente de nombreuses cibles, notamment les cibles 14 et 21, qui visent à reconnaître le savoir autochtone et les droits autochtones comme des éléments essentiels à la réussite d’une stratégie de conservation canadienne. Pour réaliser des progrès vers l’atteinte de cet objectif, il faut déterminer les différentes valeurs que les peuples autochtones accordent à la biodiversité dans les systèmes de connaissances autochtones (SCA) et définir les indicateurs qui permettront d’évaluer les initiatives et les politiques mises en place pour préserver ces valeurs.

Enjeu : Pour atteindre les cibles 14 et 21 du CMB, le Canada doit comprendre la taille et la structure du réseau socioécologique fondé sur les SCA afin de mettre au point des stratégies de mobilisation et des outils de surveillance de la biodiversité. Ceux-ci permettront aux stratégies de gestion de la conservation de refléter et de mesurer adéquatement les aspects de la biodiversité qui représentent l’ensemble des valeurs que les communautés autochtones du Canada accordent à la biodiversité.

Objectif : La table ronde a été organisée pour solliciter les conseils d’experts sur la conception d’un cadre favorisant l’élaboration de mécanismes d’évaluation et de conservation de la biodiversité qui reflètent l’ensemble des valeurs autochtones en matière de biodiversité et qui sont dotés d’indicateurs permettant d’évaluer les pratiques de conservation. Les participants ont été invités à répondre à trois questions :

  • 1. Quelles sont les valeurs socioculturelles et les caractéristiques biophysiques de la biodiversité ou des écosystèmes qui sont importantes pour les communautés autochtones et les SCA?
  • 2. Les communautés autochtones utilisent-elles des indicateurs liés à des valeurs ou à des concepts autochtones clés en matière de biodiversité?
  • 3. Y a-t-il des indicateurs de biodiversité définis à l’aide de connaissances ne provenant pas des SCA, mais tout de même orientés par les valeurs de biodiversité ou les concepts du bien être des écosystèmes des peuples autochtones ou encore liés à ceux-ci d’une quelconque façon? Dans l’affirmative, quels sont les indicateurs et à quelles valeurs sont-ils liés?

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Résumé des délibérations

1. Quelles sont les valeurs socioculturelles et les caractéristiques biophysiques de la biodiversité ou des écosystèmes qui sont importantes pour les communautés autochtones et les SCA?

Les participants ont cerné diverses valeurs générales et caractéristiques précises en matière de biodiversité qui ne sont pas représentées efficacement dans les pratiques courantes de gestion de la conservation ou que les pratiques ne mesurent pas pour l’instant. De même, il est essentiel de déterminer les indicateurs qui reflètent les priorités et les modes de connaissance autochtones plus généraux ou d’en créer de nouveaux pour assurer leur pertinence. Afin de définir les indicateurs pertinents pour les Autochtones, il faudra établir les caractéristiques des espèces, des populations et des écosystèmes qui reflètent le mieux les valeurs que les nations autochtones considèrent comme des éléments essentiels pour prendre en compte la santé et la résilience des écosystèmes. Bon nombre des valeurs mettent en évidence le rôle et les interactions des humains ou de la société avec les systèmes naturels. Voici quelques exemples de ces valeurs :

