Table des matières
- Comprendre les concentrations de mercure dans le poisson des lacs du Dehcho
- Surveillance communautaire de l’omble chevalier au Nunatsiavut : développement des capacités et acquisition de connaissances
- Contaminants dans les aliments traditionnels de la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun
- Projet de surveillance de l’écosystème aquatique des Tłı̨chǫ (PSEAT)
- Accroître la surveillance communautaire des concentrations de contaminants dans les aliments prélevés dans le milieu marin que consomment les Mittimatalingmiut : évaluer par les connaissances scientifiques et locales les risques pour la santé humaine à Pond Inlet
- Mobilisation des connaissances et des observations des Inuits sur l’utilisation du territoire pour évaluer les tendances et les processus touchant l’écosystème qui ont une incidence sur les contaminants
- Contaminants dans les aliments traditionnels sur le territoire de la Première Nation de White River
- Programme de surveillance des contaminants dans les aliments traditionnels
- Surveillance communautaire de la pollution par les plastiques dans les milieux et les aliments sauvages au Nunatsiavut
- Surveillance des contaminants et intérêts communautaires dans la partie inférieure du passage du Nord-Ouest
- Sources de méthylmercure, de substances perfluoroalkyliques et de biphényles polychlorés dans les réseaux trophiques du phoque annelé du lac Melville, dans le nord du Labrador
- Mercure dans le poisson du Yukon
Comprendre les concentrations de mercure dans le poisson des lacs du Dehcho
Chefs de projet
George Low, Première Nation du Dehcho
Heidi Swanson, Université de Waterloo
Équipe
Priscilla Canadien, Première Nation Deh Gah Gotie; chef Gladys Norwegian, Première Nation Jean Marie River; Mike Low, Programme autochtone de gestion de ressources aquatiques et océaniques du Dehcho; chef Lloyd Chicot, Première Nation Ka’a’ gee Tu; Melaine Simba, Première Nation Ka’a’ gee Tu; chef Maurice Moses, Première Nation Pehdzeh Ki
Fonds
33 600 $
Résumé du projet (2018-2019)
Le poisson constitue un élément clé du régime alimentaire traditionnel et de la culture des Premières Nations de la région du Dehcho, dans les Territoires du Nord-Ouest. Certains lacs de la région abritent des poissons comestibles chez qui les concentrations de mercure sont supérieures aux recommandations pour la consommation humaine, alors que les concentrations sont bien inférieures aux recommandations chez d’autres poissons de lacs relativement proches. Notre recherche vise à aider les collectivités du Dehcho à mieux comprendre les problèmes liés au mercure et à déterminer quels facteurs (d’un lac à un autre et d’une espèce de poisson à une autre) permettent d’établir des liens avec les concentrations de mercure dans le poisson ou à les prédire.
Les résultats de nos recherches des cinq années précédentes montrent que les facteurs qui influent sur les concentrations de mercure varient d’un lac à l’autre pour chaque espèce. Ces facteurs, comme la structure du réseau trophique et le paysage lacustre, peuvent être affectés par les changements climatiques. La présente étude nous permettra d’étendre nos recherches dans la région nord du Dehcho (Première Nation Pehdzeh Ki) et inclura six lacs dans cette région. Cela nous permettra de disposer de données provenant d’une représentation élargie des lacs de la région du Dehcho et améliorera notre modèle visant à établir la façon dont les facteurs liés aux changements climatiques et à l’utilisation des terres influent sur les concentrations de mercure dans le poisson.
