Technologie de petite taille à grande incidence : Surveillance de la qualité de l’air au moyen de capteurs à faible coût

4 juin 2024

 

Vous êtes-vous déjà posé des questions à propos de l’air que vous respirez? Que ce soit dans une rue urbaine ou une vallée rurale, la qualité de l’air peut avoir une incidence sur votre santé. Grâce aux progrès technologiques, il est plus facile et plus accessible que jamais de surveiller la qualité de l’air.

Des chercheurs surveillent la qualité de l’air depuis des années au moyen d’instruments appelés moniteurs atmosphériques de surveillance réglementaire. Ceux-ci sont très exacts, mais très coûteux. Installés dans 286 sites situés dans 203 collectivités de partout au Canada, ils sont gérés par Environnement et Changement climatique Canada dans le contexte du Programme du Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique.

Ces réseaux de surveillance réglementaire vérifient la qualité de l’air en continu, fournissent de l’information sur les tendances en matière de qualité de l’air, soutiennent la recherche et aident les gouvernements à prendre des décisions quant aux meilleures façons de gérer la pollution de l’air. Ils servent aussi à calculer la cote air santé (CAS) au Canada, un outil crucial conçu pour aider les gens à comprendre les effets sur leur santé de la qualité de l’air qui les entoure.

Appareil électronique comprenant un écran qui mesure la qualité de l’air ambiant, accroché à une clôture de bois.

Des capteurs à faible coût comme celui-ci fournissent des renseignements immédiats à propos de la qualité de l’air et d’autres facteurs environnementaux.

Des capteurs d’air à faible coût viennent maintenant changer la donne, en particulier pour les collectivités rurales et éloignées. Ces appareils à faible coût permettent aux gens de surveiller la qualité de l’air dans les environs. Ils offrent aux scientifiques et aux gouvernements une autre façon de mesurer la qualité de l’air dans les petites collectivités et celles qui sont difficiles d’accès dans le but de combler les lacunes du réseau de surveillance. Même s’ils ne sont pas aussi exacts que les moniteurs de réglementation, ils peuvent tout de même offrir des renseignements utiles, en particulier dans les régions où il n’y a pas de station de surveillance réglementaire.

Des capteurs à faible coût sont maintenant utilisés pour surveiller les concentrations de matières particulaires fines (aussi appelées particules fines ou PM2,5), l’un des trois polluants de l’air mesurés pour la CAS. Des plateformes, comme AQMap (en anglais seulement), donnent accès aux données de capteurs extérieurs; tout le monde peut ainsi avoir facilement accès à de l’information sur les concentrations de PM2,5) dans sa région. Puisque la qualité de l’air peut varier grandement sur de petites étendues, le fait d’afficher simultanément les lectures de multiples capteurs à faible coût sur la carte AQMap peut fournir de l’information utile. Il est toutefois important de noter que les données des petits capteurs ne sont pas une représentation de l’ensemble de la CAS. La CAS inclut aussi des données de mesure de polluants autres que les PM2,5). Même s’ils n’offrent pas des renseignements aussi détaillés que la CAS, les petits capteurs peuvent tout de même être utiles dans les collectivités qui n’étaient pas auparavant en mesure de recueillir des données.

Mobiliser le potentiel des capteurs à faible coût

Ryan Kulka, chercheur à Santé Canada, mobilise le potentiel des capteurs à faible coût dans ses travaux. En utilisant les données provenant de ces capteurs, Ryan et son équipe se penchent sur les effets de la chaleur et de la fumée de feux de forêt sur la qualité de l’air intérieur. Avec l’aide de ses partenaires, l’équipe examine aussi l’efficacité de filtration de la fumée des systèmes de ventilation et des enveloppes des bâtiments lors de feux de forêt. « Chaque instrument a son propre rôle à jouer, et nous découvrons des manières d’utiliser ces capteurs à faible coût dans notre recherche », explique Ryan.

Composantes intérieures d’un capteur montrant les éléments détecteurs qui mesurent la température et l’humidité relative.

Les capteurs à faible coût utilisent un, ou plus d’un, élément détecteur pour mesurer et signaler la présence de polluants de l’air et de facteurs environnementaux comme la température et l’humidité relative.

Avec l’aide de capteurs à faible coût, des chercheurs comme Ryan découvrent des façons novatrices de protéger la santé publique et d’améliorer la qualité de l’air d’un océan à l’autre. Les provinces, les territoires, les organismes et les individus peuvent tous se procurer ces capteurs.

Les capteurs d’air à faible coût révolutionnent la façon dont nous surveillons la qualité de l’air. Ils dotent les individus et les collectivités de la capacité de mieux comprendre leur environnement et de contribuer à un avenir plus sain pour tout le monde au Canada.