Table des matières
- Surveillance de l'air des contaminants dans le Nord: mesure des polluants organiques
- Mesures de l'air de Mercury at Alert et Little Fox Lake
- Réseau d'échantillonnage d'air passif pour les polluants organiques et le mercure
- Tendances temporelles des polluants organiques persistants et des métaux dans les phoques annelés de l'Arctique canadien
- Tendances temporelles et spatiales des contaminants classiques et émergents, organiques et métaux dans les ours polaires canadiens
- Tendances temporelles du mercure et des composés organiques halogénés dans le beluga de l'île de Hendrickson, Sanikiluaq et Pangnirtung
- Tendances temporelles des contaminants dans les oeufs des oiseaux marins de l'Arctique
- Tendances temporelles et variations spatiales du mercure dans l'omble chevalier arctique de Cambridge Bay, Nunavut
- Tendances temporelles et variations spatiales du mercure dans l'omble chevalier arctique de Cambridge Bay, Nunavut
- Tendances spatiales et à long terme des contaminants organiques persistants et des métaux dans le lac Trout et le Burbot dans les Territoires du Nord-Ouest
- Études des tendances temporelles des métaux traces et des composés organiques halogénés, y compris les composés persistants nouveaux, chez la lotte du fleuve Mackenzie à Fort Good Hope (T. N.-O.)
- Long Term Trends of Halogenated Organic Contaminants and Metals in Lake Trout from Two Yukon Lakes; Kusawa and Laberge
- Programme de surveillance des contaminants du caribou de l'Arctique
- Surveillance communautaire de l'eau de mer pour les contaminants organiques et le mercure dans l'Arctique canadien
- Évaluation des polluants organiques persistants dans l'air et l'eau de l'Arctique canadien en tant que point d'entrée dans la chaîne alimentaire de l'Arctique
- Enquête sur les effets toxiques du mercure dans l'omble dulciole Arctique
- Impact du changement climatique sur la mobilisation et la bioaccumulation de polluants organiques persistants dans les systèmes d'eau douce de l'Arctique
- Changements climatiques, contaminants, écotoxicologie: interactions dans les oiseaux de mer de l'Arctique à leurs limites sud
- Les plastiques comme vecteur de contaminants dans les oiseaux de mer Arctique
- Microplastiques dans la la chaîne alimentaire des belugas de la mer de Beaufort
- Effets interagissant des contaminants et des changements climatiques sur la santé des bélugas de l'Arctique de l'Ouest: application d'une boîte à outils d'expression génique élargie à une série chronologique
- Flux de mercure à l'air ambiant pendant la fonte des neiges du printemps, Iqaluit, NU
- Sources de méthylmercure, de substances perfluoroalkyles et de polychlorobiphényles aux phoques annelés du lac Melville, au nord du Labrador
- Enquête sur les sources, l'abondance et les types de microplastiques dans l'Arctique
- Changements temporels à grande échelle dans l'accumulation de mercure dans les phoques annelés du Labrador (Pusa hispida) utilisant une technologie d'ablation au laser sur les moustaches et les griffes: influence d'un régime changeant de glace
- Tendances temporelles des polluants émergents de et du mercure grâce à l'échantillonnage de base de glace et de sédiments
- Enquête sur les concentrations de mercure dans le doré dans le lac Tathlina
Surveillance des contaminants atmosphériques dans le nord : mesure des polluants organiques
Responsables(s) du projet
Hayley Hung, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
- National Laboratory for Environmental Testing (NLET) Analytical Équipe, P. Falletta and E. Barresi (NLET), Fiona Wong (ECCC), L. Jantunen (ECCC), D. Muir (ECCC), C. Teixeira (ECCC), P. Fellin (AirZOne, AZ), H. Li (AZ), C. Geen (AZ), Ellen Sedlack (INAC), James MacDonald (Council de Yukon First Nations CYFN, YK), Derek Cooke (Ta’än Kwach’än Council, YK), Jamie Thomas (IK student to be hired by CYFN, YK), A. Steffen (ECCC), Nick Alexandrou (ECCC), Helena Dryfhout-Clark (ECCC), Organics Analysis Laboratory (OAL) Analytical Équipe (ECCC), Alert GAW Laboratory Staff (ECCC), Laberge Environmental Services
Résumé en langage clair
L’atmosphère est le principal chemin emprunté par les contaminants organiques pour pénétrer dans les écosystèmes de l’Arctique. Le projet porte sur la mesure de ces contaminants dans l’air de l’Arctique. Il fait partie d’un programme permanent de surveillance qui a débuté en 1992. La mesure de la quantité de polluants organiques présente au fil du temps permettra de déterminer si les concentrations atmosphériques de ces contaminants décroissent, augmentent ou demeurent stables dans le temps; d’où ils proviennent; quelle quantité est générée par quelle région; quelles conditions météorologiques ont une incidence sur le déplacement des contaminants vers l’Arctique. Le gouvernement peut ensuite élaborer des politiques visant à limiter les émissions de ces substances et, espérons-le, à réduire les quantités qui pénètrent dans l’Arctique. Les résultats de ce projet en cours sont utilisés pour négocier des ententes internationales en matière de lutte contre ces contaminants, pour évaluer l’efficacité de celles-ci, et pour tester des modèles de l’atmosphère qui expliquent le déplacement des contaminants depuis les sources dans le Sud jusqu’en Arctique. En 2017-2018, des échantillons continueront d’être prélevés chaque semaine dans le site de référence d’Alert, au Nunavut, mais seulement un échantillon hebdomadaire sur quatre fera l’objet d’une analyse régulière des tendances. Les échantillons restants seront extraits et conservés afin d’étudier les épisodes importants de transport de polluants et de déterminer les nouveaux produits chimiques prioritaires. À partir de décembre 2005, nous avons élargi la portée du programme afin d’étudier dans l’atmosphère de l’Arctique canadien, à Alert, les nouveaux produits chimiques, tels que les pesticides d’usage courant, les produits ignifuges bromés et les composés perfluorés utilisés comme antitaches. Nous désirons poursuivre ces travaux au cours de la prochaine année, en ajoutant des efforts au chapitre du dépistage des retardateurs de flamme organophosphorés et des composés synthétiques à base de musc [financé dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques d’Environnement et Changement climatique Canada]. Un échantillonneur d’air à écoulement continu passif conçu pour les milieux froids, déployé depuis août 2011 à Little Fox Lake, au Yukon, évalue l’influence des sources de contaminants transpacifiques et asiatiques sur l’ouest de l’Arctique canadien. Pour compléter une nouvelle proposition de recherche intitulée « étudier les sources, l’abondance et les types de microplastiques dans l’Arctique », si elle reçoit du financement, des échantillons additionnels devront être prélevés au lac Little Fox, pour dépister les microplastiques dans l’air afin de déterminer s’il est possible qu’ils soient transportés par les vents jusque dans cette région éloignée.
Mesures atmosphériques du mercure à Alert, au Nunavut et au lac Little Fox au Yukon
Responsables(s) du projet
A. Steffen, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
A. Steffen, H. Hung, G. Stupple (ECCC)
G. Skelton (Skelton Technical Services)
E. Sedlack (INAC)
Alert GAW Laboratory Staff (ECCC)
G. Lawson and J.Kirk (ECCC, ACRD)
J. MacDonald (CYFN)
D. Cooke (Ta’än Kwach’än Council)
Laberge Environmental Services
B. Bergquist (Université de Toronto)
Jamie Thomas (student to be hired by CYFN, YK)
Résumé en langage clair
Le projet examine les concentrations de mercure dans l’air arctique à Alert, au Nunavut, et à Little Fox Lake, au Yukon. Ses principaux objectifs sont d’observer les changements des concentrations de mercure dans le temps et de déterminer comment le mercure se comporte dans l’atmosphère. Dans l’atmosphère, le mercure se trouve sous forme gazeuse ou est fixé à la poussière (particules). Sous forme gazeuse, il demeure longtemps dans l’air; toutefois, fixé aux particules, il peut retomber à la surface et ainsi entrer dans l’écosystème. Cette étude fournit des données sur les quantités de mercure présentes dans l’atmosphère, sur la façon dont ce métal est transporté jusque dans l’Arctique par voie aérienne et sur les quantités de mercure qui se déposent au sol. Les données recueillies sont utilisées dans des modèles mathématiques servant à prévoir les scénarios futurs possibles concernant le mercure dans l’air arctique. L’information ainsi obtenue est utilisée à l’appui des politiques nationales et internationales de lutte contre les émissions de mercure à l’échelle mondiale. Les travaux de recherche aident aussi à comprendre comment les changements climatiques peuvent influer sur la contamination de l’Arctique par le mercure. Enfin, le projet contribue aux efforts visant à comprendre comment le mercure affecte les personnes vivant dans le Nord.