  • Perspectives fondées sur les droits : La biodiversité et l’intégrité des écosystèmes sont étroitement liées à la capacité des peuples autochtones à s’acquitter de leurs responsabilités quant au maintien de la santé des écosystèmes. Le réseau socioécologique ou les réseaux de parenté dont font partie les peuples autochtones représentent un système de gouvernance qui permet de créer des lois ou des règles pouvant dicter les pratiques de gestion et attribuer des responsabilités. Des indicateurs fondés sur les droits permettraient d’évaluer dans quelle mesure les droits des Autochtones sont soutenus ou restreints au fil du temps, une fois que les communautés auront déterminé l’ampleur de la relation entre certains éléments de la biodiversité et leurs droits.
  • Identités culturelles des Autochtones : Les écosystèmes, qui comprennent des espèces, des paysages et des processus écologiques précis, font partie intégrante des pratiques culturelles, des SCA et des croyances spirituelles des communautés autochtones. Le concept d’intendance des terres désigne bien plus que la gestion de l’environnement biophysique. Il englobe aussi le maintien de l’identité autochtone et la coexistence éthique des personnes et de l’environnement qui les entoure.
  • Gestion adaptative et flexibilité : La mesure des caractéristiques liées à la biodiversité qui reflètent les valeurs de biodiversité des Autochtones doit être adaptée en fonction des contextes uniques, des conditions économiques, environnementales et sociales changeantes ainsi que des besoins des communautés. Cette flexibilité facilite l’intégration continue de nouvelles connaissances pour améliorer et modifier les pratiques de gestion en vue d’optimiser le maintien des interprétations actuelles de la santé ou du bien-être de tous les intervenants d’un réseau de parenté.
  • Relationnalité : Bien des communautés autochtones, voire la plupart, considèrent que la relationnalité est une valeur fondamentale qui définit de manière générale la portée et la multiplicité des relations autochtones pour un SCA distinct. La relationnalité représente la diversité et l’influence des interactions entre les éléments (et les interactions en soi) au sein d’un réseau. Pour analyser les relations culturelles, économiques, éthiques, physiques, sociales et spirituelles entre les éléments de la biodiversité et des écosystèmes, il faudra comprendre la structure unique des réseaux. Bon nombre des valeurs fondamentales d’interactions ou d’éléments précis au sein d’un réseau écologique font partie des langues autochtones et des SCA. Au moyen de cérémonies, de pratiques culturelles et d’histoires, la portée de la relationnalité d’une communauté autochtone est transmise et modifiée d’une génération à une autre et définit des normes liées à l’entretien d’une relation, qu’elle existe déjà ou non. L’élaboration d’indicateurs reflétant la prévalence, l’étendue ou la résilience de divers aspects de la relationnalité peut dicter les comportements et la recherche appropriés liés à des interactions ou à des éléments précis dans le réseau socioécologique.

Les valeurs et caractéristiques importantes de la biodiversité et des écosystèmes sont présentés dans le tableau 1. Les participants ont fourni des renseignements supplémentaires pour assurer l’exactitude des descriptions des valeurs :

  • 1. Les pratiques ancrées sur le territoire sont essentielles pour comprendre les valeurs liées à la biodiversité et être en mesure de les traduire en concepts pouvant être mis en œuvre.
  • 2. Les valeurs de biodiversité des Autochtones sont le sous produit des connaissances transmises d’une génération à une autre et modifiées au fil du temps pour refléter les solutions aux défis environnementaux liés à la présence humaine.
  • 3. Les approches fondées sur les distinctions sont nécessaires pour tenir compte des différences de valeurs à l’échelle locale, et il est possible qu’on ne puisse pas les appliquer à toutes les communautés.

Tableau 1 : Valeurs ou attributs autochtones de la biodiversité qui nécessitent des considérations particulières dans l’élaboration d’indicateurs

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Valeurs pertinentes pour les Autochtones Considérations relatives aux indicateurs
Intégrité du réseau de parenté et valeurs liées à la santé ou à la qualité du réseau

En plus des relations humaines, les réseaux de parenté dans les communautés autochtones comprennent bien souvent des relations avec des animaux, des plantes, des rivières, des montagnes, des entités spirituelles ainsi que des concepts non-biophysiques. Comme les relations entre les éléments d’un réseau donné sont rarement directes et physiques, il faut comprendre l’identité et le rôle de chaque élément dans le réseau.

Il est difficile d’appliquer la connectivité entre les éléments des réseaux à tous les intervenants des communautés autochtones, puisque ceux-ci ont des responsabilités distinctes et que les configurations des réseaux sont transmises grâce à des échanges de connaissances d’une génération à une autre au sein des communautés. De nombreux indicateurs utilisés dans la théorie contemporaine des réseaux faciliteraient la compréhension de l’état des réseaux.

Intendance, réciprocité, respect et responsabilité

L’intendance et la gestion des écosystèmes ainsi que l’interaction avec ceux-ci sont l’une des façons dont les communautés autochtones démontrent et améliorent leur capacité à prendre des décisions éthiques en matière de protection de l’environnement.

Les valeurs liées à la capacité de mettre en œuvre un système éthique pour gérer la biodiversité permettent d’évaluer la capacité actuelle à établir des relations réciproques entre les humains et le monde naturel.