Surveillance communautaire de l’omble chevalier au Nunatsiavut : développement des capacités et acquisition de connaissances
Chefs de projet
Rodd Laing, gouvernement du Nunatsiavut
Derek Muir, Environnement et Changement climatique Canada
Jane Kirk, Environnement et Changement climatique Canada
Équipe
Rudy Riedlsperger, Carla Pamak et Liz Pijogge, gouvernement du Nunatsiavut; Joey Angnatok, collectivité de Nain; Aullak, Programme jeunesse Sangilivallianginnatuk (Partir pour grandir)
Fonds
6 140 $
Résumé du projet (2018-2019)
Les Inuits du Labrador ont vécu un changement radical de leur consommation d’aliments traditionnels, en passant d’un régime alimentaire composé principalement de caribou à un régime faisant une place grandissante au phoque annelé et à l’omble chevalier. Ce changement de diète découle de la baisse de la population de caribous de George River ainsi que de l’interdiction subséquente de chasser la harde décrétée à l’hiver 2013. Les habitants du Nunatsiavut s’inquiètent de la façon dont ce changement de régime influe sur leur santé et leur bien-être. Il y a cinq ans, une étude de surveillance communautaire de l’omble chevalier au Nunatsiavut : développement des capacités et acquisition de connaissances a été élaborée afin de surveiller les concentrations de mercure et de sélénium dans l’omble chevalier et de répondre aux préoccupations des habitants du Nunatsiavut.
Ce projet est dirigé par la collectivité et la fait participer aux différentes activités du projet, y compris à la conception de l’étude et au prélèvement d’échantillons. Cette année, nous récolterons vingt ombles chevaliers à deux endroits, soit à Nain et dans le fjord Saglek, juste avant qu’ils ne reviennent de l’intérieur des terres après s’être nourris dans la mer. Le poisson sera capturé et transformé par des membres de la collectivité locale, avec l’aide du personnel du Centre de recherches de Nain. Les membres de la collectivité recevront un paiement pour leur contribution au programme de recherche. L’échantillonnage est le fruit d’une collaboration fructueuse entre le gouvernement du Nunatsiavut, Parcs Canada, des agents de conservation, des jeunes et des pêcheurs, en vue de recueillir des échantillons et de faciliter l’échange de connaissances entre les générations et les organisations. Des chercheurs d’Environnement et Changement climatique Canada à Burlington (Ontario) analyseront les échantillons pour déterminer les concentrations de contaminants. Dans le cadre de l’étude de Max Liboiron (Université Memorial) Surveillance communautaire de la pollution par les plastiques dans les milieux et les aliments sauvages au Nunatsiavut les concentrations de plastique dans les ombles seront également analysées.
Les données recueillies dans le cadre de ce projet seront utilisées afin de formuler des conseils en matière d’alimentation, de mesurer les concentrations de contaminants et de comprendre comment les changements climatiques et l’intensification du développement industriel ont des incidences sur la façon dont ces contaminants évoluent.
Contaminants dans les aliments traditionnels de la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun
Chef de projet
Dawna Hope, Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun
Équipe
Mary Gamberg, Gamberg Consulting; Xiaowa Wang et Derek Muir, Environnement et Changement climatique Canada
Fonds
29 946 $
Résumé du projet (2018-2019)
La Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun s’inquiète des niveaux de contaminants dans ses aliments traditionnels. Ce projet permettra de mesurer les concentrations de contaminants chez l’orignal et le poisson du territoire traditionnel des Na-Cho Nyäk Dun et de comparer les niveaux actuels de contaminants aux niveaux d’il y a dix ans. Des échantillons d’orignal seront prélevés en 2018, et ceux de poisson seront prélevés et analysés en 2019-2020.
Ce projet permettra également de renforcer les capacités de la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun en faisant participer la collectivité à la collecte, à la préparation et à l’expédition d’échantillons d’orignal et de poisson vers les laboratoires aux fins d’analyse. Les agents des terres des Na-Cho Nyäk Dun et les agents de la pêche et de la faune recevront une formation dispensée par un chercheur scientifique qualifié sur la façon de préparer des échantillons et apprendront des Aînés locaux les pratiques traditionnelles et culturelles en la matière. Ce projet sera utile à la collectivité de la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun et aux habitants du Nord, car les résultats fourniront des données à jour qui pourront être comparées aux données historiques. Les résultats informeront la collectivité sur les contaminants présents dans le Nord et aideront la Première Nation à prendre des décisions éclairées en ce qui concerne la collecte et la consommation d’aliments traditionnels.