Réseau d’échantillonnage atmosphérique passif pour mesurer les polluants organiques et le mercure
Responsables(s) du projet
Hayley Hung and Sandy Steffen, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
H. Hung, A. Steffen, L. Jantunen, F. Wong, T. Harner, G. Stupple (ECCC)
Ellen Sedlack (INAC)
James MacDonald, Council de Yukon First Nations (CYFN)
Derek Cooke, Ta’än Kwach’än Council
Jamie Thomas (IK student to be hired by CYFN, YK)
Organics Analysis Lab (OAL) (ECCC)
C. Mitchell, F. Wania (Université de Toronto)
Michael Barrett, Véronique Gilbert, Monica Nashak (Kativik Regional Government Administration)
Donald S. McLennan, Angulalik Pedersen, Dwayne Beattie, Johann Wagner (Polar Knowledge Canada)
Michael Brown, Meaghan Bennett (INAC)
David Oberg, Chris Spencer (Nunavut’s Department de Environment)
Erika Hille, Annika Trimble, Edwin Amos, Andrew Gordon, Jolie Gareis (Aurora College)
Diane Giroux, Annie Boucher (Akaitcho Territory Government)
Rosie Bjornson, Kathleen Fjordy, Patrick Simon (Deninu Kue First Nation (DKFN), Fort Resolution)
Arthur Beck and Shawn Mckay (Fort Resolution Métis Council)
Tausia Lal (Hamlet de Fort Resolution)
Rodd Laing, Liz Pijogge (Nunatsiavut Government)
Tim Heron (Northwest Territory Métis Nation)
Résumé en langage clair
Le projet vise à mesurer les polluants atmosphériques, dont les polluants organiques persistants (POP) et le mercure, dans différents sites du Nord canadien. Lorsqu’ils entrent dans l’écosystème, les POP et le mercure peuvent influer sur l’état de santé des résidents du Nord. Actuellement, ces polluants sont mesurés à quelques endroits de l’Arctique canadien. Ils sont transportés dans l’air à partir de régions du sud de l’Arctique. En augmentant le nombre de sites de mesure, on obtiendra un plus grand nombre de données sur l’origine des polluants et sur la manière dont ils évoluent au fil du temps. Afin d’augmenter le nombre de sites dans le Nord où il est possible de prendre des mesures pour obtenir une meilleure idée des concentrations de polluants, on propose l’élaboration et la mise en œuvre d’un processus d’échantillonnage passif. L’échantillonnage passif consiste à recueillir des contaminants dans l’atmosphère à l’aide d’un piège installé à l’air libre, sans pompe pour y puiser de l’air. Les échantillonneurs passifs sont bon marché, exigent peu d’entretien et permettent de contrôler les polluants atmosphériques. Ils n’exigent pas d’alimentation pour faire fonctionner des pompes ni d’abris pour stocker les instruments habituellement utilisés pour l’échantillonnage des contaminants. Ainsi, ce type d’échantillonnage se prête parfaitement à l’environnement arctique. Cette méthode favorise également la participation d’étudiants et d’autres personnes intéressées au prélèvement d’échantillons, améliore la communication entre l’équipe de projet et les collectivités locales et crée des occasions de formation pour les étudiants du Nord. Le projet s’échelonnera sur trois à quatre ans et permettra de compiler les concentrations atmosphériques de nombreux polluants au sein d’un réseau de sites disséminés dans le Nord. Les données résultantes aideront les chercheurs à déterminer les voies d’entrée des polluants dans l’Arctique et, à plus long terme, à établir comment les changements dans les sources et les paysages influent sur le déplacement du mercure et des POP dans l’atmosphère et leur entrée dans le milieu arctique. En octobre 2014, on a envoyé des échantillonneurs atmosphériques passifs de polluants organiques persistants et du matériel d’échantillonnage vers sept sites du Nord afin d’entamer le processus d’échantillonnage atmosphérique. On a éprouvé certains problèmes, qui ont retardé les débuts, mais la plupart des sites sont maintenant opérationnels, et nous continuons de travailler à la résolution des problèmes afin de mettre en œuvre l’ensemble des sites. Les essais sur le terrain afin de mettre au point un échantillonneur passif pour détecter les concentrations atmosphériques de mercure progressent bien. Nous avons commencé à analyser les échantillons prélevés jusqu’ici afin de détecter des POP, et nous procédons à des essais exhaustifs sur le terrain des échantillonneurs passifs de mercure. Un étudiant du Nord a été engagé pour mener de la recherche sur les connaissances autochtones dans la région du Yukon qui pourrait être utilisée pour les projets de surveillance de l’air en vue de détecter des POP et du mercure. Pour compléter une nouvelle proposition de recherche dans le PLCN intitulé « étude des sources, de l’abondance et des types de microplastiques dans l’Arctique », si la proposition reçoit du financement, nous embaucherons des étudiants/des jeunes dans trois collectivités nordiques pour dresser un inventaire des débris de plastique dans les régions côtières pour déterminer comment ce type de nouveaux contaminants se déplace dans les océans nordiques.
Tendances temporelles des polluants organiques persistants et des métaux chez le phoque annelé de l’Arctique canadien
Responsables(s) du projet
Magali Houde and Derek Muir, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
Tom Sheldon, Rodd Laing, and Liz Pijogge, Environment Division, Nunatsiavut Government
Xiaowa Wang, ACRD, Environnement et changement climatiques canada
Amila de Silva, ACRD, Environnement et changement climatiques canada
Enzo Barresi, Environnement et changement climatiques canada
Mary Williamson, Amy Sett, ACRD, Environnement et changement climatiques canada
Brent Young, Fisheries and Oceans
Aaron Fisk, Dept. de Biology, Université de Windsor
Résumé en langage clair
Les principales questions auxquelles cherche à répondre ce projet sont 1) de quelle façon les concentrations de contaminants hérités du passé comme les BPC et d’autres polluants organiques persistants (POP) ainsi que le mercure évoluent au fil du temps chez le phoque annelé et 2) les tendances sont-elles semblables à la grandeur de l’Arctique canadien? Les tendances liées aux nouveaux contaminants seront aussi étudiées. Le projet prévoit actuellement le prélèvement d’échantillons chaque année à Sachs Harbour, Resolute Bay, Arviat et Nain, comme l’exigeait le plan directeur du PLCN. Tous les échantillons sont prélevés par des pêcheurs locaux, et les activités sont coordonnées par les ACT de chaque collectivité qui se voient fournir des trousses d’échantillonnage et des instructions. Les chasseurs notent les données biologiques de chaque animal et sont payés pour chaque trousse remplie. Les ACT reçoivent du financement pour couvrir les frais de coordination et d’administration. Les travaux à Arviat et Resolute sont coordonnés par des scientifiques spécialistes des mammifères marins du MPO. L’analyse d’échantillons de lard de phoques femelles et de phoques juvéniles vise à déterminer les tendances des concentrations de POP. Le foie des mâles et des femelles fait l’objet d’analyses de détection du mercure et d’autres métaux lourds ainsi que de nouveaux contaminants tels que les substances bromées et fluorées. L’analyse des échantillons de muscles vise le mercure, mais aussi les isotopes stables du carbone et de l’azote, en vue d’évaluer le régime alimentaire des phoques. Les échantillons sont conservés, si possible, aux fins d’études futures sur les contaminants. En 2017–2018, seuls le mercure et les métaux lourds seront analysés aux quatre sites : les nouveaux POP seront mesurés à deux sites, Sachs Harbour et Arviat.
Les résultats de ce projet de surveillance de base indiquent que les concentrations de produits chimiques hérités du passé comme les BPC et les pesticides organochlorés comme le DDT continuent de diminuer lentement. Les concentrations de mercure dans le foie et les muscles varient d’une année à l’autre, mais, dans l’ensemble, elles n’augmentent pas. Les résultats relatifs aux nouveaux contaminants sont plus difficiles à interpréter. Certaines concentrations de produits chimiques bromés et fluorés ont augmenté jusque vers 2005, mais les concentrations observées chez le phoque sont maintenant à la baisse. Les mesures annuelles montrent que les phoques sont de très bons indicateurs de la variation des utilisations et de la production des substances chimiques à usage répandu dans les produits de consommation et les produits industriels.
Tendances temporelles et spatiales des contaminants organiques et métalliques, anciens et nouveaux, chez l’ours blanc au Canada
Responsables(s) du projet
Robert Letcher, Environnement et changement climatiques canada and Carleton Université
Équipe
Markus Dyck, Government de Nunavut
Abde Idrissi, Environnement et changement climatiques canada and Carleton Université
Aaron Fisk, Université de Windsor
Adam Morris, Carleton Université
Pat Faletta, Environnement et changement climatiques canada
Eva Kruemmel (ScienTissiME), for Inuit Circumpolar Council (ICC)
Joel Heath, The Arctic Eider Society
Résumé en langage clair
L’ours blanc (Ursus maritimus) est le superprédateur de l’écosystème et du réseau alimentaire marins de l’Arctique. Le projet, qui a débuté en 2007 et qui s’est poursuivi en 2017-2018, évalue sur une base annuelle ou bisannuelle les tendances et les variations temporelles à long terme qui caractérisent les polluants organiques persistants (POP) prioritaires (anciens et émergents) du Plan de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) et qu’on retrouve dans les tissus des ours blancs des sous-populations du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson (Nunavut). Pour les nouveaux polluants organiques persistants qui sont actuellement bannis ou réglementés (p. ex. en vertu du traité de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants), y compris les tétrabromodiphényléthers ou octabromodiphényléthers (PBDE), les deux sous-populations ont affiché des tendances à la baisse de la somme des concentrations de PBDE de 2009 à 2015. Bien que quantifiable en quelques ppb (poids lipide) jusqu’en 2013, l’hexabromocyclododécane (HBCDD) n’était pas détectable dans les échantillons de graisse d’ours en 2014 ou en 2015. Au cours de la période de 2007 à 2015, les concentrations de SPFO et de PFCA sont demeurées élevées, n’ont pas diminué et sont demeurées très élevées dans le foie de l’ours. Des paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC) se trouvaient dans des échantillons de graisse de 2014, à des niveaux de concentration moyenne de PCCC de 450 ± 300 ng/g poids humide, et nous espérons qu’ils pourront être mesurés de nouveau dans les échantillons de 2017. Un sous-ensemble des échantillons de 2017 sera analysé pour détecter une série de polychloronaphthalènes, afin de compléter les données des échantillons de 2007, 2014 et 2016 chez l’ours. L’année de surveillance actuelle de 2017 est une année impaire, de sorte que les POP hérités du passé (c.-à-d., les BPC, chlordanes et DDT et ClBz) ne seront pas surveillés. Pour 2017, les données d’échantillonnage seront produites essentiellement pour tous les nouveaux POP qui figurent comme des priorités du PLCN énumérées à l’annexe A, appendice B, y compris le mercure total. Afin d’identifier plus clairement les tendances temporelles, on évalue les variations des concentrations des POP qui sont attribuables à des facteurs de confusion, et ce à l’aide des données recueillies sur l’âge, le sexe, l’état corporel, le moment de la collecte des données, la teneur en lipides, l’alimentation et le réseau trophique (p. ex. les ratios d’isotopes stables du carbone et de l’azote et le profil en acides gras). Les habitants du Nord sont des partenaires indispensables du projet puisqu’ils mènent une chasse aux ours blancs sur une base annuelle et qu’ils fournissent ainsi des échantillons tissulaires aux fins de la surveillance des contaminants.
