Mettre la santé au cœur de l’action climatique

10 mars 2025

 

Au Canada et partout dans le monde, nous ressentons les effets des changements climatiques sur la santé, qu’il s’agisse d’une augmentation des événements de chaleur extrême et des feux de forêt ou de l’évolution de la propagation des bactéries et des virus.

Étant donné que les changements climatiques ont une grande portée, ils peuvent avoir une vaste gamme d’effets possibles sur notre santé. Il peut notamment s’agir de maladies respiratoires, de décès liés à la chaleur, d’une aggravation de maladies chroniques, de problèmes de santé mentale ou d’insécurité alimentaire et hydrique. Bon nombre de ces répercussions touchent de façon disproportionnée les collectivités et les communautés vulnérables, dont les populations autochtones.

Figure 1 – Répercussions des changements climatiques sur notre santé

Figure 1
  • Figure 1 - Version textuelle

    Pour le rapport de l'administratrice en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2022 : Mobiliser la santé publique contre les changements climatiques au Canada

    Conditions météorologiques extrêmes

    • Blessures
    • Décès
    • Répercussions sur la santé mentale
    • Accès limité aux biens essentiels

    Stress thermique

    • Coups de chaleur
    • Déshydratation
    • Problèmes cardiovasculaires et respiratoires
    • Complications de grossesse

    Pollution atmosphérique

    • Troubles respiratoires, allergies, maladies cardiovasculaires
    • Irritation des yeux, du nez et de la gorge
    • Risques accrus de cancer du poumon
    • Décès prématurés

    Transformation des habitats

    • Maladies infectieuses transmises par des tiques ou des moustiques (p. ex. maladie de Lyme, virus du Nil occidental)
    • Risques accrus de transmission de zoonoses entre les animaux et les humains
    • Risques accrus de pandémies

    Sécurité alimentaire

    • Risques accrus de maladies d'origine alimentaire
    • Malnutrition en raison de dommages aux récoltes, de perturbations de l'approvisionnement alimentaire ou de difficultés d'accès aux territoires de chasse traditionnels

    Qualité de l'eau

    • Risques de maladies d'origine hydrique causées par les parasites et les bactéries
    • Maladies gastro-intestinales causées par la prolifération d'algues
    • Contamination des sources d'eau douce potable en raison de facteurs comme les eaux pluviales, les inondations et le dégel du pergélisol

    Certaines personnes sont plus susceptibles de connaître des problèmes de santé causés par les changements climatiques. Les facteurs de risque comprennent ce qui suit :

    • Faible statut socioéconomique
    • Âge (très jeune ou avancé)
    • Problèmes de santé préexistants
    • Emplacement géographique (p. ex. Nord, zone inondable, etc.)

    Pour en savoir davantage :

    • Mobiliser la santé publique contre les changements climatiques au Canada
    • Rapport de l'administratrice en chef de la santé publique sur l'état de la santé publique au Canada 2022
    • Canada.ca/RapportASPC

Collabor-action pour la santé

Les chercheurs et les équipes des politiques de Santé Canada et de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) continuent d’étudier le lien entre les changements climatiques et la santé tout en poursuivant un travail intersectoriel qui vise à favoriser la collaboration, à améliorer notre compréhension des effets du climat sur la santé et à trouver des solutions fondées sur des données probantes pour la protection de la santé de la population canadienne.

En mars 2024, l’équipe des capacités en santé publique et de la mobilisation des connaissances de la région de l’Ouest de l’ASPC a collaboré avec le collège des sciences de la santé de l’Université de l’Alberta pour organiser le « Sommet de l’Alberta : Encourager l’action intersectorielle à l’égard des changements climatiques et de la santé. » Ce sommet mettait en vedette la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, ainsi que Sherilee Harper (Ph. D.), professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les changements climatiques et la santé à l’Université de l’Alberta et auteure principale de l’évaluation des risques des changements climatiques pour la santé de 2022 de Santé Canada.

Le Sommet a réuni plus de 300 participants de tous les ordres de gouvernement, du milieu universitaire, du domaine des soins de santé et d’organismes autochtones de partout au pays pour une discussion générale sur la crise environnementale et la crise de santé publique que représentent les changements climatiques. Les discussions ont aussi porté sur l’importance de la prise de mesures concrètes grâce à la poursuite de la recherche, de la collaboration et de la mise en place de politiques éclairées par la science.

La photo montre huit femmes qui participaient à l’événement comme panélistes et conférencières ensemble devant un mur noir et une bannière de l’Université de l’Alberta.

De gauche à droite, Keren Tang, conseillère municipale d’Edmonton; Trinna Innes, Municipal Climate Change Action Centre; Jennifer Pylypiw, Nation métisse de l’Alberta; Chantelle Cardinal, Conseil tribal Stoney Nakoda-Tsuut’ina; Sherilee Harper (Ph. D.), Université de l’Alberta; Hannah Bayne, Université de l’Alberta; Brenda Hemmelgarn (Ph. D.), Université de l’Alberta; Courtney Smith, directrice régionale, ASPC. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a participé en mode virtuel.

Les personnes participantes ont déclaré être reparties du Sommet avec :

  • une sensibilisation accrue aux initiatives et aux organismes locaux dans le domaine de l’action climatique en matière de santé;
  • une meilleure compréhension de l’importance de la collaboration intersectorielle et des approches multiniveaux pour une mobilisation de l’action;
  • un portrait plus clair de l’interconnexion entre les changements climatiques et les répercussions sur la santé;
  • une prise de conscience plus aboutie de la nécessité cruciale de l’intégration de connaissances et de perspectives autochtones dans l’action climatique en matière de santé.

Le Groupe scientifique des changements climatiques et de la santé (en anglais seulement) de l’Université de l’Alberta a également été lancé pendant le Sommet. Le premier groupe interdisciplinaire du genre au Canada, il réunit plus de 30 chercheurs des domaines des sciences de la santé, des sciences naturelles et appliquées ainsi que des sciences sociales et humaines qui se passionnent pour la lutte contre les changements climatiques et leurs effets sur la santé.

Rôle de la santé publique

Le Sommet de l’Alberta n’est qu’un exemple de la façon dont les gouvernements et le milieu universitaire peuvent travailler ensemble et faire un travail intersectoriel pour soutenir et diriger la collaboration et l’innovation en matière de santé.

Le portefeuille fédéral de la Santé, dont l’ASPC, et les professionnels de la santé publique font un travail multiniveau dans les collectivités et les secteurs pour la prévention et la réduction des effets des changements climatiques sur la santé, la protection des personnes les plus à risque ainsi que la promotion de sociétés résilientes et en santé.

Ce travail prend de multiples formes, entre autres promotion de politiques saines (p. ex. transport actif), soutien aux collectivités pour la réduction des répercussions sur la santé par la publication d’avis sur la qualité de l’air, détermination des endroits et des populations vulnérables ainsi que collecte de données sur les changements climatiques et les maladies liées au climat.

Nous devrons trouver de nouvelles façons de nous adapter et de protéger notre santé à mesure que les changements climatiques progressent. Un an après le Sommet, il demeure évident que, comme l’a dit l’une des personnes participantes : « Toute décision est une décision climatique, et toute décision est une décision sanitaire. »

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