Projet de surveillance de l’écosystème aquatique des Tłı̨chǫ (PSEAT)
Chef de projet
Jody Pellissey, Office des ressources renouvelables du Wek’èezhìi
Équipe
Susan Beaumont, Sarah Elsasser, Ryan Fequet, Anneli Jokela, Roberta Judas et Boyan Tracz, Office des ressources renouvelables du Wek’èezhìý; Nicole Dion, Jennifer Fresque-Baxter, Ryan Gregory et Linna O’Hara, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest; Shirley Ann Dokum, Jessica Hum, Joline Huskey, Sean Richardson et Ted Nitsiza, gouvernement Tłı̨chǫ Ellen Lea, Pêches et Océans Canada; Cameron Stevens, Golder Associates Ltd.
Fonds
22 370 $*
Résumé du projet (2018-2019)
Le Programme de surveillance de l’écosystème aquatique des Tłı̨chǫ (PSEAT) est un programme de surveillance communautaire efficace grâce auquel les Tłı̨chǫ peuvent savoir si les poissons de leurs lacs traditionnels sont sains et salubres. Les membres de la collectivité des Tłı̨chǫ participent directement au prélèvement d’échantillons de tissus de poisson, d’eau et de sédiments. De plus, de nombreuses possibilités leur sont offertes d’échanger des connaissances scientifiques et des connaissances traditionnelles Tłı̨chǫ dans des milieux communautaires et naturels appropriés. Les résultats sont communiqués aux collectivités par leurs membres et au moyen d’activités éducatives dans les écoles où les élèves se renseignent sur les écosystèmes aquatiques et la surveillance environnementale. En offrant de la formation, des activités éducatives et du travail au peuple des Tłı̨chǫ, ce projet permet à ces derniers d’effectuer la surveillance de ses eaux.
Le PSEAT alterne l’échantillonnage dans chacune des quatre collectivités des Tłı̨chǫ tous les quatre ans. Cette année, nous terminerons notre deuxième échantillonnage des quatre collectivités en prélevant des échantillons du lac La Martre. Avec deux ensembles de données pour chaque lac, nous pouvons comparer l’évolution de la condition du poisson, de la qualité de l’eau et de la qualité des sédiments au fil du temps.
Accroître la surveillance communautaire des concentrations de contaminants dans les aliments prélevés dans le milieu marin que consomment les Mittimatalingmiut : évaluer par les connaissances scientifiques et locales les risques pour la santé humaine à Pond Inlet
Chef de projet
James Simonee, chercheur communautaire, Pond Inlet
Équipe
Vincent L’Hérault, ARCTIConnexion et Université du Québec à Rimouski; Derek Muir et Xiaowa Wang, Environnement et Changement climatique Canada; Chris Furgal, Université Trent; Heidi Swanson, Université de Waterloo; Pierre-Yves Daoust, Collège vétérinaire de l’Atlantique, Université de l’Île-du-Prince-Édouard
Fonds
67 833 $*
Résumé du projet (2018-2019)
Ayant résidé à Mittimatalik (Pond Inlet) toute ma vie, j’ai remarqué des changements dans les conditions météorologiques, la glace de mer, les mammifères marins, la faune et le poisson. L’expérience que j’ai acquise dans le cadre du Programme de technologie environnementale du Collège de l’Arctique du Nunavut m’a amené à m’interroger sur ce que j’observe là-bas et à réaliser qu’il y a des changements que nous ne pouvons tout simplement pas déceler à l’œil nu et que nous, Inuits, devons fouiller davantage pour découvrir les choses non perceptibles qui ont une incidence sur notre environnement. Les aliments traditionnels sont notre principale ressource à longueur d’année et nous devons savoir si les animaux que nous chassons ou pêchons sont touchés.
Je voulais lancer mon propre projet de recherche sur l’omble arctique, le phoque et le narval pour savoir s’ils sont affectés non seulement par les changements climatiques, mais aussi par les activités humaines. Des recherches effectuées par des scientifiques de l’Arctique ont révélé des niveaux élevés de contaminants, en particulier le mercure et les polluants organiques persistants, chez le phoque. Lorsque j’ai entendu parler de ces résultats pour la première fois, cela a vraiment piqué ma curiosité en tant que chasseur et je voulais en savoir davantage, faire des recherches et m’assurer que les aliments sont salubres pour moi, ma famille et ma collectivité.