Tendances temporelles des concentrations de mercure et de composés organiques halogénés chez les bélugas de l’île Hendrickson, de Sanikiluaq et de Pangnirtung
Responsables(s) du projet
Gary A. Stern, Université de Manitoba,
Lisa Loseto, Steve Ferguson, and Cortney Watt, Fisheries and Oceans Canada,
Équipe
- Sonja Ostertag (DFO, FWI), Alexis Burt (Université de Manitoba), Kerri Pleskach (DFO), Bruno Rosenberg (DFO), Ashley Gaden (Université de Manitoba), Fisheries Joint Management Committee (FJMC), Liisa Jantunen (ECCC), Tom Harner (ECCC)
Résumé en langage clair
Le projet a pour but de tenir des données à jour sur les concentrations de contaminants chez les bélugas de l’Arctique et de poursuivre l’évaluation des tendances temporelles de la bioaccumulation de certaines substances, comme les métaux lourds et les composés organiques halogénés (COH). Ainsi, nous pourrons déterminer si les niveaux de contaminants chez les mammifères marins, et donc l’exposition des résidants de l’Arctique qui consomment ces animaux, changent avec le temps. Les résultats obtenus aideront aussi à vérifier l’efficacité des mécanismes internationaux de restriction et, conjointement avec des projets comme ArcticNet, à comprendre les effets que les variations climatiques peuvent avoir sur les concentrations de ces contaminants. Les variations du climat sont associées aux changements observés dans la pression atmosphérique au niveau de la mer, les champs de vent, la dérive de la glace de mer, la couverture de glace, la durée de la période de fonte, les tendances des précipitations, les caractéristiques hydrologiques, et la répartition des courants océaniques et des masses d’eau. Il est presque certain que ces changements primaires ont altéré le cycle du carbone, les relations trophiques entre les espèces et les systèmes biologiques. Quoi qu’il en soit, la difficulté rattachée à l’observation de ces changements, combinée avec des mesures chronologiques irrégulières et incomplètes, fait en sorte qu’il devient excessivement difficile de cerner ces changements. Comme les contaminants pénètrent dans les systèmes mondiaux et sont transportés par l’air et l’eau, les changements susmentionnés vont certainement altérer les voies des contaminants et, à terme, les teneurs observées dans l’écosystème marin de l’Arctique.
Tendances temporelles des contaminants dans les œufs des oiseaux de mer de l’Arctique
Responsables(s) du projet
Birgit Braune, Environnement et changement climatiques canada,
Mark Mallory, Acadia Université,
Kyle Elliott, McGill Université
Équipe
- Abde Miftah Idrissi, Guy Savard, Robert Letcher, Amie Black, Paul Smith, Grant Gilchrist; Environnement et changement climatiques canada
Résumé en langage clair
Depuis 1975, on surveille les concentrations de contaminants dans des œufs d’oiseaux de mer recueillis sur l’île Prince-Leopold, dans l’Extrême-Arctique canadien. Il s’agit du plus ancien programme de surveillance des contaminants dans les œufs des oiseaux de mer de l’Arctique circumpolaire. L’échantillonnage des œufs du guillemot de Brünnich de l’île Coats dans le nord de la baie d’Hudson s’est amorcé en 1993, afin d’établir un lieu de surveillance dans le Bas-Arctique à des fins de comparaison. On observe un déclin de la plupart des POP hérités du passé (PCB et DDT), de même que des dioxines et des furanes. Les concentrations de mercure ont augmenté, mais la tendance semble s’être stabilisée. L’année dernière, nous avons examiné les relations entre les variables liées aux changements climatiques et les tendances liées aux contaminants dans les œufs des oiseaux de mer de l’île Prince-Leopold. Les changements climatiques semblent avoir un effet interannuel léger, mais notable, sur les concentrations de contaminants des œufs d’oiseaux de mer à cet endroit. La surveillance annuelle des œufs du guillemot de Brünnich et du Fulmar boréal à l’île Prince-Leopold et des œufs de guillemot de Brünnich à l’île Coats depuis 2005 a renforcé l’utilité de ces séries chronologiques. Toutefois, même si le plan directeur du PLCN précise de continuer l’échantillonnage annuel dans les deux colonies, le comité de cogestion de la région Sulukvait (ACMC) a soulevé des préoccupations relatives aux activités de recherche et de surveillance annuelles des oiseaux de mer menées à l’île Prince-Leopold. Environnement et Changement climatique Canada poursuivra ses efforts pour signifier à l’ACMC l’importance et l’utilité des données et de l’information générée par le programme d’étude sur le terrain à l’île Prince-Leopold et discuter des options pour les activités de recherche et de surveillance futures.
Tendances temporelles et variations spatiales du mercure chez l’omble chevalier anadrome dans la région de Cambridge Bay, au Nunavut
Responsables(s) du projet
Marlene S. Evans, Environnement et changement climatiques canada
Derek Muir, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
- Ekaluktutiak (Cambridge Bay) Hunters & Trappers Organization; Les Harris, Fisheries and Oceans Canada; Milla Rautio, Univeristé du Québec à Chicoutimi; Donald S. McLennan, Canadian High Arctic Research Station; Jane Kirk, Environnement et changement climatiques canada; Jonathan Keating, Environnement et changement climatiques canada; Xiaowa Wang, Environnement et changement climatiques canada.
Résumé en langage clair
Avec cette étude, on poursuivra l’analyse des tendances des concentrations en mercure (et en métaux) chez l’omble chevalier anadrome provenant de la pêche locale à Ekaluktutiak, dans la baie Cambridge. Bien que les concentrations de mercure soient faibles chez l’omble chevalier, nous continuons la surveillance dans notre enquête afin de déterminer de quelle façon les tendances relatives aux concentrations de mercure réagissent aux changements climatiques, aux régimes de circulation de l’air et aux émissions asiatiques et autres émissions de mercure. Comme dans les années précédentes, 20 individus seront récoltés par des pêcheurs locaux et nous seront remis à des fins d’analyse; nous collaborerons avec l’organisation de chasseurs et de trappeurs pour effectuer ces prises. En outre, nous continuerons de collaborer avec d’autres projets qui étudient certaines caractéristiques biologiques de l’omble chevalier et leur environnement, y compris Les Harris qui procède à des évaluations des populations dans les principales rivières et les principaux lacs qui servent à la pêche commerciale, Donald McLennan de la Station de recherche du Canada dans l’Extrême-Arctique qui travaille à l’élaboration d’un programme de surveillance au lac Grenier et Milla Rautio, Université du Québec à Chicoutimi, qui mène des études sur la biodiversité et la productivité au lac Grenier et dans d’autres lacs à proximité, en plus d’étudier la composition en acides gras, notamment sur les spécimens d’omble que nous lui fournissons. Dans ces études, nous continuerons de récolter le touladi et l’omble chevalier, de nouveau en collaboration avec les chasseurs et les trappeurs d’Ekaluktutiak et à l’aide des fonds d’ECCC. Nous effectuerons une visite à l’été 2017 pour faire le point sur les résultats de l’étude, examiner les possibilités de mener une étude additionnelle sur ces populations et effectuer un échantillonnage limité sur le terrain.
Tendances temporelles des polluants organiques persistants et du mercure chez l’omble chevalier confiné aux eaux intérieures de l’Extrême-Arctique
Responsables(s) du projet
Derek Muir, Environnement et changement climatiques canada
Jane Kirk, Environnement et changement climatiques canada
Günter Köck, Institute for Interdisciplinary Mountain Studies (ÖAW-IGF), Austria
Équipe
- Debbie Iqaluk, Resolute Bay; Ana Cabrerizo, Jacques Carrier and Enzo Barresi Environnement et changement climatiques canada; Ben Barst, McGill Université; Xiaowa Wang, Camilla Teixeira, Amber Gleason, Amy Sett and Mary Williamson, Environnement et changement climatiques canada
Résumé en langage clair
Le projet étudie l’évolution temporelle des concentrations de contaminants chez l’omble chevalier confiné aux eaux intérieures de l’Arctique dans des lacs du Nunavut. Notre approche consiste à mesurer les concentrations de polluants comme les polluants organiques persistants (POP) et le mercure chez le poisson, chaque année, pour vérifier si les niveaux diminuent ou augmentent. Lancé en 1999, le projet portait sur les lacs Char et Resolute, car des ombles chevaliers y avaient été prélevés antérieurement. Depuis, nous avons continué de prélever des échantillons chaque année aux lacs Resolute et Char et avons ajouté le lac Amituk, le lac Hazen au parc national Quttinirpaaq sur l’île d’Ellesmere, ainsi que les lacs North et Small, à l’ouest de Resolute Bay. Le projet a réussi à compiler des données sur les tendances à long terme (10 à 20 années d’échantillonnage sur environ 25 ans) des concentrations de POP et de mercure, et nous avons été en mesure d’examiner les facteurs qui exercent une influence sur les concentrations de contaminants chez les ombles confinées, comme la période du déglacement des lacs, le régime de l’omble et le réchauffement climatique.