Les indicateurs liés à la capacité d’agir quant à la gestion de la biodiversité permettent également d’examiner régulièrement les cadres éthiques actuels (gouvernance conjointe, protocoles en matière d’éthique de la recherche, engagement et entente de partenariat, etc.) afin de vérifier qu’ils suffisent pour que les intervenants d’un réseau puissent s’acquitter de leurs responsabilités à l’égard des autres. L’intendance est à la fois une pratique active et un concept qui permet de générer des connaissances ou des renseignements pouvant combler les lacunes dans les SCA et l’intendance actuels pour améliorer la gestion et la compréhension des relations et ainsi répondre aux normes actuelles et futures (p. ex. principe des sept générationsNote de bas de page 5).

Les indicateurs doivent tenir compte de la capacité actuelle à répondre aux attentes en matière d’intendance définies par les SCA, de la capacité des réseaux et des éléments qui s’y trouvent à interagir, ainsi que des mesures du respect et des responsabilités quant à l’environnement.

Intégrité des systèmes de connaissances

L’intégrité d’un réseau relationnel ou de parenté peut être touchée par des influences à plus grande échelle qui sont difficiles à intégrer dans les SCA. Par exemple, les influences géopolitiques et les influences économiques et environnementales mondiales peuvent avoir une incidence sur la capacité à intervenir ou à adopter des pratiques traditionnelles à l’échelle locale pour obtenir les résultats escomptés en matière de caractéristiques de la biodiversité. De même, les connaissances provenant des SCA intégrées dans les systèmes conventionnels de politique scientifique pourraient devenir inexactes ou inefficaces si on n’a pas accès au contexte local ou à d’autres éléments importants figurant dans les SCA nécessaires pour tirer parti de ces connaissances.

Les indicateurs de biodiversité dérivés des SCA doivent faire en sorte que l’épistémologie, les pratiques et la compréhension culturelles complémentaires accompagnent les renseignements transmis sur la biodiversité. Les indicateurs portant sur l’intégrité même des SCA nécessitent une compréhension locale de l’intégrité des connaissances sur la biodiversité qui y sont intégrés.

2. Les communautés autochtones utilisent-elles des indicateurs liés à des valeurs ou à des concepts autochtones clés en matière de biodiversité?

Il peut être ardu d’élaborer des indicateurs liés à la biodiversité qui tiennent compte des communautés autochtones, notamment parce que les SCA et les approches scientifiques traditionnelles reposent sur des visions du monde distinctes. Les différences peuvent faire en sorte qu’il soit difficile d’élaborer des indicateurs qui respectent et reflètent un grand nombre de systèmes de connaissances et de valeurs. Alors que les approches traditionnelles tendent à privilégier les mesures quantitatives pour assurer l’uniformité et la répétabilité autant que possible, les indicateurs autochtones peuvent comprendre des mesures qualitatives comme la santé des espèces importantes sur le plan culturel, le moment où se produisent les événements naturels et l’importance culturelle ou spirituelle de paysages particuliersNote de bas de page 6, Note de bas de page 7. Les initiatives de conservation les plus efficaces accordent de plus en plus d’importance à l’équité dans la gestion de la gouvernance socioécologique et de la biodiversité. L’inclusion d’un large éventail d’experts et la prise en compte de l’équité dans la gouvernance renforcent les approches conventionnelles de surveillance et de gestion de la biodiversité, en optimisant la réactivité face aux tendances en matière de biodiversité ou aux pressions sociologiques changeantes. De plus, les cadres qui reconnaissent cette interconnexion permettent également, en théorie, de s’assurer que les pratiques de gestion adaptative puissent répondre aux objectifs ou aux priorités à différentes échelles, tant spatiales que temporelles, dans un système de gouvernance diversifié et multipartiteNote de bas de page 8. Bien que ces pratiques aient déjà été déployées dans divers systèmes de gestion de la conservation, elles ne tiennent pas tout à fait compte des réseaux sociaux relationnels uniques des communautés autochtones. Les efforts futurs devront inclure la cartographie des configurations de réseaux, la définition des types de liens (p. ex. récits versus récolte), l’identification des nœuds ou des acteurs, ainsi que des valeurs particulières associées à ces éléments au sein du réseau. Grâce à l’engagement et au leadership local, les cadres généraux peuvent être davantage affinés en repérant des valeurs particulières qui reflètent les façons locales de comprendre l’environnement et qui nécessitent des indicateurs adaptés au contexte local.