Cette étude de trois ans s’appuiera sur mes travaux antérieurs sur l’omble chevalier et le phoque annelé. Au cours de la première année, je poursuivrai mes recherches sur les concentrations de contaminants dans l’omble chevalier et le phoque annelé. Au cours de la deuxième année, j’étudierai les concentrations de contaminants chez le narval et collaborerai avec les chasseurs locaux afin de partager leurs observations et leurs connaissances. Au cours de la troisième année, j’étudierai les choix alimentaires des Mittimatalingmiut et l’exposition aux contaminants et j’examinerai les polluants organiques persistants. Je travaillerai également avec ma collectivité et les autorités sanitaires pour déterminer la meilleure façon de communiquer les résultats.
Comme je l’ai fait dans le passé, de nombreux mentors, y compris des chercheurs du PLCN, m’aideront dans mes recherches en ce qui concerne la préparation et l’échantillonnage des travaux sur le terrain, les analyses des contaminants, les statistiques, la préparation de présentations et la rédaction de rapports.
Mobilisation des connaissances et des observations des Inuits sur l’utilisation du territoire pour évaluer les tendances et les processus touchant l’écosystème qui ont une incidence sur les contaminants
Chefs de projet
Joel Heath, Société des Eiders de l’Arctique
Lucassie Arragutainaq, Société des Eiders de l’Arctique
Équipe
John Chételat et Robert Letcher, Environnement et Changement climatique Canada et Université Carleton; Steven Ferguson, Pêches et Océans Canada; Johnny Kudluarok, Société des Eiders de l’Arctique; Gita Ljubicic, Université Carleton
Fonds
15 640 $
Résumé du projet (2018-2019)
Ce projet s’appuie sur les efforts déployés pour élaborer de nouvelles façons de documenter systématiquement les connaissances et les observations des Inuits sur les tendances et les processus touchant l’écosystème. En fournissant un contexte important sur l’écologie animale, l’alimentation et les conditions environnementales, ce projet profitera à la fois à la recherche et à la surveillance liées aux contaminants et aux changements climatiques. Au cours de la première année de ce projet, nous avons réalisé d’importants progrès dans l’infrastructure interactive de la plateforme de cartographie SIKU et d’applications mobiles. Cela comprend des outils culturellement pertinents qui permettent aux chasseurs inuits de documenter leurs observations pendant les activités de chasse au moyen d’appareils mobiles. Des essais sur le terrain concernant ces outils, qui permettront de prendre des photographies avec coordonnées GPS accompagnées de commentaires, des systèmes d’identification (p. ex., espèces sauvages, terminologie de la glace de mer, noms de lieux traditionnels, etc.) et le partage en temps réel ont eu lieu à l’hiver 2018. Cette année (2018-2019), l'accent sera mis sur l'examen et l'évaluation de ce projet.
Contaminants dans les aliments traditionnels sur le territoire de la Première Nation de White River
Chef de projet
Ray Sabo, Première Nation de White River
Équipe
Mary Gamberg, Gamberg Consulting; Heidi Swanson, Université de Waterloo; Xiaowa Wang et Derek Muir, Environnement et Changement climatique Canada
Fonds
33 516 $
Résumé du projet (2018-2019)
La Première Nation de White River s’inquiète des contaminants mesurés dans le poisson de son territoire traditionnel. Cette étude permettra de prélever des échantillons de poisson dans trois lacs du territoire traditionnel de la Première Nation de White River afin de déterminer si la teneur en contaminants est préoccupante pour les populations de poisson ou les membres de la collectivité qui les consomment. Nous recueillerons également de l’information sur la chimie de l’eau et les mesures des lacs afin d’avoir une meilleure idée des facteurs (dont le changement climatique) qui peuvent avoir une incidence sur les concentrations de contaminants dans le poisson. Nous comparerons également les concentrations de contaminants présents dans les poissons de cette région aux données existantes sur les poissons d’autres régions du Yukon (en particulier le lac Kusawa et le lac Laberge). Les résultats seront présentés aux citoyens de la Première Nation de White River lors d’une réunion publique et sous forme de résumé en langage clair chaque année du projet. En collaboration avec les responsables territoriaux de la santé, nous évaluerons les données afin de déterminer si elles doivent être soumises à Santé Canada aux fins d’une évaluation de la santé.