Tous les échantillons recueillis chez le poisson jusqu’à maintenant ont été soumis à une analyse en vue de détecter du mercure. Des métaux toxiques comme le cadmium ainsi que des éléments essentiels comme le sélénium ont aussi été mesurés. On a également effectué des analyses des concentrations de biphényles polychlorés (BPC) et d’autres polluants organiques persistants, notamment les nouveaux contaminants. Les concentrations de mercure chez l’omble chevalier ont diminué dans les lacs Amituk, Resolute, North, et Char, mais augmentent lentement dans le lac Small. Les concentrations de BPC et de pesticides chlorés sont faibles et, d’une façon générale, elles ont diminué dans les quatre lacs à l’étude au cours de la période de 1992-1993 à 2015, même si on a observé une légère augmentation des concentrations de BPC au lac Resolute de 2009 à 2015. En 2017-2018, nous prévoyons poursuivre l’échantillonnage annuel dans les lacs Amituk, North, Small, Hazen, et Resolute. Conformément au plan directeur de PLCN, nous analyserons les échantillons pour détecter uniquement le mercure, certains multiéléments et certains nouveaux contaminants sélectionnés.
Depuis 2005, Debbie Iqaluk travaille au projet, ce qui nous a permis de récolter des poissons dans l’ensemble de nos lacs ciblés sur l’île Cornwallis, dans une diversité de conditions météorologiques et de glace. L’échantillonnage est effectué principalement par Cornwallis, même si Debbie a pêché quelques poissons à la ligne. Les résultats du projet continueront d’être transmis annuellement, dans les meilleurs délais, à l’Association des chasseurs et des trappeurs, au hameau de Resolute Bay (Qausuittuq) et au Comité des contaminants du Nunavut.
Tendances spatiales et à long terme des contaminants organiques persistants et des métaux chez le touladi et la lotte des Territoires du Nord-Ouest
Responsables(s) du projet
Derek Muir, Environnement et changement climatiques canada
Marlene S. Evans, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
Rosy Bjornson and Diane Giroux, Akaitcho Territory Government, Fort Resolution; Lauren King, Lutsel K’e Dene First Nation; George Low and Mike Low, Aboriginal Aquatic Resource and Oceans Management Program; Xinhua Zhu, Fisheries and Oceans Canada; Jane Kirk, Environnement et changement climatiques canada; Jonathan Keating, Environnement et changement climatiques canada; Xiaowa Wang and Sean Backus, Environnement et changement climatiques canada
Résumé en langage clair
Notre étude consiste à mesurer les tendances dans les concentrations de mercure et d’autres métaux et polluants organiques persistants chez le touladi et la lotte de trois sites dans deux régions du Grand lac des Esclaves. On se procurera les touladis auprès de pêcheurs locaux pratiquant la pêche vivrière à Lutsel K’e sur le bras oriental du Grand lac des Esclaves et auprès de pêcheurs pratiquant une pêche commerciale à partir de Hay River sur le bassin occidental du lac, tandis que les lottes seront obtenues auprès de pêcheurs commerciaux à Fort Resolution sur le delta de la rivière des Esclaves. Vingt individus de chaque espèce seront récoltés à chaque emplacement par les membres de la collectivité. En 2017, les analyses chimiques porteront sur le mercure, les métaux, les contaminants organiques persistants hérités du passé (p. ex. BPC, DDT) et des nouveaux contaminants émergeant (PBDE, APFC). Dix individus de chaque emplacement et de chaque espèce seront analysés. Même si les poissons récoltés ne seront pas tous soumis à une analyse en vue de détecter des contaminants organiques, les tissus seront conservés à des fins d’analyse éventuelle à une date ultérieure. Nous mettrons à jour nos analyses des tendances liées aux contaminants organiques chez le touladi et la lotte dans le Grand lac des Esclaves et la synthèse de nos études sur les tendances liées au mercure chez plusieurs espèces de poissons du Grand lac des Esclaves et d’autres régions des T. N.-O. Les résultats seront communiqués à nos collectivités partenaires dans le cadre d’une visite coordonnée dans la région du Grand lac des Esclaves, idéalement pendant les mois d’été. Cela nous donnera l’occasion de discuter des résultats de l’étude, d’examiner la possibilité d’établir des partenariats communautaires élargis, d’effectuer un échantillonnage lacustre et de donner de la formation sur place. Nous maintiendrons également des communications régulières par courriel et par téléphone. Nous continuerons de collaborer avec nos homologues qui mènent des études sur des sujets connexes dans cette région.
Études des tendances temporelles des métaux traces et des composés organiques halogénés, y compris les composés persistants nouveaux, chez la lotte du fleuve Mackenzie à Fort Good Hope (T. N.-O.)
Responsables(s) du projet
Gary Stern, Université de Manitoba
Équipe
Alexis Burt (CEOS), Liisa Jantunen (ECCC), Tom Harner (ECCC), Fort Good Hope Renewable Resource Council and community members
Résumé en langage clair
Le projet a pour but de tenir des données à jour sur les niveaux de contaminants chez les lottes du fleuve Mackenzie et de continuer à évaluer les tendances temporelles de la bioaccumulation de substances, comme des métaux en traces (par exemple du mercure, du sélénium, de l’arsenic, du plomb et du cadmium), des contaminants organochlorés (par exemple des BPC, du DDT, du toxaphène) et certains produits chimiques d’usage courant, comme les produits ignifuges bromés (par exemple l’EDP et le HBCDD) et des composés organiques fluorés (par exemple le SPFO et ses précurseurs), afin de déterminer si les niveaux de ces contaminants chez les poissons (santé du stock de poissons), et ainsi l’exposition des résidants des collectivités de l’Arctique qui consomment ces poissons dans leur régime traditionnel, augmentent ou diminuent au fil du temps.
Les tissus de lottes recueillis à Fort Good Hope en décembre 2017 seront analysés pour déterminer les concentrations en mercure et en sélénium. Ces données ont été combinées à celles qui existaient sur le mercure (1985, 1988, 1993, 1995, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013), lesquelles couvrent une période de 32 ans et 22 points de mesure. Comme il est décrit dans la demande de propositions du PLCN, une analyse des composés organiques sera effectuée en 2017. Nos ensembles de données temporelles actuels comprennent des points de mesures sur 27 ans.
Tendances à long terme des contaminants organiques halogénés et des métaux chez le touladi de deux lacs du Yukon : les lacs Kasawa et Laberge
Responsables(s) du projet
Gary Stern, Université de Manitoba
Mary Gamberg, Gamberg Consulting
Équipe
- Derek Cooke, Ta’an Kwach’an Council (TKC); Dixie Smeeton, Champagne Aishihik First Nation (CAFN); James Macdonald, Council de Yukon First Nations; Oliver Barker, Environment Yukon; Darrell Otto, Yukon College; Ellen Sedlack, Yukon Contaminants Committee (YCC); Liisa Jantunen (ECCC).
Résumé en langage clair
L’objectif de ce projet est de maintenir des données à jour sur les concentrations de contaminants chez le touladi dans deux lacs du Yukon (Laberge et Kusawa) afin de continuer d’évaluer les tendances temporelles en matière de bioaccumulation de substances comme les métaux traces (p. ex. mercure, sélénium, arsenic), les contaminants organochlorés (p. ex. BPC, DDT, toxaphènes) et des produits chimiques d’usage courant comme les produits bromés ignifugeants, et les composés organiques fluorés (p. ex. PBDE). Le projet prévoit l’établissement d’un partenariat avec deux Premières Nations qui détiennent un territoire traditionnel sur chacun des lacs (Ta’an Kwach’an sur le lac Laberge et Champagne Aishihik sur le lac Kusawa) pour prélever des échantillons chez le poisson et établir le contact avec des jeunes et des Aînés afin de favoriser un échange sur les contaminants et les connaissances autochtones et locales.
Programme de surveillance des contaminants dans le caribou de l’Arctique
Responsables(s) du projet
Mary Gamberg, Gamberg Consulting
Équipe
Mike Suitor, Martin Kienzler and Al Fontaine, Yukon Government; Mary Maje, Ross River Dena Council, YT; Tracy Davis, Government de Northwest Territories; Mitch Campbell, Government de Nunavut; Martha Blake, Inuvik Hunters and Trappers Organization, NT, Alex Ishalook, Arviat Hunters and Trappers Organization, NU; Xiaowa Wang and Derek Muir, Environment & Climate Change Canada.
Résumé en langage clair
Le présent projet examine les concentrations de contaminants chez le caribou de l’Arctique canadien afin de déterminer si les populations restent saines (d’après les charges de contaminants), si ces importantes ressources demeurent des aliments sûrs et sains pour les résidents du Nord et si les concentrations de contaminants varient au fil du temps.
Les études antérieures avaient déterminé que les concentrations de cadmium et de mercure dans les foies et les reins du caribou du Nord circumpolaire étaient supérieures à celles observées chez les animaux domestiques élevés à des fins alimentaires. Cette observation est à l’origine de la communication d’un avis du Ministère de la santé et des services sociaux du Yukon fondé sur une évaluation de la santé effectuée par Santé Canada (une consommation maximale de 25 reins ou 12 foies entiers est recommandés par personne par année dans le cas du caribou de la Porcupine). Même si une étude effectuée par le Centre pour l’alimentation et l’environnement des peuples autochtones a confirmé que la consommation des aliments traditionnels était sans danger selon les taux de consommation estimés, elle recommandait quand même la mise en place d’un programme de surveillance des tendances afin de s’assurer que les concentrations n’augmentent pas en raison des contaminants locaux ou transportés à longue distance et de pouvoir gérer les nouveaux contaminants à mesure qu’ils sont détectés.
Le projet prévoit de surveiller annuellement deux hardes de caribous : Porcupine au Yukon et Qamanirjuaq au Nunavut. La surveillance des populations dans l’est et l’ouest de l’Arctique permettra une meilleure compréhension de la répartition des contaminants dans l’Arctique et de la variabilité des charges de contaminants entre les hardes. Deux hardes additionnelles, les caribous de Finlayson et de Peary, de Resolute, seront surveillées cette année. Les scientifiques échantillonneront 20 individus de chaque harde et analyseront les reins des caribous pour y déceler les concentrations de 34 éléments, dont l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure. On effectuera également des prélèvements de foies pour détecter un composé bromé et deux composés fluorés ayant été trouvés dans le passé chez le caribou et pour en déterminer les concentrations.