Les participants ont indiqué que la nécessité de normaliser ou de généraliser se traduit souvent par des indicateurs qui ne représentent pas adéquatement la valeur précise encouragée ou soutenue ou qui ne s’y rattachent pas. Comme les SCA sont diversifiés et varient d’un endroit à un autre, il est difficile d’appliquer les valeurs ou les indicateurs à des endroits ou à des systèmes de connaissances autres que ceux pour lesquels ils ont été créés. Par exemple, un indicateur de biodiversité censé représenter le principe de respect de la faune sauvage d’une nation autochtone peut s’appliquer à différentes échelles (personnes, espèces, communautés écologiques), et la meilleure façon de le mesurer peut varier (qualité d’une espèce ou quantité d’espèces). Dans le cas d’indicateurs de biodiversité qui varient d’un endroit à un autre et qui sont liés à des valeurs, il est donc essentiel de déterminer s’ils représentent des relations locales ou générales entre la biodiversité et les valeurs de biodiversité des Autochtones. C’est ainsi qu’on peut intégrer des principes généraux dans les stratégies nationales. Les principes visant des communautés en particulier seraient surtout appliqués lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des plans de gestion régionaux. Pour savoir si les indicateurs peuvent être appliqués à des communautés distinctes, il faut évaluer le lien entre les valeurs autochtones et les indicateurs dans les régions et les communautés. Il est donc essentiel de consulter diverses communautés autochtones pour favoriser la mise au point d’un système canadien de surveillance de la biodiversité qui répond aux besoins des communautés autochtones.

Le tableau 2 présente les indicateurs pertinents pour les Autochtones, les valeurs qu’ils représentent et les considérations nécessaires pour établir des liens avec les changements relatifs à la biodiversité. Comme il est souvent difficile d’isoler les indicateurs des autres pressions qui influent sur les mesures, une compréhension locale de la pertinence de certains indicateurs est nécessaire. Les participants ont également souligné des priorités et des besoins fondamentaux précis qui doivent être pris en considération lors de l’élaboration d’un indicateur.

  • Il peut être difficile de définir ou délimiter les approches locales ou fondées sur les distinctions, car elles peuvent se déployer à diverses échelles, selon les régions, les frontières ou les types d’écosystèmes, en fonction des perspectives autochtones en matière de connectivité.
  • Étant donné que le système actuel de prise de décisions et d’élaboration de politiques n’est pas nécessairement adapté aux indicateurs pertinents pour les Autochtones, il faudrait adopter des méthodes uniques d’intégration des sciences dans les politiques ou des processus parallèles d’évaluation de la biodiversité.
  • Les indicateurs de biodiversité pertinents pour les Autochtones peuvent contredire les paramètres actuellement utilisés (p. ex. les espèces envahissantes ayant une niche écologique sont considérées comme positives pour le réseau relationnel).
  • Bien que les indicateurs de biodiversité actuellement utilisés soient probablement très utiles pour les communautés, ils n’aident pas nécessairement les Autochtones à prendre des décisions et ne facilitent pas la collaboration entre les organisations fédérales et provinciales.
  • Il est important de soutenir la capacité (compétences et ressources) des communautés autochtones à utiliser les indicateurs établis et à prendre des mesures pertinentes à l’échelle locale pour favoriser l’autodétermination dans les sciences de la conservation et les priorités des communautés.
  • Les indicateurs quantitatifs et qualitatifs doivent être liés à des résultats précis qui sont jugés hautement prioritaires pour les communautés autochtones.
  • Les indicateurs doivent tenir compte de la qualité de vie des humains, de la biodiversité et des écosystèmes et porter sur la santé, le bien être social et d’autres attributs propres au contexte.

Tableau 2 : Catégories potentielles d’indicateurs et considérations relatives à la conception des indicateurs

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Catégorie Exemples d’indicateurs Caractéristiques des indicateurs et exemples Échelle
Culturel Prévalence de l’utilisation des langues autochtones pour analyser la biodiversité, la récolte ou les activités de gestion des terres

Les langues autochtones contiennent des renseignements sur l’écologie et décrivent les types de relations entre les espèces et les éléments qui interagissent au sein de l’écosystème.