Programme de surveillance des contaminants dans les aliments traditionnels
Chef de projet
Anna Schmidt, Première Nation des Tlingits de Taku River
Équipe
Mary Gamberg, Gamberg Consulting; Xiaowa Wang et Derek Muir, Environnement et Changement climatique Canada
Fonds
29 562 $*
Résumé du projet (2018-2019)
Les aliments traditionnels sont une source importante de nutrition et ont une importance spirituelle, sociale et culturelle pour la Première Nation des Tlingit de Taku River (PNTTR). Ce projet permettra de déterminer les niveaux de contaminants chez l’orignal et deux espèces de poisson couramment pêchées dans le territoire traditionnel des Tlingits de Taku River afin que les membres de la collectivité puissent faire des choix éclairés quant à la consommation de ces aliments. Les gardiens des terres de la PNTTR, en collaboration avec les chasseurs locaux, recueilleront des échantillons d’orignal, d’ombre commun et de touladi sur le territoire traditionnel des Tlingits de Taku River, et les chasseurs locaux participeront en prélevant des échantillons d’orignal. Les échantillons d’orignal et de poisson seront analysés afin de vérifier la présence de divers éléments (notamment le cadmium et le mercure), ainsi que d’anciens et de nouveaux contaminants. Ce projet permettra de renforcer les capacités au sein de la Première Nation grâce à la formation d’un chercheur spécialiste des contaminants sur la conception de projets liés aux contaminants, la collecte et le traitement d’échantillons de poisson pour l’analyse des contaminants et la communication des résultats à la collectivité.
Surveillance communautaire de la pollution par les plastiques dans les milieux et les aliments sauvages au Nunatsiavut
Chefs de projet
Max Liboiron, Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador
Liz Pijogge, gouvernement du Nunatsiavut
Équipe
Rodd Laing, gouvernement du Nunatsiavut
Fonds
32 607 $*
Résumé du projet (2018-2019)
Les plastiques marins jouent le rôle d’éponges en ce qui concerne les contaminants comme le méthylmercure, les biphényles polychlorés (BPC) et d’autres polluants organiques persistants. Lorsqu’ils sont ingérés, ces produits chimiques peuvent se concentrer dans les tissus d’un animal (bioaccumulation) et s’accumuler dans la chaîne alimentaire, de sorte que les niveaux de contaminants sont beaucoup plus élevés chez les animaux qui mangent d’autres animaux (bioamplification). Par conséquent, les niveaux de contaminants peuvent être élevés dans certaines espèces d’aliments sauvages, ce qui peut être préoccupant pour les habitants du Nunatsiavut qui dépendent des aliments sauvages pour leur importance sur le plan nutritionnel et culturel.
Ce projet de trois ans vise à :
- Déterminer les espèces, les emplacements et les tendances de la pollution du milieu marin par les plastiques qui préoccupent les habitants du Nunatsiavut;
- Organiser des ateliers sur la façon d’identifier les microplastiques dans les aliments sauvages dans le but de renforcer les capacités locales de surveillance à long terme des plastiques dans cette catégorie d’aliments sans avoir recours à des scientifiques de l’extérieur;
- Mener des études en laboratoire avec l’appui d’un étudiant du Nunatsiavut qui fréquente l’Université Memorial afin de dresser le profil des produits chimiques préoccupants liés à l’ingestion de plastiques (vraisemblablement du méthylmercure, entre autres); et
- Mener des études sur les eaux de surface et les rivages afin de comparer les plastiques ingérés et les plastiques présents dans l’environnement.