Surveillance communautaire de l’eau de mer pour mesurer les contaminants organiques et le mercure dans l’Arctique canadien
Responsables(s) du projet
Derek Muir, Amila De Silva and Jane Kirk, Environnement et changement climatiques canada
Rainer Lohmann, Université de Rhode Island
Équipe
Communities
Peter Amarualik Sr, Resolute,
Rodd Laing, Nunatsiavut Government
Liz Pijogge, Nunatsiavut Government
Stephen Insley, Wildlife Conservation Society Canada,
Wayne Gully, Sachs Harbour,
Government
Xiaowa Wang, Christine Spencer and Camila Teixeira, Amber Gleason ECCC,
Ana Cabrerizo, ECCC, and Instituto de Diagnóstico Ambiental y Estudios del Agua (IDAEA), Spain
Liisa Jantunen, ECCC,
Trevor Brown, Department de Fisheries and Oceans
Université
Mohammed Khairy, Université de Rhode Island
Dave Adelman, Université de Rhode Island
Jean-Sebastien Moore, Université Laval
Nigel Hussey, Université de Windsor
Résumé en langage clair
Le projet vise à combler une lacune dans les connaissances recensée dans le plan directeur du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, par rapport au manque de données sur les concentrations et les tendances temporelles des contaminants dans les eaux marines. Le projet s’est amorcé en mai 2014 et prenait appui sur les travaux antérieurs réalisés dans le détroit de Barrow près de Resolute en 2011 et en 2012. L’année dernière, il est devenu un projet de surveillance fondamental. On a réussi à prélever des échantillons d’eau de mer pour contrôler une gamme complète de contaminants dans le détroit de Barrow, sous la couverture de glace (mai-juin) et dans les eaux libres (août-septembre 2016) à l’aide 1) d’échantillonneurs passifs (pellicule de plastique mince) déployés pendant des périodes de cinq à six semaines, 2) de bouteilles à prise d’eau de grand volume (200 litres) et 3) d’échantillonneurs Niskin pour obtenir des échantillons d’un litre à différentes profondeurs. Plusieurs prélèvements ont aussi été effectués dans le fjord d’Anaktalak, près de Nain, en utilisant des échantillonneurs passifs et Niskin pendant la saison des eaux libres en juillet. Des échantillonneurs passifs ont été déployés avec succès dans la baie de Wellington, près de Cambridge Bay dans le détroit Barrow et dans la mer de Beaufort près de Sachs Harbour dans les eaux libres, en août 2016. L’analyse des concentrations en produits chimiques résistant aux taches et additifs industriels (perfluorés) a été menée à bien; elle montre que les concentrations de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) ont, depuis le milieu des années 2000, diminué jusqu’à n’être plus détectables. Les concentrations de mercure dans le détroit de Barrows (2014-2016) demeurent inchangées par rapport à il y a 10 ans (2004-2005).
Pour 2017-2018, nous proposons de répéter l’échantillonnage en mai et en août dans le détroit de Barrow, et d’établir deux périodes d’échantillonnage dans le fjord d’Anaktalak avec l’aide de la collectivité locale et des scientifiques. En outre, nous proposons de déployer de nouveau les échantillonneurs passifs dans la mer de Beaufort près de Sachs Harbour, de la baie de Wellington près de Cambridge Bay ainsi que dans le détroit de Davis. Notre objectif final consiste à étendre les renseignements existants sur la présence et les concentrations de contaminants dans l’eau de mer à Resolute afin qu’il soit possible d’élaborer une série chronologique. Les résultats obtenus à d’autres sites permettront d’effectuer des comparaisons afin de valider la représentativité du détroit de Barrow en tant que site d’échantillonnage. Comme il permet de produire un ensemble de données temporelles à long terme, ce projet peut être utilisé pour prévoir et mieux comprendre les répercussions de l’évolution des glaces, du pergélisol et de la neige sur les concentrations de contaminants dans les eaux de mer.
Évaluer les polluants organiques persistants dans l’air et l’eau de l’Arctique canadien comme points d’entrée dans la chaîne alimentaire arctique
Responsables(s) du projet
Liisa M. Jantunen, Environnement et changement climatiques canada
Équipe
Hayley Hung, Amila De Silva and Derek Muir, Environnement et changement climatiques canada
Gary Stern, Monika Pucko and Alexis Burt, Université de Manitoba
Jason Carpenter, Daniel Martin et un Étudiant du Nunavut Arctic College.
Chelsea Rochman, Université de Toronto
Résumé en langage clair
En collaboration avec ArcticNet, nous proposons de prélever des échantillons d’air, d’eau et de sédiments afin de détecter des contaminants organiques persistants dans l’archipel canadien à l’été 2017. Les contaminants sur lesquels les efforts sont axés sont les pesticides, les produits ignifuges, les composés contenant du fluor et les composés dérivés de combustibles fossiles. La principale préoccupation relative aux polluants organiques persistants (POP) est qu’ils sont absorbés par le biote de l’Arctique, y compris le poisson, le phoque et la baleine, de sorte que les habitants du Nord s’exposent à des contaminants lorsqu’ils consomment des aliments traditionnels.
Notre groupe mène des recherches sur les pesticides dans l’Arctique depuis le début des années 1990. Au fil des ans, les types de composés étudiés ont évolué à mesure que les listes des composés préoccupants se sont allongées. Ces travaux sont menés à bien par l’échantillonnage de l’air à Alert, et un projet portant sur la morue polaire ciblant la même liste de composés.
Nous avons cerné les tendances dans les concentrations de pesticides dans l’air et dans l’eau au fil du temps en prélevant des échantillons à différents endroits de l’archipel canadien. Nous proposons de continuer de mesurer ces tendances et de cerner des tendances pour les composés ciblés plus récents. En général, les tendances montrent que les concentrations des substances chimiques interdites sont en baisse dans l’air et dans l’eau, tandis que celles des substances chimiques encore utilisées sont soit constantes, soit en augmentation. Nous espérons recruter un étudiant du Nunavut, du Collège de l’Arctique, à Iqaluit, pour prêter main-forte avec l’échantillonnage.
Enquête sur les effets toxiques du mercure chez l’omble chevalier confiné aux eaux intérieures
Responsable(s) du projet
Niladri (Nil) Basu , Centre d’études sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones (CENEPA).
Équipe
Paul Drevnick, Alberta Environment and Parks
Derek Muir, Environment and Climate Change Canada
Debbie Iqaluk, Resolute Bay, NU
Günter Köck, Austrian Academy of Sciences and University of Innsbruck
Résumé en langage clair
Dans l’Arctique canadien, les concentrations de mercure dans les tissus de l’omble chevalier sont élevées, environ 30 % des populations échantillonnées dépassant les seuils de toxicité. À partir de 2011, grâce au financement provenant du PLCN, nous avons pu entreprendre la collecte d’ombles dulcicoles dans des « lacs situés dans des écosystèmes présentant un intérêt pour le PLCN » sur l’île Cornwallis, en coopération avec le projet de surveillance de base, afin de déterminer si les populations sauvages étaient effectivement confrontées à la toxicité du mercure. Les résultats montrent des effets possibles peu marqués sur la reproduction et des effets plus prononcés sur le foie. Ici, à notre dernière année d’une enveloppe de financement prévue de cinq ans, nous proposons de combler les lacunes dans les données, de mener des activités de récapitulation et de résumer l’effort global à l’aide d’un cadre de parcours de résultats néfastes (PRN). Nous proposons aussi de prélever des tissus chez l’omble à partir des quatre lacs de « écosystème focal du PLCN » et de deux lacs couverts par le Cape Bounty Arctic Watershed Observatory, situé sur l’île Melville, pour nous permettre d’examiner les effets éventuels du Hg dans des systèmes touchés par des modifications liées aux changements climatiques. Nos travaux sont considérés comme nouveaux, parce qu’ils vont au-delà de la documentation des concentrations de mercure chez les poissons et qu’ils fournissent des connaissances essentielles sur l’état de santé des poissons, ce qui s’avère pertinent dans le contexte du plus récent plan directeur du PLCN, où on mentionne que « la santé des populations autochtones du Nord est intimement liée à la santé des écosystèmes arctiques ».
Effets des changements climatiques sur la mobilisation et la bioaccumulation des polluants organiques persistants dans les systèmes d’eau douce de l’Arctique
Responsable(s) du projet
Ana Cabrerizo, Amila De Silva, Derek Muir , Direction des sciences et de la technologie de l’eau, Environnement et Changement climatique Canada.