Les indicateurs d’utilisation de la langue (p. ex. pourcentage de locuteurs, nombre de termes connus sur l’écologie, nombre d’espèces dont le nom est en langues autochtones) peuvent représenter la compétence quant à la connaissance autochtone de l’écosystème local.

Les indicateurs axés sur la langue sont probablement plus pertinents et plus utiles dans une région plus petite, où le contexte local déterminera le lien entre le maintien de la langue et la biodiversité.

À l’échelle des communautés, des nations ou de la gouvernance autochtone régionale
Fréquence des pratiques traditionnelles liées au territoire, des activités de récolte et de la tenue de cérémonies (fréquence, qualité, etc.)

La capacité des terres ou des espèces à favoriser l’adoption de pratiques traditionnelles permet de mesurer la prestation conventionnelle de services écosystémiques ainsi que d’analyser de manière plus nuancée la capacité des écosystèmes à soutenir les SCA eux-mêmes.

La biodiversité est un élément d’approvisionnement pour les pratiques culturelles, et son rôle est bien connu, mais varie entre les régions et au sein d’une même région. Les indicateurs concernant la prévalence des pratiques culturelles traditionnelles liées à la biodiversité ne sont pas toujours des valeurs pour le suivi en temps réel de la santé de la biodiversité, mais représentent une valeur liée à la perte de biodiversité.

À l’échelle régionale
Accès à la biodiversité et aux écosystèmes et utilisation de ceux-ci

La capacité d’accéder à la biodiversité est étroitement liée à la capacité des communautés autochtones et à la gestion des terres. L’accès est un élément clé de la relation entre les humains et la faune sauvage.

Il faut déterminer l’accès potentiel et réel à la faune sauvage, car ils représentent des valeurs autochtones distinctes liées à la santé des écosystèmes et de la biodiversité ou à la capacité d’utiliser la biodiversité dans le cadre de pratiques traditionnelles.

La création d’indicateurs distincts permettant de déterminer la capacité, ou la limite d’accès, et d’indicateurs liés à des caractéristiques d’utilisation précises (p. ex. qualité de la récolte) peut contribuer à améliorer les systèmes de gouvernance de la biodiversité.

De l’échelle locale à régionale
Socioéconomique Connaissance de la biodiversité et des rôles socioécologiques

L’histoire naturelle dérivée des modes de connaissance autochtones peut contenir des renseignements qui vont au delà de la compréhension biologique des systèmes. Les normes et les enseignements culturels, l’histoire locale ainsi que les systèmes de gouvernance et les lois autochtones sont des exemples de renseignements transmis ou encore dérivés de concepts liés aux réseaux écologiques autochtones.

Ces indicateurs possibles peuvent être utilisés pour déterminer la prévalence et la force des liens entre l’état actuel de la biodiversité et la façon dont ils permettent de structurer les systèmes des communautés tout en améliorant la compréhension de l’état des systèmes socioécologiques.

De l’échelle locale à nationale
Qualité de vie (comportement, santé, économie)

L’état de la biodiversité est directement lié au bien-être des humains et des différentes composantes de la biodiversité et à leur capacité à vivre une bonne vie selon les normes établies par les systèmes de connaissances autochtones. Dans de nombreux cas, il s’agit d’un aspect de la liberté ou de l’autodétermination de l’espèce ou de l’écosystème.

Les liens entre le bien-être et la santé environnementale sont de plus en plus reconnus par les modèles « Une seule santéNote de bas de page 9 » et « Un seul bien êtreNote de bas de page 10 », qui reconnaissent la capacité d’un système environnemental à répondre aux divers besoins biologiques et socioéconomiques des populations.

La qualité de vie en tant que valeur de la biodiversité des Autochtones fournit des données exploitables qui peuvent orienter des mesures d’intervention permettant d’améliorer la santé environnementale et de soutenir la santé économique, environnementale, mentale et physique d’une région.

À l’échelle régionale

3. Y a-t-il des indicateurs de biodiversité définis à l’aide de connaissances ne provenant pas des SCA, mais tout de même orientés par les valeurs de biodiversité ou les concepts du bien être des écosystèmes des peuples autochtones ou encore liés à ceux-ci d’une quelconque façon? Dans l’affirmative, quels sont les indicateurs et à quelles valeurs sont-ils liés?