Surveillance des contaminants et intérêts communautaires dans la partie inférieure du passage du Nord-Ouest
Chefs de projet
James Qitsualik, Association des chasseurs et des trappeurs de Gjoa Haven
Virginia K. Walker, Université Queen’s, biosciences
Équipe
Stephan Schott, gouvernement du Nunatsiavut; Derek Muir, Environnement et Changement climatique Canada; Michele Leblanc Havard, gouvernement du Nunavut
Fonds
13 985 $
Résumé du projet (2018-2019)
En raison de la fonte de la glace de mer, il est beaucoup plus facile de pêcher plusieurs espèces de poisson dans la partie inférieure du passage du Nord-Ouest. À l’heure actuelle, de nombreux Nunavummiuts n’ont pas accès à des aliments qui se détaillent à un prix raisonnable et qui sont nutritifs, sûrs et propres à leur culture. L’accès limité à la nourriture est lié à des problèmes de santé comme le diabète et le rachitisme chez les enfants. Par conséquent, les Nunavummiuts veulent savoir si les nouvelles espèces de poisson disponibles sont propres à la consommation et si elles peuvent être vendues dans le commerce. Dans le cadre de cette étude, nous surveillerons les polluants organiques hérités du passé et d’autres contaminants ainsi que les niveaux bénéfiques de vitamine D afin que les Nunavummiuts puissent faire des choix éclairés au sujet des aliments qu’ils consomment.
Ce projet du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord s’appuie sur un projet beaucoup plus vaste appuyé par Génome Canada qui porte sur les populations de corégone et leurs différences génétiques. Le projet combinera les données génomiques et les connaissances traditionnelles et locales afin de formuler des suggestions pratiques et précises pour la conservation de ce poisson. Grâce au soutien du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, des Aînés, des pêcheurs actifs et des jeunes récolteront le poisson dans la partie inférieure du passage du Nord-Ouest, tandis les membres de la collectivité prépareront les échantillons pour les expédier à l’Université Queen’s aux fins d’analyse. L’équipe de l’Université Queen’s analysera les échantillons afin de détecter les métaux, les polluants organiques hérités du passé et les niveaux de vitamine D. La vitamine D permet de solidifier les os et peut aider à prévenir le rachitisme, une maladie qui touche souvent les Nunavummiuts. Cette collaboration de la collectivité pour évaluer les niveaux de contamination relatifs chez différentes espèces sera combinée en une étude continue sur les récoltes dans le but d’accroître le bien-être, la sécurité alimentaire et la prospérité des collectivités si des pêches commerciales durables sont développées dans cette région de la partie inférieure du passage du Nord-Ouest.
Sources de méthylmercure, de substances perfluoroalkyliques et de biphényles polychlorés dans les réseaux trophiques du phoque annelé du lac Melville, dans le nord du Labrador
Chefs de projet
Jane Kirk, Environnement et Changement Climatique Canada
Liz Pijogge, gouvernement du Nunatsiavut
Équipe
Rodd Laing et Carla Pamak, gouvernement du Nunatsiavut; Amila De Silva, Derek Muir, Magali Houde, Amber Gleason, Christine Spencer et Mary Williamson, Environnement et Changement climatique Canada; Elsie Sunderland et Jessica Ewald, Université Harvard; Igor Lehnherr, Université de Toronto à Mississauga; Tanya Brown, Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador; Miling Li, Université de la Colombie-Britannique
Fonds
37 315 $
Résumé du projet (2018-2019)
Les habitants du lac Melville s’inquiètent des concentrations de contaminants dans le phoque annelé qu’ils mangent et veulent savoir si une centrale hydroélectrique prévue sur la rivière Churchill augmentera les concentrations de contaminants (en particulier le méthylmercure) chez le phoque. Le lac Melville est une région unique à étudier parce que les contaminants peuvent provenir de nombreuses sources : plans d’eau douce ou salée, locale ou internationale. Ainsi, les contaminants peuvent se déplacer vers le lac Melville en provenance d’autres régions du monde par les courants océaniques et atmosphériques, mais ils peuvent aussi provenir de sources locales comme la base aérienne de Goose Bay. Il est donc important de comprendre les différentes sources de contaminants du phoque annelé du lac Melville.