Équipe
Jane Kirk, Xiaowa Wang, Chris Spencer, Camila Teixeira, Environment and Climate Change Canada,
Debbie Iqaluk, Resolute Bay, NU
Scott Lamoureux and Melissa Lafreniere, Queen’s University
Résumé en langage clair
Il s’agit d’une proposition visant à mener à terme la deuxième et dernière année d’un projet de recherche dans le PLCN pour étudier les effets du réchauffement climatique et de la fonte du pergélisol sur les polluants organiques dans l’eau et chez le poisson dans deux lacs sur l’île Melville. Cette proposition vise à combler une lacune dans les connaissances qui avait été cernée dans le plan directeur du PLCN et à répondre au besoin d’obtenir plus d’information sur l’influence des changements climatiques sur la disponibilité des contaminants dans les écosystèmes arctiques. Le projet prend appui sur les études en cours à la station d’observation arctique des bassins hydrographiques du Cape Bounty sur l’île Melville (Cape Bounty Arctic Watershed Observatory [CBAWO]), où se trouvent les deux bassins lacustres qui ont été beaucoup étudiés dans les 10 dernières années, afin d’enregistrer les changements dans l’apport en sédiments, en matières organiques, en nutriments et en mercure attribuable aux perturbations du pergélisol. On a montré que ces changements augmentaient les mouvements du césium, du mercure et du rubidium et leur biodisponibilité pour l’omble chevalier, par rapport à un milieu environnant intact. Ce site bien étudié offre une occasion unique d’élargir ces travaux pour la première fois aux polluants organiques persistants (POP). En 2016, des échantillons de neige, d’eau des lacs et des rivières, de carottes, de sédiments, de sol, de végétation, de zooplancton et de poissons ont été prélevés dans les deux lacs. Ils sont actuellement analysés en vue de détecter des POP, dont des BPC et des produits chimiques fluorés (apprêts antitaches), qui pénètrent dans les bassins hydrographiques par dépôt atmosphérique par la neige et la pluie. Jusqu’ici, les résultats montrent que les tendances dans les concentrations de produits chimiques fluorés chez l’omble dans les deux lacs, au cours de la période 2008 à 2015, ainsi que les concentrations dans l’eau de lacs, les sols du bassin versant et le poisson sont comparables, et ce, malgré d’importantes différences au chapitre de la turbidité des eaux du lac. La condition des poissons et la teneur en lipides des poissons dans le lac touché se détériorent, probablement parce que la turbidité de l’eau nuit à leur alimentation. Les résultats du projet nous aideront à comprendre les répercussions que les changements des voies de transport et des conditions climatiques entraînent sur le transfert des contaminants des bassins versants aux rivières et aux lacs de l’Arctique et à leurs réseaux trophiques, qui sont des sources importantes d’aliments et d’eau à boire pour les collectivités nordiques.
Changements climatiques, contaminants, écotoxicologie : interactions chez les oiseaux marins de l’Arctique aux limites méridionales de leur aire
Responsable(s) du projet
Kyle Elliott, McGill University
Kim Fernie, Environment & Climate Change Canada
Équipe
B. Braune, R. Letcher; Environment & Climate Change Canada
J. Head; McGill University
Résumé en langage clair
Les effets des contaminants sur la faune arctique surviennent dans un contexte de changements climatiques rapides. Les contaminants peuvent provoquer de la perturbation endocrinienne et des effets connexes sur la reproduction. Étant donné que le système endocrinien joue un rôle crucial chez les animaux, leur permettant de réagir aux stress environnementaux, la perturbation endocrinienne pourrait limiter la plasticité des espèces sauvages pour réagir aux changements climatiques. Nous proposons de continuer d’examiner de quelle façon la capacité de réaction des oiseaux de mer aux conditions de glace changeante est touchée par un ensemble de contaminants prioritaires du PLCN et hérités du passé. Notre étude fait fond sur la réussite de cette étude financée par le PLCN à l’année 1 (2016), où 38 individus ont été suivis au moyen d’accéléromètres GPS et où les concentrations d’hormones, de mercure et de PIB ont été mesurés (ou le seront sous peu) chez les 38 individus. Les concentrations de PFAS ont été mesurées dans le plasma de 10 individus. Ainsi, nous avons dépassé nos objectifs pour l’année 1, en caractérisant les contaminants prioritaires du PLCN chez l’ensemble des individus échantillonnés. Comme les conditions des glaces ne sont jamais identiques d’une année à l’autre, l’obtention des données pour une deuxième année renforcera non seulement notre efficacité statistique, mais nous permettra aussi de contrôler la variabilité des conditions de glace d’une année à l’autre. Les données de 2017 seront particulièrement intéressantes compte tenu du gel exceptionnellement tardif à la baie d’Hudson en décembre 2016. Nous continuerons d’étudier les guillemots de Brünnich à la limite méridionale de leur aire de répartition (île Coats en juillet-août 2017-2018), où les changements climatiques ont une forte influence sur la santé des oiseaux de mer. Lorsque la glace se brise plus tôt, les adultes dépensent plus d’énergie pour obtenir moins de nourriture et les jeunes Guillemots se développent plus lentement. Il est probable que les systèmes hormonaux participent de ce phénomène, des concentrations élevées d’hormones de stress, par exemple de corticostérone, et, potentiellement, d’hormones thermorégulatrices, par exemple les hormones thyroïdiennes, contraignant les individus à accroître leurs dépenses énergétiques, à voler plus loin et à trouver d’autres sources de prédation. On s’attend à ce que des concentrations élevées de contaminants perturbent la régulation hormonale et, en conséquence, la relation entre les hormones et les dépenses énergétiques chez les oiseaux de mer. Plus précisément, étant donné que l’intensité des dépenses énergétiques nécessaires pour accéder à la nourriture dépend de l’éloignement de la glace – plus elle est lointaine plus les dépenses seront élevées –, on s’attend à ce que la perturbation chimique de cette relation puisse expliquer pourquoi certains individus semblent incapables de modifier leur comportement alimentaire en réponse à l’évolution des conditions glaciaires. Les résultats de cette étude pourront aider les résidents du Nord à comprendre comment les contaminants et les changements climatiques interagissent pour influer sur les espèces sauvages.
Les plastiques comme vecteur de contaminants chez les oiseaux marins de l’Arctique
Responsable(s) du projet
Mark Mallory and Jennifer Provencher, Acadia University
Équipe
Amie Black, Birgit Braune, Kim Fernie, Robert Letcher; Environment and Climate Change Canada
Peter Ross, Vancouver Aquarium
Résumé en langage clair
Les oiseaux de mer ingèrent souvent des débris de plastique, même dans les eaux de l’Extrême-Arctique, mais ce n’est que tout récemment qu’on a commencé à s’interroger sur les répercussions de cette pollution ingérée. Depuis 2003, l’équipe qui étudie les oiseaux de mer de l’Arctique a tenté de répertorier les espèces d’oiseaux de mer du Nord qui sont vulnérables à la pollution des milieux marins par le plastique. Plus important encore, de plus en plus de données probantes montrent qu’une fois que le plastique se retrouve dans le tube digestif des oiseaux de mer, les contaminants absorbés par le plastique sont rejetés, ce qui peut entraîner des effets nocifs sur les espèces sauvages exposées. Le projet vise à élargir les efforts en cours pour déterminer si des contaminants chimiques sont associés à des plastiques ingérés et, par voie de conséquence, si on peut transférer les connaissances dégagées aux oiseaux de mer arctique (Fulmars boréaux; Fulmarus glacialis) et à la mouette tridactyle (Rissa tridactyla). Dans la deuxième phase de ce projet, on examinera les concentrations de contaminants connus chez deux espèces d’oiseaux de mer et on s’efforcera de déterminer si elles sont associées à des niveaux différents d’ingestion de plastique. Les concentrations de contaminants chimiques seront comparées entre des individus mâles et femelles, ainsi qu’entre des appariements d’échantillons d’individus femelles et d’œufs. Ces travaux seront réalisés en utilisant les échantillons recueillis chez des oiseaux déjà en main et stockés au Centre national de la recherche faunique (Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa [Ont.]), et viennent compléter un programme de surveillance de base en cours du PLCN sur les oiseaux de mer. Ils prennent appui sur les travaux antérieurs réalisés dans cette région, et contribueront à préciser les risques que peuvent représenter les plastiques en milieu marin pour les oiseaux de mer, en plus de déterminer si les œufs contiennent des contaminants associés à des plastiques comme les phtalates. Fait important, le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (PSEA) et le PLCN ont cerné le besoin de mieux comprendre les répercussions des plastiques en milieu marin sur les espèces sauvages. C’est pourquoi les études démontrant l’étendue de la pollution par les plastiques et ses répercussions s’avèrent essentielles pour les activités d’évaluation de produits chimiques, aussi bien à l’échelon national qu’international. Ces travaux sont également pertinents pour servir de base à des études sur la santé des espèces qu’on pêche ou qu’on chasse.
Microplastiques dans le réseau trophique du béluga de la mer de Beaufort
Responsable(s) du projet
Peter S. Ross & Marie Noel, Vancouver Aquarium Marine Science Centre
Équipe
- Lisa Loseto, Fisheries, Oceans & the Canadian Coast Guard
Résumé en langage clair
Les microplastiques (particules de moins de cinq mm) sont de plus en plus perçus comme une menace à la vie océanique, et ils ont été détectés dans les environnements côtiers industrialisés de même que dans des régions éloignées du monde. Nous avions déjà signalé une distribution répandue des microplastiques dans le nord-est de l’Océan Pacifique, de même que l’ingestion par deux espèces de zooplanctons clés, ce qui avait soulevé des préoccupations sur les effets éventuels sur le biote. Nous proposons d’effectuer une étude ciblée sur les microplastiques dans le réseau trophique du béluga de la mer de Beaufort (Delphinapterus leucas) en collaboration avec la collectivité de Tuktoyaktuk. Le projet complétera un partenariat actuel avec Pêches et Océans et la Garde côtière canadienne pour faire le suivi de la distribution des microplastiques dans les eaux de mer à la grandeur de l’Arctique et chez le zooplancton, en prélevant des échantillons de morue polaire et de béluga de la mer de Beaufort dans une étude pilote. Nous proposons d’élargir la composante relative à la mer de Beaufort de ce partenariat avec le MPO, en détectant les microplastiques selon chaque proie dans chaque échantillon prélevé dans l’estomac du béluga (par opposition à l’extraction d’un composite unique dans l’estomac du béluga). Les échantillons additionnels du biote seront prélevés (zooplancton, morue polaire, cisco et éperlan) et des efforts semblables seront effectués pour isoler les proies dans le contenu de l’estomac de ces biotes en vue d’analyses ultérieures. Le projet comporte une composante scientifique citoyenne, car les membres de collectivités du sud de la mer de Beaufort participeront au prélèvement de sédiments dans les eaux de mer des zones intertidales. Les échantillons seront retournés au laboratoire où les étapes suivantes seront prises : I) extraction, II) dénombrements et mesures à l’aide d’un microscope et analyse d’images et III) spectrométrie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR) pour déterminer l’identité de la particule de microplastique. Ces résultats fourniront une évaluation de l’abondance et des types de microplastiques dans le réseau trophique du béluga du Sud de la mer de Beaufort et permettront d’évaluer le potentiel de transfert au réseau trophique. Les résultats favoriseront une meilleure compréhension des sources, du transport et du devenir, grâce à l’analyse combinée par microscopie/FTIR afin d’identifier les types de plastique présents dans le réseau trophique de Beaufort. Nous continuerons d’investir beaucoup de temps et d’efforts dans l’élaboration de protocoles de grande qualité pour l’échantillonnage, le stockage, l’extraction et l’analyse des microplastiques, afin de maximiser la fiabilité et la reproductibilité des résultats dans ce nouveau domaine d’étude que sont les microplastiques.