Au cours de la séance, les participants ont reconnu que les peuples autochtones, et leur système culturel ou de connaissances, peuvent tirer de nombreux avantages des méthodes conventionnelles de conservation de la biodiversité. Néanmoins, ils ont souligné qu’il était nécessaire de mettre en œuvre la Stratégie pour la nature 2030 du Canada et le cadre national de surveillance de la biodiversité pour tenir davantage compte des priorités autochtones importantes en matière de conservation de la biodiversité. En effet, l’intégration de concepts découlant d’approches scientifiques conventionnelles, notamment les espèces indicatrices et l’intégrité écologique, peut grandement faciliter l’élaboration d’indicateurs de biodiversité. Il est toutefois essentiel, et possible dans le cadre du système actuel, d’évaluer de manière critique la façon dont ces concepts ont été appliqués par le passé et de les adapter aux contextes autochtones. Cette adaptation implique d’élargir ces concepts pour intégrer les valeurs autochtones, notamment les systèmes de relations, la langue et les pratiques culturelles.

Il est important de faire participer les communautés autochtones aux processus de création et de suivi des indicateurs de biodiversité pour qu’elles puissent transmettre leurs connaissances et leurs expériences. En plus de renforcer les capacités locales, la collaboration fait en sorte que les indicateurs reflètent les valeurs écologiques et culturelles.

De plus, l’utilisation d’indicateurs conventionnels peut être essentielle pour les communautés autochtones, car ces ensembles de données peuvent faciliter la collaboration significative avec les organisations gouvernementales et soutenir leurs droits, leurs intérêts et leurs processus décisionnels locaux. La création de liens entre les approches scientifiques conventionnelles et les connaissances autochtones permet d’augmenter la portée et d’améliorer la pertinence des indicateurs de biodiversité, ce qui favorise l’adoption de pratiques durables qui protègent à la fois l’intégrité écologique et le patrimoine culturel.

Les initiatives et solutions favorisant une meilleure collaboration entre les systèmes de connaissances, ainsi que le développement d’indicateurs capables de refléter des valeurs proprement autochtones, nécessitent des processus et des systèmes fondés sur certaines caractéristiques fondamentales :

Élaboration conjointe et collaboration
Un aspect important de la Stratégie pour la nature 2030 du Canada est l’accent mis sur l’élaboration conjointe de politiques et de mesures avec les communautés autochtones pour améliorer l’efficacité globale de la surveillance. Le processus de collaboration veille à ce que les perspectives, les valeurs et les systèmes de connaissances des Autochtones soient non seulement pris en compte, mais aussi activement utilisés tout au long des processus décisionnels. Ce point fondamental comprend des partenariats dans divers domaines comme la gestion durable des ressources et la surveillance de la biodiversité.

Équité pour les connaissances autochtones
Pour utiliser les connaissances autochtones dans les travaux de conservation de la biodiversité, il faut créer un espace éthique pour faciliter la prise en compte des connaissances autochtones et faire en sorte que celles-ci puissent orienter le processus décisionnel indépendamment des systèmes de connaissances dominants dans nos cadres d’action établis visant à intégrer les sciences dans les politiques. Les fonctionnaires doivent suivre des formations et le gouvernement doit apporter un soutien aux nations, aux organisations et aux gardiens du savoir autochtones pour favoriser l’acquisition des compétences nécessaires et la création d’un environnement où les connaissances peuvent être évaluées de manière équitable.

Autonomisation et renforcement des capacités
Les objectifs de conservation du Canada offrent des occasions de se concentrer sur l’autonomisation des communautés autochtones par le renforcement des capacités. Ce point fondamental comprend les initiatives visant à renforcer la capacité des organisations autochtones de participer à des activités liées à la biodiversité, notamment la surveillance environnementale et la gestion des ressources. Les stratégies de biodiversité devraient souligner l’importance de soutenir les initiatives de conservation dirigées par les Autochtones afin que les communautés aient les ressources et les pouvoirs nécessaires pour gérer leurs terres selon leurs traditions et leurs valeurs.

Durabilité économique et culturelle
Le soutien des économies autochtones fondées sur des pratiques et des traditions culturelles durables devrait être considéré comme une priorité en matière de conservation. Ce point fondamental comprend la promotion d’activités économiques durables dirigées par des Autochtones qui contribuent à la conservation de la biodiversité, notamment les pratiques traditionnelles de chasse, de pêche et de gestion des terres.