Des échantillons ont été prélevés chez le phoque par les chasseurs locaux de 2013 à 2017. Toutefois, la plupart étaient de jeunes phoques. Cette année, nous voulons prélever quinze autres échantillons de phoques plus âgés et les analyser pour obtenir la gamme complète des contaminants (mercure, méthylmercure, biphényles polychlorés [BPC], substances perfluoroalkyliques [SPFA]), ainsi que des marqueurs de l’état de santé des phoques, ce qui nous donnera des renseignements importants sur l’incidence potentielle des contaminants sur leur santé. L’échantillonnage est coordonné par le gouvernement du Nunatsiavut et se fait pendant les récoltes communautaires (nunalinni pinasuannik). Les chasseurs enregistrent les coordonnées GPS et l’information biologique sur chaque phoque et sont rémunérés pour chaque trousse remplie. Les tissus de phoque sont analysés pour détecter chacun des contaminants; des échantillons de foie et de muscles sont analysés pour détecter le mercure et le méthylmercure, des échantillons de foie pour détecter les SPFA et des échantillons de graisse pour détecter les BPC. Pour en savoir davantage sur le régime alimentaire du phoque, on procède également à l’analyse des échantillons de muscles en vue de détecter des isotopes stables de l’azote et du carbone. Des sous-échantillons de foie seront aussi analysés pour contrôler certaines réponses biologiques choisies par rapport à des concentrations de contaminants.
Mercure dans le poisson du Yukon
Chefs de projet
Heidi Swanson, Université de Waterloo
Mary Gamberg, Gamberg Consulting
Équipe
Oliver Barker, gouvernement du Yukon; Brian Branfireun, Université Western; Carmen Wong, Parcs Canada
Fonds
21 413 $
Résumé du projet (2018-2019)
Pour prévoir les effets des changements climatiques sur les concentrations de mercure dans le poisson au Yukon, nous devons d’abord comprendre quels sont les facteurs qui expliquent les différences entre les teneurs en mercure dans le poisson des lacs. Les concentrations de mercure dans le poisson d’eau douce diffèrent en raison d’une interaction complexe de facteurs physiques, chimiques et biologiques, et les changements climatiques auront des effets sur bon nombre de ces facteurs. Des recherches en cours dans la région du Dehcho, dans les Territoires du Nord-Ouest, montrent que les différences en ce qui concerne les concentrations de mercure dans le poisson de différents lacs sont attribuables à la quantité d’algues dans les lacs, à la taille des lacs et des bassins versants, à la couverture terrestre dans les bassins versants et à la chimie de l’eau des lacs. Chacun de ces facteurs de prédiction influe sur les concentrations de mercure dans le poisson différemment selon les espèces. En plaçant dans un contexte régional élargi les résultats d’une récente étude financée par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (2015) sur les concentrations de mercure dans le poisson du lac Kluane (Yukon), nous avons constaté que même chez le touladi de taille semblable, les concentrations de mercure pouvaient être plus de dix fois supérieures. Nous ne savons toujours pas pourquoi exactement il y a une différence aussi marquée dans les concentrations de mercure chez les poissons d’une même espèce et d’une taille identique. Dans le cadre de cette étude, nous utilisons des échantillons d’après le programme SPIN du gouvernement du Yukon (pêche indicatrice estivale au filet en eau profonde; programme d’évaluation du poisson) pour étudier plus à fond la variation des concentrations de mercure dans les lacs du Yukon et trouver des réponses à nos questions sur les variables qui expliquent les différences entre les lacs. Ce projet de recherche collaborative permettra aux peuples autochtones de choisir les sources de poisson les plus sûres et les plus saines dans les lacs du Yukon et aidera à faire des prévisions plus éclairées au sujet des effets des changements climatiques sur les concentrations de contaminants dans les lacs du Yukon.
* Ce projet est financé conjointement par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord et le Programme de surveillance du climat dans les collectivités autochtones.