Interactions des effets des contaminants et des changements climatiques sur la santé du béluga de l’ouest de l’Arctique : application d’une boîte à outils élargie d’expression génétique à une série chronologique
Responsable(s) du projet
Marie Noel, Environment and Climate Change Canada
Lisa Loseto, Fisheries, Oceans & the Canadian Coast Guard
Équipe
Peter S. Ross, Vancouver Aquarium Marine Science Centre,
Kerri Pleskach, Fisheries, Oceans & the Canadian Coast Guard,
Bruno Rosenberg, Fisheries, Oceans & the Canadian Coast Guard
Gary Stern, University of Manitoba,
Gregg Tomy, University of Manitoba
Résumé en langage clair
Les bélugas (Delphinapterus leucas) de l’Arctique peuvent être vulnérables aux effets combinés des contaminants et du changement climatique.
Le PLCN a appuyé nos travaux antérieurs sur l’île Hendrickson (2008 à 2010) qui ont démontré un effet des BPC sur la santé du béluga de la mer de Beaufort en utilisant une nouvelle boîte d’outils génomiques (17 gènes)
Notre étude antérieure suggérait que les gènes impliqués dans le métabolisme étaient altérés par les changements d’une année à l’autre dans l’écologie de l’alimentation du béluga (Noel et coll., 2014). Cependant, mais une série chronologique plus longue est requise pour documenter les effets des changements climatiques sur leur santé.
Des échantillonnages additionnels au fil du temps permettront de mieux comprendre les effets des changements climatiques sur la santé du béluga et d’établir la distinction entre les stress causés par les changements climatiques et ceux causés par les contaminants.
Nous proposons :
- d’élargir notre boîte d’outils avec 10 nouveaux gènes qui fourniront de l’information sur le stress nutritionnel (au total 27 gènes)
- de prélever des échantillons additionnels chez des bélugas de la mer de Beaufort à l’été 2017
- d’analyser les échantillons de 2008, de 2009 et de 2010 pour 10 nouveaux gènes;
- d’analyser les échantillons de 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017 pour la boîte d’outils nouvellement élargie de 27 gènes
- d’analyser tous les échantillons pour établir les profils métabolomiques.
- d’évaluer les facteurs qui ont une incidence sur les profils de santé du béluga sur une période de huit ans.
Le projet sera mis en œuvre en partenariat avec le programme de surveillance du béluga à l’île Hendrickson et collaborera étroitement avec les membres de la communauté locale et avec les pêcheurs de bélugas de Tuktoyaktuk et de la région désignée des Inuvialuit.
Bilan massique du mercure dans le manteau de neige à la fonte printanière, à Iqaluit (Nunavut)
Responsable(s) du projet
Murray Richardson, Carleton University
Équipe
Chris Eckley, US Environmental Protection Agency
Jane Kirk, Amber Gleason, Greg Lawson, Environment and Climate Change Canada,
Jamal Shirley, Nunavut Research Institute/Nunavut Arctic College
Keegan Smith, Carleton University,
Résumé en langage clair
Les environnements marins et d’eau douce de l’Arctique sont sensibles à la pollution atmosphérique par le mercure (Hg) comme l’ont indiqué les concentrations élevées dans les réseaux trophiques maritimes et aquatiques, y compris chez le poisson et les mammifères marins consommés par de nombreux Autochtones et habitants du Nord. La neige joue un rôle de premier plan dans l’accumulation et l’exportation en aval de mercure atmosphérique dans les paysages arctiques. Ainsi, il convient d’effectuer plus de recherches pour comprendre le rôle de la neige et des processus de fonte sur le cycle du mercure dans ces régions. Plus particulièrement, il persiste des lacunes dans les connaissances actuelles sur la façon dont le régime des fontes printanières peut réguler le rejet de mercure de la base du manteau neigeux pendant la fonte jusque dans les eaux douces et les environnements marins, par opposition aux pertes rejetées dans l’atmosphère par volatilisation.
La principale question à laquelle cherchera répondre cette étude est la suivante : « comment les variations à court terme des conditions météorologiques (p. ex. sur des périodes allant de quelques jours à quelques semaines) pendant le printemps arctique jouent-elles sur la proportion du mercure rejeté par les eaux de fonte par rapport à la proportion réémise dans l’atmosphère à partir du manteau neigeux de la fin de l’hiver? » Les travaux proposés seront effectués juste à l’extérieur de la collectivité d’Iqaluit, Nunavut, là où se tiennent les activités de recherche en cours axées sur la surveillance de l’hydrologie hivernale et du bilan hydrique. Toutes les activités seront effectuées en étroite collaboration avec le personnel et les étudiants de l’Institut de recherche du Nunavut et du Programme des technologies environnementales du Collège de l’Arctique au Nunavut. Cette collaboration présente des occasions de formation et de recherche uniques pour les étudiants, tout en nous aidant à assurer la réussite des activités scientifiques sur le terrain en incorporant des connaissances locales et des méthodes de survie sur le terrain et la caractérisation des conditions de neige proposée par les adjoints sur le terrain dans le Nord. Les résultats de ces travaux prendront appui sur des études réalisées récemment à cet endroit, dans lesquelles d’importantes différences dans les concentrations de mercure à la fonte des neiges et dans les eaux des ruisseaux ont été observées d’une année à l’autre pendant les fontes printanières de 2014 et de 2015. Les connaissances scientifiques dégagées par l’étude proposée contribueront aussi à améliorer la compréhension des répercussions probables des changements climatiques sur le cycle du mercure dans l’Arctique et ses effets sur le mouvement du mercure entre le milieu terrestre, le milieu d’eau douce et le milieu marin pendant la fonte printanière.
Sources de méthylmercure, de substances perfluoroalkyliques et de biphényles polychlorés chez le phoque annelé du lac Melville dans le nord du Labrador
Responsable(s) du projet
Jane Kirk, Environment and Climate Change Canada
Équipe
Rodd Laing, Liz Pijogge, Carla Pamak, Environment Division, Nunatsiavut Government
Amila DeSilva, Derek Muir, Magali Houde, Amber Gleason, Environment and Climate Change Canada
Elsie Sunderland, Harvard University
Igor Lehnherr, University of Toronto
Tanya Brown, Memorial University of Newfoundland,
Résumé en langage clair
Les principaux objectifs de ce projet sont 1) de comparer l’importance des différentes sources de contaminants (mondiales contre locales; eau douce contre eau de mer) des réseaux trophiques du phoque annelé du lac Melville, au Labrador et 2) de déterminer les répercussions des principaux contaminants (méthylmercure, PFAS et BPC) sur la santé du phoque annelé du lac Melville. Les riverains du lac Melville se préoccupent des concentrations de contaminants dans les aliments qu’ils récoltent dans la nature, en particulier du méthylmercure et des augmentations prévues de méthylmercure résultant des activités de développement hydroélectrique de Churchill River. En outre, le lac Melville est un lieu d’étude unique de l’Arctique parce qu’il est touché à la fois par les eaux fluviales et océaniques et parce qu’il a un historique de contamination aux BPC à partir de sources locales, comme le barrage de Churchill Falls et la base aérienne de Goose Bay. Il est donc important que nous comprenions les sources des différents contaminants du phoque annelé du lac Melville qui pourraient être touchées par des changements touchant le milieu, comme des activités de développement hydroélectrique et les changements climatiques, avant que les activités de développement hydroélectrique soient amorcées.
Soixante-et-onze échantillons ont été prélevés chez le phoque par les chasseurs locaux de 2012 à 2016 et ils ont été analysés en vue de détecter du mercure, du méthylmercure et des isotopes stables de mercure. Un sous-ensemble de ces échantillons (n=10-40) est actuellement analysé en vue de détecter des PFAS et des BPC. Toutefois, la plupart des 71 échantillons prélevés à ce jour l’ont été sur des jeunes de l’année. Nous prélèverons donc de nouveaux échantillons (n=~15) en 2017 et les analyserons en vue de détecter une gamme complète de contaminants, ainsi que des marqueurs de maladie chez le phoque, ce qui renforcera les ensembles de données de référence. Dans chaque collectivité, l’échantillonnage est effectué par des chercheurs locaux et coordonné par le gouvernement du Nunatsiavut. Ils reçoivent de la formation, des trousses d’échantillonnage et des instructions. Les chasseurs enregistrent les coordonnées GPS et l’information biologique sur chaque phoque et sont rémunérés pour chaque trousse remplie. Les tissus de phoque sont analysés pour détecter chacun de ces contaminants : des échantillons de foie et des muscles pour détecter le mercure et le méthylmercure; des échantillons de foie pour détecter les PFAS et des échantillons de lard pour détecter les BPC. Les échantillons de muscles sont aussi analysés en vue de détecter des isotopes stables d’azote et de carbone pour évaluer les régimes alimentaires du phoque. Des sous-échantillons de foie seront aussi analysés pour contrôler certaines réponses biologiques sélectionnées par rapport à des concentrations de contaminants. Les échantillons seront stockés dans des congélateurs pour une utilisation dans des études ultérieures.