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Recommandations

À l’appui de la Stratégie pour la nature 2030 du Canada et du cadre national de surveillance et compte tenu des résultats de la table ronde, il est recommandé que le gouvernement du Canada, en collaboration avec les communautés et les partenaires autochtones, envisage de prendre les mesures suivantes :

  1. Mettre sur pied un groupe de travail technique national au titre du CMB, dont l’objectif serait de sélectionner des indicateurs clés ou complémentaires qui reflètent les valeurs que les peuples autochtones accordent à la biodiversité. Le groupe profiterait du soutien des ministères et des groupes de travail interministériels établis, qui dirigent l’élaboration d’indicateurs cibles du CMB, pour assurer une intégration efficace dans les processus d’élaboration actuels. Les principaux rôles du groupe de travail sont les suivants :
    • Recueillir et synthétiser les indicateurs autochtones (ou les métadonnées) de biodiversité (disponibles ou proposés) actuellement utilisés par les initiatives de conservation régionales et nationales qui permettent aux peuples autochtones de participer activement à la conception ou à la mise en œuvre;
    • Mettre au point un cadre d’échange de données propre aux renseignements sur l’environnement et la biodiversité, qui permet de faire le suivi des progrès et de déterminer la couverture de la biosurveillance. Il faut que les réseaux d’échange de données permettent aux nations et aux organisations autochtones d’adopter des principes de souveraineté des données et qu’ils servent à déterminer les domaines où les renseignements disponibles sont insuffisants pour orienter les décisions sur la gestion de la conservation;
    • Apporter un soutien et fournir des conseils aux ministères qui dirigent des plans fédéraux de mise en œuvre des cibles du CMB, qui sont décrits dans la Stratégie pour la nature 2030 du Canada, pour améliorer leur capacité à utiliser adéquatement les connaissances et la science des peuples autochtones.
  2. Concevoir un cadre d’évaluation et de surveillance de la biodiversité des peuples autochtones (CESBPA) au sein du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, qui comprend :
    • un ensemble de valeurs bien définies qui sont importantes pour les peuples autochtones ainsi qu’étroitement liées à la biodiversité et à la nature en général;
    • un ensemble d’indicateurs connexes qui feraient l’objet d’un suivi et d’une évaluation par les peuples autochtones et qui permettraient de tirer des conclusions sur la diminution ou l’augmentation de l’importance des valeurs de la biodiversité des peuples autochtones;
    • un processus visant à déterminer quels indicateurs existants de biodiversité (qu’ils soient indicateurs clés, complémentaires ou de composantes) sont adaptés pour représenter les valeurs autochtones, et à cerner les cas où des indicateurs supplémentaires sont nécessaires.
    • une stratégie de mobilisation visant à élaborer conjointement avec les communautés autochtones de nouveaux indicateurs qui reflètent mieux les valeurs auxquelles les indicateurs actuels ne conviennent pas.
  3. Élaborer, conjointement avec le groupe de travail technique national, un plan d’action de mise en œuvre du CESBPA entre les ministères et organismes à vocation scientifique, qui tient explicitement compte des questions suivantes, entre autres :
    • les principes de mise en œuvre (p. ex. élaboration conjointe, souveraineté des données, respect de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones);
    • des structures de gouvernance qui privilégient les considérations fondées sur les distinctions et la nature transdisciplinaire des valeurs et des indicateurs de biodiversité des Autochtones;
    • des cadres d’évaluation pour faire le suivi des progrès de la mise en œuvre et de l’opérationnalisation du CESBPA dans les régions afin de favoriser l’application de mesures de suivi pratiques, adaptables et durables à divers modèles de gouvernance et processus établis dans les régions et les provinces.
  4. Adopter une approche pangouvernementale en matière de ressourcement et de renforcement des capacités autochtones au sein de la fonction publique fédérale et des nations autochtones pour soutenir le CESBPA. À l’aide de l’infrastructure, des programmes et des relations établis du gouvernement fédéral, il est possible de renforcer la capacité en prenant les mesures suivantes :
    • Soutenir la capacité des organismes subventionnaires fédéraux à continuer d’envisager de nouvelles stratégies pour favoriser le perfectionnement des universitaires et des chercheurs autochtones ainsi que la réalisation de travaux de recherche collaboratifs et la création de réseaux de recherche par les peuples autochtones;
    • Mettre sur pied des comités consultatifs permanents au sein des principaux ministères à vocation économique et scientifique, qui seraient composés de gardiens du savoir, de scientifiques et de dirigeants communautaires autochtones. Les comités fourniraient des conseils sur l’utilisation des connaissances autochtones pour le développement économique et l’élaboration de politiques, veillant ainsi à ce que les priorités autochtones en matière de biodiversité et d’environnement soient prises en compte dès le départ;
    • Créer un réseau d’universitaires autochtones au sein des ministères et organismes à vocation scientifique pour les aider à intégrer les priorités autochtones en matière de biodiversité et d’environnement dans l’ensemble de la fonction publique fédérale.