Étude des sources, de l’abondance et des types de microplastiques dans l’Arctique
Responsable(s) du projet
Chelsea Rochman, University of Toronto
Liisa Jantunen, Environment and Climate Change Canada
Patricia Corcoran, University of Western Ontario
Équipe
University of Manitoba: Gary Stern and Alexis Burt
Environment and Climate Change Canada: Hayley Hung
Université Laval: Catherine Lalande
University of Toronto: Miriam Diamond
Nunavut Arctic College: Jason Carpenter and Daniel Martin
Council of Yukon First Nations (CYFN): James Macdonald
Laberge Environmental Services
Ta’än Kwach’än Council: Derek Cooke
Yukon INAC: Ellen Sedlack
Résumé en langage clair
La pollution des microplastiques est présente partout sur la planète, mais l’information provenant des régions polaires est limitée. Même si on observe des traces de microplastique dans l’Arctique et l’Antarctique, on en connaît peu sur les sources, le devenir et l’étendue de la contamination. Nous proposons de répondre à ces questions dans l’Arctique canadien. Nous quantifierons la quantité et identifieront le type de microplastique dans l’air, dans l’eau, dans les sédiments et le zooplancton échantillonné à partir du CCGS Amundsen, dans la baie d’Hudson et aux alentours et dans les régions centre et est de l’archipel canadien. En outre, nous répondrons aux questions relatives aux sources et au devenir en utilisant deux types de renseignements. Premièrement, nous collaborerons avec des collectivités autochtones pour quantifier et catégoriser le plastique le long de leurs littoraux. Deuxièmement, nous comparerons la contamination au microplastique avec les habitudes d’utilisation des terres et la circulation de l’eau et de l’air. Les études antérieures et nos constatations préliminaires démontrent que les microplastiques sont présents dans les échantillons prélevés dans l’Arctique; cependant, une étude détaillée nous aidera à mieux comprendre où se retrouvent surtout les microplastiques, quels sont leurs sources et comment ils sont préservés ou dégradés. Les microplastiques présents dans l’Arctique soulèvent des préoccupations par rapport à leurs répercussions sur les espèces sauvages et les collectivités locales qui s’alimentent à partir des ressources marines. Les résultats de l’étude éclaireront des recherches futures qui répondront à des questions relatives à ces répercussions.
Changements temporels à petite échelle de l’accumulation de mercure chez le phoque annelé (Pusa hispida) du Labrador à l’aide de la technologie d’ablation au laser appliquée aux moustaches et aux griffes : influence d’un régime des glaces en évolution
Responsable(s) du projet
Tanya Brown, Memorial University
Marie Noel, Vancouver Aquarium
Équipe
Aaron T. Fisk, University of Windsor
Peter S. Ross, Vancouver Aquarium Marine Science Centre
Ken J. Reimer, Royal Military College of Canada
Jody Spence, School of Earth and Ocean Science’s ICP-MS and Laser Ablation Facility
Résumé en langage clair
- Cette étude a pour objectif de mieux comprendre les facteurs influençant les variations intra- et interannuelles des concentrations de mercure chez les phoques annelés dans le nord du Labrador. Pour ce faire, les concentrations de mercure seront mesurées le long des moustaches et des griffes d’un certain nombre de phoques annelés à l’aide d’une technologie de pointe.
- Les moustaches du phoque annelé croissent tout au long de l’année et tombent chaque année, permettant ainsi de disposer de données sur les variations des accumulations de mercure au cours de l’année. En revanche, ses griffes s’allongent pendant toute la vie de l’animal et fournissent ainsi des tendances sur une année et sur plusieurs années en matière d’accumulation de mercure.
- Les concentrations de mercure de sur les moustaches et les griffes seront comparées à des échantillons de foie et de muscles, deux tissus souvent utilisés à des fins de biosurveillance et qui présentent des critères d’effets toxicologiques connus dans la littérature.
- Les échantillons archivés des tissus de griffes, de moustache, de foie et de muscle prélevés chez le phoque annelé dans notre étude sur le réseau trophique marin et la santé du phoque annelé (deux programmes de recherche financés par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord entre 2008 et 2011) seront utilisés.
- Un changement dans la structure du réseau alimentaire en raison de l’évolution des conditions glaciaires en mer pourrait avoir un effet important sur l’exposition au mercure pour les espèces arctiques comme le phoque annelé. Les résultats de cette recherche contribueront à une meilleure compréhension des facteurs qui influent sur les variations géographiques de l’accumulation de mercure chez les phoques et des effets du changement climatique sur la structure du réseau alimentaire des phoques annelés et sur les concentrations de mercure.
Tendances temporelles des dépôts de nouveaux polluants et de mercure mesurées par le prélèvement de carottes de glace et de sédiments
Responsable(s) du projet
Cora Young, Memorial University
Alison Criscitiello, University of Calgary
Amila De Silva, Environment and Climate Change Canada
Jane Kirk, Environment and Climate Change Canada
Igor Lehnherr, University of Toronto
Équipe
Amber Gleason, Greg Lawson, Christine Spencer, Environment and Climate Change Canada,
Trevor VandenBoer, Memorial University,
Graduate student, Memorial University,
- Graduate student, University of Toronto,
Résumé en langage clair
Les contaminants produits et émis dans les régions en basses latitudes peuvent voyager par l’atmosphère et se déposer dans les régions des hautes latitudes comme dans l’Arctique. Les calottes glaciaires des régions éloignées de l’Arctique préservent et emmagasinent les concentrations de ces produits chimiques et nous permettent de comprendre les tendances relatives au transport atmosphérique et au dépôt des contaminants. Le projet prévoit le prélèvement de carottes de glace du sommet d’une calotte glaciaire dans une région éloignée sur l’île d’Ellesmere dans l’Extrême-Arctique et de carottes de sédiments prélevées au lac Hazen situé en aval de la calotte glaciaire. Les carottes de glace et de sédiments seront analysées afin de détecter les contaminants prioritaires, dont le mercure et les nouveaux polluants. En examinant les carottes de glace, nous serons en mesure de déterminer comment les polluants sont transportés vers l’Extrême-Arctique et de détecter les éventuelles tendances temporelles. Les données issues de l’analyse des carottes de sédiments seront utilisées pour comprendre comment ceux-ci cheminent jusque dans les cours d’eau en aval, où ils risquent de se bioaccumuler dans des organismes aquatiques comme l’omble chevalier. À l’aide de ces données, nous pourrons mieux comprendre les sources et les voies de cheminement qui entraînent la pollution de l’Arctique et comprendre comment l’accumulation de polluants dans l’Arctique réagit aux variations de production et d’émission de ces contaminants. La mesure des charges de contaminants dans les réservoirs de l’Arctique peut contribuer à modéliser la remobilisation et le rejet de contaminants dans d’autres régions de l’Arctique attribuables aux changements climatiques. Il s’agit d’un point important pour la compréhension et la gestion de l’exposition aux polluants des populations humaines, animales et végétales dans le Nord. Nous avions déjà détecté de nouveaux contaminants organiques dans l’Extrême-Arctique, mais notre échantillonnage était limité à la carotte glaciaire de Devon. Dans cette étude, nous examinerons un ensemble de nouveaux polluants, et inclurons le mercure, à partir de carottes de glace dans une région nordique plus éloignée, ce qui nous permettra de mieux comprendre les tendances spatiales et les sources de transport à longue distance jusque dans l’Arctique. Compte tenu de la circulation atmosphérique, cet emplacement situé plus au Nord est influencé par des émissions qui proviennent de sources distinctes de celles où les concentrations ont été enregistrées à la calotte glaciaire de Devon. Ces renseignements viendront compléter les résultats des programmes d’échantillonnage atmosphérique en cours dans l’Arctique.
Étude des concentrations plutôt élevées de mercure chez le doré jaune du lac Tathlina
Responsable(s) du projet
Deborah MacLatchey, Wilfred Laurier University
Heidi Swanson, University of Waterloo
Équipe
Dr. Andrea Lister, Wilfrid Laurier University,
Melaine Simba, Ka’a’gee Tu First Nation,
George Low, Dehcho First Nations,
Résumé en langage clair
Les poissons comestibles des lacs Tathlina et Kakisa dans les Territoires du Nord-Ouest ont une grande importance pour le commerce et la subsistance pour la Première Nation de Ka'a'Gee Tu (KTFN). Une étude réalisée récemment en 2013–2015 (Low, Branfireun, Swanson) a révélé que les concentrations de mercure chez le doré jaune varient grandement entre les deux lacs : le doré jaune du lac Tathlina présente des concentrations de mercure beaucoup plus élevées (qui dépassent souvent les recommandations de Santé Canada) que le doré jaune du lac Kakisa. En revanche, le grand brochet présente des concentrations de mercure semblables dans les deux lacs. Ces différences entre les lacs et les espèces ne peuvent être entièrement expliquées par les données existantes sur l’écologie du poisson, l’âge, le taux de croissance ou la composition chimique de l’eau et des sédiments. En réponse à des questions de la collectivité sur les concentrations élevées de mercure chez le doré jaune du lac Tathlina, nous proposons d’amorcer une étude de deux ans sur les lacs Tathlina et Kakisa. Nous prendrons appui sur notre ensemble de données existantes en augmentant la taille de l’échantillon dans les deux lacs, en améliorant notre échantillonnage et en analysant l’accumulation de mercure dans les niveaux trophiques inférieurs du réseau (p. ex., algues et planctons), en procédant à l’échantillonnage de l’eau et de sédiments à plusieurs saisons et en déterminant la quantité de mercure dans les sédiments disponibles pour l’absorption dans le réseau trophique. L’échantillonnage sera effectué en collaboration avec des pêcheurs de la Première Nation de Ka'a'Gee Tu et le coordonnateur en recherche environnementale, et on continuera de favoriser la mise en commun des connaissances comme on le fait depuis quatre ans en collaboration à la réalisation de travaux de recherche sur ces lacs.