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Annexe A : Participants à la table ronde

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Nom Poste et organisation
Participants du Bureau de la Conseillère scientifique en chef (BCSC)
Mona Nemer Conseillère scientifique en chef du Canada (coprésidente de la table ronde)
Kyle Bobiwash Chercheur en résidence au BCSC (coprésident de la table ronde) et professeur adjoint, Département d’entomologie, Faculté des sciences agricoles et alimentaires, Université du Manitoba
David Castle Chercheur en résidence au BCSC et professeur, École d’administration publique et École de commerce Peter B. Gustavson, Université de Victoria
Scott Findlay Chercheur en résidence au BCSC, professeur en biologie à la retraite de l’Université d’Ottawa
Gary Slater Chercheur en résidence au BCSC et professeur, Département de physique, Faculté des sciences, Université d’Ottawa
Participants externes
Devin Arbuthnott Conseiller en politiques, Agriculture et Agroalimentaire Canada
Gillian Arraial Adjointe à la liaison scientifique avec les Autochtones, Agriculture et Agroalimentaire Canada
Myrle Ballard Professeure agrégée, Département de la Terre, de l’énergie et de l’environnement, Faculté des sciences, Université de Calgary
Eduardo S. Brondizio Professeur émérite d’anthropologie, Département d’anthropologie, Université de l’Indiana à Bloomington
Warren Cardinal-McTeague Professeur adjoint, Département des sciences forestières et de la conservation, Université de la Colombie-Britannique
Kristin Clark Spécialiste des sciences physiques, Section de la recherche sur l’écologie du paysage, Environnement et Changement climatique Canada
Danielle De Baets Scientifique et gestionnaire, Sciences et technologie du paysage, Environnement et Changement climatique Canada
Gillian Donald Scientifique et directrice, Donald Functional & Applied Ecology Inc.
Fred Fortier Membre de la Première Nation Simpcw
Robert Gibson Professeur, École de l’environnement, des ressources et de la durabilité, Université de Waterloo
Glennis Lewis Professeure, Évaluation des répercussions environnementales, Université de Brandon
Emily Macauley Scientifique et directrice, Priorités et planification scientifiques, Pêches et Océans Canada
Matthew Munson Membre et technicien, Première Nation Déné Tha', Candidat à la M. Sc., Université de l’Alberta, Sciences de l’eau et des bassins versants
Erica Nitchie Cheffe d’équipe, Systèmes alimentaires autochtones, ministère de l’Agriculture de la Colombie Britannique
Brett Painter Spécialiste principal des indicateurs relatifs à la biodiversité, Environnement et Changement climatique Canada
Jesse N. Popp Chaire de recherche du Canada en sciences de l’environnement autochtones et professeure agrégée, Université de Guelph
James Rattling Leaf Sr. Conseiller tribal, Institut coopératif de recherche en sciences de l’environnement, Université du Colorado à Boulder
Justina Ray Société de conservation de la faune du Canada et professeure auxiliaire, Université de Toronto et Université Trent
Andrea Reid Professeure adjointe, Institut des océans et des pêches, Université de la Colombie-Britannique
Andrea Service Analyste principale des politiques, Agence d’évaluation d’impact du Canada
Bryan Vandenbrink Savoir polaire Canada
Erika Zavaleta Professeure, Département d’écologie et de biologie évolutive, Université de Californie à Santa Cruz
Personnel de soutien du Bureau de la Conseillère scientifique en chef
Nancy Abou-Chahine Analyste de politiques
Serge Nadon Conseiller principal en politiques

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